Peut-on rire de tout ? Oui mais surement pas avec tout le monde. Peut-on rire de soi ? C’est encore mieux, mais les réactions du public sont parfois décevantes.Au carrefour de la politique et de la culture... Belgique, Bruxelles, la communication, le pouvoir, les idées, le théâtre ou la musique ... le blog perso du journaliste Fabrice Grosfilley
04 mars 2019
Didier Reynders, l’intelligence et l’ironie
Peut-on rire de tout ? Oui mais surement pas avec tout le monde. Peut-on rire de soi ? C’est encore mieux, mais les réactions du public sont parfois décevantes.12 octobre 2014
Comment la NVA pourrait essayer d'asphyxier Bruxelles .... et Didier Reynders lui résister
17 août 2014
Les lasagnes du commissaire
07 mai 2014
Reynders, bis repetita
29 avril 2014
Peut-on se passer de la NVA ?
29 mars 2014
Bruxelles attend les listes libérales
Le Mouvement Réformateur prend du retard. Alors que FDF, Ecolo, PS et maintenant CDH ont publié leurs listes bruxelloises, côté libéral, rien. Certes toutes les listes ne sont pas complètes. Mais pour les autres formations ont connait au moins l'ossature centrale, qui occupe les places éligibles, qui est en"place de combat" , qui prend les premieres suppléances souvent synonymes de victoire sans combat et quels sont les soutiens placés en fin de liste.
Pour le MR officiellement on doit se limiter aux têtes de listes, Vincent De Wolf pour la région, Didier Reynders pour la chambre.
La photo d'illustration est emprunté au site des libéraux bruxellois mr-bxl.be
01 septembre 2013
Les stratégies de rentrée
20 mai 2008
Rue de la loi, version vidéo

11 mai 2008
BHV : le CD&V voulait ouvrir la discussion générale
Depuis mercredi soir les partenaires gouvernementaux s’étaient en effet mis d’accord sur le scénario suivant : voter d’abord la loi programme, permettre l’inscription de la proposition BHV ensuite et compter sur les francophones pour bloquer les débats. Le premier ministre avait lui même présenté en kern ce synopsis jeudi matin. Petit problème dans la journée de jeudi : les éminents juristes des services de la chambre doutent que le renvoi au conseil d’état des amendements déposés par les partis francophones suffise à bloquer le processus parlementaire. En clair l’examen des amendements par les conseillers d’état n’empecherait pas les députés d’entamer le débat explosif en séance plénière. Pour être plus précis tous les juristes n’étaient pas d’accord : pour certains d’entre eux, le fait que les francophones demandent eux même cet examen et que cette demande émane de plus de la moitié d’un groupe linguistique avait bien un effet suspensif, mais là on entre dans les détails du détail (les juristes sont en effet des cousins proches des constitutionnalistes : il suffit d’en consulter suffisamment pour finir par un trouver un qui pense comme vous).
Voilà donc que le scénario d’apaisement risque d’être moins apaisé que prévu. Une discussion générale commence toujours par la lecture du rapport des débats en commission (dans le cas présent, les francophones avaient quitté la commission de l’intérieur le 7 novembre après le votre flamand, entendre ce récit de ce moment là vaudra sûrement le détour) et se poursuit par le prise de parole des députés qui en font la demande (30 minutes par orateur). Un grand barnum en perspective ou chaque parti flamand aurait eu à cœur de démontrer qu’il était plus flamand que son voisin et que décidément ces francophones ne comprennent pas le sens de l’histoire. Dans la majorité le ton monte : les députés CD&V-NVA font savoir qu’ils souhaitent bien après l’inscription du point BHV entamer la discussion générale. A tel point que Didier Reynders menace même , excédé, de déclencher la procédure de la « sonnette d’alarme » plutôt que celle du conflit d’intérêt : renvoyer le dossier au gouvernement pendant 30 jours et chute du gouvernement en cas d’échec. En fin d’après midi/début de soirée il semble même qu’une partie des francophones se soit résignée à vivre un début de débat parlementaire…
Vient alors la précision horlogère d’Olivier Maingain. Elle offre un moyen de pression supplémentaire et va permettre aux francophones d’obtenir l’arrangement suivant : seuls les chefs de groupe pendront la parole avant la mise à l’ordre du jour du point BHV. Si d’aventure l’extrême droite insiste pour ouvrir la discussion malgré les amendements francophones les groupes de la majorité s’y opposeront. De source flamande on m’indique qu’ Yves Leterme avait marqué son accord. On ne vérifiera pas ce dernier point : les flibustiers de la liste Dedecker ou du VB ne disposent visiblement pas des conseils de juristes aussi créatifs que ceux qui sont au service du président de la chambre. Ils n’ont donc pas tenté un coup de force qui aurait permis d’ouvrir la discussion générale (sans la clore) et qui aurait offert à tous les parlementaires qui le souhaitaient de prendre la parole.
Quelle conclusion tirer de ce bras de fer plus tendu qu’il n’y parait ?
D’abord que les députés flamands de la majorité souhaitent réellement discuter de BHV, et qu’il faut donc réellement que les francophones s'y opposent. Ce n’était pas que du cinéma : le scénario avait beau être ficelé, certains acteurs ont mis un certain zèle dans l’interprétation de leur rôle. Ensuite qu’Herman Van Rompuy et ses juristes (contrairement à une image peut être trop flatteuse dans les médias francophones) ont plus tendance à appuyer sur la pédale d’accélérateur que sur celle du frein. Qu’enfin Yves Leterme, n’est pas l’homme impuissant que l’on décrit parfois au sud du pays. Si Yves Leterme ne contrarie pas ses troupes ce n’est pas tant qu’il ne peut pas le faire, c’est surtout parce qu’il ne le souhaite pas. Le premier ministre, comme les autres élus, est aussi un homme en campagne électorale, et il est sûrement profondément partisan de la scission de l’arrondissement (au passage, je rappelle que tous les partis flamands du VB à Groen en passant par le SPA et le VLD souhaitent la scission et que Guy Verhofstadt, dont on dit tant de bien, n’avait pas résolu ce problème, mais on a tendance à l’oublier).
Bien sûr ce que je vous raconte là reste entre nous, car cela n’aurait jamais du sortir des salons de la présidence de la chambre. Cela permet de comprendre pourquoi les acteurs étaient si crispés alors que l’on croyait le scénario approuvé par tous. J’avoue que c’est ce décalage qui m’ a poussé à étudier les dessous de la séance de jeudi soir.
Si d’aventure un député nationaliste flamand lisait ces lignes je lui présente mes sincères excuses pour la frustration que je pourrai lui causer. Passer ci près d’un débat historique alors que l’on croyait que tout était écrit d’avance ! Pour tous les autres (y compris les juristes) je propose de méditer sur ce qui pourrait être un bon sujet de dissertation : éviter le pire est nécessaire, mais est-ce satisfaisant ?
08 avril 2008
Reynders corrige Ducarme
Le président indique ainsi publiquement qu’il n’est pas sur la même longueur d’onde que le parlementaire. Alors que je m’en étonne à la sortie du studio Didier Reynders lâche, accompagné d’un haussement d’épaule : « ce n’était pas concerté. Si ce n’est pas concerté, alors… ».
19 mars 2008
Les régularisations en échanges des peines incompressibles

NB : la Libre Belgique développe des infos sensiblement comparables aux miennes ici.
12 mars 2008
Elio, en direct des négociations

07 mars 2008
Négocier pour 3, 15 ou 37 mois ?
La véritable question réside plus dans la capacité de la famille sociale-chrétienne à apporter des nuances oranges clairement identifiables et à faire apparaitre le coup de pinceau d’Yves Leterme. Après tout c’est bien au futur premier ministre qu’il revient d’équilibrer la toile pour pouvoir y apposer sa signature. On mesure là toute la difficulté du défi que se lance le futur premier ministre : ne pas renoncer aux pigments de la NVA, intégrer Joëlle Milquet dans une dynamique de compromis, permettre au PS d’exister sans se mettre à dos les libéraux du nord et du sud.
Ce matin, dans ses déclarations, le président du MR continue de souffler le chaud et le froid. En ironisant sur la perspective de voir Yves Leterme s’installer au département des finances, ou en faisant référence à Guy Verhofstadt le président du MR rappelle sans cesse que l’installation d’Yves Leterme au 16 ne va pas forcément de soi (et donc que cela a un prix). La publication de pleines pages de publicité du MR dans certains journaux samedi fait partie de cette stratégie de pression. Le MR fait ainsi savoir à ses partenaires qu’il est prêt à des élections anticipées, au cas où… Et suggère donc à ses partenaires-adversaires de faire des concessions s’ils veulent éviter le retour aux urnes. A ce stade pourtant, personne ne prévoit que la négociation gouvernementale puisse échouer. Il y aura donc en fin de semaine ou en début de semaine prochaine un accord. Avec le risque que certains paragraphes restent un peu flous. Car la situation politique du moment a ceci de particulier qu’elle nous fourni un gouvernement avant d’en connaître le programme. Même si on ignore si ce gouvernement tiendra jusqu’à l’ultimatum posé par les durs du CD&V (c’est pour juillet, donc dans 3 mois), jusq’aux élections régionales de 2009 (dans 15 mois, hypothèse la plus probable) ou jusqu’au terme de la législature (juin 2011), dans 37 mois
05 mars 2008
Un peu d'énervement, beaucoup de postionnement

Tous les partenaires autour de la table souhaitent rester dans l’attelage gouvernemental : ce souhait est un ciment dont Yves Leterme pourrait tirer parti. Leterme, Verhofstadt et Reynders se sont d’ailleurs vu lundi midi et personne n’a claqué la porte. Sur Bel RTL Jean-Michel Javaux, hier mardi, restait plus que prudent sur une éventuelle participation d’Ecolo. Si Olivier Maingain lors de l'interview sur la même radio ce matin continuait d’ouvrir la porte aux verts il démentait clairement toute velléité de Didier Reynders de débarquer Yves Leterme pour raison de santé ou autre. En revanche le président du FDF n’a pas caché qu’il souhaitait que le CD&V se contente de 3 ministres. Toute l’agitation de ces dernières semaines peut en fait s’expliquer par un double phénomène : un enchainement de déclarations et une guerre d’influence.
L’enchaînement part du retrait de la NVA. Difficile à accepter pour les plus durs du CD&V cela pose un défi électoral au parti d’Yves Leterme. Si le cartel se disloque la place de formation flamande numéro 1 est de nouveau en jeu et Jean Marie Dedecker est assuré de faire une belle progression. Le CD&V, sur un plan électora,l se devait donc de réagir, en soulignant par exemple que le retrait de la NVA n’était pas définitif et aussi en assurant ses électeurs que le programme communautaire n’était pas passé aux oubliettes. C’était logique jusqu’à un certain point, mais laisser dire au chef de groupe du parlement flamand que son parti, sans réforme de l’état conforme à ses désirs, quittait la majorité au fédéral relève de la confusion des genres. Entend-on côté francophone Serge Kubla et Maurice Bayenet dicter leur conduite à Didier Reynders et Elio Di Rupo ?
Le deuxième dérapage CD&V vient de Kris Peeters qui indiquait que faute d’accord il reprenait sa participation budgétaire. A Kris Peeters comme aux autres : un accord est un accord, et la participation budgétaire en question consiste seulement en un gel de montants transférés du fédéral aux régions. Remettre en question ce que l’on vient de signer la veille n’est pas une preuve d’un grand sens de l’Etat.
Troisième temps de la crispation : Didier Reynders accorde vendredi une interview dont il a le secret à La Libre Belgique où il remet la position d’Yves Leterme en cause. Sans doute le président du MR a-t-il été ulcéré par les menaces de Kris Peeters, mais on lui fera la même remarque : un accord est un accord, et ajouter une crispation à une autre ne semble, pour le citoyen lambda, pas franchement nécessaire.
Cette série de déclarations cache un vrai bras de fer sur l’équilibrage interne du futur gouvernement. Logiquement le CD&v est en position de réclamer un ministre supplémentaire (il se dit que cela aurait même été convenu lors des négociations bouclées par Guy Verhofstadt lors de la mise ne place du gouvernement intérimaire, mais je ne peux vérifier ce point avec certitude). Côté libéral on estime que le retrait de la NVA ne justifie plus ce 4ième maroquin.
Didier Reynders qui souligne que sa formation pèse à peu près la même chose que le CD&V réclame donc une compensation. C’est purement logique et arithmétiquement défendable.
27 février 2008
Leterme I, sans SPA ni ecolo

Ces jours-ci les commentateurs s’interrogent aussi sur la forme que prendra le gouvernement Leterme I. Ce mardi, invitée sur Bel RTL, Joëlle Milquet suggérait d’approcher le SPA. D’autres évoquent l’appoint d’Ecolo et de Groen. Des contacts que je peux avoir avec les uns et les autres je retire le sentiment qu’aucune de ces pistes n’est sérieusement envisageable. Une négociation avec le SPA se heurterait au refus du VLD (les libéraux du nord et du sud ont suffisamment dit leur refus d’un tripartite classique pour ne pas avaler sans douleur cette couleuvre). Ecolo ne peut pas envisager de monter dans un gouvernement qui laisse planer le doute sur un prolongement des centrales nucléaires (pour écrire vrai le doute n’est même plus permis, puisqu’il s’agit de monnayer auprès d’Electrabel cette prolongation).
La pentapartite actuelle se maintiendra donc probablement, même si elle est un peu juste coté flamand (42 députés, il en faut 45 pour décrocher la majorité dans le groupe linguistique flamand). Guy Verhofstadt lors du journal de RTL TVI a clairement indiqué qu’il ne voyait pas où était le problème « nous avons une majorité » a indiqué le premier en précisant que le groupe octopus allait au delà des deux tiers nécessaire pour le vote d’une réforme de l’état. En clair SPA et Ecolo apporteront leur soutien au cas par cas pour les questions institutionnelles quand c’est nécessaire, et c’est suffisant. Au passage notez que le premier a bien confirmé qu’avec ou sans la N-VA il céderait son fauteuil à Yves Leterme. La question de soutenir ou non Didier Reynders ne se pose donc pas. Sans le soutien du PS et du CDH, et avec une indifférence polie du coté du VLD le ministre des finances sait qu’une candidature au poste de premier ressemblerait à un suicide politique.
14 janvier 2008
Le grand saut

L ‘issue est incertaine. Les positions défendues au nord et au sud ne sont en apparence toujours pas conciliables et les 6 mois passés font douter de la pérennité de ce génie belge qui consistait à trouver des dynamiques acceptables par les deux communautés à force de patience et d’imagination.
Ce mardi ils devraient être 18, peut être 20 autour de la table : Yves Leterme, Hermann Van Rompuy, Etienne Schouppe, Bart de Wever, Bart Sommers, Patrick Vankrukelsven, Caroline Gennez, Geert Lambert et Magda Alvoet pour les néerlandophones. Didier Reynders, Armand De Decker, Olivier Maingain, Philippe Moureaux, Jean-Claude Marcourt, Joëlle Milquet, André Antoine et Marcel Cheron côté francophone. Guy Verhofstadt et Jean-Luc Dehaene seront invités permanents.
Ainsi il sera proposé aux 18+2 de commencer par entendre les représentants des communautés et régions (un lot de consolation pour les germanophones dont aucun élu n’est invité dans le groupe des 18), avant d’organiser trois tables rondes successives sur
- la répartition des compétences et leur financement (ce qui relève du fédéral, ce qui relève des régions et comment ces politiques sont financées)
- l’avenir de la région bruxelloise
- le système électoral (faut il un sénat paritaire, une circonscription électorale, une date commune pour les élections régionales et législatives)
Les deux co-présidents pourraient également suggérer d’auditionner des « experts » constitutionnalistes, politologues et économistes pour éclairer les débats.
Voilà pour le premier round. Cela devrait être suffisant pour « sentir » si la mayonnaise communautaire a une chance de prendre ou pas. L’ambiance qui émanera de cette première matinée sera ainsi déterminante. Lors de la dernière tentative du même genre, un « forum » lancé par la violette, la première séance, présidée par Didier Reynders (si mes souvenirs sont corrects Johan Vande Lanotte avait trouvé une excuse pour ne pas venir) avait aussi été la dernière car on n’ avait pas pu se mettre d’accord sur un ordre du jour. Ici Leterme et Reynders font tout pour éviter le piège : pas de note, pas de menu, pas d’agenda. Tout au plus devine-t-on que le succès consisterait à concevoir ces éléments pour le 23 mars. On se doute également que le groupe des 20 n’ira pas très loin. Il devrait laisser rapidement la place à un groupe restreint (5, 7 ou 8 participants, la formule ne semble pas encore clairement arrêtée) au sein duquel les vraies négociations se dérouleront (au passage : ceux qui s’inquiètent de la présence de 4 anciens de la Volksunie dans le groupe de travail seront rassurés en constatant que ces anciens nationalistes ne sont pas invités dans le groupe restreint).
Ce soir les protagonistes s’apprêtent donc à sauter dans le vide. Il est rare qu’un dirigeant politique de grande envergure se lance dans une entreprise sans savoir où celle-ci va l’emmener. C’est le cas cette fois-ci. Et personne ne peut exclure l’échec, au contraire. On pourrait même se risquer à écrire que cet échec est probable, si l’on ne savait qu’en matière communautaire le prévisible se vérifie rarement. Prévenons quand même les lecteurs de ce blog : une nouvelle escalade ne serait pas sans vertus, contraindre les uns et les autres à plus de concessions passera probablement par une nouvelle période de crise.
08 janvier 2008
Faux cartel et véritables convergences
Tant Joëlle Milquet qu’Elio Di Rupo démentent bien sûr tout accusation de cartel. Elio Di Rupo indiquait ce lundi en conférence de presse que, s’il n’entendait pas s’abaisser au jeu des petites phrases, il trouvait celle-ci particulièrement « désobligeante ». « Nous, nous ne parlons pas de cartel quand nous évoquons les relations entre le MR et Ecolo ajoutait-il avant de glisser : c’est curieux cette façon de faire porter la responsabilité de son échec sur autrui ».
Le bon mot a ses limites. Les remous provoqués par l’interview de Philippe Moureaux, et la réaction indignée du CDH suffisent à eux seuls à démentir l’idée d’un cartel. Si celui ci existait réellement, Didier Reynders en serait d’ailleurs la première victime. Avec 30 sièges de députés un cartel PS-CDH serait en position de revendiquer le leadership francophone.
A la lumière des dernières déclarations, il existe même, me semble-t-il, plus de proximité entre PS et MR qu’entre PS et CDH. Les deux plus grands partis francophones ont désormais clairement fait savoir qu’ils étaient disponibles pour une discussion « sans tabous » sur les questions institutionnelles, des messages clairement destinés à leurs partenaires flamands. Quand Philippe Moureaux indique qu’il vaut mieux accepter une grande réforme de l’état il est en réalité très proche des formules utilisées par Didier Reynders il y a quelques mois.
12 décembre 2007
Le MR peut-il se risquer à l'opposition ?

Problème depuis lundi le MR fait savoir urbi et orbi son peu d'enthousiasme pour la formule, surtout pour sa large composante francophone. Pour l'instant les libéraux s'en tiennent à un laconique " discutons du programme d'abord" mais on sent bien que le coeur n'y est pas.
Ce week end les réformateurs ont été tentés d'échanger leur soutien à la formule contre une entrée dans les gouvernements régionaux (l'information m'est confirmée à plusieurs sources dont certaines sont libérales, mais personne n'accepte de l'évoquer face caméra). Un "donnant-donnant" dont le PS et le CDh ricanent encore : l'hypothèse a fait long feu.
Pour le MR la situation est donc délicate : le pari de l' "orange bleue" a échoué, le poste de premier ministre semble acquis, pour l'instant, à un candidat flamand, et ses principaux concurrents électoraux (PS et CDH) ne sont pas écartés du pouvoir. Pire : il faut imaginer ce que donne la configuration "union nationale" en terme de mandats : le MR risque de n'avoir que 2 postes ministériels (en plus de la présidence du sénat)... soit autant que le PS (moins même si l'on doit prendre en compte le siège de commissaire européen). Ajoutez l'obligation de soutenir une réforme de l'Etat, et un programme socio-économique que les socialistes voudront "gauchiser" et les verts "ecologiser" (excusez ces néologismes). Bref, pas la formule gagnante.
20 novembre 2007
De l'ouverture à l'essai

L’honnêteté impose également de dire que la position du président du MR, plutôt bien accueillie par le CD&V et le VLD n’est pas encore synonyme d’une sortie de crise. Car la NVA, le FDF et le CDH ont tenu à prendre leurs distances (ce qui n’est pas rien). Il n’est pas exclu que ces formations s’engouffrent malgré tout à terme dans la brèche ouverte. Prendre le risque de refuser l’ouverture c’est, alors que le ras le bol semble gagner du terrain dans l’opinion publique, prendre le risque de passer pour un facteur de crise. Le CDH n’y pas forcément intérêt (c’est plus discutable pour le FDF et surtout pour la NVA).
Permettez-moi cette métaphore empruntée au ballon ovale. Au rugby le demi d’ouverture (ici Didier Reynders) a pour mission d’extraire le ballon de la mêlée. C’est un rôle crucial. Un bon demi d’ouverture se doit ensuite de faire « vivre son ballon », et a la redoutable tâche d’orienter le jeu. Si le demi d’ouverture est bien inspiré et si le « collectif fonctionne » (le rugby comme une formation de gouvernement est un jeu subtil où les qualités individuelles doivent s’inscrire dans un effort collectif) le ballon est alors transmis au ¾ qui lancent un ailier qui file, si tout va bien, jusqu’à l’essai. Si cela ne marche pas il y a de fortes chances que l’un des membres se retrouve plaqué au sol, que le ballon ne « vive plus », et que le jeu étant à nouveau bloqué l’arbitre ne siffle une nouvelle melée.
22 octobre 2007
Le patron


