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07 mai 2016

La solitude des Bruxellois

Ce n’est pas une fête de l’Iris comme les autres.  « Fêter » la région Bruxelloise,  6 semaines après les attentats du 22 mars  serait d’ailleurs déplacé. Mais dire que Bruxelles est un poumon économique indispensable à tous, qu’il faut y  investir et que la vie doit repartir  est une nécessité politique. Sans surprise les discours de cette fête de l’Iris ont donc commencé par un hommage  aux victimes des attentats et à leurs sauveteurs avant d’embrayer sur la remise en marche de la capitale.

Dans l’ordre Charles Picqué, le président du parlement régional, son vice-président Fouad Ahidar et le ministre-président Rudi Vervoort. Chacun dans son style, avec des accents distincts ont donc lancé une forme d’appel aux autres niveaux de pouvoir.

« Bruxelles a un genou à terre » reconnaît sans ambages Rudi Vervoort, « Bruxelles vit les heures les plus terribles de son histoire ». Il n’y a pas que le 22 mars, le ministre-président remonte deux ans en arrière, à l’attentat de Medhi Nemmouche contre le musée juif et n’élude pas le malaise après le 13 novembre : « nous avons découvert avec effroi que les auteurs des attentats étaient issus de nos quartiers, qu’ils y avaient vécu, qu’il s’y cachaient ». 

Fouad Ahidar s’en prend à la presse « j’en ai marre d’une certaine presse, de ces journaux sensationnalistes, nous avons aussi besoin d’une presse qui relaie les initiatives positives ».  

Charles Picqué se lance dans une parabole avec fourmis, acacia et girafe pour défendre le principe d’un fédéralisme de coopération (si on a bien compris quand l’acacia fournit moins de sève, les fourmis s’en vont, la girafe arrive et mange plus de feuilles, il est finalement préférable que chacun y trouve son compte de manière équilibrée) avant d’asséner « nous perdons notre culture pragmatique du dialogue ». 

Le fédéralisme de coopération, Rudi Vervoort le défend également.  Et tend la main au fédéral « l’heure n’est pas aux jeux politiques, nos concitoyens méritent mieux que des débats institutionnels ».  Le propos est apaisant, la main tendue au fédéral évidente, même si fermer le dossier des réformes institutionnelles bloque aussi le débat sur les zones de police. Faisons fonctionner nos institutions d’abord, c'est le mot d'ordre. C'est le moment que choisit Karl Vanlouwe, un dur de la NVA, pour prendre Rudi en photo avec son smartphone.

La tonalité de ce « standby institutionnel » contraste singulièrement avec l' interview de LauretteOnkelinx au journal Le Soir. D’ailleurs la présidente de la fédération bruxelloise du PS, souvent décrite comme belle mère du gouvernement régional,  n’est pas là alors qu’ Elio Di Rupo a fait le déplacement. C'est toujours instructif de vérifier qui est présent ou pas lors de ce genre d'occasion. 

Coté fédéral Christine Defraigne (présidente du sénat) et Sigfried Bracke (président de la chambre) sont bien visibles, ainsi que les ministre Maggy De Block et François Bellot. Protocolairement il n’y a donc rien à redire. Mais pas de vice-premier ministre (notamment Didier Reynders en charge de Beliris, l'accord de coopération qui finance les grands travaux en Region Bruxelloise, mais qui est en déplacement au proche orient) ni de parlementaires  de la majorité fédérale à l’exception de Françoise Schepmans. Le MR, dans l’opposition à la région, boude la cérémonie : Vincent De Wolf et Françoise Bertieaux sont ailleurs,  seul Olivier De Clipelle représente le groupe libéral. Côté wallon, Paul Magnette n'a pas fait le déplacement non plus. Pour la fédération Wallonie-Bruxelles c'est Philippe Courard (président du parlement) qui assure une présence. 

Dans le jardin, pendant la réception qui suit on mélange un peu tout : les attentats, le piétonnier, les tunnels, les zones de police.  « Ce n’est pas de la faute des Bruxellois si Bruxelles est compliquée, c’est le résultat de compromis avec les communautés » rappelle Charles Picqué.  On glisse encore que ce qui nous tue pas nous rend plus fort. Mais l’enthousiasme fait défaut.


Ce samedi la région Bruxelloise ressemble à un boxeur encore un peu KO qui appelle à l’aide. Et qui doit bien constater que ceux qu’elle appelle ne sont pas venus l’écouter.

01 août 2014

Super Laurette sera cheffe de groupe

On savait déjà que Laurette Onkelinx ne monterait pas au gouvernement Bruxellois et qu'elle se profilait comme nouvelle cheffe de l'opposition fédérale si les négociations kamikazes/suédoises aboutissent positivement.
On savait qu'elle cumulerait la fonction de vice-présidente du PS à la présidence de la fédération bruxelloise, comme l'avait fait avant elle Philippe Moureaux.
On savait que la présidence de cette fédération n'était pas du tout honorifique, et que c'est au contraire un poste éminemment stratégique, qui peut concentrer un pouvoir considérable si on l'utilise intelligemment  ( Yves Goldstein, chef de cabinet de Rudi Vervoort et  secrétaire du gouvernement bruxellois  est un proche de Laurette Onkelinx, et rien -ou presque- n'échappe à son radar).

On savait que Laurette Onkelinx avait l'ambition d'en découdre avec la future probable majorité kamikaze/suédoise, ses interviews au Soir ou à la Libre Belgique ces dernières semaines ne laissant planer aucun doute à ce propos.

Ajoutons une précision, confirmée auprès de  plusieurs sources socialistes : Laurette Onkelinx mènera ce combat en tant que chef de groupe à la chambre. La décision en a été prise il y a quelques jours.  Cela pourrait paraitre comme une évidence mais cela ne l'était  pourtant pas. L'hypothèse d'avoir un autre chef de groupe a circulé ces dernières semaines et Laurette Onkelinx s'est bien gardée de communiquer elle-même sur la question. Les socialistes auraient pu maintenir le chef de groupe actuel André Frédéric ou opter pour un nouveau visage (des personnalités comme Karine Lalieux, Ahmed Laaouej ou Willy Demeyer siègent à la chambre), cela n'aurait pas empêché la vice-présidente de prendre la parole pour les sujets qui comptent.  Certains ont même envisagé que ce soit Elio di Rupo lui-même qui tienne le rôle.

Un poste pas du tout honorifique puisqu'il donne le droit d'assister à la conférence des présidents et au bureau de l'assemblée, instances qui fixent l'ordre du jour des travaux, convoque les ministres, détermine les temps de parole,etc. Avec ce statut de présidente de groupe Laurette Onkelinx se donne les moyens d'être informée en temps réel et de pouvoir peser immédiatement sur la vie politique dans l'hémicycle. Elle confirme que le duo fédéral qu'elle forme avec Elio Di Rupo est reconduit tel quel dans l'opposition. A Elio les grands discours, l'image d'homme d'Etat et le capital empathie. A Laurette la pugnacité et la combativité.

On notera au passage que si le groupe PS ne compte que 7 femmes sur 23 élus la direction du groupe sera entièrement féminine puisque Laurette Onkelinx fera équipe avec Emmanuelle Dardenne qui continuera d'assurer le secrétariat politique (soit le pilotage au jour le jour) du groupe PS, un poste qu'elle occupait déjà sous la législature précédente ce qui lui confère une certaine "habileté procédurière" et surtout des contacts utiles avec les autres groupes me confiait un observateur d'une autre formation.

En occupant ce poste la présidente de la fédération bruxelloise signifie aussi qu'elle a toujours de l'appétit pour le fédéral et qu'elle reste une candidate très sérieuse si la succession d'Elio Di Rupo devait s'ouvrir un jour.  Ce vendredi la direction du Parti Socialiste ne souhaitait pas confirmer cette désignation. Tant que le gouvernement en affaire courante est en place Laurette Onkelinx reste en effet vice-première ministre. Son élection à la tête des députés socialistes n'interviendra qu'une fois que le gouvernement Peeters est sur les rails.

15 juillet 2014

Bruxelles démarre plus vite

Les Bruxellois ont donc leur accord de gouvernement. Les 6 formations politiques (PS,CDH,FDF, OpenVLD, SPA, CD&V) regroupées autour de Laurette Onkelinx et Guy Vanhengel l'ont donc presenté à la presse hier, au terme d'une négociation qui n'est pas si rapide qu'il pourrait paraître. Six semaines de négociations c'est un laps de temps normal pour négocier ce type d'accord. Si les bruxellois paraissent rapides c'est avant tout par contraste avec le fédéral qui semble à l'arrêt. Laurette Oneklinx et Guy Vanhengel ont terminé le tour du circuit alors que Charles Michel cherche toujours à mettre la clef sur le contact. Logique puisque la coalition bruxelloise semblait évidente et que les partenaires avaient eu tout le loisir de préparer leur itinéraire avant même la fin de campagne, alors qu'au fédéral on n'est toujours pas d'accord sur le carburant à utiliser pour faire rouler le véhicule gouvernemental. Côtés wallon et flamand ont à déjà entamé les premiers virages, et on se cramponne en attaquant les raidillons.

Médiatiquement cette conclusion Bruxelloise est avant tout une mauvaise affaire pour l'informateur Charles Michel. En communiquant ce lundi les bruxellois (et cela n'aura probablement pas échappé au PS de Laurette Onkelinx) mettent l'accent sur leur capacité à conduire rondement une négociation. Ceux qui en assument la direction ( on aura donc vu hier Laurette Onkelinx mais aussi Didier Gosuin et Joëlle  Milquet chez les francophones, Guy Vanhengel, Pascal Smet et Brigitte Grouwels chez les bruxellois néerlandophones) en tirent un bénéfice d'image : ils sont des partis de solution, alors que d'autres formations politiques à d'autres niveaux de pouvoir apparaissent comme des partis de blocage, stériles à ce stade. Sollicité par Télé Bruxelles le MR bruxellois préférait ne pas réagir à l'accord régional hier soir, signifiant ainsi une certaine difficulté à communiquer efficacement dans une séquence qui consacre l'autonomie et la réussite politique des majorités régionales. Et ce n'est pas fini. Dimanche la composition de l'équipe bruxelloise sera connue. Ses ministres seront les stars du défilé. Mardi, Charles Michel sera de retour chez le roi : en cas d'échec ou de nouvelle prolongation le sentiment de sur-place au Fédéral sera plus criant encore. 

Si médiatiquement l'affaire est entendue, politiquement il est un peu tôt pour juger. Au delà de la communication d'hier nous manquons d'éléments pour établir le niveau d'ambition réelle de l'accord bruxellois. On y annonce de nouvelles initiatives intéressantes, comme la rationalisation des structures bruxelloises. Réunir une pléthore d'acteurs sociaux ou économiques dans 6 grandes agences a évidemment du sens, à condition que ces agences soient performantes, bien gérées et travaillent de concert avec le pouvoir régional. Les Bruxellois auront sans doute à méditer sur l'exemple de la Stib. Voici une structure importantissime dans la gestion de Bruxelles.  Elle dépend du pouvoir régional, mais on a bien vu ces dernières années que la STIB avait des difficultés à travailler en étroite collaboration tant avec les communes qu'avec la SNCB. Il faut se méfier des super-structures quand elles échappent au contrôle de leur créateur ou quand elles se croient tout permis. 

Ainsi au chapitre de la mobilité, on notera que le tram 71 ne semble plus aussi prioritaire qu'hier (on va phaser sa réalisation ce qui ressemble à un demi désaveu) ou que l'interdiction des quads en ville refait son apparition alors qu'elle avait été annoncée il y a un an déjà par la ministre de tutelle. Promettre 6500 logements alors qu'on peine a réaliser les 3000 de la législature précédente semble très ambitieux. La garantie jeune, autre élément fort mis en-avant, était déjà lancée, et n'apparaît pas vraiment neuve, et surtout, elle dépend fortement de fonds européens. Ce ne sont que quelques exemples. Il ne faudrait pas que l'impression de surplace, qui caractérise la scène fédérale ne  s'impose comme clef de lecture de la politique régionale.

C'est donc sur la politique fiscale et sur la politique des loyers que nous suivrons avec attention la suite des débats bruxellois. En annonçant un glissement de la fiscalité du travail vers l'immobilier la nouvelle majorité est innovante. Il existe de grands propriétaires à Bruxelles qui bénéficient  d'une rente très agréable alors que d'autres ont du mal à se loger. Il existe à Bruxelles un décalage énorme entre des populations expatriées qui font grimper le prix de l'immobilier et les salaires moyens belges qui n'ont d'autres choix que de quitter la capitale. Il existe des quartiers résidentiels hors de prix, et d'autres où l'on investit plus, au risque de glisser vers l'insalubrité. Il existe des marchands de sommeil. Il existe aussi, et c'est très courant, des maisons qui se présentent comme unifamiliales alors qu'elles sont divisées en appartement et que leur propriétaire a malencontreusement oublié de le signaler. Il est sain d'y mettre un peu d'ordre et de justice sociale. 

La dualisation de la ville est réelle et c'est un enjeu énorme. La réponse fiscale ne peut pas être la seule, il faudra aussi des transports, du commerce, des écoles pour rendre Bruxelles plus agréable. Pour tout cela il faudra aussi que le pouvoir régional trouve des alliés. La région Bruxelloise aura besoin du fédéral pour financer de grandes infrastructures. Du privé pour faire fonctionner les entreprises et créer de l'emploi. Des communes pour accompagner et si possible amplifier les intentions régionales. 
Sur ces points de contacts et la capacité à monter des synergies on attend aussi de voir la nouvelle majorité à l'œuvre. 

01 décembre 2013

Génération Laurette

O
 
Laurette Onkelinx
C'est un  changement comme il n'en survient que tous les 10 ou 15 ans. Peu d'observateurs l'ont relevé et ce sera pourtant l'une des grandes nouveautés du scrutin de l'an prochain. Entre 2010 et 2014 les fédérations bruxelloises des deux plus grands partis francophones, le MR et le PS, ont changé de patron. Ces president(e) sont en charge de la confection des listes, c'est en cours, du programme, cela arrivera bientôt,  et de l'incarnation de la campagne dans les médias, ce sera pour l'année prochaine : de quoi conditionner une élection et donner une toute autre saveur aux analyses à venir. 

Didier Reynders et Laurette Onkelinx sont donc occupés à prendre leurs marques et à marquer de leurs empreintes respectives cette période cruciale qui précède la campagne elle-même. Je reviendrais sur Didier Reynders dans une prochaine chronique, intéressons nous aujourd'hui à Laurette Onkelinx. 

Depuis qu'elle a pris les rênes de la fédération socialiste  le rythme de travail de la vice-première ministre  s'est encore accéléré. Considérée comme un élément central du gouvernement fédéral, ce n'est pas moi qui le dit mais un ministre flamand avec qui j'ai eu l'occasion d'en discuter : 'Laurette Onkelinx possède une grande connaissance de ses dossiers, défend crânement ses positions, sait faire preuve de caractère mais respecte les accords et les concessions obtenues par ses adversaires.' Un sans faute et beaucoup de louanges au delà de son propre camp.  
Au niveau bruxellois par contre cela reste à prouver. Un patron de fédération c'est un peu de visibilité et beaucoup d'ennuis en plus. L'accession de Laurette Onkelinx à ce poste s'est faite en douceur, avec l'aval (et même l'appui, ce qui est rare) de son prédécesseur. Un passage de témoin plutôt qu'une conquête. Inconvénient de la situation : à gagner des batailles sans combattre on n'est qu'un général de pacotille, sans connaître l'état de ses troupes ni ses ennemis intérieurs, on joue l'autorité sans savoir si on la possède vraiment. La préparation des listes et la campagne à venir sont donc le baptême du feu de Laurette en terre régionale. 

Ce baptême du feu commence à la fin de l'année dernière. Lorsque les socialistes décident de placer Rudi Vervoort à la ministre-présidence en remplacement de Charles Picqué. C'est assurément l'acte fondateur de la présidence Onkelinx. 'À ce stade Laurette et Rudi s'entendent parfaitement c'est un atout pour nous' me confiait la semaine dernière un haut dirigeant socialiste. Un homme incarne cette entente, c'est Yves Goldstein, chef de cabinet du ministre-président. En tant que secrétaire du gouvernement bruxellois il prépare les décisions, assiste au conseil des ministres, règle les relations avec les autres partis de la majorité, trouve les compromis et ajuste les budgets. Et en plus de tout ça il informe et conseille la présidente de la fédération. Car Yves Goldstein, comme Ridouane Chahid, chef de cabinet adjoint, vient de la sphère Onkelinx. Il fut longtemps le monsieur Europe du cabinet de la vice première, avant de devenir aussi le Schaerbekois de l'équipe, pilotant les deux campagnes électorales communales. Un homme de confiance. Le placer chez le ministre président c'était indiquer que la présidente de la fédération entendait être bien informée et gérer les choses en direct. 'Il n'y a plus une nomination d'huissier qui lui échappe' confie un autre socialiste. Goldstein, Chahid, mais aussi Mayeur, Madrane,  Laaouej, Vannomeslaeghe : ce sont les yeux et les oreilles de Laurette Onkelinx. Une nouvelle génération d'élus, qui l'informent, la conseillent, filtrent et font remonter l'information, et redescendre les décisions. Retenez ces noms. Si Laurette Onkelinx perdure à la présidence ce sont les décideurs du Bruxelles de demain. 

Yvan Mayeur est probablement le plus connu d'entre eux. Dans quelques semaines bourgmestre de Bruxelles, il jouit d'une relative autonomie : la présidente de la fédération s'est bien gardée d'intervenir dans l'affaire Pereita. Cela aurait pourtant permis d'assoir son autorité et d'éviter une campagne de presse très négative pour le PS ( sans compter que l'argument pourra ressortir en campagne). Mais c'est le pré carré d'Yvan. Celui-ci comme Rachid Madrane a pour lui d'avoir été formé et propulsé par Philippe Moureaux. Ces deux-là jouissent donc d'une double légitimité : choisis par le bourgmestre de Molenbeek et confirmés par la vice-première ils incarnent une forme de continuité, l'avant-garde de la génération Onkelinx en quelque sorte. Tous les deux peuvent aussi faire valoir une réelle expérience d'élus communaux. Madrane, comme Vervoort réussit en outre un bon démarrage gouvernemental.  Ahmed Laaouej affiche un profil plus technicien : spécialiste des questions fiscales du PS, il participe à ce titre à une partie des négociations gouvernementales aux cotés d'Elio Di Rupo. Il est une figure qui monte, le probable leader du PS sur le nord ouest de Bruxelles même s'il n'a pas encore de grande base électorale et qu'il affiche un caractere plus gestionnaire que conquérant. Stéphane Vannomeslaeghe est l'homme de l'ombre, celui qui gère la fédération pour le compte de la présidente. 

À ce stade Philippe Close et Karine Lalieux, aux profils plus Di Rupiens semblent dans un second cercle. Mais ça ne veut pas dire sans contact. C'est le propre d'un président de fédération de s'appuyer sur tout le monde est de ne pas se contenter de sa garde rapprochée si il/elle veut durer. Et on notera que Philippe Moureaux est loin d'avoir disparu, qu'il continue de voir Laurette Onkelinx régulièrement, que Rudi Vervoort n'est pas qu'un représentant de commerce et qu'il maîtrise bien ses dossiers, et que Charles Picqué n'est pas aussi effacé qu'il le dit. 
Voici l'équipe. Et devant Laurette Onkelinx, déjà quelques solides dilemnes. Par exemple pour la seconde place à la chambre. Faut il reconduire Yvan Mayeur ou lui  préférer Émir Kir ou  Ahmed Laaouej ? Mayeur, c'est la continuité et un parlementaire de grande qualité. Mais n'est ce pas trop pour un seul homme ? Kir c'est l'assurance d'un gros score, Laaouej un pari sur l'avenir mais une inconnue électorale.  Pas simple. Idem pour la liste à la région. Mettre en ordre la génération Onkelinx prendra encore quelques mois. 

19 septembre 2013

La campagne bruxelloise, c'est maintenant

Un embouteillage dans les agendas. Ces jours-ci c'est comme si tout la classe politique s'était soudainement donnée rendez-vous sur le palier de l'électeur Bruxellois. Jugez plutôt : mercredi Joëlle Milquet réclame un plan Marshall pour Bruxelles, jeudi Laurette Onkelinx annonce son souhait de créer une residencé universitaire à Etterbeek, et demain, vendredi, Ecolo lancera à 10h30  une opération '1,2,3, Bruxelles' (solliciter notre électeur pour qu'il fasse remonter des idées) alors que le CDH bruxellois organise sa rentrée politique à 12h30. Ajoutez un demi week-end 'au vert' du gouvernement bruxellois (Rudi Vervoort et ses ministres seront vendredi et samedi à Liège) et un congrès  local de la NVA vous avez compris qu'on s'agite à Bruxelles. C'est même un casse-tête pour les rédactions : doit-on, peut-on tout couvrir ?
Bien sur si tout ce monde là s'agite c'est pour planter le décor de la campagne électorale. Ce n'est pas la campagne en elle-même mais 9 mois avant, sans doute le bon moment pour installer une image. Faire comprendre qu'on s'intéresse aux enjeux bruxellois. Imprégner la mémoire, c'est parfois plus efficace que s'agiter dans la dernière ligne droite. 
Cette campagne bruxelloise, donc, sera passionnante. Et elle sera autonome. Observez bien les positions de départ : autant l'olivier wallon semble s'être déchiré ces derniers mois, autant la confiance semble s'être installée au sein des francophones du gouvernement bruxellois. Le leadership de Rudi Vervoort, auquel peu d'observateurs croyaient, s'affirme peu à peu. Et si le MR est en bonne forme, le FDF est loin d'être ridicule. Bref le débat bruxellois existe et est sans doute plus singulier qu'on aurait pu le penser. Il est egalement moins previsible que son grand frère wallon, paysage réputé plus stable. Pour les directions nationales de nos partis politiques c'est une nouvelle donne qui pourrait avoir de sérieuses conséquences au soir des élections. Soit parce qu'on autorisera les bruxellois à 'tirer leur plan' et constituer leur majorité de manière autonome. Soit parce qu'on liera Bruxelles, la Wallonie et le Fédéral et que seule une majorité succeptible de s'imposer aux trois niveaux pourra alors voir le jour. Dans les deux cas c'est un incitant à ne pas rater la campagne bruxelloise.

L'intégralité de l'interview (où Laurette Onkelinx évoque aussi des pôles de compétences pour Bruxelles et l'anniversaire de Beliris)

24 mars 2008

Cris et chuchotements


L’équipe Leterme est désormais en période d’installation. Vous trouverez ici la liste des ministres et leurs attributions. La confection du gouvernement ayant été abondement commentée dans la presse, ce blog a donc pris un peu de retard, mais permettez moi de revenir brièvement sur les épisodes précédents.

Les flamands hurlent plus que les francophones.
C’est ce qu’affirment tous les négociateurs que j’ai rencontré. En négociation les chefs de file néerlandophones perdraient régulièrement leur calme et manieraient facilement l’insulte. L’ambiance se serait nettement détériorée par rapport aux négociations précédentes (sous l’égide de Guy Verhofstadt pour former le gouvernement violet, mais aussi lors des discussions sur BHV lors de la dernière législature ou à l’occasion du dossier DHL). «On a franchi un cap, il existe désormais un climat ouvertement hostile aux francophones » commente l’un. « Ils n’ont plus aucune éducation : cela crie, insulte, et on se permet même de roter à table » regrette un autre. « Jamais vu ça, commente un troisième : Bart Sommers pique une crise toutes les heures, Yves Leterme est plus mesuré mais il "pète aussi les plombs" de temps à autre, les flamands sont nettement plus irrationnels que nous». Témoignage d’un autre sur les habitudes francophones « On voit tout de suite quand Joëlle s’irrite, mais elle ne crie pas. Elio et Didier ne se sont que très rarement énervés ». Dernière confidence d’un négociateur : «A l’intérieur Reynders était beaucoup plus zen que sur le pas de la porte. Lors de la crise de l’avant-dernière nuit il est même allé dormir ».

Le CDH pris de vitesse par le MR
L’info m’était donnée vendredi soir : le CDH envisage de faire monter Benoît Cerexhe à la communauté française. Idée des centristes : il faut aussi que le gouvernement bruxellois soit représenté au sein de la communauté. Face à Rudy « super wallon » Demotte, le CDH voulait aussi donner un exemple de bonne gouvernance et de coopération transversale. Le soir même une source CDH confirmait qu’un tel scénario était là l’étude mais qu’il était prématuré d’en parler. Raté pour le CDH : « le Soir » a sorti l’info samedi matin. Pire, le MRLB (libéraux bruxellois) en se prononçant dans un communiqué pour un tel remaniement a pris le CDH de vitesse. Si la montée du bruxellois se concrétise rapidement les libéraux pourront donc dire que c’était leur idée. Les centristes sont également confrontés à une difficulté interne : pour permettre à Benoit Cerexhe d’intégrer la communauté, il faut nécessairement retirer l’une ou l’autre compétence à Marie-Dominique Simonet ou Catherine Fonck…

Laurette Chef Scout
L’installation d’un gouvernement, c’est tout un programme. Prestation de serment, photo avec Albert II, photo au parlement, premier conseil d’installation, déclaration au parlement. Dans l’équipe ceux qui sont là depuis 1999 sont assez peu nombreux (Onkelinx et Reynders). D’après les témoignages la vice-première PS a donc pris le premier ministre sous son aile protectrice jeudi en lui indiquant, étape après étape, la marche à suivre « maintenant la photo, maintenant le dossier X, les signatures, etc.. » . Il faut dire que Laurette est assise à droite d’Yves Leterme dans la salle du conseil, une place privilégiée pour lui glisser l’un ou l’autre conseil à l’oreille. Didier Reynders, en tant que 1er vice premier est lui en face d’Yves Leterme… juste à côté de son amie Joëlle Milquet.

Service minimum pour les applaudissements.
Tout le monde s’accorde là dessus : le nouveau premier ministre n’est pas un orateur particulièrement charismatique. Il ne faut pas compter sur Yves pour abuser des trémolos et des formules lyriques propres à enflammer l’auditoire. Le discours de politique générale fut donc à son image : sérieux et sans fioritures. Depuis la tribune de presse où je me trouvais, le spectacle était quand même étonnant, et pour tout dire, presque odieux. On ne s’est pas privé dans les rangs de la majorité pour afficher un réel manque d’enthousiasme. Patrick Dewael va ainsi demander deux fois du café pendant le discours du nouveau boss. Olivier Maingain lit ostensiblement son courrier. Au moment des applaudissements, Elio di Rupo tape dans ses mains assez longuement, mais les travées PS derrière lui sont clairsemées et les parlementaires rouges arrêtent la claque au bout d’une minute. Même attitude sur les bancs du MR, ou Olivier Maingain ne lève pas la tête de son courrier et tapote sur son pupitre sans que l’on sache s’il s’agit vraiment d’un applaudissement. Seuls le CDH et le CD&V applaudissent vraiment. Quelques minutes plus tôt le VLD avait pourtant bruyamment ovationné Guy Verhofstadt lorsqu’Yves Leterme lui avait rendu hommage. Le contraste, je l’avoue, met mal à l’aise. Yves Leterme, qui ne fait que lire un texte approuvé par l’ensemble de la majorité, ne mérite pas çà.

07 février 2008

Laurette Onkelinx reconnait une "difficulté " avec le cabinet Uyttendaele


Laurette Onkelinx s'est pononcée ce jeudi matin pour la mise en place de procédures d'appel d'offre dans la désignation des cabinets d'avocats chargés de représenter les autorités publiques. Elle réagissait ainsi à la parution dans la presse d'un courrier de Marc Uyttendaele (son mari) à Frédéric Delcor (le bras droit d'Elio Di Rupo). Dans ce courrier l'avocat semble se plaindre d'avoir perdu certains contrats et suggère un c"oup de pouce" pour améliorer les affaires de son cabinet. Sur Bel RTL la ministre de la santé a confirmé que le cabinet de son mari représentait bien le cabinet de la santé dans certaines affaires mais que la décision avait été prise avant son arrivée à la tête du département. "Je suis confronté à une difficulté" a reconnu Laurette Onkelinw en réponse à mes questions avant d'ajouter "si on pouvait faire cela par appel d'offre cela serait plus simple".



11 septembre 2007

Laurette s'installe au boulevard


Laurette Onkelix disposera à l'avenir d'un bureau au siège du parti socialiste, boulevard de l'empereur à Bruxelles. La chef de groupe PS pourra ainsi choisir entre deux lieux de travail distincts : l'un au parlement et l'autre au parti. Un pièce pouvant servir de secrétariat devrait également être mise à sa disposition. Il semble que Laurette Onkelinx ait souhaité pouvoir disposer d'un lieu discret pour pouvoir recevoir ses interlocuteurs sans que tous les parlementaires soient au courant. On peut également penser que cette double installation permettra à Laurette Onkelinx d'avoir un oeil sur ce qui se passe au parti et se poser ainsi en numéro deux du PS (rang qu'elle peut revendiquer aujourd'hui avec son titre de vice première mais qu'elle perdrait demain avec l'orange bleue puisqu'elle n'est pas vice-présidente du PS). Le bureau de la chef de groupe sera situé au premier étage ... alors que le président et ses collaborateurs directs occupent le dernier étage du bâtiment.