Depuis plusieurs mois je vois pour ma part quatre thèmes dominants.
1) L’enjeu climatique
En France cette thématique portée par Nicolas Hulot a fait l’effet d’un feu de paille : montée très haut avec le pacte écologique elle a perdu du terrain ensuite. Chez nous la question du réchauffement climatique reste un thème important, relancé par la réunion du GIEC à Bruxelles. On peut même écrire que cette thématique a « structuré » la première partie de la campagne, permettant à chaque formation d’avancer un programme et un positionnement spécifique.
2) Le débat institutionnel et communautaire
C’est une question plus permanente et plus délicate pour les partis politiques. Permanente parce que le débat communautaire est une réalité et que les négociations gouvernementales de l’après élection tourneront autour de cette question. Délicate puisque la tactique impose de respecter un « front francophone ». Le CDH s’est toutefois démarqué en évoquant un « stop institutionnel », cependant peu réalisable en pratique. Ce débat communautaire est l’occasion de muscler les discours des ténors. Ce débat avantage les deux plus grands leaders francophones : Didier Reynders peut se prévaloir de la présence à ses coté du FDF, la formation politique la plus présente sur cette question, tandis qu’Elio Di Rupo, fort de son statut de ministre président wallon et fréquemment pris à parti par la presse flamande en tant que président du PS, se pose en « rempart » des francophones.
3) La bonne gouvernance et les affaires
Le thème est prégnant depuis les affaires carolorégiennes et a déjà fortement marqué les élections communales. Le parti socialiste est le plus en difficulté sur cette thématique. Soumis aux aléas de l’actualité et des enquêtes judiciaires ce thème est aussi celui qui peut le plus alimenter une défiance générale vis à vis des partis politiques traditionnels.
4) Les alliances possibles
Ces questions occupent une bonne partie des interviews politiques. Si le discours officiel indique souvent que les « électeurs choisissent » et qu’il est prématuré de répondre à cette question, la thématique est en réalité abordée presque en permanence tout au long de la campagne. Les récents propos de Serge Kubla ou ces déclarations de Didier Reynders au journal Métro indiquent que le MR en fait un thème central de cette seconde partie de campagne. Cette thématique produit, pour l'instant l'effet suivant : PS et CDh d'un coté, MR-écolo de l'autre.
Au final on constate que des questions centrales comme l’emploi, l’économie, la dette, la sécurité ou la politique étrangère ne sont pas aujourd’hui des thèmes dominants de cette campagne électorale. Ce relevé est évidemment très subjectif, et je n’ai pas les moyens d’être plus précis (sans doute un travail plus scientifique est-il mené dans l’une ou l’autre université). Il sera intéressant de voir si les congrès de parti et les meetings programmés à partir de la fin de la semaine modifient cette « cartographie thématique ».



