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24 mars 2014

Le papillon se radicalise

Le passage de la chrysalide au papillon n'aura pas pris beaucoup de temps. Ce lundi matin sur Bel RTL Elio Di Rupo a encore franchi un pas dans sa démarche de mutation qui le fait passer de chef de gouvernement à chef de campagne. Certes le premier ministre continue d'incarner l'image d'un homme sérieux et responsable, imprégné de sa charge, conscient des difficultés du pays (termes qui reviennent souvent dans sa bouche) et comptable de l'image qu'il donne à l'étranger (il représente aujourd'hui la Belgique lors d'une réunion internationale à la Haye avant d'avoir un court entretien avec Barack Obama demain). Un petit pins aux couleurs du drapeau belge au revers du costume nous le rappelle aimablement.
Mais le candidat s'impose en parallèle du premier ministre. Ce matin Elio Di Rupo a ainsi utilisé le terme de "bain de sang social", indiquant par là que les mesures proposés par les autres formations politiques pour faire baisser les impôts risquaient de se traduire par des suppressions de postes dans la fonction publique fédérale.
"On ne peut pas dire qu'on va récupérer 10 à 15 milliards sur l'Etat fédéral. L'Etat fédéral, c'est d'abord la sécurité sociale, ce sont des policiers, des membres de la Justice, des gens qui 
travaillent au ministère des Finances, des gardiens de prison. Que va-t-on faire ? Les supprimer ?"
s'indigne le candidat-premier. "On sent qu'il y a une volonté de la droite de former un gouvernement des droites" assène-t-il également, renvoyant à une hypothèse de coalition qui verraient MR et NVA cohabiter, thème déjà  employé  lors du meeting du PS de ce dimanche par Laurette Onkelinx.
 Le premier est en campagne, on le savait depuis hier. Il n'hésite  désormais pas à employer un discours radical, prenant ainsi le leadership sur ses propres troupes et imposant un clivage fort dans l'opinion, c'est sans doute plus surprenant.

23 février 2014

Le PTB aime les pouvoirs forts

Le parti du travail de Belgique a-t-il changé ? A-t-il vraiment abandonné les vieux réflexes marxistes-léninistes (quand j'étais jeune on écrivait stalinien) ? Oui affirment en chœur le sympathique Raoul Heddebouw et ceux qui ont décidé de le soutenir en vue du 25 mai prochain. Il faut dire que par ces temps de rigueur et de désespérance le discours a de quoi séduire : non à la crise, non à l'Europe des banques, et non aux licenciements, on est plutôt tous d'accord. Nous avons tous envie d'emplois, de croissance et d'une Europe qui nous entraîne au lieu d'une Europe qui nous comprime. Pourtant le PTB n'a pas réellement changé. Il suffit d'aller sur son site internet et de lire les textes qui s'y trouvent pour constater que ce parti est celui d'une phraséologie marxiste qui nous vient en droite ligne de Lénine. Le trotskisme, la social-démocratie et même la pérestroïka glissent sur le PTB comme des accidents de l'histoire, des incongruités. Le PTB est bien un parti qui a comme but ultime la dictature du prolétariat. En attendant le grand soir ses militants infiltrent les syndicats, se mobilisent dans les mouvements sociaux, vendent Solidaire et font des manifiestas. Il faut leur reconnaître du talent, de l'enthousiasme et des convictions. Un certain art du camouflage aussi. Le PTB avance vers les élections du 25 mai masqué. Très peu de ses électeurs potentiels connaissent son programme véritable. Dans les médias le discours est celui d'un parti contestataire  : la dénonciation plutôt que la proposition. Le PTB met le doigt là où ça fait mal, dénonce les inégalités, souligne la responsabilité des partis au pouvoir, exhorte au changement mais en se gardant bien d'avancer des propositions concrètes et réalisables. Le discours est rodé : s'appuyer sur des faits d'actualité pour expliquer que notre monde tourne mal, et vendre un monde meilleur dans la foulée, sans le décrire vraiment.
En tant qu'interviewer j'ai pu l'expérimenter ces derniers mois : jamais un candidat PTB ne vous dira qu'il lutte pour l'avènement d'un état socialiste. L'expression fait trop peur, mieux vaut l'éviter. Le militant PTB parlera de partage des richesses, de lutte contre les inégalité, de la colère légitime des jeunes. Je vous invite à voir l'interview d'Aurelie Decoene, tête de liste aux élections européennes,  que j'ai réalisée la semaine dernière sur Télé Bruxelles  pour vous en convaincre. Pourtant la dictature du prolétariat est bien le but ultime. Il suffit de lire la prose du parti et d'avoir un minimum de culture marxiste pour le comprendre. Le PTB , qui s'est bâti en opposition au PS et au Parti Communiste Belge dans le courant des annees 1970 n'a pas beaucoup changé. 
Paradoxalement c'est en parlant d'actualité internationale que l'on comprend le mieux ce qu'est le PTB. Parce qu'en lisant ses communiqués, ou son journal "solidaire" , on constate que ce parti ne prend pas vraiment de distance avec la Corée du Nord. Parce qu'il qualifiait il y a quelques jours encore de "tentative de coup d'état"   les rassemblements ukrainiens sur la place Maidan, préférant visiblement le pouvoir en place ( lire ici : http://www.solidaire.org/index.php?id=1340&L=1&tx_ttnews[tt_news]=37923&cHash=ba525865b66d980fd23c7fbca314541c ). Parce qu'il appelle à ne pas intervenir en Syrie où le régime de Bachar-El-Assad est considéré comme légitime. Parce que la mort des hommes n'a pour lui pas beaucoup de valeur face aux avancées de l'histoire du moment qu'elle va dans le bon sens. Le PTB aime les pouvoirs forts. Et même s'il est très loin d'être au pouvoir c'est pas plus mal de le savoir.

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En guise d'update ou de complément, l'interview de Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB sur Bel RTL, quelques jours après la parution de cet article :


Raoul Heddebouw : l’interview politique

26 août 2013

Charles Michel veut du fiscal et ne désavoue pas ses parlementaires

C'est la rentrée. Ce matin pour mon premier interview de la saison je recevais Charles Michel sur Bel RTL. Le président du mouvement réformateur y a défendu l'idée d'une nouvelle réforme fiscale. Baisser les impôts de 5 milliards permettrait de créer 100 000 emplois affirme le libéral. Et selon lui il ne serait pas nécessaire de compenser par de nouvelles économies (voir l'extrait ci-dessus).

 Plus loin dans l'interview j'ai également interrogé Charles Michel sur les sorties de Jacqueline Galant (voir article ci dessous) et d'Alain Destexhe (il a publié la semaine dernière une carte blanche dans la Libre Belgique s'interrogeant sur l'utilité du centre pour l'égalité des chances).
Le président du MR n'a pas désavoué les deux parlementaires :  bien entendu que ce que Jacqueline Galant dit c'est au nom du MR mais il faut prendre l'ensemble du message du MR ou encore c'est la liberté de Destexhe de s'interroger sur la manière dont le Centre pour l'Egalité des Chances utilise l'argent public. 

26 mai 2008

L'équation d'Yves Leterme


Yves Leterme peut-il éviter l’impasse du 15 juillet ? Ce matin, invité sur Bel RTL, le premier ministre a volontairement éviter de répondre à la question. Sans doute la perspective d’une période d’instabilité sert-elle sa stratégie : maintenir suffisamment de pression sur les uns et les autres pour obtenir les concessions nécessaires à un « grand accord » communautaire. Car c’est bien encore et toujours de cela qu’il s’agit. Sur le plan socio-économique le gouvernement semble s’être enfin mis en état de marche. Les kern se succèdent à un rythme soutenu, les présidents de parti font monter les enchères, le premier rappelle les uns et les autres à l’orthodoxie budgétaire, bref chacun joue son rôle et tient à marquer ses accents dans une coalition relativement hétérogène. Pas très différent de ce qui se passait sous la coalition violette.


Sur le communautaire en revanche rien n’est sûr. Si l’on a bien compris les dernières déclarations du SPA , les socialistes flamands sont divisés sur l’idée de participer aux négociations (et donc d’apporter leur soutien lorsque la majorité aura besoin des deux tiers). Les dirigeants des socialistes du nord préfèrent donc qu’on leur présente un paquet tout ficelé plutôt que de mettre les mains dans le cambouis de la négociation. Du coup les écologistes devraient se retrouver sur la touche également (histoire que la réforme ne soit pas négociée par tous les francophones contre une minorité de flamands).


Si j’ai bien décodé ce qui se prépare nous devrions avoir deux négociations en une dans les prochaines semaines. La crise BHV restera du ressort gouvernemental. C’est entre présidents de parti et vice premier que l’on tentera de s’en sortir. Pour cela il faut que les néerlandophones reconnaissent qu’une scission pure et simple n’est pas leur objectif. Yves Leterme a commencé à le faire ce matin en indiquant qu’une solution négociée excluait la proposition de loi telle qu’elle est actuellement rédigée (qui, je le rappelle au passage, offre aux flamands le beurre et l’argent du beurre : scission + système d’apparentement permettant de garder un nombre élevé de députés néerlandophones, sans aucune compensation pour les francophones). Mieux même le premier ministre a reconnu explicitement que les francophones avaient des droits qui devaient être garantis et maintenus ( on peut penser aux facilités, mais aussi au droit de voter pour des candidats bruxellois, à chacun son interprétation). Alors que je tentai de lui faire dire que la scission devrait être compensée par de nouveaux droits pour les francophones, le premier a calé… mais il n’a pas dit non.


Quels sont « ces nouveaux droits » envisageables ? Les présidents de parti francophones évoquent une intégration dans la région bruxelloise bilingue, ce qui serait le plus simple, et assez cohérent en terme de droits (pour les francophones et les néerlandophones des communes concernées) mais sûrement symboliquement difficile à faire passer. On peut imaginer d’autres pistes : l’extraterritorialité qui permettrait à la communauté française et/ou la région bruxelloise d’intervenir en faveur des francophones de la périphérie, la constitution d’un district ou d’une agglomération bruxelloise, sorte de région étendue, sans oublier toutes les formules qui consistent à redessiner l’ensemble des circonscriptions électorales. Les réponses d'Yves Leterme peuvent renvoyer à une ou plusieurs de ces pistes.


L’autre négociation, sur la réforme de l’Etat (comprenez les régionalisations) sera pilotée par les deux ministres des réformes institutionnels (Didier Reynders et Jo Vandeurzen). Ceux ci devrait faire un rapport et une proposition d’organisation des travaux dès mercredi au conseil restreint. On y trouvera le « premier paquet » de l’octopus et une série de compétences plus « lourdes ». L’exercice est difficile : tous les acteurs ont les yeux rivés sur 2009 (y compris le premier ministre, qui risque bien d’être, comme tout le monde, candidat, ce qui explique aussi son silence : mieux vaut, pour lui, hérisser quelques francophones que perdre son crédit en Flandre). Au final (comprenez début juillet) il faudra bien mélanger le tout. Ce qui nous donne l’équation suivante : BHV + Réforme de l’état + Contrôle Budgétaire + Politique économique = grand troc ou grand krach.


11 avril 2008

François van Hoobrouck s'énerve



Le bourgmestre (MR) de Wezembeek-Oppem correspond à ce que les journalistes appellent un « bon client » : clair et franc, concis et direct et facilement passionné. A tel point que l’homme, bourgmestre depuis 1994, fini par incarner le «combat» des francophones de la périphérie. L’interview de ce vendredi sur Bel RTL fut conforme à la réputation du bourgmestre : très pédagogique pour expliquer (ou réexpliquer) pourquoi 3 bourgmestres de la périphérie ne sont pas encore nommés, et pourquoi les francophones doivent les défendre... et assez explosif lorsqu’il est poussé dans les cordes. Alors que je lui demande, sur le ton de la provocation, si bloquer l’avenir du pays pour trois communes n’est pas excessif François van Hoobrouck s’emporte : « je ne suis pas d’accord, c’est le nœud du problème. Le respect des règles de droit pas le gouvernement flamand n’existe pas. En démocratie il faut pouvoir dire stop. Si on ne dit pas stop on voit que les régimes qui dérivent continuent de violer la démocratie. Et la Flandre viole la démocratie ».

L’interview intervient quelques heures avant l’envoi d’un nouvel acte de candidature au ministre de l’intérieur du gouvernement flamand. Un ministre, Marino Keulen (VLD), que le bourgmestre reconnaît n’avoir jamais rencontré. Pour l’instant les 3 bourgmestres pensent pouvoir compter sur l’appui des principales formations francophones : « on discute ce point comme un préalable » avant une éventuelle discussion sur la réforme de l’Etat affirmait le bourgmestre en écho aux déclarations des uns et des autres ces dernières semaines. En vérité, la nomination des bourgmestres était déjà mentionnée dans ce communiqué des présidents de parti du 16 novembre 2007 qui précisait que le débat sur la périphérie (comprenez l’arrondissement électoral Bruxelles-Hal- Vilvorde) en pouvait faire l’impasse sur cette question. Mais en conclure qu’aucune discussion institutionnelle n’est possible sans résoudre ce point auparavant serait un poil forcer le trait.




L'interview est ici.

Louis Michel, le retour

Louis Michel était ce jeudi mon invité sur Bel RTL. Le commissaire européen en charge du développement et de l’aide humanitaire est revenu sur les « émeutes de la faim » qui secouent Haïti, l’Egypte et le Burkina- Faso (liste non exhaustive) depuis quelques semaines.
Arrêtez-vous sur la fin de l’entretien, alors que je demande à l’ancien patron des libéraux francophones s’il envisage de revenir en Belgique en 2009 « je suis totalement disponible pour un retour sur mon pays ». Insistez sur le "totalement" pour mieux faire passer le message.
Traduisons : Louis Michel n’entend pas prendre sa retraite, et si le poste de commissaire européen devait être attribué à une autre personnalité (Karel De Gucht, par exemple) il entend bien jouer un rôle de premier plan sur la scène intérieure. Premier destinataire du message : Didier Reynders bien sûr, qui est ainsi prié de noter qu’il doit réserver une place à l’homme de Jodoigne dans ses projets futurs.

L’interview est ici.

09 avril 2008

Michel Daerden : "j'aime beaucoup Alain Mathot"

Le ministre du budget de la région wallonne et de la communauté française était mon invité ce matin à 7h50 sur Bel RTL. Evoquant la désignation récente des secrétaires d’état du gouvernement fédéral il a nié avoir fait barrage à une désignation d’Alain Mathot comme cela a été écrit par plusieurs journaux : « j’aime beaucoup Alain Mathot et j’étais l’ami personnel de son père. Il est promis à un grand avenir politique » avant d’indiquer qu’il ne participerait pas à une réunion « entre liégeois » (annoncée par "La Meuse") que Didier Reynders entend mettre en place mais sans y inviter Willy Demeyer, le bourgmestre (PS) de Liège « comment organiser une telle réunion sans le bourgmestre de Liège ? L’ambiance à la fédération de Liège n’a jamais été aussi bonne ». Déclaration aimable alors que la compétition entre clans semble pourtqnt toujours exister : la confection de la liste PS de Liège pour les prochaines élections régionales reste un casse-tête (et Michel Daerden sera on s'en doute très attentif à la place qu'occupera son fils Frédéric).

Au niveau de la communauté française Michel Daerden ne cède pas aux sirènes régionalistes « il faut garder un lien fort, personnellement j’ai du mal à imaginer le développement de la Wallonie sans Bruxelles ». Tiens, tiens : Daerden prononce cette phrase alors qu'il a lu le matin un entretien de Jean Claude Marcourt au Soir qui défend lui une option beaucoup plus wallonne. Quand on vous dit qu'il y a des clans...

Enfin celui qui occupe le fauteuil de ministre des sports de la communauté se montre réticent à l’idée d’évoquer un boycott de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques « ce sont des prises de positions émotionnelles à l’emporte pièce ».

02 avril 2008

Il ne regrette pas d'avoir raté la photo

Bernard Clerfayt était mon invité à 7h50 ce matin. Le tout nouveau secrétaire d’état aux finances a indiqué qu’il comptait notamment centrer ses nouvelles fonctions autour de la fiscalité verte (comprenez les incitants fiscaux favorables aux investissements écologiques). Bernard Clerfayt est également revenu sur l’arrêt de la cour de justice européenne sur l’assurance dépendance flamande. Enfin, il ne regrette pas d’avoir raté la photo officielle du gouvernement Leterme devant le parlement : « cela m’a fait beaucoup de publicité » dit-il.

L'interview est ici.

31 mars 2008

Olivier Chastel n'est pas diplomate


Le secrétaire d’état aux affaires étrangères Olivier Chastel s’est retrouvé dans le grand bain ce weekend : invité à remplacer Karel de Gucht lors d’une réunion des ministres européens des affaires étrangères. Pendant que son patron était en vacances en Italie c’est donc le carolo qui portait la voix de la Belgique à Ljubljana, capitale de la Slovénie. Invité ce matin sur Bel RTL Olivier Chastel a préféré appeler un chat un chat : la plupart des états membres n’étaient pas prêts à évoquer un éventuel boycott de la cérémonie d’ouverture des JO lorsqu’on a évoqué la situation au Tibet. Le belge vise les grands pays (Royaume Uni, Allemagne) :« ils n’ont pas du tout intérêt à ce que l’on froisse la chine ». La déclaration a le mérite de la franchise, ce qui n'est sans doute pas pour déplaire à son ministre de tutelle. On imagine aisément le tandem que pourraient former ces deux là : un secrétaire d'état qui dirait tout haut ce que son ministre pense tout bas.

Regardez l’interview ici.

11 mars 2008

Kir a doublé Huytebroeck

La ministre bruxelloise de l'environnement était ce matin mon invitée sur Bel RTL pour évoquer l'inauguration de la station d'épuration Bruxelles Nord. Au cours de l'interview j'interroge Evelyne Huytebroeck sur l'interdiction de circuler dans les espaces boisés bruxellois les jours de tempète (le timing de l'interdiction n'était pas tout à fait celui des rafales) ainsi que sur cette information relevée par la DH : la région bruxelloise imposera le tri sélectif à ses habitants, sanctions à la clef (aujourd'hui le tri est recommandé mais on peut continuer à mettre tout ses déchets dans le sac blanc des ordures ménagères). La ministre reste prudente. Et pour cause : elle ne savait rien du projet du secrétaire d'état en charge de Bruxelles Propreté, le socialiste Emir Kir. C'est un bel exemple d'une version bruxelloise de l'esprit d'équipe.

25 février 2008

Un premier pas et trois codes de la route

Les "sages" sont finalement arrivés dans la nuit de dimanche à lundi à boucler un premier accord institutionnel. Les négociations se sont conclues discrètement dans les locaux du ministre de la coopération au développement, Charles Michel qui était ce matin mon invité sur Bel RTL.
Que retenir du texte (même si celui-ci ne sera formellement diffusé que demain) et des réformes à venir ?
D'abord que les francophones ont bien posé "le premier pas" succeptible de rendre confiance aux flamands. Oui il est encore possible de négocier des transferts de compétences. Non, celles ci ne sont pas anecdotiques comme le claironnent à tort les leaders francophones. La législation sur les loyers (notamment la réglementation des baux et l'encadrement du prix des loyers) est un sujet qui concerne de près tous les locataires et propriétaires du pays ( et à l'avenir les règles du jeu ne seront plus forcément les mêmes à Bruxelles et en Wallonie).
Même chose pour les compétences touchant à la sécurité routière. Si la vitesse restera limitée à 120 kilomètres par heure sur les autoroutes du royaume, la limitation pourra varier d'un réseau secondaire à l'autre. Certaines catégories d'infraction seront régionalisées (en clair : amendes différentes pour une même infraction suivant que l'on se trouve à Bruxelles, Arlon ou Ostende). La Flandre obtient également une nouvelle répartition du fonds des amendes (tout à fait logique : l'essentiel des perceptions se faisant en Flandre, grâce aux radars automatiques, il n'y avait pas de raison objective pour que l'argent prélevée au nord soit reversée en Wallonie, alors que les wallons ne semblent pas toujours traiter la délinquance routière avec le sérieux et la sévérité qu'elle mérite). Idem pour les implantations commerciales. Ouvrir un magasin d'usine ou un Ikéa ne se fera plus avec la même facilité (ou les mêmes difficultés) dans les 3 régions du pays. Ce sont, pour chaque domaine concerné, autant de "petites révolutions", peu spectaculaires mais très concrètes.
Pour les questions les plus sensibles un arbitrage intra-francophone a été prévu. La question des loyers par exemple devra faire l'objet d'un consensus de la majorité allonne (PS-CDH) avec le MR et Ecolo.
Plus important encore : la seconde phase annoncée pour le mois de juillet. On touchera là au coeur de la négociation. La politique de l'emploi, la politique de la famille, l'arrondissement BHV sont concernés. Il n'y a pas d'obligation de résultats. Mais il y a l'engagement de s'y coltiner. Avec le risque, fin juillet, d'acter un désaccord. Officiellement c'est le gouvernement Leterme Ier qui prendra l'initiative de la négociation sur ce "second paquet". Mais ce matin Charles Michel estimait que le groupe des sages allait peut être devoir reprendre du service.

22 février 2008

Ecolo s'éloigne du gouvernement fédéral


Jean Marc Nollet l’a reconnu à demi-mot ce matin sur Bel RTL (écoutez ou réécoutez l’interview ici) : il est de moins en moins probable que les écologistes s’associent au gouvernement transitoire pour former le gouvernement Leterme I. Les écolos à ce stade ne sont pas encore invités à participer à la fameuse négociation socio-économique. Le chef de groupe écolo à la chambre ironise sur la méthode « c’est bizarre d’annoncer qu’on va vous peut être vous inviter, le redire à plusieurs reprises, dire qu’on va le faire la semaine prochaine, et ne toujours pas recevoir d’invitation … cela doit servir d’autres intérêts dans d’autres réunions ».
Comme à ce stade on voit mal le SPA intégrer un gouvernement où le duo MR-VLD tient à apporter une touche libérale, la probabilité de voir la coalition "penthapartite orange bleue sanguine" se maintenir telle quelle est de plus en plus grande.

21 février 2008

PS et CDH divisés sur les 90km/h en Wallonie


Est-il logique de continuer à rouler à 120 km/h sur les autoroutes wallonnes les jours de pollution, alors que la vitesse est limitée à 90km/h en Flandre ? La réponse ne peut qu’être négative : non ce n’est pas logique, même si l’on peut débattre de l’efficacité de la mesure.
Ce matin sur Bel RTL le ministre wallon de l’environnement a clairement indiqué qu’il souhaitait que la limitation de vitesse à 90km/h les jours de pollution devienne coercitive et plus seulement indicative. Il a tout aussi clairement indiqué que le ministre de l’équipement Michel Daerden y était opposé : « je lui en reparlerai encore ce matin » a glissé le ministre CDH. Le ministre André Antoine (transports, CDH) étant également favorable à une limitation réelle de la vitesse, il y aurait donc un clivage entre socialistes et humanistes sur cette question.
Lors de l’interview, disponible ici, Benoit Lutgen est également revenu sur les ressources en eau de la Wallonie. Sur 5 litres produits dans le sud du pays 1 part vers la Flandre et 1 vers la ragion Bruxelloise. Enfin un exemple de transfert sud – nord !

19 février 2008

Demotte affirme que la Wallonie doit viser l'excellence


Faut il croire au redressement de la Wallonie ? Oui dit Rudy Demotte. Le ministre président wallon, qui était ce matin sur Bel RTL, prononce ce mercredi le discours annuel sur l'état de la Wallonie. L'avantage des chiffres, comme vous le savez, c'est qu'on peut leur faire dire ce que l'on veut. Ainsi les exportations walllonnes augmentent de 10% et le chomâge est en baisse depuis un an. Mais le taux de chômage reste élevé (17%) et l'augmentation de la population en âge de travailler (pour de simples raisons démographiques) représente un vrai défi. Idem pour la prévision de croissance : 1,9% en 2008, c'est mieux que la moyenne de la zone euro mais c'est moins bien que la croissance en Flandre (2,4 selon les prévisionnistes). "En Wallonie la donne a fondamentalement changé. Nous sentons qu'un retour de la prospérité est possible" affirme le ministre président... qui glisse quand même que la clef de la réussite repose sur une forme de consensus, manière implicite de réclamer un peu de solidarité sur les bancs de l'opposition.

A Namur, les méthodes de la mafia


En confiant sa carte essence à son épouse Arnaud Gavroy a sans aucun doute commis une maladresse. Au niveau des principes la carte de l’échevin n’aurait du servir qu’à payer le carburant de ses seuls déplacements professionnels. Qu’un tiers fasse le plein à sa place suffit donc à jeter la suspicion. Le terme de « fraude » est sans doute excessif : le véhicule qui a bénéficié du plein était bien celui d’ Arnaud Gavroy, jusqu’à preuve du contraire.


L’échevin écolo de Namur s’expliquait donc ce matin sur Bel RTL au sujet de la polémique lancée par un conseiller communal PS à ce sujet. Ligne de défense : « on me fait payer mon rôle dans l’affaire Sotegec ». Au cours de l’entretien Gavroy dénonce une ambiance délétère et lance que l’on n’a pas à s’intéresser à ses communications téléphoniques. C’était un message codé. Une fois l’interview terminée l’échevin m’a ainsi expliqué qu’il a reçu en décembre une photocopie de sa note de téléphone. Le « courrier » était sur son bureau, dans une enveloppe de la ville. « On voulait me faire comprendre que j’étais sous surveillance et que l’on savait qui j’appelle » s’indigne Arnaud Gavroy « ce sont des méthodes de la mafia ».


Reste bien sûr à identifier le « on » en question. Un indice : il bénéficie visiblement de la complicité d’un membre du personnel de la ville, susceptible de photocopier les pièces comptables concernant l’échevin écolo. Bref, au niveau de l’ambiance communale il n’y a pas que Charleroi qui vaut le déplacement.

18 février 2008

Reynders contre Leterme ? "arretez avec les spéculations" dit le porte parole du MR


Pierre Yves Jeholet était mon invité ce matin sur Bel RTL. Au sommaire de l’entretien : les problèmes de santé d’Yves Leterme et l’ambiance qui règne au sein du gouvernement transitoire. Le pote parole du MR a fait mine de s’agacer un peu des questions récurrentes sur un « agenda caché » que l’on prête parfois à son président de parti Didier Reynders. «On n’a pas de problème avec Monsieur Leterme, si le gouvernement se met en place avec une équipe stable et un programme clair , mais on a un doute par rapport au programme» a-t-il indiqué avant de préciser « il n’y a pas de volonté de Didier Reynders de devenir premier ministre le 23 mars, il faut arrêter avec les spéculations ». En clair le mouvement réformateur ferait monter la pression sur Yves Leterme et le CD&V pour marquer le futur programme gouvernemental d’une empreinte libérale, et rien de plus.
Pierre Yves Jeholet a également indiqué que les négociations communautaires avançaient positivement au sein du groupe des sages, qui est sur le point de mettre sur la table « un premier paquet de régionalisation qui sont discutables », ensuite « il faudra évidemment aborder la seconde phase » a reconnu le député MR. Hors micro Pierre Yves Jeholet a estimé que les régionalisations dont le groupe octopus va se saisir ne pourront pas intervenir avant 2009.




07 février 2008

Laurette Onkelinx reconnait une "difficulté " avec le cabinet Uyttendaele


Laurette Onkelinx s'est pononcée ce jeudi matin pour la mise en place de procédures d'appel d'offre dans la désignation des cabinets d'avocats chargés de représenter les autorités publiques. Elle réagissait ainsi à la parution dans la presse d'un courrier de Marc Uyttendaele (son mari) à Frédéric Delcor (le bras droit d'Elio Di Rupo). Dans ce courrier l'avocat semble se plaindre d'avoir perdu certains contrats et suggère un c"oup de pouce" pour améliorer les affaires de son cabinet. Sur Bel RTL la ministre de la santé a confirmé que le cabinet de son mari représentait bien le cabinet de la santé dans certaines affaires mais que la décision avait été prise avant son arrivée à la tête du département. "Je suis confronté à une difficulté" a reconnu Laurette Onkelinw en réponse à mes questions avant d'ajouter "si on pouvait faire cela par appel d'offre cela serait plus simple".



05 février 2008

Véronique Salvi veut travailler pendant son congé maternité


La députée CDH Véronique Salvi se prépare à être maman pour la deuxième fois. En théorie une femme ne peut pas, pendant un congé maternité exercer son mandat de conseillère communale. De même une élue de la chambre doit se mettre en « absence justifiée » et ne peut pas se faire remplacer. L’élue carolo en profite pour s’interroger sur la place des femmes en politiques. Ecoutez l’interview de 7h50 ici.

Denis Ducarme : "je vote Obama"

Le député MR Denis Ducarme (à ne pas confondre avec son père Daniel, même si ils ont la même voix) était mon invité à 7h50 sur Bel RTL. Il est revenu sur la décision de la commune de Zaventem de ne vendre des terrains qu’aux seuls néerlandophones et la question qu’il a posée à ce sujet au ministre de la justice Jo Vandeurzen. Pour Denis Ducarme cette disposition est illégale et contraire à la loi anti-discrimination de 2007.
En début d’interview nous avons également évoqué le « super Tuesday ». Denis Ducarme indique qu’il se sent bien plus proche des démocrates que des républicains à qui il reproche leur proximité avec les courants religieux. L’interview est ici.

04 février 2008

José Happart veut relancer le mouvement wallon


Le président du parlement wallon était mon invité ce lundi matin sur Bel RTL. Il a indiqué son souhait de transférer vers la région wallon plusieurs compétences actuellement dévolues à la communauté française. Pour José Happart l’éducation devrait notamment être régionalisée, seul l’enseignement universitaire devant rester de la compétence de la communauté « chaque fois que l’on a transféré des compétences vers la région elles sont été mieux gérées » a-t-il affirmé. Au cours de la même interview José Happart a aussi indiqué que le mouvement wallon s’apprêtait à renaitre de ses cendres. « Nous avons eu une premier réunion, nous en aurons une autre fin février ; ceux qui croient que nous ne jouerons pas dans la pièce se trompent ». A ma question de savoir si le président du PS Elio Di Rupo approuvait la démarche le président du parlement wallon a répondu laconiquement : « il est au courant ».


L’intégralité de l’interview est ici.