Affichage des articles dont le libellé est Vervoort. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vervoort. Afficher tous les articles

07 mai 2016

La solitude des Bruxellois

Ce n’est pas une fête de l’Iris comme les autres.  « Fêter » la région Bruxelloise,  6 semaines après les attentats du 22 mars  serait d’ailleurs déplacé. Mais dire que Bruxelles est un poumon économique indispensable à tous, qu’il faut y  investir et que la vie doit repartir  est une nécessité politique. Sans surprise les discours de cette fête de l’Iris ont donc commencé par un hommage  aux victimes des attentats et à leurs sauveteurs avant d’embrayer sur la remise en marche de la capitale.

Dans l’ordre Charles Picqué, le président du parlement régional, son vice-président Fouad Ahidar et le ministre-président Rudi Vervoort. Chacun dans son style, avec des accents distincts ont donc lancé une forme d’appel aux autres niveaux de pouvoir.

« Bruxelles a un genou à terre » reconnaît sans ambages Rudi Vervoort, « Bruxelles vit les heures les plus terribles de son histoire ». Il n’y a pas que le 22 mars, le ministre-président remonte deux ans en arrière, à l’attentat de Medhi Nemmouche contre le musée juif et n’élude pas le malaise après le 13 novembre : « nous avons découvert avec effroi que les auteurs des attentats étaient issus de nos quartiers, qu’ils y avaient vécu, qu’il s’y cachaient ». 

Fouad Ahidar s’en prend à la presse « j’en ai marre d’une certaine presse, de ces journaux sensationnalistes, nous avons aussi besoin d’une presse qui relaie les initiatives positives ».  

Charles Picqué se lance dans une parabole avec fourmis, acacia et girafe pour défendre le principe d’un fédéralisme de coopération (si on a bien compris quand l’acacia fournit moins de sève, les fourmis s’en vont, la girafe arrive et mange plus de feuilles, il est finalement préférable que chacun y trouve son compte de manière équilibrée) avant d’asséner « nous perdons notre culture pragmatique du dialogue ». 

Le fédéralisme de coopération, Rudi Vervoort le défend également.  Et tend la main au fédéral « l’heure n’est pas aux jeux politiques, nos concitoyens méritent mieux que des débats institutionnels ».  Le propos est apaisant, la main tendue au fédéral évidente, même si fermer le dossier des réformes institutionnelles bloque aussi le débat sur les zones de police. Faisons fonctionner nos institutions d’abord, c'est le mot d'ordre. C'est le moment que choisit Karl Vanlouwe, un dur de la NVA, pour prendre Rudi en photo avec son smartphone.

La tonalité de ce « standby institutionnel » contraste singulièrement avec l' interview de LauretteOnkelinx au journal Le Soir. D’ailleurs la présidente de la fédération bruxelloise du PS, souvent décrite comme belle mère du gouvernement régional,  n’est pas là alors qu’ Elio Di Rupo a fait le déplacement. C'est toujours instructif de vérifier qui est présent ou pas lors de ce genre d'occasion. 

Coté fédéral Christine Defraigne (présidente du sénat) et Sigfried Bracke (président de la chambre) sont bien visibles, ainsi que les ministre Maggy De Block et François Bellot. Protocolairement il n’y a donc rien à redire. Mais pas de vice-premier ministre (notamment Didier Reynders en charge de Beliris, l'accord de coopération qui finance les grands travaux en Region Bruxelloise, mais qui est en déplacement au proche orient) ni de parlementaires  de la majorité fédérale à l’exception de Françoise Schepmans. Le MR, dans l’opposition à la région, boude la cérémonie : Vincent De Wolf et Françoise Bertieaux sont ailleurs,  seul Olivier De Clipelle représente le groupe libéral. Côté wallon, Paul Magnette n'a pas fait le déplacement non plus. Pour la fédération Wallonie-Bruxelles c'est Philippe Courard (président du parlement) qui assure une présence. 

Dans le jardin, pendant la réception qui suit on mélange un peu tout : les attentats, le piétonnier, les tunnels, les zones de police.  « Ce n’est pas de la faute des Bruxellois si Bruxelles est compliquée, c’est le résultat de compromis avec les communautés » rappelle Charles Picqué.  On glisse encore que ce qui nous tue pas nous rend plus fort. Mais l’enthousiasme fait défaut.


Ce samedi la région Bruxelloise ressemble à un boxeur encore un peu KO qui appelle à l’aide. Et qui doit bien constater que ceux qu’elle appelle ne sont pas venus l’écouter.

20 juillet 2014

Le gouvernement Vervoort II entre en piste





Le gouvernement de Rudi Vervoort à prêté serment ce dimanche 20 juillet. Il devra attendre le vote de l'assemblée régionale pour être officiellement installé. Le ministre-président a d'ores et déjà présenté les grands axes de son action lors du discours de politique régionale, les chefs de groupe lui donneront la réplique mardi. En attendant, l'équipe prend la pose (photo Stephanie Meyer). 

Fadila Laanan et Cecile Jodogne complètent le casting Bruxellois du gouvernement Vervoort II

On attendait Rachid Madrane ce sera finalement Fadila Laanan.
Ainsi en a décidé Laurette Onkelinx, toute puissante présidente de la fédération bruxelloise du parti socialiste (au passage, ceux de mes confrères qui l'annonçaient à la ministre-présidence feraient bien de noter qu'un président de parti -ou ici de fédération- a au moins autant de pouvoir qu'un ministre, cela leur évitera des spéculations inutiles). À ce stade, Rachid Madrane, à moins qu'il ne soit repêché à la communauté française, fait figure de grand sacrifié. 
On hésitait entre Benard Clerfayt et Emmanuel De Bock, ce sera finalement Cecile Jodogne. Là c'est Olivier Maingain qui a tranché. Le choix de Jodogne donne raison aux schaerbekois (elle est l'échevine de Clerfayt et fut même bourgmestre faisant fonction lorsque celui était secrétaire d'état  aux finances au fédéral)  mais Emmanuel De Bock, le jeune qui monte,n'a pas tout perdu puisqu'il devient chef de groupe des FDF. 
Avec ces deux désignations l'équipe est désormais au complet. Dans quelques heures, ministres et secrétaires d'état bruxellois prêteront donc serment devant le parlement régional (au passage, sachez que ce sera en direct sur Télé Bruxelles).  Que retenir de l'équipe Vervoort II ? 
D'abord qu'elle se féminise fortement. Quatre hommes pour quatre femmes c'est du jamais vu dans un exécutif en Belgique. Le symbole est fort, surtout que ces dames sont plus jeunes que ces messieurs. Attention quand même : les 4 hommes ont rang de ministre, et concentrent l'essentiel des portefeuilles influents, tandis que 3 de nos 4 femmes ont rang de secrétaire d'état, ça peut paraître anecdotique puisque c'est lié au score des partis mais cela indique qu'un peu de chemin reste à parcourir pour une partité parfaite. 
L'équipe Vervoort II est globalement expérimentée. Seules Bianca Debaets et Cecile Jodogne n'ont pas d'expérience ministérielle. Tous les autres ont été ministres à l'un ou l'autre niveau de pouvoir. Cela garantit de pouvoir se mettre au travail très vite. À l'heure ou j'écris ces lignes de nombreux chefs de cabinet sont déjà connus et les équipes sont en train de se constituer. 
Enfin le gouvernement régional assume une forme d'équilibre géographique : deux Everois (Vervoort et Vanhengel aux postes clefs) et une Schaerbekoise (Jodogne) pour le nord-est, une Anderlechtoise (Laanan) pour le nord-ouest, deux Bruxellois (Smet et Debaets) pour le centre ville, un Auderghemois (Gosuin) et une Uccloise (Fremault) pour le sud. Deux remarques sur ce chapitre : pas de représentant pour les petites communes (genre Koekelberg, Saint-Josse ou Berchem) et surtout une faible représentation pour Bruxelles-ville (Smet n'y est pas très actif et le CD&V de Debaets y est dans l'opposition)  , quand on sait que les rapports ville-région sont souvent des rapports de concurrence on ne se facilite pas la tâche.  
Au niveau de la diversité des origines, malgré la présence de Fadila Laanan, l'équipe Vervoort II continue de ressembler au Bruxelles d'hier, et n'est pas représentative de la ville d'aujourd'hui (notez ainsi que le SPA a préféré Pascal Smet à Fouad Ahidar alors que celui-ci avait fait un plus gros score). Ce constat n'est pas réservé qu'au seul gouvernement régional, le monde des entreprises souffre du même mal,  on se rend compte à quel point ces évolutions prennent du temps. 

L'équipe Vervoort II

Rudy Vervoort (PS) ministre-président, en charge du tourisme et du port 
Guy Vanhengel (OpenVLD) ministre des finances et du budget 
Didier Gosuin (FDF) ministre de l'emploi, de l'économie, et de la formation professionnelle
Pascal Smet (SPA) ministre des transports 
Celine Fremault (CDH) ministre de l'environnement et de l'Energie 
Fadila Laanan (PS) secrétaire d'état à la propreté et la fonction publique (mais aussi ministre présidente de la COCOF ou elle aura la charge des crèches et de  l'enseignement)
Bianca Debaets (CD&V) secrétaire d'état à la sécurité routière, à l'égalité des chances et à la transition numérique 
Cecile Jodogne (FDF) secrétaire d'état en charge du commerce extérieur et du SIAMU (service incendie)