
Au carrefour de la politique et de la culture... Belgique, Bruxelles, la communication, le pouvoir, les idées, le théâtre ou la musique ... le blog perso du journaliste Fabrice Grosfilley
14 juin 2008
Docteur premier et mister Flandre

11 juin 2008
Pourquoi personne ne bouge

Cette absence d’engagement (sur la place publique, les choses peuvent être différentes en coulisses) a des effets collatéraux. Depuis plusieurs jours Didier Reynders indique lui aussi qu’il ne lui revient pas de faire des propositions. Si le premier renvoie la balle aux vice-premiers, le président du MR la dégage aussitôt dans les rangs du CD&V. C’est une attitude logique : le francophone n’est pas demandeur d’une réforme de l’état, il n’a donc pas à en porter la négociation. Continuons à suivre la cascade : si le MR ne prend pas de risques, le PS et le CDH (dont il faut souligner qu’il est en concurrence électorale frontale avec le MR, notamment pour capter un vote « francophonissime » à Bruxelles) n’iront pas dans un sens contraire.
La situation des jours prochains risque donc de se résumer à une course d’observation ou les uns et les autres se regardent sans lancer le sprint. Déposer une note de négociation dans les circonstances actuelles revient à prendre un risque politique majeur. On ne voit pas, actuellement, ce qui permettrait de débloquer la situation. Mais on rappellera aussi aux partenaires de la majorité que si la réforme de l’État peut attendre un an ou deux, la situation juridique de l’arrondissement BHV est plus problématique. Ce serait du bon sens que de vouloir régler ce problème avant de retourner aux urnes.
L'interview d' Yves Leterme est ici.
26 mai 2008
L'équation d'Yves Leterme

Si j’ai bien décodé ce qui se prépare nous devrions avoir deux négociations en une dans les prochaines semaines. La crise BHV restera du ressort gouvernemental. C’est entre présidents de parti et vice premier que l’on tentera de s’en sortir. Pour cela il faut que les néerlandophones reconnaissent qu’une scission pure et simple n’est pas leur objectif. Yves Leterme a commencé à le faire ce matin en indiquant qu’une solution négociée excluait la proposition de loi telle qu’elle est actuellement rédigée (qui, je le rappelle au passage, offre aux flamands le beurre et l’argent du beurre : scission + système d’apparentement permettant de garder un nombre élevé de députés néerlandophones, sans aucune compensation pour les francophones). Mieux même le premier ministre a reconnu explicitement que les francophones avaient des droits qui devaient être garantis et maintenus ( on peut penser aux facilités, mais aussi au droit de voter pour des candidats bruxellois, à chacun son interprétation). Alors que je tentai de lui faire dire que la scission devrait être compensée par de nouveaux droits pour les francophones, le premier a calé… mais il n’a pas dit non.
Quels sont « ces nouveaux droits » envisageables ? Les présidents de parti francophones évoquent une intégration dans la région bruxelloise bilingue, ce qui serait le plus simple, et assez cohérent en terme de droits (pour les francophones et les néerlandophones des communes concernées) mais sûrement symboliquement difficile à faire passer. On peut imaginer d’autres pistes : l’extraterritorialité qui permettrait à la communauté française et/ou la région bruxelloise d’intervenir en faveur des francophones de la périphérie, la constitution d’un district ou d’une agglomération bruxelloise, sorte de région étendue, sans oublier toutes les formules qui consistent à redessiner l’ensemble des circonscriptions électorales. Les réponses d'Yves Leterme peuvent renvoyer à une ou plusieurs de ces pistes.
L’autre négociation, sur la réforme de l’Etat (comprenez les régionalisations) sera pilotée par les deux ministres des réformes institutionnels (Didier Reynders et Jo Vandeurzen). Ceux ci devrait faire un rapport et une proposition d’organisation des travaux dès mercredi au conseil restreint. On y trouvera le « premier paquet » de l’octopus et une série de compétences plus « lourdes ». L’exercice est difficile : tous les acteurs ont les yeux rivés sur 2009 (y compris le premier ministre, qui risque bien d’être, comme tout le monde, candidat, ce qui explique aussi son silence : mieux vaut, pour lui, hérisser quelques francophones que perdre son crédit en Flandre). Au final (comprenez début juillet) il faudra bien mélanger le tout. Ce qui nous donne l’équation suivante : BHV + Réforme de l’état + Contrôle Budgétaire + Politique économique = grand troc ou grand krach.
18 mai 2008
Un pays à l'abandon
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Yves Leterme a tenté vendredi de convaincre ses deux ministres des réformes institutionnelles de se mouiller à ses côtés. Didier Reynders et Jo Vandeurzen ne devraient pas être spécialement volontaires pour prendre les coups à sa place. Même la mise en place d’un cénacle où l’on débattrait du communautaire semble difficile : la plupart des partis de la majorité souhaitent relancer un groupe des sages, mais Joëlle « non » Milquet considère que la sagesse est une qualité qui n'appartient qu'aux seul(e)s président(e)s de parti (il est vrai que Philippe Maystadt a clairement fait savoir qu’il n’était plus candidat pour un second tour de punching ball). Comme la chaleur humaine n’est pas le point fort du premier ministre, on voit mal comment il pourra dégeler des relations francophones-néerlandophones extrêmement tendues. L’auteur de ce blog oserait même le pari inverse : nous entrons dans une période de glaciation communautaire qui risque de tout bloquer jusqu’en 2009.
Deuxième rendez-vous de la semaine un grand conseil des ministres le vendredi 23. Il y serait question de politique économique le matin et d’équilibre budgétaire l’après midi. Dans la majorité on se gausse : Leterme fait du Verhofstadt et copie les super conseils de Petit-Leez et Ostende. Le chef de file des CD&V a sans doute suffisamment de mémoire pour se rappeler que ce ne fut pas une réussite. Mais il a aussi suffisamment d’expérience pour savoir qu’il ne peut pas rester inactif dans tous les domaines. Et qu’offrir quelques fleurs économiques aux libéraux, quelques pétales sociales aux socialistes permettra peut être de ramener les uns et les autres à une table de négociation. Dans le cas contraire il faudra acter que ce gouvernement ne peut plus rien résoudre. Ses membres, les yeux rivés sur les élections de 2009, auront abandonné les belges en rase campagne. Le ralentissement de l’économie mondiale, les cours du pétrole, le chômage, la sécurité ne seront même plus en mesure d’être débattus. On n’ose pas imaginer ce que serait ce pays sans l’union européenne et l’Euro.
11 mai 2008
BHV : le CD&V voulait ouvrir la discussion générale
Depuis mercredi soir les partenaires gouvernementaux s’étaient en effet mis d’accord sur le scénario suivant : voter d’abord la loi programme, permettre l’inscription de la proposition BHV ensuite et compter sur les francophones pour bloquer les débats. Le premier ministre avait lui même présenté en kern ce synopsis jeudi matin. Petit problème dans la journée de jeudi : les éminents juristes des services de la chambre doutent que le renvoi au conseil d’état des amendements déposés par les partis francophones suffise à bloquer le processus parlementaire. En clair l’examen des amendements par les conseillers d’état n’empecherait pas les députés d’entamer le débat explosif en séance plénière. Pour être plus précis tous les juristes n’étaient pas d’accord : pour certains d’entre eux, le fait que les francophones demandent eux même cet examen et que cette demande émane de plus de la moitié d’un groupe linguistique avait bien un effet suspensif, mais là on entre dans les détails du détail (les juristes sont en effet des cousins proches des constitutionnalistes : il suffit d’en consulter suffisamment pour finir par un trouver un qui pense comme vous).
Voilà donc que le scénario d’apaisement risque d’être moins apaisé que prévu. Une discussion générale commence toujours par la lecture du rapport des débats en commission (dans le cas présent, les francophones avaient quitté la commission de l’intérieur le 7 novembre après le votre flamand, entendre ce récit de ce moment là vaudra sûrement le détour) et se poursuit par le prise de parole des députés qui en font la demande (30 minutes par orateur). Un grand barnum en perspective ou chaque parti flamand aurait eu à cœur de démontrer qu’il était plus flamand que son voisin et que décidément ces francophones ne comprennent pas le sens de l’histoire. Dans la majorité le ton monte : les députés CD&V-NVA font savoir qu’ils souhaitent bien après l’inscription du point BHV entamer la discussion générale. A tel point que Didier Reynders menace même , excédé, de déclencher la procédure de la « sonnette d’alarme » plutôt que celle du conflit d’intérêt : renvoyer le dossier au gouvernement pendant 30 jours et chute du gouvernement en cas d’échec. En fin d’après midi/début de soirée il semble même qu’une partie des francophones se soit résignée à vivre un début de débat parlementaire…
Vient alors la précision horlogère d’Olivier Maingain. Elle offre un moyen de pression supplémentaire et va permettre aux francophones d’obtenir l’arrangement suivant : seuls les chefs de groupe pendront la parole avant la mise à l’ordre du jour du point BHV. Si d’aventure l’extrême droite insiste pour ouvrir la discussion malgré les amendements francophones les groupes de la majorité s’y opposeront. De source flamande on m’indique qu’ Yves Leterme avait marqué son accord. On ne vérifiera pas ce dernier point : les flibustiers de la liste Dedecker ou du VB ne disposent visiblement pas des conseils de juristes aussi créatifs que ceux qui sont au service du président de la chambre. Ils n’ont donc pas tenté un coup de force qui aurait permis d’ouvrir la discussion générale (sans la clore) et qui aurait offert à tous les parlementaires qui le souhaitaient de prendre la parole.
Quelle conclusion tirer de ce bras de fer plus tendu qu’il n’y parait ?
D’abord que les députés flamands de la majorité souhaitent réellement discuter de BHV, et qu’il faut donc réellement que les francophones s'y opposent. Ce n’était pas que du cinéma : le scénario avait beau être ficelé, certains acteurs ont mis un certain zèle dans l’interprétation de leur rôle. Ensuite qu’Herman Van Rompuy et ses juristes (contrairement à une image peut être trop flatteuse dans les médias francophones) ont plus tendance à appuyer sur la pédale d’accélérateur que sur celle du frein. Qu’enfin Yves Leterme, n’est pas l’homme impuissant que l’on décrit parfois au sud du pays. Si Yves Leterme ne contrarie pas ses troupes ce n’est pas tant qu’il ne peut pas le faire, c’est surtout parce qu’il ne le souhaite pas. Le premier ministre, comme les autres élus, est aussi un homme en campagne électorale, et il est sûrement profondément partisan de la scission de l’arrondissement (au passage, je rappelle que tous les partis flamands du VB à Groen en passant par le SPA et le VLD souhaitent la scission et que Guy Verhofstadt, dont on dit tant de bien, n’avait pas résolu ce problème, mais on a tendance à l’oublier).
Bien sûr ce que je vous raconte là reste entre nous, car cela n’aurait jamais du sortir des salons de la présidence de la chambre. Cela permet de comprendre pourquoi les acteurs étaient si crispés alors que l’on croyait le scénario approuvé par tous. J’avoue que c’est ce décalage qui m’ a poussé à étudier les dessous de la séance de jeudi soir.
Si d’aventure un député nationaliste flamand lisait ces lignes je lui présente mes sincères excuses pour la frustration que je pourrai lui causer. Passer ci près d’un débat historique alors que l’on croyait que tout était écrit d’avance ! Pour tous les autres (y compris les juristes) je propose de méditer sur ce qui pourrait être un bon sujet de dissertation : éviter le pire est nécessaire, mais est-ce satisfaisant ?
07 mai 2008
Yves Leterme perd pied

Yves Leterme peut cependant espérer limiter la casse. C’est à cela qu’il s’emploie en tentant de convaincre les membres les plus régionalistes de son cartel. Sans doute les députés flamands ne renonceront-ils pas à une inscription de leur fanion BHV sur un ordre du jour. Mais le premier peut encore espère que cette inscription se fasse en relative douceur : en précisant par exemple, que le vote du budget et de la loi programme passent avant l’arrondissement électoral et que l’examen effectif ne soit pas programmé avant plusieurs séances, ce qui laissera le temps aux francophones de mettre en route leur riposte. S’il faut aller vite ceux-ci choisiront l’amendement à renvoyer au conseil d’état (cela ne prend que quelques minutes), s’ils ont plus de temps le conflit d’intérêt (actionné depuis le parlement wallon, le parlement bruxellois ou le parlement francophone bruxellois, ex-cocof, où l’on semble déjà prêt) qui donnera 120 jours de répit. Quelque chose a changé dans le camp francophone. On passe moins de temps à s'invectiver, on travaille désormais en équipe. Le résultat est là : ensemble les francophones réussisent à isoler le CD&V.
Et après ? Les jours de crise programmés ne déboucheront sans doute pas sur grand chose. La tentation francophone est désormais grande de limiter le gouvernement aux seuls thèmes économiques (les fameux « vrais problèmes des gens » pour reprendre une expression si souvent répétée qu’elle en devient ridicule). Il n’est pas sûr que le CD&V marche facilement dans l’opération. Il faudra sans doute encore tenter des négociations communautaires, ou au moins faire semblant. En l’état actuel des choses il n’y a pas de majorité alternative. Et il n’y a pas beaucoup de premiers ministres de rechange. On peut bien songer à Herman Van Rompuy ou Didier Reynders, il n’est pas acquis que l’un ou l’autre accepterait la charge ni que le CD&V leur simplifierait la vie. Bien sûr le nom de Kris Peeters (actuel ministre président flamand) commence à circuler, mais sa méconnaissances du français et son profil régionaliste le rendront difficilement acceptable pour les francophones. Le soldat Leterme se maintiendra peut être faute de concurrent crédible. Pourtant ces dernières heures les téléspectateurs francophones auront vu le premier ministre perdre pied face aux caméras. Dans la même situation son prédécesseur se serait abrité derrière les vitres de sa voiture. Saluons le courage de Leterme qui affronte les micros… mais soulignons aussi sa raideur et ses maladresses. Je suis bien placé pour savoir qu’une meute de caméras est terrorisante. Mais j’ai vu devant moi mardi soir un homme pâle désarmé tentant de s’enfuir dans l’humour. C’est d’autant plus regrettable que si la réunion avait, comme on le subodore, l’ambition de ramener le cartel à la raison, le faire savoir un peu n’aurait pas été si négatif. Ce jogging ridicule n’arrange pas l’image d’un homme si critiqué que l’on se demande comment il ne s’écroule pas.
05 mai 2008
Le Vaudeville de Bruxelles-Hal-Vilvorde
Flamands et francophones peuvent se renvoyer la balle. Aux premiers on reprochera de ne pas avoir anticipé le problème, de vouloir rééditer le coup de force de novembre et de n’avoir rien retenu des 9 mois de crise. Auprès des seconds on s’étonnera de cette étrange stratégie qui consiste à aller au pied du mur, tête de baissée, comme le taureau se précipitant su la cape du toréador.
Depuis une semaine Yves Leterme semble se réveiller. C’est bien mais un peu tard. Le premier ministre aurait du mettre les derniers mois à profit pour avancer sur ce dossier. Il ne l’a pas fait, ce qui est une erreur. Si tout le monde s‘accorde à dire que résoudre le casse-tête BHV ne changera pas la face du monde, le dossier est chargé d’une telle émotion symbolique qu’il est urgent de vouloir le régler. Si le premier n’a pas le temps ou les talents pour le faire, il lui était possible de désigner un médiateur ou de mettre en place une procédure chargé de débroussailler les négociations à sa place. Par crainte de l’encommissionnement sans doute Yves Leterme n’a pas souhaité suivre cette voie. Il est face au dossier, c’est son job, il n’est pas à plaindre.
Son parti, le CD&V, ne lui facilite pas la tâche, en répétant régulièrement son intention d’aller au vote (et donc au conflit, car on ne mesure pas assez côté francophone combien le CD&V est un parti « va-t-en guerre » communautaire). Mais il faut aussi reconnaître que les sociaux-chrétiens flamands ont déjà reporté l’échéance d’une semaine et qu’Yves Leterme et Herman Van Rompuy ont tous les deux lancé des appels à la négociation. S’ils ne sont pas entendus (ce qui semblent être le cas) il faudra distinguer ce qui relève du positionnement politique (rappelons nous d’Yves Leterme quittant une réunion des ténors flamands quelques heures avant le vote du 7 novembre pour préserver ses chances d’être premier ministre) du réel manque d’autorité.
Coté francophones on a donc choisi de ne pas lancer de nouvelle procédure en conflit d’intérêt. Fort bien. Mais franchement : si le point vient à l’ordre du jour, qui peut croire une seconde que les francophone laisseront passer le texte sans rien faire pour empêcher un vote qui est fondamentalement hostile à leurs intérêts ? Les francophones réagiront, laisser croire le contraire est de la pure intox.
Nous voici donc dans un curieux vaudeville ou maris infidèles et femmes volages voudraient que l’autre sauve le foyer sans vouloir faire soi-même la moitié du chemin. Il est peu probable ici, toutefois, que les acteurs tombent dans les bras l’un de l’autre lors du dernier acte.
Ajoutons un élément perturbateur : les élections sociales, en cours jusqu’au 18 mai empêchent jusqu’à cette date toute négociation qui porterait sur l’emploi ou la sécurité sociale. Techniquement, une crise permettrait donc d’habiller cette période d’attente. Avec un danger : dans ces moments irrationnels, les politiques tentent de rééquilibrer les rapports de forces en leur faveur, d’affaiblir leurs adversaires, et de préparer la négociation suivante. En corolaire : des mots blessants, une méfiance de plus en plus grande entre les deux grandes communautés du pays, une impatience grandissante d’une partie de l’opinion publique et un désintérêt de plus en plus marqué du reste de la population.
15 avril 2008
Leterme premier : peut mieux faire

Ce volontaire manque de tact communautaire du premier ministre ne doit pas masquer un autre dérapage, collectif celui-là. Je veux parler de la saga de la TVA sur les terrains à bâtir. Que les choses soient claires : la décision d’instaurer cette taxe a été prise collectivement dans le cadre des discussions budgétaires et inscrite dans la loi programme. Yves Leterme ne peut pas ne pas l’avoir vu passer et a nécessairement dû donner son aval. Voir ensuite les barons de son parti, Chris Peeters en tête, partir en guerre contre cette décision est plus que surprenant. Constater que l’open VLD est entré dans la danse et que le fédéral s’apprête à faire machine arrière est consternant. L'affaire est une illustration parfaite de la hiérarchie des intérêts telle qu’elle est défendue par le monde politique du nord du pays : la Flandre d’abord, le fédéral ensuite. Voici donc une mesure avalisée par tous au fédéral qui risque d’être retirée parce qu’elle déplait au gouvernement flamand. Pouvons nous imaginer qu'une fronde du gouvernement wallon produise les mêmes effets sans que les élus et les journalistes flamands ne s'en émeuvent ?
01 avril 2008
L'équipe Leterme s'installe sur internet

Je ne sais pas depuis combien de temps ce site est ouvert au public, mais il reste encore des imperfections. Ainsi l’agenda ne propose que des évènements passés (en temps que journaliste c’est plutôt l’agenda des jours à venir qui m’intéresserait), beaucoup de rubriques restent vides et lorsque j’essaye d’importer le feed xml il arrive chez moi… en néerlandais… Fâcheux.
Vous souhaitez comparer avec l’ancienne version ? Très simple. Si le site premier.be est désormais géré par l’équipe Leterme, l’adresse http://www.ruedelaloi.be/ a été oubliée et reste pour l’instant aux couleurs de Guy Verhofstadt. Précipitez-vous, car après la publication de cet article cela risque de ne pas durer très longtemps. Le dernier billet mis en ligne est celui qui indiquait les horaires de la mise en place du nouveau gouvernement. Tout un symbole.
24 mars 2008
Cris et chuchotements

Les flamands hurlent plus que les francophones.
C’est ce qu’affirment tous les négociateurs que j’ai rencontré. En négociation les chefs de file néerlandophones perdraient régulièrement leur calme et manieraient facilement l’insulte. L’ambiance se serait nettement détériorée par rapport aux négociations précédentes (sous l’égide de Guy Verhofstadt pour former le gouvernement violet, mais aussi lors des discussions sur BHV lors de la dernière législature ou à l’occasion du dossier DHL). «On a franchi un cap, il existe désormais un climat ouvertement hostile aux francophones » commente l’un. « Ils n’ont plus aucune éducation : cela crie, insulte, et on se permet même de roter à table » regrette un autre. « Jamais vu ça, commente un troisième : Bart Sommers pique une crise toutes les heures, Yves Leterme est plus mesuré mais il "pète aussi les plombs" de temps à autre, les flamands sont nettement plus irrationnels que nous». Témoignage d’un autre sur les habitudes francophones « On voit tout de suite quand Joëlle s’irrite, mais elle ne crie pas. Elio et Didier ne se sont que très rarement énervés ». Dernière confidence d’un négociateur : «A l’intérieur Reynders était beaucoup plus zen que sur le pas de la porte. Lors de la crise de l’avant-dernière nuit il est même allé dormir ».
Le CDH pris de vitesse par le MR
L’info m’était donnée vendredi soir : le CDH envisage de faire monter Benoît Cerexhe à la communauté française. Idée des centristes : il faut aussi que le gouvernement bruxellois soit représenté au sein de la communauté. Face à Rudy « super wallon » Demotte, le CDH voulait aussi donner un exemple de bonne gouvernance et de coopération transversale. Le soir même une source CDH confirmait qu’un tel scénario était là l’étude mais qu’il était prématuré d’en parler. Raté pour le CDH : « le Soir » a sorti l’info samedi matin. Pire, le MRLB (libéraux bruxellois) en se prononçant dans un communiqué pour un tel remaniement a pris le CDH de vitesse. Si la montée du bruxellois se concrétise rapidement les libéraux pourront donc dire que c’était leur idée. Les centristes sont également confrontés à une difficulté interne : pour permettre à Benoit Cerexhe d’intégrer la communauté, il faut nécessairement retirer l’une ou l’autre compétence à Marie-Dominique Simonet ou Catherine Fonck…
Laurette Chef Scout
L’installation d’un gouvernement, c’est tout un programme. Prestation de serment, photo avec Albert II, photo au parlement, premier conseil d’installation, déclaration au parlement. Dans l’équipe ceux qui sont là depuis 1999 sont assez peu nombreux (Onkelinx et Reynders). D’après les témoignages la vice-première PS a donc pris le premier ministre sous son aile protectrice jeudi en lui indiquant, étape après étape, la marche à suivre « maintenant la photo, maintenant le dossier X, les signatures, etc.. » . Il faut dire que Laurette est assise à droite d’Yves Leterme dans la salle du conseil, une place privilégiée pour lui glisser l’un ou l’autre conseil à l’oreille. Didier Reynders, en tant que 1er vice premier est lui en face d’Yves Leterme… juste à côté de son amie Joëlle Milquet.
Service minimum pour les applaudissements.
Tout le monde s’accorde là dessus : le nouveau premier ministre n’est pas un orateur particulièrement charismatique. Il ne faut pas compter sur Yves pour abuser des trémolos et des formules lyriques propres à enflammer l’auditoire. Le discours de politique générale fut donc à son image : sérieux et sans fioritures. Depuis la tribune de presse où je me trouvais, le spectacle était quand même étonnant, et pour tout dire, presque odieux. On ne s’est pas privé dans les rangs de la majorité pour afficher un réel manque d’enthousiasme. Patrick Dewael va ainsi demander deux fois du café pendant le discours du nouveau boss. Olivier Maingain lit ostensiblement son courrier. Au moment des applaudissements, Elio di Rupo tape dans ses mains assez longuement, mais les travées PS derrière lui sont clairsemées et les parlementaires rouges arrêtent la claque au bout d’une minute. Même attitude sur les bancs du MR, ou Olivier Maingain ne lève pas la tête de son courrier et tapote sur son pupitre sans que l’on sache s’il s’agit vraiment d’un applaudissement. Seuls le CDH et le CD&V applaudissent vraiment. Quelques minutes plus tôt le VLD avait pourtant bruyamment ovationné Guy Verhofstadt lorsqu’Yves Leterme lui avait rendu hommage. Le contraste, je l’avoue, met mal à l’aise. Yves Leterme, qui ne fait que lire un texte approuvé par l’ensemble de la majorité, ne mérite pas çà.
19 mars 2008
Les régularisations en échanges des peines incompressibles

NB : la Libre Belgique développe des infos sensiblement comparables aux miennes ici.
18 mars 2008
Le texte sans les chiffres

Argument avancé par Yves Leterme et les présidents de parti qui le soutiennent : il ne faut promettre Noël avant les vacances de pacques, l’accord de gouvernement fixe les objectifs, leur concrétisation se fera pas à pas lors des contrôles budgétaires des années à venir. Cela pourrait passer pour une sage décision : il n’est pas idiot de vérifier les marges dont on dispose avant de délier le porte-monnaie. Cela passera sans doute pour un exercice de flou artistique. Quand rien n’est détaillé, rien n’est fixé. Chaque mesure annoncée ici devra donc faire l’objet de nouvelles négociations et d’un nouvel équilibrage. Le débat va se poursuivre, et ce n’est pas forcément très rassurant.
07 mars 2008
Négocier pour 3, 15 ou 37 mois ?
La véritable question réside plus dans la capacité de la famille sociale-chrétienne à apporter des nuances oranges clairement identifiables et à faire apparaitre le coup de pinceau d’Yves Leterme. Après tout c’est bien au futur premier ministre qu’il revient d’équilibrer la toile pour pouvoir y apposer sa signature. On mesure là toute la difficulté du défi que se lance le futur premier ministre : ne pas renoncer aux pigments de la NVA, intégrer Joëlle Milquet dans une dynamique de compromis, permettre au PS d’exister sans se mettre à dos les libéraux du nord et du sud.
Ce matin, dans ses déclarations, le président du MR continue de souffler le chaud et le froid. En ironisant sur la perspective de voir Yves Leterme s’installer au département des finances, ou en faisant référence à Guy Verhofstadt le président du MR rappelle sans cesse que l’installation d’Yves Leterme au 16 ne va pas forcément de soi (et donc que cela a un prix). La publication de pleines pages de publicité du MR dans certains journaux samedi fait partie de cette stratégie de pression. Le MR fait ainsi savoir à ses partenaires qu’il est prêt à des élections anticipées, au cas où… Et suggère donc à ses partenaires-adversaires de faire des concessions s’ils veulent éviter le retour aux urnes. A ce stade pourtant, personne ne prévoit que la négociation gouvernementale puisse échouer. Il y aura donc en fin de semaine ou en début de semaine prochaine un accord. Avec le risque que certains paragraphes restent un peu flous. Car la situation politique du moment a ceci de particulier qu’elle nous fourni un gouvernement avant d’en connaître le programme. Même si on ignore si ce gouvernement tiendra jusqu’à l’ultimatum posé par les durs du CD&V (c’est pour juillet, donc dans 3 mois), jusq’aux élections régionales de 2009 (dans 15 mois, hypothèse la plus probable) ou jusqu’au terme de la législature (juin 2011), dans 37 mois
27 février 2008
Leterme I, sans SPA ni ecolo

Ces jours-ci les commentateurs s’interrogent aussi sur la forme que prendra le gouvernement Leterme I. Ce mardi, invitée sur Bel RTL, Joëlle Milquet suggérait d’approcher le SPA. D’autres évoquent l’appoint d’Ecolo et de Groen. Des contacts que je peux avoir avec les uns et les autres je retire le sentiment qu’aucune de ces pistes n’est sérieusement envisageable. Une négociation avec le SPA se heurterait au refus du VLD (les libéraux du nord et du sud ont suffisamment dit leur refus d’un tripartite classique pour ne pas avaler sans douleur cette couleuvre). Ecolo ne peut pas envisager de monter dans un gouvernement qui laisse planer le doute sur un prolongement des centrales nucléaires (pour écrire vrai le doute n’est même plus permis, puisqu’il s’agit de monnayer auprès d’Electrabel cette prolongation).
La pentapartite actuelle se maintiendra donc probablement, même si elle est un peu juste coté flamand (42 députés, il en faut 45 pour décrocher la majorité dans le groupe linguistique flamand). Guy Verhofstadt lors du journal de RTL TVI a clairement indiqué qu’il ne voyait pas où était le problème « nous avons une majorité » a indiqué le premier en précisant que le groupe octopus allait au delà des deux tiers nécessaire pour le vote d’une réforme de l’état. En clair SPA et Ecolo apporteront leur soutien au cas par cas pour les questions institutionnelles quand c’est nécessaire, et c’est suffisant. Au passage notez que le premier a bien confirmé qu’avec ou sans la N-VA il céderait son fauteuil à Yves Leterme. La question de soutenir ou non Didier Reynders ne se pose donc pas. Sans le soutien du PS et du CDH, et avec une indifférence polie du coté du VLD le ministre des finances sait qu’une candidature au poste de premier ressemblerait à un suicide politique.
25 février 2008
La NVA ne croit plus en Yves Leterme

Ce lundi soir la NVA a pourtant décidé de rester sur le bord de la route. Dans son communiqué de presse le parti de Bart de Wever précise que ce fameux deuxième paquet est sûrement un élément positif mais qu’il reste « vague ». Conséquence : la NVA s’abstiendra lors du vote de la confiance et attend le 21 juillet pour évaluer le travail effectué par l’équipe Leterme I et décider ou non de soutenir le gouvernement. En théorie la porte reste donc à moitié ouverte. En pratique, avec un tel communiqué la NV-A vient de quitter la majorité, si tant est qu’elle en fasse encore partie.
N’en déplaise à ceux qui ont maintenu le contraire pendant de long mois l’issue d’aujourd’hui était prévisible. Car c’est bien la NV-A qui a recalé un accord négocié par Yves Leterme, le contraignant, après une pirouette destinée à faire porter le chapeau au CDH, à démissionner de son mandat de formateur une seconde fois. Depuis ce jour là Yves Leterme lui même avait des doutes. Il en faisait part discrètement et jamais publiquement. Pour rompre un cartel il faut du temps et des hommes. Si la NV-A prend aujourd’hui ses distances c’est en partie à cause des nouvelles fonctions qu’occupent Jo Vandeurzen et Etienne Schouppe et sans doute pas si étranger à l’éloignement temporaire d’Yves Leterme.
Je m’explique : Vandeurzen et Leterme étaient de farouches partisans du cartel. En entrant au gouvernement Vandeurzen a perdu ses contacts quotidiens avec Bart De Wever. Le cartel ne fonctionnait plus. Etienne Schouppe ouvertement moins tenté par l’aventure régionaliste avait pris ses distances. L’ancien président du CD&V, très diplomate, appelait ses alliés pour régler avec eux le moindre détail. Son successeur agissait en patron qui prend ses décisions tout seul et les assume.
Depuis son lit d’hopital , outre ses doutes, Leterme n’a pas pu contrôler la situation.
Au moment même ou la NV-A annonçait sa décision les conseillers d'Yves Leterme diffusaient un communiqué où le futur premier ministre se disait « satisfait de voir que les efforts de huit mois de négociations et de travaux préparatoires ont aujourd’hui mené à un premier résultat.C’est par le biais de l’engagement soutenu de tant de personnes, qu’un processus de réforme de l’Etat dynamique est lancé ». Yves Leterme remerciait également le groupe des sages pour « leur grand engagement ». Pas un mot sur la NV-A qui claquait pourtant la porte au moment ou ces lignes arrivaient sur les mails des rédactions.
En publiant son communiqué Bart De Wever met Yves Leterme au défi d’attraper dans ses filets une grande réforme de l’Etat (un « gros poisson ») pour le 21 juillet. Et signifie publiquement qu’il n’y croit plus trop.
Dans l’immédiat ce n’est pas la catastrophe, au contraire. Les voix de la NVA n’empêche pas de constituer une majorité. SPA, Ecolo et Groen apporteront leur soutien pour les réformes nécessitant les 2/3. A ce stade Yves Leterme gagne une plus grande marge de manœuvre et se débarrasse d’une épine flamingante désagréable. Doit-il craindre les prétentions supposées d’un Didier Reynders, qui serait en position de réclamer le fauteuil de premier ministre ? Officiellement Reynders ne réclame rien et si il le faisait il n’aurait vraisemblablement pas le soutien des autres formations francophones pour obtenir une telle place. Le président du MR peut toutefois tirer parti de ce rapport de force lorsque prendra forme le gouvernement semi-définitif du 20 mars. Demain les éditorialistes flamands seront sans doute plus critiques : c’est Leterme lui-même qui avait négocié l’accord avec la NVA. L’épisode peut donc est considéré comme une nouvelle défaite du champion des voix de préférences. Mais il y a des défaites et des séparations qui vous libèrent.
A plus long terme la fin du cartel pourrait quand même secouer le CD&V et peser sur ses performances électorales. Bart de Wever, Geert Bourgeois, Jan Jambon et les autres sont sur la voie de leur autonomie. Et rien ne les empêchera plus demain de conclure un accord avec Jean-Marie Dedecker. Le cocktail sera alors détonnant.
14 janvier 2008
Le grand saut

L ‘issue est incertaine. Les positions défendues au nord et au sud ne sont en apparence toujours pas conciliables et les 6 mois passés font douter de la pérennité de ce génie belge qui consistait à trouver des dynamiques acceptables par les deux communautés à force de patience et d’imagination.
Ce mardi ils devraient être 18, peut être 20 autour de la table : Yves Leterme, Hermann Van Rompuy, Etienne Schouppe, Bart de Wever, Bart Sommers, Patrick Vankrukelsven, Caroline Gennez, Geert Lambert et Magda Alvoet pour les néerlandophones. Didier Reynders, Armand De Decker, Olivier Maingain, Philippe Moureaux, Jean-Claude Marcourt, Joëlle Milquet, André Antoine et Marcel Cheron côté francophone. Guy Verhofstadt et Jean-Luc Dehaene seront invités permanents.
Ainsi il sera proposé aux 18+2 de commencer par entendre les représentants des communautés et régions (un lot de consolation pour les germanophones dont aucun élu n’est invité dans le groupe des 18), avant d’organiser trois tables rondes successives sur
- la répartition des compétences et leur financement (ce qui relève du fédéral, ce qui relève des régions et comment ces politiques sont financées)
- l’avenir de la région bruxelloise
- le système électoral (faut il un sénat paritaire, une circonscription électorale, une date commune pour les élections régionales et législatives)
Les deux co-présidents pourraient également suggérer d’auditionner des « experts » constitutionnalistes, politologues et économistes pour éclairer les débats.
Voilà pour le premier round. Cela devrait être suffisant pour « sentir » si la mayonnaise communautaire a une chance de prendre ou pas. L’ambiance qui émanera de cette première matinée sera ainsi déterminante. Lors de la dernière tentative du même genre, un « forum » lancé par la violette, la première séance, présidée par Didier Reynders (si mes souvenirs sont corrects Johan Vande Lanotte avait trouvé une excuse pour ne pas venir) avait aussi été la dernière car on n’ avait pas pu se mettre d’accord sur un ordre du jour. Ici Leterme et Reynders font tout pour éviter le piège : pas de note, pas de menu, pas d’agenda. Tout au plus devine-t-on que le succès consisterait à concevoir ces éléments pour le 23 mars. On se doute également que le groupe des 20 n’ira pas très loin. Il devrait laisser rapidement la place à un groupe restreint (5, 7 ou 8 participants, la formule ne semble pas encore clairement arrêtée) au sein duquel les vraies négociations se dérouleront (au passage : ceux qui s’inquiètent de la présence de 4 anciens de la Volksunie dans le groupe de travail seront rassurés en constatant que ces anciens nationalistes ne sont pas invités dans le groupe restreint).
Ce soir les protagonistes s’apprêtent donc à sauter dans le vide. Il est rare qu’un dirigeant politique de grande envergure se lance dans une entreprise sans savoir où celle-ci va l’emmener. C’est le cas cette fois-ci. Et personne ne peut exclure l’échec, au contraire. On pourrait même se risquer à écrire que cet échec est probable, si l’on ne savait qu’en matière communautaire le prévisible se vérifie rarement. Prévenons quand même les lecteurs de ce blog : une nouvelle escalade ne serait pas sans vertus, contraindre les uns et les autres à plus de concessions passera probablement par une nouvelle période de crise.
01 janvier 2008
Yves Leterme ne chômera pas début janvier

Deuxième rendez vous pour Yves Leterme : le dossier des nuisances aériennes. Fin décembre celui qui est aussi désormais ministre de la mobilité a confirmé une décision du ministre Renaat Landuyt sur l’utilisation de la piste 02 le samedi, à la grande colère des riverains de la périphérie ouest. Par ailleurs la cour de cassation devrait se prononcer ce jeudi sur la validité de l’arrêt de la cour d’appel qui en 2006 estimait que les nuisances devaient être équitablement réparties. Si l’arrêt est cassé le dossier reviendra donc sur la table du gouvernement. Leterme devra alors relancer une négociation entre le fédéral, la Flandre et la Région Bruxelloise. Et se retrouvera à table avec Charles Picqué, Evelyne Huytebroeck et Chris Peeters. Soit, à l’exception de Landuyt, les mêmes acteurs qu’il y a un peu plus de 2 ans. Sauf que la responsabilité de la négociation appartiendra cette fois à monsieur 800 000 voix. Un beau galop d’essai avant de lancer les débats institutionnels. Un tremplin en cas de réussite, qui permettrait à Yves Leterme de prouver qu’il peut, lui aussi, conclure des accords avec les francophones. Ou un caillou de plus dans sa chaussure en cas de blocage.
08 décembre 2007
Elio ramène Joëlle dans la coalition

07 décembre 2007
En attendant Yves Leterme
01 décembre 2007
Comment Leterme a coincé le CDH
- Le formateur demandait à ses partenaires s'ils étaient d'accord pour que l'on puisse discuter de tout au sein de la Convention et du bureau restreint qui la dirigerait. Cela revenait à avoir un menu ouvert, où chaque parti pouvait à tout moment amener ses points. Le CDH avait fait part de ses réticences à un menu ouvert. Le MR l'envisageait e revanche comme possible, prévenant que dans ce cas là les réformateurs y déposerait le point "élargissement de bruxelles". bien entendu le fait de déposer un point n'est pas une obligation de résultat
- Acceptaient-ils que les Régions puissent octroyer des incitants fiscaux aux entreprises ? Là aussi le CDH avait publiquement fait part de ses réticences pour tout mécanisme susceptibles de créer de la concurrence entre les régions (si je ne me trompe pas c'est même rappelé noir sur blanc dans un communiqué de la semaine dernière). Pour le MR le seul tabou était l'Isoc (impôt sur les sociétés). L'appellation retenue ici était donc acceptable pour les libéraux.
- Les ex-futur coalisés acceptaient-ils que l'on vote la réforme de l'Etat avec une majorité des deux tiers sans garantir un équilibre entre francophones et néerlandophones ? Dans ce cas un seul parti francophone allié à tous les partis flamands pourraient constituer une majorité des deux tiers. Joëlle Milquet avait publiquement dit qu'elle voulait une majorité des deux tiers"équilibrée". Le MR était moins franc mais semblait partager le même point de vue (je me permet ici une parenthèse : en combinant les points 1 et 3 on voit qu'une grande réforme de l'état devenait possible). Ici encore, le CDH avait déjà répondu non avant même que la question ne soit formulée.
Bref, c'est évident Leterme et son entourage savaient pertinemment qu'ils ne pouvaient pas obtenir de"oui" à ces trois questions de la part du CDH. De même qu'ils avaient sans doute mesuré que le MR était plus ouvert à ces questions. Conclusion : le formateur a voulu faire porter la responsabilité de l'échec à Joëlle Milquet, et épargner Didier Reynders.
Suite logique : le CD&V devrait selon toute vraisemblance passer la main dans les prochains jours et le roi se verra obliger de recruter un nouveau formateur. Après Guy Verhofstadt, reçu ce samedi soir, Didier Reynders sera consuté ce dimanche. Il ne serait pas étonnant que le président du MR se retrouve en costume de formateur dans les heures ou les jours qui viennent.
Avec quelle coalition ? Mathématiquement (et à moins de travailler avec le VB) le CD&V est inévitable. Pas le CDH. Et même si Reynders prétendait bouter les rouges dans l'opposition, la longueur de la crise et l'impasse où nous nous trouvons peut tout à fait justifier le retour du PS dans la partie. Il va falloir que l'avenue de la toison d'or et le boulevard de l'empereur se téléphonent.