Au carrefour de la politique et de la culture... Belgique, Bruxelles, la communication, le pouvoir, les idées, le théâtre ou la musique ... le blog perso du journaliste Fabrice Grosfilley
01 mai 2017
Pourquoi Mélenchon ne donne pas de consigne, ou la tentation de l'abstention révolutionnaire
29 avril 2017
2002-2017, face à Le Pen, 15 années d'anesthésie générale
20h France 2 du 22 Avril 2002 - Le Pen au... par ina Pour vous convaincre de la différence de tonalité : le journal de 20h de France 2 du 22 Avril 2002
05 avril 2017
Présidentielle : le débat qui ouvre les fenêtres
Philippe Poutou : "Fillon, que des histoires... par CNEWS .
01 avril 2017
Comment Manuel Valls a tué Hamon, Mitterrand et le PS d'un coup
C'est une histoire qui commence en 1971. Congrès d'Epinay. Francois Mitterrand réussit à agréger à la SFIO, la section française de l'internationale ouvrière, le parti de Jean Jaurès, sa propre organisation , la petite Convention des Institutions Républicaines, mais aussi des radicaux-socialistes, des micros partis de gauche, et des militants chrétiens. Une auberge espagnole se moque-t-on à l'époque. En réalité la naissance d'une famille politique capable de rivaliser tant avec la droite française encore imprégnée de l'empreinte gaulliste, et le puissant Parti Communiste Français, qui a la sortie de la guerre domine la gauche française de la tête et des épaules. La conquête du pouvoir va durer 10 ans. Le PS fonctionne comme un agrégateur de flux : la compilation de sources multiples permet de ne rater aucune tendance et de voir plus large. En 1974, il ne manque pas grand chose pour battre Valéry Giscard d'Estaing. L'union de la gauche, une percée aux législatives de 1978, le PCF s'affaiblit et le PS croît. Mai 1981, Francois Mitterrand est élu président de la république. C'est l'alternance. Et si on excepte la période d'union nationale autour du général De Gaulle à la sortie de la seconde guerre mondiale, la première fois en cinquante que la gauche française accède au pouvoir.
Nous sommes en 2017 la famille socialiste française se déchire. Elle a un candidat officiel, Benoit Hamont, désigné par les primaires. Elle a un candidat parasite, Emmanuel Macron, qui, depuis le début, a décidé de se présenter en marge du parti. Quand cette candidature hors appareil reçoit le soutien de députés, d'anciens ministres, et pour finir de Manuel Valls, lui même candidat à la primaire et donc signataire d'une promesse de ralliement derrière le vainqueur, signifie bien que le Parti Socialiste Français est un train d'imploser. Plus il y aura de ralliement de poids autour d'Emmanuel Macron moins le parti aura de raison d'être.
La grande force de Francois Mitterrand était de faire la synthèse. Couvrir un spectre qui allait des centristes au Parti Communiste. Avoir à la fois la nouvelle gauche de Michel Rocard et la gauche ouvrière de Pierre Mauroy. Le socialisme des grands idéaux de Robert Badinter, et celui de la proximité avec Gaston Deferre . Cela n'avait pas que des qualités. Il y avait des tendances, des courants, des soubresaut, des expulsions parfois, et surtout des combats d'éléphants. Il y avait le caractère énigmatique de Mitterrand, ambigu, séducteur, manipulateur. On ne disait pas toujours toute la vérité, mais le système avait le mérite de rassembler. Aujourd'hui le PS ne rassemble plus, il divise. Conséquence : il est dépassé à la fois sur sa gauche et sur sa droite. La leçon ne vaut pas que pour le PS français. Tout parti politique est un outil qui n'a de sens que s'il vise la victoire électorale, sinon mieux vaut s'investir dans un club de réflexion. C'est tout à fait respectable mais ce n'est pas le même objet. La pensée est un exercice individuel. La conquête du pouvoir une démarche collective. Ceux qui veulent retrouver une pureté de ligne au mépris du nombre et en excluant tout ralliement sont de ce point de vue aussi fautifs que ceux qu'ils accusent de dérive droitière. L'exercice de la démocratie suppose de convaincre l'autre par l'argument, les écrits ou la parole. Cela conduit à parler large et admettre le compromis. La pureté idéologique est un mythe révolutionnaire, tendance Danton, pas une réalité démocratique, surtout dans un pays de 60 millions d'habitants.
Manuel Valls en poignardant Benoit Hamon assassine donc François Mitterrand. Après 50 ans de durée de vie, le PS est devenu simple mortel. Logique, prévisible. Depuis 2002 on sait que la présence de la gauche au second tour n'est plus acquise. Que dans une société atomisée, en proie au doute, au chômage ou au déclassement social, la réponse social-démocrate ne paraît plus suffisante ou pertinente. Pas assez différente du simple statuquo conservateur. Que Manuel Valls signe un triple meurtre symbolique (Hamon, Mitterrand et le PS) et repique vers le centre, c'est son droit. Il est en revanche plus grave qu' un premier ministre, ancien ministre de l'intérieur déchire ses propres engagements. Bafoue des règles qu'il s'était engagé à respecter. Plus on martèle une promesse d'un ton martial moins elle est donc crédible. La démonétisation de la parole politique atteint son paroxysme. Par ces temps de populisme c'est criminel.
02 décembre 2016
François Hollande et l'impossible normalité présidentielle
02 septembre 2014
La France des réseaux fait peur
25 août 2014
Les 8 leçons belges d'Arnaud Montebourg (ou pourquoi ça n'arriverait pas chez nous)
18 janvier 2008
Fadila et Richard s'empoignent sur TV5

Ce vendredi Richard Miller allume la mèche dans un communiqué « l’attitude de la Ministre Laanan dans le dossier TV5 est irresponsable. Face au risque de voir la France transformer la chaîne francophone en une chaîne internationale essentiellement porteuse des intérêts de la France, la Ministre joue les vierges effarouchées » écrit-il avant de reprocher à la ministre en poste de privilégier le projet Arte Belgique que Miller qualifie de « chaîne culturelle élitiste ». En clair : la communauté française a msi tout son budget dans Arte, il ne reste plus assez pour TV5.
Réponse quelques heures plus tard et dans un autre communiqué de Fadila Laanan qui juge « consternants les propos tenus par Richard Miller, le député et ancien ministre MR, qui est visiblement devenu le nouveau porte-parole en Belgique du président français Nicolas Sarkozy. » Laanan réfute l’affirmation selon laquelle elle aurait refusé d’augmenter la contribution de la communauté française au sein de TV5 et glisse même : « par respect pour Richard Miller, la ministre Laanan préfère voir dans cette assertion erronée un signe de légèreté du MR plutôt qu’un propos sciemment mensonger ».
Bref, ça cogne si dur que si l’on doit organiser un débat entre ces deux là, ce ne sera ni, sur Arte, ni sur TV5, mais plutôt sur AB3 pour « Ca va se savoir »…
21 mai 2007
Le sarko show, épisode belge

17 avril 2007
Pourquoi la France nous passionne ?

Interrogé par l’Agence France Presse sur l’engouement du public belge vis à vis des élections présidentielles, je me dis que c’est l’occasion de partager quelques éléments de réflexion avec vous. Il est toujours délicat de décréter que le grand public se passionne pour un sujet. Depuis quelques semaines la presse, écrite ou audiovisuelle, multiplie les reportages, interviews et autres analyses sur la campagne électorale française. Partons du point de vue que les médias ne se trompent pas complètement, et que, connaissant leur public et à la manière d’un bon baromètre, ils nous indiquent un véritable intérêt de l’opinion belge pour la présidentielle française. Comment l’expliquer ?
- Le débat français est vécu chez nous comme un divertissement. Le citoyen belge, en position de spectateur et non pas d’électeur, peut à sa guise se passionner, commenter, critiquer une élection, qui a une dimension ludique à mille lieu du vote obligatoire. La démocratie française est une représentation théâtrale tandis que notre vie citoyenne est une corvée.
- Le débat français, avec son scrutin majoritaire à deux tours, favorise la bipolarisation (droite-gauche), les positionnements manichéens et les victoires franches (un camp perdant, l’autre gagnant) alors que notre système proportionnel et nos coalitions peuvent être vécus comme un compromis permanent, peu lisible et où le choix de l’électeur se dilue dans les négociations d’après scrutin.
- Le scrutin présidentiel est personnalisé à l’extrême et joue sur un lien direct et souvent émotionnel entre le candidat et la nation. En Belgique la campagne est plus ou moins collective. Le président français incarne tous les français. En Belgique ce lien symbolique est réservé à la famille royale : un homme politique est, au mieux, l’incarnation de sa communauté linguistique.
- Le président de la république concentre entre ses mains l’essentiel du pouvoir. Dans la France centralisatrice sa désignation organise la vie politique. En Belgique, si l’échelon fédéral reste central, la régionalisation de nombreuses compétences brouille la compréhension des enjeux.
Je vous invite à lire, des réflexions sur le même thème, mais avec la plume qui lui est propre, chez Prométhée.
19 mars 2007
Les vacances belges de Monsieur Hulot






