18 avril 2007

Une campagne en panne de projets

C’est un exercice auquel nous devrions nous astreindre plus souvent. Quels sont aujourd’hui les thèmes de campagne dominants ? Autour de quelle question le débat se focalise-t-il ? L’interrogation concerne aussi bien les hommes politiques que les journalistes politiques, et au final intéresse tous les citoyens.
Depuis plusieurs mois je vois pour ma part quatre thèmes dominants.

1) L’enjeu climatique

En France cette thématique portée par Nicolas Hulot a fait l’effet d’un feu de paille : montée très haut avec le pacte écologique elle a perdu du terrain ensuite. Chez nous la question du réchauffement climatique reste un thème important, relancé par la réunion du GIEC à Bruxelles. On peut même écrire que cette thématique a « structuré » la première partie de la campagne, permettant à chaque formation d’avancer un programme et un positionnement spécifique.

2) Le débat institutionnel et communautaire

C’est une question plus permanente et plus délicate pour les partis politiques. Permanente parce que le débat communautaire est une réalité et que les négociations gouvernementales de l’après élection tourneront autour de cette question. Délicate puisque la tactique impose de respecter un « front francophone ». Le CDH s’est toutefois démarqué en évoquant un « stop institutionnel », cependant peu réalisable en pratique. Ce débat communautaire est l’occasion de muscler les discours des ténors. Ce débat avantage les deux plus grands leaders francophones : Didier Reynders peut se prévaloir de la présence à ses coté du FDF, la formation politique la plus présente sur cette question, tandis qu’Elio Di Rupo, fort de son statut de ministre président wallon et fréquemment pris à parti par la presse flamande en tant que président du PS, se pose en « rempart » des francophones.

3) La bonne gouvernance et les affaires

Le thème est prégnant depuis les affaires carolorégiennes et a déjà fortement marqué les élections communales. Le parti socialiste est le plus en difficulté sur cette thématique. Soumis aux aléas de l’actualité et des enquêtes judiciaires ce thème est aussi celui qui peut le plus alimenter une défiance générale vis à vis des partis politiques traditionnels.

4) Les alliances possibles

Ces questions occupent une bonne partie des interviews politiques. Si le discours officiel indique souvent que les « électeurs choisissent » et qu’il est prématuré de répondre à cette question, la thématique est en réalité abordée presque en permanence tout au long de la campagne. Les récents propos de Serge Kubla ou ces déclarations de Didier Reynders au journal Métro indiquent que le MR en fait un thème central de cette seconde partie de campagne. Cette thématique produit, pour l'instant l'effet suivant : PS et CDh d'un coté, MR-écolo de l'autre.


Au final on constate que des questions centrales comme l’emploi, l’économie, la dette, la sécurité ou la politique étrangère ne sont pas aujourd’hui des thèmes dominants de cette campagne électorale. Ce relevé est évidemment très subjectif, et je n’ai pas les moyens d’être plus précis (sans doute un travail plus scientifique est-il mené dans l’une ou l’autre université). Il sera intéressant de voir si les congrès de parti et les meetings programmés à partir de la fin de la semaine modifient cette « cartographie thématique ».

Un appel à l'incivisme

C’est un débat en commission de l’intérieur du parlement flamand. Le ministre flamand de l’intérieur Marino Keulen répond aux parlementaires qui s’inquiètent des conditions d’organisation des prochaines élections dans l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvoorde. La tonalité est claire : l’arrondissement aurait dû être scindé (ce souhait a même été voté par le parlement régional), les bourgmestres qui menacent de ne pas organiser les élections n’ont donc pas tout à fait tort (ceux ci estime que les élections de 2007 seront inconstitutionelles). Seul le député francophone Christian Van Eycken adopte une position différente, estimant qu'en l'état du droit l'arrondissement existe bel et bien. Réponse du ministre : « les bourgmestres qui n’organisent pas les élections ne seront pas sanctionnés ». La formule est franche et affirmative. Certes, l’organisation des élections législatives est placée sous la responsabilité du gouvernement fédéral. Il reviendra donc au ministre Dewael de pallier aux bourgmestres récalcitrants en demandant au gouverneur du brabant de veiller au bon déroulement du scrutin. Mais depuis le début de l’année ce sont bien les régions qui sont compétentes en matière de sanction. « Cela revient à dire à un automobiliste qu’il peut rouler à 80 kilometres quand c’est limité à 50, et qu’on ne le sanctionnera pas » commentait mardi soir Christian Van Eycken. Dans un pays de droit il est en effet surprenant d’entendre un ministre de l’intérieur « couvrir » une autorité qui refuse d’appliquer la législation. A fortiori lorsqu’il s’agit d’un acte aussi fondamental que l’organisation d’une élection. En Belgique, plus précisement en Flandre, c’est possible.

17 avril 2007

Opel après VW


Pour le gouvernement fédéral c’est une belle tuile. La décision d’Opel de ne pas produire la nouvelle Astra sur le site d’Anvers devrait entrainer la perte de 1 400 emplois. Pour un gouvernement qui avait fait de la création de 200 000 emplois sa principale ambition et à quelques semaines des élections c’est une nouvelle qui tombe mal. J’avais signalé ici combien ce type de décisions était prévisible. De même peut-on envisager dès ce soir ce qui se passera dans les prochaines semaines à Anvers. Dans un communiqué le premier ministre annonce son intention de « négocier » avec la direction d’Opel. Comme il l’avait fait pour le site de VW Forest, le gouvernement fédéral s’apprête donc à quelques concessions supplémentaires en faveur du secteur de l’automobile (il n’est pas possible d’avantager une seule entreprise) pour faciliter le travail en équipe ou accorder des incitants fiscaux. Dans un contexte préélectoral Guy Verhofstadt et Yves Leterme auront sans doute à cœur de gérer eux même le dossier en « direct ». Attendez-vous à voir les dirigeants d’Opel venir à Bruxelles. De préférence un peu avant les élections…

Pourquoi la France nous passionne ?


Interrogé par l’Agence France Presse sur l’engouement du public belge vis à vis des élections présidentielles, je me dis que c’est l’occasion de partager quelques éléments de réflexion avec vous. Il est toujours délicat de décréter que le grand public se passionne pour un sujet. Depuis quelques semaines la presse, écrite ou audiovisuelle, multiplie les reportages, interviews et autres analyses sur la campagne électorale française. Partons du point de vue que les médias ne se trompent pas complètement, et que, connaissant leur public et à la manière d’un bon baromètre, ils nous indiquent un véritable intérêt de l’opinion belge pour la présidentielle française. Comment l’expliquer ?

- Le débat français est vécu chez nous comme un divertissement. Le citoyen belge, en position de spectateur et non pas d’électeur, peut à sa guise se passionner, commenter, critiquer une élection, qui a une dimension ludique à mille lieu du vote obligatoire. La démocratie française est une représentation théâtrale tandis que notre vie citoyenne est une corvée.

- Le débat français, avec son scrutin majoritaire à deux tours, favorise la bipolarisation (droite-gauche), les positionnements manichéens et les victoires franches (un camp perdant, l’autre gagnant) alors que notre système proportionnel et nos coalitions peuvent être vécus comme un compromis permanent, peu lisible et où le choix de l’électeur se dilue dans les négociations d’après scrutin.

- Le scrutin présidentiel est personnalisé à l’extrême et joue sur un lien direct et souvent émotionnel entre le candidat et la nation. En Belgique la campagne est plus ou moins collective. Le président français incarne tous les français. En Belgique ce lien symbolique est réservé à la famille royale : un homme politique est, au mieux, l’incarnation de sa communauté linguistique.

- Le président de la république concentre entre ses mains l’essentiel du pouvoir. Dans la France centralisatrice sa désignation organise la vie politique. En Belgique, si l’échelon fédéral reste central, la régionalisation de nombreuses compétences brouille la compréhension des enjeux.


Je vous invite à lire, des réflexions sur le même thème, mais avec la plume qui lui est propre, chez Prométhée.

16 avril 2007

Foire du livre

J’avais mentionné ici la sortie de la biographie de Didier Reynders par André Gilain. Le ministre des finances attirent visiblement auteurs et éditeurs, puisque mi-avril les éditions Aden publieront « Didier Reynders, l’homme qui parle à l’oreille des riches ». Autant André Gilain est catalogué à droite autant Marco Van Hees, auteur du second ouvrage, semble être un homme de gauche (ultra-gauche ?). Se présentant comme journaliste et fonctionnaire au ministère des finances ( !) l’auteur affirme dans son communiqué de presse que « Les holdings d’Albert Frère paient moins d’impôts que sa concierge (…). Reynders prétend qu’il a réduit la pression fiscale. Pour les nantis c’est clair. Pour le commun des contribuables, les chiffres sont loin d’en attester ». Bref l’ouvrage sera critique. Le ministre des finances y sera probablement décrit comme « le ministres des banquiers et des rupins » pour reprendre l’expression d’un socialiste bruxellois. Ceux qui n’ont pas aimé « la face cachée de l’iceberg » apprécieront peut être davantage ce récit là.

Des goûts et des couleurs


Pourquoi faut-il qu’Anne Delvaux porte un châle orange, André Flahaut une écharpe rouge, même quand la météo est clémente, et Serge Kubla une cravate bleue ? La réponse est simple : pour indiquer clairement quel est leur parti. Pas convaincu ? Jetez un œil sur le site "artistes en campagne". Vous constaterez que la couleur est bien un élément central de la communication politique. Le mérite de l’artiste Werner Moron, auteur du montage est bien de vous comprendre que Di rupo s'accorde au rouge, et que Reynders ne paraît pas naturel sur un fond qui n’est pas bleu…les mauvaises langues ajouteront que la démonstration est moins percutante pour le vert et l’orange.
Merci à Thierry Dupiereux pour le lien.

14 avril 2007

Le festival de Kanne

Désolé, même si le jeu de mot est facile je ne pouvais pas résister au plaisir d’un tel titre. Ce vendredi Elio Di Rupo et Yves Leterme étaient donc ensemble à Kanne (commune de Riemst, à une encablure de Bassenge) pour une action en hommage aux enfants disparus ou victimes de la violence. Ensemble, les deux ministres présidents ont participé à la plantation de deux arbres le long du canal Albert, l’un coté wallon, l’autre coté flamand. Pour renforcer l’aspect symbolique de la manifestation les organisateurs avaient mobilisé une vingtaine de jeunes enfants et la mère de Joe Van Holsbeek, assassiné gare centrale il y a un an, était également présente.
Voir ensemble le ministre président flamand et le ministre président wallon dans de telles circonstances pourrait passer pour un événement banal (n’est il normal que les deux grandes communautés du royaume se soucient de la sécurité des jeunes ?), mais c’est en réalité un rendez vous rare qui nous était proposé ici, surtout à quelques mois d’une élection cruciale. Il n’a échappé à personne qu’Elio di Rupo et Yves Leterme étaient deux candidats potentiels au poste de premier ministre. A Kanne, il était donc possible d’observer les comportements d’ Elio Di Rupo et Yves Leterme lorsqu’ils sont en présence l’un de l’autre. Edifiant. Si les deux hommes se sont bien salués (difficile de passer à côté, une vingtaine de journalistes étaient présents) c’était sans effusion excessive. Côte à côte, Di Rupo et Leterme se parlent mais cherchent du regard d’autres interlocuteurs. Quand Leterme entame une discussion avec un élu local, Di Rupo regarde ostensiblement ailleurs. Quand Elio répond à un journaliste, Yves en profite pour faire quelques pas de coté. Posant pour les photographes ils conservent quelques centimètres de distance, ou invitent Françoise Van Holsbeek à s mettre entre eux. Pour utiliser un vocabulaire de critique cinématographique le socialiste et le social chrétien donnent l’impression de deux acteurs contraints de partager la même affiche mais se contentant d’une prestation professionnelle minimale, peu à l’aise dans l’interprétation d’un scénario qu’ils n’ont pas écrit eux même. Répondant à l’une de mes questions Yves Leterme affirme pourtant que les deux ministres présidents se voient régulièrement. Deux minutes plus tard Elio Di Rupo refuse de le confirmer. C’est une évidence : si ces deux là veulent travailler ensemble demain, il vont devoir se voir beaucoup.

13 avril 2007

Le retour de Jacky


Il revient de loin. Jacky Morael, que j’ai rencontré aujourd’hui, porte les stigmates de quelques années difficiles. Victime d’une mauvaise chute, colonne vertébrale cassée, il se déplace désormais canne à la main. Marqué par les épreuves (il a perdu un enfant) et par un exil politique qu’il a plus subi que souhaité. En 1999 l’assemblée générale d’écolo n’avait pas souhaité qu’il devienne ministre. Il reconnaît aujourd’hui que l’épisode fût désagréable et que les « manœuvres » de quelques camarades de parti lui restent en travers de la gorge, bien présents dans sa mémoire. S’il est marqué physiquement, Jacky Morael conserve par contre une capacité d’analyse intacte et se dit toujours passionné par la chose politique (vous pouvez lire ici son interview au Vif). Son retour fût maintes fois annoncé et reporté. Cette fois-ci semble la bonne. La présence ce midi de Jean Michel Javaux à ses côtés avait d’ailleurs valeur d’un passage de témoin. 8 ans après son « retrait » Jacky Morael reçoit le soutien public du nouveau secrétaire fédéral. Et dans le même temps dit tout le bien qu’il pense de lui. Les deux hommes partagent des souffrances communes (la famille Javaux a également vécue la perte d’un enfant) et sans doute une même vision tactique (Ecolo doit se démarquer du PS). Bien sûr la présence de l’ancien patron des verts sur la liste du sénat répond à une motivation électorale : Morael pourrait séduire quelques dizaines de milliers d’électeurs. Mais si Jean Michel a rappelé Jacky c’est sans doute aussi pour l’aider à panser ses blessures, et faire savoir qu’entre les deux secrétaires fédéraux, il y a une sorte de filiation.

Imbroglio social à l'IEV

Que se passe-t-il exactement au centre d’étude du parti socialiste ? L’institut Emile Vandervelde est depuis deux jours au cœur d’une enquête de l’auditorat du travail. Descente d’un magistrat au siège du parti, avec journaliste opportunément prévenu : il s’agit d’un effet collatéral des affaires carolos. Les magistrats ont en effet pu découvrir que la députée Alisson De Clercq bénéficiait des services d’un collaborateur rémunéré par l’IEV. Elle n’était pas la seule : 19 élus au total auraient bénéficié de ce système (certaines sources avancent même le chiffre de 26 ou 27 élus). Pour les spécialistes en droit du travail c’est illégal. Une « mise à disposition » s’effectue dans des cadres précis avec des conventions ad hoc, ce qui n’était pas le cas ici. Coté PS on conteste : l’IEV comme les députés en question œuvre pour le parti, c’est donc la même entité qui payait les collaborateurs et bénéficiait de leur activité (on résume à grands traits, mais c’est l’argumentation défendue).
Sur le fond, ce n’est pas l’affaire du siècle. On peut reconnaître à Frédéric Delcor, patron de l’IEV et présenté souvent comme le bras droit d’Elio Di Rupo, une certaine franchise dans sa défense. Il n’y a pas eu de détournement d’argent public, juste un jeu d’écriture. Tout au plus les socialistes s’exposent-ils, si les faits devaient être poursuivis à quelques milliers d’euros d’amendes.
Su la forme c’est plus délicat. Que le parti socialiste prenne des libertés avec le droit du travail est étonnant. Que l’affaire surviennent à une encablure des élections peut être gênant : ce n’est plus la frégate carolo qui intéresse la justice du travail mais le navire amiral. S’intéresser à l’IEV c’est en effet toucher le cœur du pouvoir présidentiel. Dans un parti où les fédérations conservent une réelle autonomie le centre d’étude est au service du président. Les hommes qui le dirigent (Frédéric Delcor aujourd’hui ou André Flahaut hier) sont les véritables machinistes en chef du PS. Si l’affaire s’emballait, Elio di Rupo, qui avait affiché une certaine distance avec des socialistes carolorégiens dont les pratiques étaient présentées comme « archaïques », serait sans doute contrait de changer de posture.

PS (c’est le cas de le dire) : je constate l’arrivée de nouveau lecteurs qui découvrent « rue de la loi » par l’intermédiaire d’un lien sur le blog d’Elio Di Rupo. Je suis bien sûr honoré d’être référencé sur le blog du président du PS. Le libellé de la rubrique « blogs amis » mérite d’être nuancé. S’il peut y avoir entre un journaliste politique et un président de parti une estime intellectuelle et un respect réciproque, il ne saurait y avoir « d’amitié » au sens fort du terme. Les lignes ci dessus devraient vous convaincre de mon indépendance.

11 avril 2007

Le mercato


De retour en Belgique après quelques jours de repos à l’étranger, voici que je tombe en plein recrutement de « francophones connus »s pour les listes du 10 juin. Ainsi Anne Delvaux a-t-elle décidé de quitter le journalisme pour le sénat. La présentatrice de la RTBF a eu droit à un accueil grandiose, et en 2ième position est assurée de siéger dans la haute assemblée. Tant mieux pour elle, même si on peut quand même se demander quelles qualités une présentatrice de JT peut bien présenter pour obtenir si facilement un strapontin. Certes, être une jeune femme vous attire plus d’inimitiés que de soutiens dans un pareil cas. Anne Delvaux devra donc travailler beaucoup pour prouver à ses nouveaux collègues qu’elle est compétente et capable de faire avancer des dossiers de fond (et pas uniquement sur l’actualité internationale comme elle en annonce l’intention, puisque les débats communautaires et éthiques sont en l’occurrence des débats tout aussi majeurs au sénat). En attendant, elle aura du mal à passer, durant la campagne pour autre chose qu’une souriante affiche électorale en trois dimensions. Le CDH, où la présidente aime pousser la jeune génération, vient de s’offrir une personnalité de la société civile qui fait déjà figure de candidate « attrape-voix » dans la pure tradition des Marc Wilmots et Frédérique Ries. C’est que les partis politiques raffolent de ces « candidats surprises » qui permettent d’attirer le chaland au delà de la base électorale traditionnelle. Ce mercredi Ecolo annonce ainsi le soutien de Pino Carlino, ex-secrétaire national du syndicat CSC. Le PS avait de son coté il ya quelques semaines pu mettre en avant un ancien cheminot emblématique (José Damilot) et un transfuge écolo (Henri Simons).
Le MR semble, cette fois-ci, légèrement (et momentanément ?) en retrait. Si cela se confirmait il faudrait sans doute y voir la volonté de son président actuel de se démarquer d’une des marques de fabrique de son prédécesseur ( Louis Michel avait convaincu quelques grands formats comme Ries, Bodson et Wilmots ) . Il est vrai que faire élire un footballeur au sénat, par exemple, ne fût pas, une fois l’élection passée, une grande réussite.