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11 mai 2008

BHV : le CD&V voulait ouvrir la discussion générale

Il est minuit passé d’une dizaine de minutes dans la nuit de jeudi à vendredi. Olivier Maingain, président du FDF prend la parole et fait observer qu’on a changé de journée, donc qu’on ne peut plus ajouter un point à l’ordre du jour d’une séance qui remonte à la veille. A moins d’être soi même juriste (je n’ai rien contre les juristes, mais j’en fréquente suffisamment, y compris dans ma vie privée, pour savoir qu’ils raffolent de ces défis qui consistent à interpréter les situations les plus banales pour en tirer des conclusions improbables) le raisonnement semble un peu tiré par les cheveux. Politiquement pourtant l’intervention était pertinente. Et Olivier Maingain a peut être permis aux francophones d'éviter une humiliation qui aurait pu être fatale à la majorité.

Depuis mercredi soir les partenaires gouvernementaux s’étaient en effet mis d’accord sur le scénario suivant : voter d’abord la loi programme, permettre l’inscription de la proposition BHV ensuite et compter sur les francophones pour bloquer les débats. Le premier ministre avait lui même présenté en kern ce synopsis jeudi matin. Petit problème dans la journée de jeudi : les éminents juristes des services de la chambre doutent que le renvoi au conseil d’état des amendements déposés par les partis francophones suffise à bloquer le processus parlementaire. En clair l’examen des amendements par les conseillers d’état n’empecherait pas les députés d’entamer le débat explosif en séance plénière. Pour être plus précis tous les juristes n’étaient pas d’accord : pour certains d’entre eux, le fait que les francophones demandent eux même cet examen et que cette demande émane de plus de la moitié d’un groupe linguistique avait bien un effet suspensif, mais là on entre dans les détails du détail (les juristes sont en effet des cousins proches des constitutionnalistes : il suffit d’en consulter suffisamment pour finir par un trouver un qui pense comme vous).

Voilà donc que le scénario d’apaisement risque d’être moins apaisé que prévu. Une discussion générale commence toujours par la lecture du rapport des débats en commission (dans le cas présent, les francophones avaient quitté la commission de l’intérieur le 7 novembre après le votre flamand, entendre ce récit de ce moment là vaudra sûrement le détour) et se poursuit par le prise de parole des députés qui en font la demande (30 minutes par orateur). Un grand barnum en perspective ou chaque parti flamand aurait eu à cœur de démontrer qu’il était plus flamand que son voisin et que décidément ces francophones ne comprennent pas le sens de l’histoire. Dans la majorité le ton monte : les députés CD&V-NVA font savoir qu’ils souhaitent bien après l’inscription du point BHV entamer la discussion générale. A tel point que Didier Reynders menace même , excédé, de déclencher la procédure de la « sonnette d’alarme » plutôt que celle du conflit d’intérêt : renvoyer le dossier au gouvernement pendant 30 jours et chute du gouvernement en cas d’échec. En fin d’après midi/début de soirée il semble même qu’une partie des francophones se soit résignée à vivre un début de débat parlementaire…

Vient alors la précision horlogère d’Olivier Maingain. Elle offre un moyen de pression supplémentaire et va permettre aux francophones d’obtenir l’arrangement suivant : seuls les chefs de groupe pendront la parole avant la mise à l’ordre du jour du point BHV. Si d’aventure l’extrême droite insiste pour ouvrir la discussion malgré les amendements francophones les groupes de la majorité s’y opposeront. De source flamande on m’indique qu’ Yves Leterme avait marqué son accord. On ne vérifiera pas ce dernier point : les flibustiers de la liste Dedecker ou du VB ne disposent visiblement pas des conseils de juristes aussi créatifs que ceux qui sont au service du président de la chambre. Ils n’ont donc pas tenté un coup de force qui aurait permis d’ouvrir la discussion générale (sans la clore) et qui aurait offert à tous les parlementaires qui le souhaitaient de prendre la parole.

Quelle conclusion tirer de ce bras de fer plus tendu qu’il n’y parait ?

D’abord que les députés flamands de la majorité souhaitent réellement discuter de BHV, et qu’il faut donc réellement que les francophones s'y opposent. Ce n’était pas que du cinéma : le scénario avait beau être ficelé, certains acteurs ont mis un certain zèle dans l’interprétation de leur rôle. Ensuite qu’Herman Van Rompuy et ses juristes (contrairement à une image peut être trop flatteuse dans les médias francophones) ont plus tendance à appuyer sur la pédale d’accélérateur que sur celle du frein. Qu’enfin Yves Leterme, n’est pas l’homme impuissant que l’on décrit parfois au sud du pays. Si Yves Leterme ne contrarie pas ses troupes ce n’est pas tant qu’il ne peut pas le faire, c’est surtout parce qu’il ne le souhaite pas. Le premier ministre, comme les autres élus, est aussi un homme en campagne électorale, et il est sûrement profondément partisan de la scission de l’arrondissement (au passage, je rappelle que tous les partis flamands du VB à Groen en passant par le SPA et le VLD souhaitent la scission et que Guy Verhofstadt, dont on dit tant de bien, n’avait pas résolu ce problème, mais on a tendance à l’oublier).

Bien sûr ce que je vous raconte là reste entre nous, car cela n’aurait jamais du sortir des salons de la présidence de la chambre. Cela permet de comprendre pourquoi les acteurs étaient si crispés alors que l’on croyait le scénario approuvé par tous. J’avoue que c’est ce décalage qui m’ a poussé à étudier les dessous de la séance de jeudi soir.



Si d’aventure un député nationaliste flamand lisait ces lignes je lui présente mes sincères excuses pour la frustration que je pourrai lui causer. Passer ci près d’un débat historique alors que l’on croyait que tout était écrit d’avance ! Pour tous les autres (y compris les juristes) je propose de méditer sur ce qui pourrait être un bon sujet de dissertation : éviter le pire est nécessaire, mais est-ce satisfaisant ?

21 octobre 2007

Les pyromanes

L’orange bleue s’apprête à vivre un lundi difficile. Pour être franc l’auteur de ce blog en vient même à se demander si cette coalition pourra dépasser le stade de projet. Le ver est dans le fruit : l’orange bleue est bel et bien rongée de l’intérieur par les visées régionalistes de ceux qui prétendent vouloir la porter au gouvernement.

Commençons par le cartel CD&V/NVA. La révélation par Le Soir de la mise hors jeu d’Herman Van Rompuy par ses collègues de parti doit nécessairement inquiéter les francophones. C’est grâce à l’explorateur que l’orange bleue a pu sortir du coma dans lequel elle avait été plongée fin août. On peut bien sûr concevoir qu’il soit nécessaire de « sacrifier » Van Rompuy pour contenter la NVA et les régionalistes du CD&V. On serait dans l’ordre du symbolique. C’est injuste pour l’explorateur, mais Bart De Wever a sans doute besoin d’un scalp à brandir devant ses camarades flamands. S’il s’agit de remettre l’ensemble du compromis en question, en revanche, Yves Leterme serait bien inspiré de siffler la fin de la récréation. Quelque soit le statut du document final (« note Milquet » ou « projet Van Rompuy », approuvé ou pas) celui-ci avait le mérite de délimiter un cadre de travail et les grandes étapes des réformes à venir, et c’est bien autour de ce document que les négociateurs ont conclu à « suffisamment de convergences » pour reprendre les négociations. Le remettre en cause aujourd’hui c’est repartir de zéro, trahir la parole donnée et aller dans le décor. Ce lundi, à l’heure des bureaux de parti l’explorateur et ses relais vont devoir avoir 5 minutes de courage politique. L’heure n’est plus aux positionnements musclés, mais à une négociation raisonnable que la population attend depuis trop longtemps. Yves Leterme doit d’abord faire entendre raison à son propre cartel s’il veut avoir l’autorité qu’il revendique sur l’orange bleue.

Mais soyons de bon compte : si l’incendie couve au sein du cartel, les prises de position du FDF doivent également être soulignées. Dans un communiqué ce week end son président Olivier Maingain attise le feu de la maison social-chrétienne flamande. Ce lundi 3 bourgmestres FDF et MR des communes à facilités entendent également mener une partie de leur conseil communal en français : c’est une provocation, et ils le savent bien. On ne discute pas ici du fond de la démarche (après tout il n’est pas absurde que des communes peuplées aux ¾ de francophones puissent se diriger en français) mais bien de la date choisie. La loi impose l’emploi du néerlandais dans les conseils de Flandre (pour rappel les facilités concernent les relations du citoyen avec les administrations, pas le fonctionnement de celles-ci). Remettre en question cette loi à un moment délicat des négociations revient à durcir le ton. Il est difficile d’ imaginer que les négociateurs flamands laisseront passer sans rien dire. Et l’on peut s’interroger sur le degré de participation de Didier Reynders à la manœuvre. Si le président du MR a réellement donné son accord au FDF on pourrait y voir l’indication que sa formation ne croit plus beaucoup dans les chances de l’orange bleue, et qu’il est préférable de ne pas laisser le terrain des intérêts francophones au seul CDH. Dans le cas contraire, et si le FDF va jusqu'au bout de ses déclarations, les lignes rédigées ci dessus à l'intention d'Yves Leterme peuvent s'appliquer également au ministre des finances.

En agissant de la sorte le CD&V et le MR, principaux promoteurs de l’alliance de centre droit, en viennent donc à nous faire douter de la viabilité de leur projet commun. Aux régionalistes du CD&V et aux bourgmestres FDF on serait, à la veille de ce lundi crucial, tenté de rappeler que les pyromanes ne jouent pas sans danger avec les allumettes. Craquez celles que vous avez en main, messieurs, revient à incendier l’orange bleue. Et à prendre le risque de nous faire passer d’une crise politique à une crise de régime.

01 octobre 2007

Ceci n'est pas un accord




Il aura fallu attendre 48 heures pour y voir plus clair. Samedi matin les présidents de l’orange bleue ne sont donc arrivés qu’à un accord minimum : OK pour continuer et nommer un formateur, et rien de plus, soit à la virgule près le communiqué du palais. C’est tout ? Presque.





Sur la table il y avait bien un document plus conséquent : une note de 5 pages qui organisait le phasage du débat communautaire et la création d’un groupe de commissaires royaux et dont toute la presse parle depuis 15 jours. Ce document, qui a bel et bien servi de base aux discussions, en reste pour l’instant au stade de brouillon. Samedi matin le CD&V a refusé de marquer son accord sur le texte. Dimanche le VLD lui a emboîté le pas avec un communiqué commun aux deux formations. Résultat : Van Rompuy est allé à Ciergnon avec le strict minimum, probablement en remerciant ses camarades de parti de lui faciliter ainsi la tâche.




Ce lundi le président du MR affirme même devant les caméras que le texte n’émanait pas de l’explorateur. Formellement exact : le document était rédigé par Joëlle Milquet… mais il a bien été débattu en plénière et amendé à plusieurs reprises. En termes de droits d’auteurs on pourrait sans doute plaider l’œuvre collective même si personne ne veut y apposer sa signature.




Ce lundi soir deux versions s’affrontent. Lecture optimiste : s’il n’y a pas formellement d’accord sur le texte, celui reste néanmoins la base tacite qui permet de reprendre les discussions et le CD&V ne serait pas assez intrépide pour relancer le formateur sans la garantie de parvenir à un résultat.
Version pessimiste : Herman Van Rompuy, sous pression et découragé, n’avait pas d’autres choix que de jeter l’éponge et a donc cherché et trouvé une porte de sortie élégante… mais, sur le fond, on recommence à zéro.






30 septembre 2007

Van Rompuy, colonne vertébrale de la négociation


Yves Leterme, comme RTL TVI vous l'annonçait samedi dès 19 heures, est donc à nouveau formateur. C'est à lui qu'incombe la responsabilité de faire mûrir l'orange bleue. Cette deuxième chance est la dernière et l'homme le sait. On n'ose pas écrire que la négociaiton repart sur de bonnes bases, et le pari est loin d'être gagné, même si un pas important a pu être franchi grâce à Herman Van Rompuy.


En un mois Yves Leterme n'a pas regagné la confiance de tous les partenaires, loin de là. Son absence de prise de position publique dans le débat entre participationnistes et régionalistes au sein du cartel CD&V-NVA inquiète coté francophone. Pire, certains acteurs n'excluent pas qu'il soit à l'origine de l'une ou l'autre fuite dans la presse flamande.


Yves Leterme est malgré tout sans doute capable de rebondir. Son "mea culpa" dans l'affaire de la "brabançonne" prouve qu'il est capable de reconnaitre ses erreurs lorsque c'est nécessaire. C'est une qualité, elle ne sera pas suffisante. Jusqu'à aujourd'hui Yves Leterme n'est pas parvenu à modifier son image de "flamand pressé et peu respectueux des francophones" (on caricature un peu, mais c'est l'image qu'il donne au sud). Au passage on s'étonnera qu'il n'ait pas encore croisé la route d'un docteur en communication qui lui prodiguerait quelques conseils de base : ne pas donner l'impression de s'enfuir à grandes enjambées devant les caméras detélévision, regarder ses interlocuteurs dans les yeux, éviter de baisser la tête lorsqu'il répond à une question gênante sont autant de recommandations succeptible de le rendre plus "franc" et donc plus sympathique.


En attendant que la chenille flamande se transforme en papillon belge, Leterme pourra continuer à s'appuyer sur Van Rompuy. Si je suis bien informé le président de la chambre co-présidera le groupe des commissaires royaux chargé de déblayer le terrain d'une future réforme institutionnelle. C'est également lui qui devrait organiser la négociation sur BHV au sein de l'accord de gouvernement. Mais que les francophones ne s'y trompent pas. Si Van Rompuy reste actif c'est parce qu'il a la confiance des deux camps : francophones et flamands.


Update le 1er octobre à 16 h : j'avais indiqué dans une première version que l'impôt des sociétés figurait dans cette fameuse note. Il semble que cela ne soit finalement pas le cas, et que c'est l'une des raisons pour lesquelles le CD&V n'a pas marqué son accord sur le document. En revanche le programme de travail mentionne l'impôt sur les personnes physiques.



25 septembre 2007

Herman en voiture et le calendrier des négociations


L’explorateur a levé ce mardi matin un (petit) coin du voile sur les négociations en cours entre les partenaires de l’orange bleue. Joint par des confrères de la VRT alors qu’il était en route pour l’université de Gand l’explorateur a accepté une courte interview par téléphone où il indique que « les commentateurs peuvent bien être pessimistes ils en savent moins que moi ». Et donc, oui, Herman conserve un espoir d’y arriver. Au cours de l’entretien l’explorateur a confirmé que la piste d’un « droit d’inscription étendu » avait bien été évoqué. En clair cela permettrait à chaque électeur de choisir la région où il souhaite. Les francophones de la périphérie pourraient donc choisir de voter à Bruxelles, ou en Wallonie. Un flamand installé à Nivelles pourrait également voter en Flandre, et un fouronnais en Wallonie. On voit bien l’intérêt de la piste mais « son importance ne doit pas être surestimé » ajoutait dans l’interview Herman Van Rompuy. Traduction : tout le monde n’a pas marqué son accord. Interrogé par le journaliste pour savoir si l’orange bleue était toujours une psite politique, le président de la chambre répondait, laconique : « il y a toujours une volonté des 4 partenaires d’y arriver ».


Pas abordé par la VRT mais également sur la table : l’organisation d’un calendrier. L’idée d’un comité des sages semble désormais avoir fait son chemin. D’après les bribes d’information que j’ai pu recueillir et recouper à plusieurs sources, on pourrait lui confier deux phases importantes d’une réforme de l’état. D’ici un an ce comité ferait des propositions pour la réforme de la chambre et du sénat. Avant 2009 il devrait accoucher d’une nouvelle régionalisation de compétences actuellement confiées au fédéral.


Cette piste n’est valable que si on y adjoint une solution au casse-tête BHV, qui devrait, elle, être trouvée dès la formation du gouvernement. Et c’est là que le scénario est délicat : certains partenaires rechigneront surement à accepter un compromis sur BHV s’ils ont le sentiment qu’ils risquent devoir faire de nouvelles concessions 6 mois plus tard. Ce communiqué du FDF, passé inaperçu lundi, est de ce point de vue une piqûre de rappel.

23 septembre 2007

Rencontre indispensable

Herman Van Rompuy est au pied du mur. Ce lundi, s’il veut éviter l’échec, l’explorateur doit impérativement réunir les 4 composantes de l’orange bleue, et obtenir que la réunion ne s’achève pas par un claquement de porte. Faute de réunion à 4 constructive, il faudra constater que sa mission est un fiasco.
Car cela fait maintenant 3 semaines que l’explorateur consulte. Avec la méthode qu’il a choisi et sur les thèmes qu’il a jugé prioritaires. Et après trois semaines de palabres exclusivement consacrées à BHV et aux réformes institutionnelles l’explorateur n’est pas en mesure de produire le moindre résultat.

Officiellement francophones et néerlandophones ne se sont croisés qu’à une seule reprise en trois semaines. Toujours officiellement, les progrès enregistrés sur les deux dossiers ne permettent pas de dessiner les contours d’un accord, même partiel. Seul point positif : tout le monde parle avec Herman. C’est maigre. Cela l’est d’autant plus que des pièces sensibles de l’échiquier, comme Olivier Maingain sont laissées de côté, que l’on ne sait toujours pas si la majorité compte travailler avec une majorité simple ou des deux tiers, et que le programme socio-économique et les questions de société sont restés dans un placard (imaginer que la diminution du nombre de fonctionnaire ou la mise en place d’une nouvelle politique d’asile tels qu’ils figurent dans certains programmes pourront se négocier en quelques heures relève d’un optimisme béat).

On peut bien sûr admettre que les négociateurs ont besoin de discrétion pour progresser. A condition que la discrétion demandée, et obtenue, ne serve à camoufler les difficultés et l'absence de volonté d'aboutir. Après trois semaines l’opinion publique est en droit d’attendre qu’on lui confirme que les négociations progressent et que la formation d’un gouvernement est envisageable… ou le contraire. Vendredi dernier le silence imposé aux négociateurs amenait chez l'observateur que je suis un sérieux malaise : en fonction des interlocuteurs rencontrés on entendait tout et son contraire sur les chances de réussites de Van Rompuy. En l'absence d'éléments tangibles et vérifiables (un document commun que les 4 partenaires accepteraient de discuter par exemple) il est impossible de trancher entre optimistes et pessimistes, et c'est bien cela le problème.


Dans un pays où l’on vote avant la mi-juin, il n’est pas sain que le gouvernement en affaire courante s’attèle désormais au budget de l’année suivante (ce que Freya Vanden Bosche et Guy Verhofstadt doivent pourtant maintenant envisager sérieusement) et que l'on ne sache toujours pas si le gouvernement orange bleue est plus qu'un concept. Imaginez qu’une véritable crise (une grande entreprise en faillite, un scandale sanitaire, une catastrophe écologique, une grève des routiers, un attentat, etc…) survienne dans de telles circonstances…cela achèverait de décrédibiliser l’Etat et ceux qui en ont la charge.


Pour convaincre qu’il ne fait pas du surplace (et que l’on est donc toujours derrière la ligne de départ) l’explorateur a donc besoin d’un progrès visible au moment où il se rend chez le roi pour la 4ième fois. C’est vital pour lui et pour le CD&V : dans le cas contraire le parti social-chrétien flamand risque de perdre la main.


19 septembre 2007

101 jours... et après ?

Il faut laisser le bénéfice du doute à Herman Van Rompuy : au 101ième jour de la législature ouverte le 10 juin dernier, on ne sait toujours pas vraiment où en est l’explorateur. Ces derniers jours le baron CD&V alterne les rendez-vous entre francophones et flamands, et s’en tient pour l’instant aux seuls dossiers institutionnels. Les négociateurs eux-même n’ont pas de visibilité sur les tractations avec le « camp d’en face ». Selon le Soir, le CD&V n'exclurait plus de créer un "comité des sages" sur les questions institutionelles. Evolution notable : jusqu'à présent ces réformes devaient être intégrées à l'accord de gouvernement, si l'information ce confirmait elle est donc importante.
A ce stade, et vu le peu d'informations, on peut faire plusieurs remarques :
  1. L’explorateur s’en tient aux chefs de délégations : Milquet et Reynders pour les francophones, Vandeurzen-De Wever-Sommers pour les néerlandophones. La NVA de Bart De Wever est donc associée aux négociations, alors que le FDF d’Olivier Maingain n’est pas directement consulté. Le parti amarante doit donc compter sur Didier Reynders pour jouer les intermédiaires et représenter ses intérêts. On voit pourtant mal comment une solution globale pourrait voir le jour sans le soutien du FDF.
  2. L’annonce de la reprise des négociations a été plusieurs fois annoncée et repoussée. Sans doute l’explorateur juge –t-il que le moment n’est pas opportun. Il est possible que la tenue de réunions discrètes et restreintes soit plus favorable à la progression que les grandes négociations à 4, style Val Duchesse.
  3. Herman Van Rompuy n’a plus beaucoup de temps devant lui. Comme on pouvait le prévoir le cap des 100 jours se traduit par une nouvelle donne médiatique : l’orange bleue sera de moins en moins considérée comme la coalition incontournable. Et l’impuissance d’un gouvernement fédéral en affaires courantes face aux licenciements annoncés par Jansens pourrait accentuer l’impatience des milieux économiques.
    Au mieux Van Rompuy a une ou deux semaines devant lui, concèdent, en off, certains partisans de l’orange bleue. Passé ce délai la coalition de centre droit aura du plomb dans l’aile.


En vidéo : le point sur les négociations au 100ième jour



17 septembre 2007

L'orange bleue repasse par la case BHV

Herman Van Rompuy a donc revu Albert II pour un 3ième rapport intermédiaire ce lundi. A la veille du 100ième jour de l’après élection le communiqué que palais précise que l’explorateur CD&V « explorera aussi au moment opportun les problèmes sociaux, économiques et de société ». Etrange précision, puisque le mandat initial de Van Rompuy ne semblait pas limitatif, mais qui semble indiquer l’imminence de nouvelles réunions qui ne seront plus cantonnées à l’institutionnel. Au passage on relèvera l’attitude étrange du palais qui a organisé l’entrevue au château de Ciergnon et non au Belvédère : sans être un républicain acharné on est en droit de penser que la situation actuelle peut exiger du roi quelques déplacements, et qu’une entrevue à Bruxelles, cœur de la vie politique du royaume, semble plus opportune qu’une impression de weekend prolongé en province de Namur. Ne pas s’en rendre compte et offrir le baton pour se faire battre par les éditorialistes s'apparente à une erreur de communication.
A peine rentré de Ciergnon, et avant de recevoir ce soir les présidents Milquet et Reynders, l’explorateur a eu en début de soirée un entretien ave Pieter De Crem, président de la commission intérieur de la chambre, sans doute pour évoquer Bruxelle Hal Vilvorde. Demain une partie de l’orange bleue se jouera à nouveau sur ce dossier. La réunion de la commission de l’intérieur devrait permettre d’inscrire BHV à l’agenda et de faire (re)monter un peu la pression sur les francophones. Jusqu’à présent l’orange bleue ne semble nulle part sur ce dossier. Seuls les chefs de délégation rencontrent l’explorateur, ce qui veut dire que ni Olivier Maingain ni Bart De Wever ne sont en première ligne, susceptibles de faire entendre leur point de vue. Ce n’est pourtant surement pas un point de détail. De même l’information, sortie vendredi sur ce blog et désormais reprise par le Standaard, d’une mission de bons offices de Jean Luc Dehaene ne laisse pas supposer d’avancées majeures. Ce mardi, la commission de l’intérieur pourrait bien connaître quelques emballements médiatiques.

Le reportage Vidéo :

10 septembre 2007

Van Rompuy gagne une semaine

Herman Van Rompuy continue d'avancer... par petits pas, si légèrement que cela ressemble à un piétinement, mais il avance. Ce lundi après midi l'explorateur s'est entretenu pendant plus de deux heures avec Albert II pour un rapport intermédiaire. En parallèle c'est à la chambre, que l'élément le plus significatif est intervenu. L'installation de la commission de l'intérieur, qui doit se saisir des propositions de loi flamandes dont le but est la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, a été reporté à mardi prochain. Initialement prévue pour mercredi la séance est donc discrètement décalée pour des raisons d'agenda. Il semble qu'Ecolo (pour mercredi) puis le MR (pour jeudi) aient fait savoir au président de la commission (ce sera Pieter De Crem) que ses propositions de date et heure se télescopaient avec leur réunion de groupe... Le CD&V a visiblement trouvé l'argument suffisamment valable pour décaler cette réunion et donner un peu d'air à la négociation. Voici l'explorateur avec 8 jours devant lui. Et comme une bonne nouvelle peut en cacher une autre, il faut aussi souligner la bonne tenue d'un débat potentiellement houleux au parlement flamand.
Il en aura sûrement besoin. Ce lundi on pouvait constater une tension toujours palpable entre MR et CDH, un rappel du FDF qui ressemble à un raidissement tandis que des (futurs) bancs de l'opposition le PS raillait l'image désastreuse du pays à l'étranger, demandant des avancées rapides si l'on ne veut pas conclure à un échec de l'orange bleue. A une encablure des 100 jours on ne peut complètement donner tort aux socialistes : la mayonnaise orange bleue a bien du mal à prendre.