18 février 2008

Reynders contre Leterme ? "arretez avec les spéculations" dit le porte parole du MR


Pierre Yves Jeholet était mon invité ce matin sur Bel RTL. Au sommaire de l’entretien : les problèmes de santé d’Yves Leterme et l’ambiance qui règne au sein du gouvernement transitoire. Le pote parole du MR a fait mine de s’agacer un peu des questions récurrentes sur un « agenda caché » que l’on prête parfois à son président de parti Didier Reynders. «On n’a pas de problème avec Monsieur Leterme, si le gouvernement se met en place avec une équipe stable et un programme clair , mais on a un doute par rapport au programme» a-t-il indiqué avant de préciser « il n’y a pas de volonté de Didier Reynders de devenir premier ministre le 23 mars, il faut arrêter avec les spéculations ». En clair le mouvement réformateur ferait monter la pression sur Yves Leterme et le CD&V pour marquer le futur programme gouvernemental d’une empreinte libérale, et rien de plus.
Pierre Yves Jeholet a également indiqué que les négociations communautaires avançaient positivement au sein du groupe des sages, qui est sur le point de mettre sur la table « un premier paquet de régionalisation qui sont discutables », ensuite « il faudra évidemment aborder la seconde phase » a reconnu le député MR. Hors micro Pierre Yves Jeholet a estimé que les régionalisations dont le groupe octopus va se saisir ne pourront pas intervenir avant 2009.




17 février 2008

Lectures de vacances

Les gars, soyez sérieux. A chaque fois que je m'absente une semaine j'ai l'impression quand je rentre en Belgique de ne pas retrouver le pays dans l'état dans lequel je l'ai laissé en partant. Dépuis que j'ai posté mes trois lignes vous annonçant que je prenais le large une petite dizaine de jours, vous avez pu vous traiter de tous les noms (on a l'habitude) mais aussi ruiner une institution comme le secret du colloque singulier (beau travail du Standaard, même si on peut se demander à quoi ça sert de reconstruire une discussion privée quand on a une seule source), organiser une visite d'expo et un dîner grec façon "esprit d'entreprise es-tu là ?" (on notera au passage que Guy Verhofstadt se découvre des dons de psychothérapeuthe, cela peut être utile pour sa reconversion car "conseil en management gouvernemental pour pays compliqués" est un créneau porteur et assez libre, faudra le noter sur ton CV, Guy ; et que par ailleurs Didier Reynders a préféré bouder au foot, ce qui reste un sport d'équipe, même s'il était simple spectateur). Comme si cela ne suffisait pas vous trouvez le moyen d'envoyer le futur premier à l'hopital (bon rétablissement à lui) et on ne sait plus très bien à qui confier les clefs de la maison. C'est un coup à vous culpabiliser un journaliste politique en repos, ce que je trouve moyennement drôle surtout si mon rédac-chef lit ceci (je plaisante : les gars, mes vacances c'est quand je veux !).


En une semaine j'ai eu le temps de profiter de mes enfants (c'était le but, mais cela ne vous concerne pas) et de lire deux/trois bouquins. Une déception d'abord. J'ai reçu par courrier (un privilège, je le reconnais) "Objectifs blogs", un ouvrage universitaire des facultés Notre Dame de la Paix (Namur) édité par l'Harmatan. L'ensemble de cette étude est sous la direction d'une certaine Annabelle Klein, directrice de département aux facultés et sous-titrée "explorations dynamiques de la blogosphère". Je me suis jeté dessus. Bon départ pour l'intro ou l'on peut lire "le blog est un prolongement de l'activité journalistique, un espace alternatif d'expression. Bref le blogging n'a pas changé les journalistes, il leur a permis de retrouver les sources du métier". Jusque là , plutôt d'accord. La suite est décevante. Passe encore pour le style aride propre aux travaux universitaires. C'est le fond qui cloche. Je n'y ai rien appris de révolutionnaire. Pire, le chapite consacré aux journalites bloggeurs belges me semble sans aucun intéret. A mon sujet il est par exemple écrit que je suis "plus libre dans ruedelaloi.blogspot.com que sur RTL TVI" car sur mon blog précise l'auteur je pourrai "aller plus loin et proposer des analyses complémentaires". Ah bon ? C'est quoi la liberté pour un journaliste ? Et en quoi ma pratique sur ce blog est-elle différente de celle sur l'antenne de TVI (il y en a des différences, et il serait interessant de les étudier, mais pas au niveau de la liberté justement, plutôt dans le style, le rythme, le type d'infos, la périodicité, la fidélisation du lecteur, son profil plus défini, le dialogue par l'intermédiaire des commentaires, les liens, etc...). En clair, le bouquin est inachevé, j'attends le prochain (Serge Coosemans, sur le même ouvrage, est encore plus sévère que moi).


Quitte à faire la promo d'un livre de chevet, je vous recommande plutôt cette autre lecture de la semaine dernière : "Le monde est mon métier", éditions Grasset. Il s'agit d'un entretien croisé entre Jean Lacouture et Bernard Guetta, deux monstres du journalisme français. Pour le journal le Monde le premier a couvert la décolonisation, le second la fin de l'URSS. Voici deux grands témoins qui confirment qu'ils respectent le "OFF", qu'ils s'autocensurent, qu'ils essayent de comprendre le point de vue de chacun et de le restituer correctement et surtout qu'ils doutent. Dans un monde journalistique comptemporain ou l'on est maintenant si prompt à partir en croisade, où les journalistes croient après 5 ans de carrière pouvoir dire où est le bien et le mal et où l'interactivité avec l'auditeur/lecteur/telespectateur tient lieu d'éditorial et d'interview, c'est une lecture qui m'a fait beaucoup de bien. A vous aussi, les gars, je vous la recommande. L'interview d' Hô chi Minh, la bataille d'Alger, les conversations avec Mendès et le destin de Gobatchev vus par ces temoins là, cela vous changera de Bruxelles-Hal-Vilvorde.




08 février 2008

Une semaine de repos

Je vous abandonne une semaine... pour prendre un peu de repos. Rendez vous le 18 février... si je ne me trompe pas nous serons en pleine confection du budget...

07 février 2008

Laurette Onkelinx reconnait une "difficulté " avec le cabinet Uyttendaele


Laurette Onkelinx s'est pononcée ce jeudi matin pour la mise en place de procédures d'appel d'offre dans la désignation des cabinets d'avocats chargés de représenter les autorités publiques. Elle réagissait ainsi à la parution dans la presse d'un courrier de Marc Uyttendaele (son mari) à Frédéric Delcor (le bras droit d'Elio Di Rupo). Dans ce courrier l'avocat semble se plaindre d'avoir perdu certains contrats et suggère un c"oup de pouce" pour améliorer les affaires de son cabinet. Sur Bel RTL la ministre de la santé a confirmé que le cabinet de son mari représentait bien le cabinet de la santé dans certaines affaires mais que la décision avait été prise avant son arrivée à la tête du département. "Je suis confronté à une difficulté" a reconnu Laurette Onkelinw en réponse à mes questions avant d'ajouter "si on pouvait faire cela par appel d'offre cela serait plus simple".



05 février 2008

Véronique Salvi veut travailler pendant son congé maternité


La députée CDH Véronique Salvi se prépare à être maman pour la deuxième fois. En théorie une femme ne peut pas, pendant un congé maternité exercer son mandat de conseillère communale. De même une élue de la chambre doit se mettre en « absence justifiée » et ne peut pas se faire remplacer. L’élue carolo en profite pour s’interroger sur la place des femmes en politiques. Ecoutez l’interview de 7h50 ici.

Denis Ducarme : "je vote Obama"

Le député MR Denis Ducarme (à ne pas confondre avec son père Daniel, même si ils ont la même voix) était mon invité à 7h50 sur Bel RTL. Il est revenu sur la décision de la commune de Zaventem de ne vendre des terrains qu’aux seuls néerlandophones et la question qu’il a posée à ce sujet au ministre de la justice Jo Vandeurzen. Pour Denis Ducarme cette disposition est illégale et contraire à la loi anti-discrimination de 2007.
En début d’interview nous avons également évoqué le « super Tuesday ». Denis Ducarme indique qu’il se sent bien plus proche des démocrates que des républicains à qui il reproche leur proximité avec les courants religieux. L’interview est ici.

04 février 2008

Le mercato d'hiver

J'avoue avoir un peu de mal à mettre ce blog régulièrement à jour ces temps-ci. Les lecteurs réguliers et perspicaces y décoderont le signe d'une intense activité à RTL, et ils n'auront pas tort. A défaut d'analyses plus fouillées, voici quelques nouvelles de départs, nominations, approches diverses et candidatures des cabinets et d'ailleurs parvenues à mes oreilles ces dernières semaines. Si les (très) petites nouvelles du petit personnel ne vous passionnent pas, désolé, mieux vaut revenir un autre jour.
Au MR David Maréchal, après avoir affronté les bourrasques de l'orange bleue n'est plus porte- parole du ministre des finances : il reste au sein du cabinet mais aura en charge désormais l'organisation des évènements et la communication de la loterie. C'est Sophie Van Malleghem, jusqu'ici en charge des journalistes néerlandophones qui reprend l'ensemble des contacts presse à son actif. Comme disait Coluche : il n'est pas interdit de penser dans les milieux autorisés que Didier Reynders puisse, selon certaines sources, recruter un 2ième attaché de presse dans les semaines ou les mois à venir (en clair : ce n'est pas dit mais l'auteur de ce blog s'autorise ce pronostic). Notez que le ministre des finances s'est également séparé du chauffeur qui travaillait pour lui depuis au moins une dizaine d'années (lequel est retourné à la SNCB)... et qu'il n'y a pas eu de petite fête d'adieu.
Par ailleurs Pierre Laurent Fassin (ex RTL) a rejoint le cabinet de Sabine Laruelle.
Au PS, Jean Pol Barras, secrétaire général du parti a pris congés du boulevard de l'empereur ce 1er février. Pas de fête non plus. Il est chargé d'une mission à Paris (ville qu'il apprécie)... et a postulé au poste de délégué de la communauté française dans la capitale française. Toujours au PS Laurence Zanchetta (ex RTL) assure désormais les relations presse de Christian Dupont ( pour rappel la précédente porte parole du ministre travaille désormais pour le président du PS, mais là vous avez une guerre de la communication de retard).
Inutile j'imagine que je vous apprenne que Katrhyn Brahy a demandé un congès sans solde à RTL pour pouvoir postuler au poste de délégué de la communauté française en RDC (ce congès lui évite de devoir interviewer d'éventuels intervenants dans le traitement de sa candidature).
Je ne parle que de RTL ? Non, j'avais gardé le meilleur pour la fin. Yves Leterme s'est semble-t-il mis à la recherche d'un porte parole francophone pour le jour où il sera premier ministre. Et il tient à un trouver un... à la RTBF. Plusieurs confrères du service public ont ainsi été approchés. Oui, oui, la chaîne qui a diffusé "bye bye belgium" et ce fameux reportage sur la marseillaise du 21 juillet. Finalement, vous voyez bien que Leterme progresse : il n'est même plus rancunnier.

José Happart veut relancer le mouvement wallon


Le président du parlement wallon était mon invité ce lundi matin sur Bel RTL. Il a indiqué son souhait de transférer vers la région wallon plusieurs compétences actuellement dévolues à la communauté française. Pour José Happart l’éducation devrait notamment être régionalisée, seul l’enseignement universitaire devant rester de la compétence de la communauté « chaque fois que l’on a transféré des compétences vers la région elles sont été mieux gérées » a-t-il affirmé. Au cours de la même interview José Happart a aussi indiqué que le mouvement wallon s’apprêtait à renaitre de ses cendres. « Nous avons eu une premier réunion, nous en aurons une autre fin février ; ceux qui croient que nous ne jouerons pas dans la pièce se trompent ». A ma question de savoir si le président du PS Elio Di Rupo approuvait la démarche le président du parlement wallon a répondu laconiquement : « il est au courant ».


L’intégralité de l’interview est ici.

28 janvier 2008

L'open VLD sur les traces du MR




Cela ressemble à une déclaration de guerre. Des propos chocs dignes d'être repris à la une. Ce week end le président de l'Open VLD, Bart Somers a flingué son partenaire gouvernemental du CD&V. En visant les hommes. Ainsi Yves Leterme est-il implicitement accusé d'avoir joué double jeu à Val Duchesse : "pendant que nous négocions pour former un gouvernement au château, il négociait une tripartite dans notre dos". Le président des libéraux flamand décoche également une belle flèche pour le nouveau président du CD&V Etienne Schouppe : "il a quand même volé environ 1,5 milliard (de francs) à la population avec ABX et la SNCB".


C'est un tournant. Certes ces propos tombent alors qu'une campagne interne s'engage au VLD, Somers remettant en jeu son mandat de président. Mais cela n'explique pas tout. Les reproches de Somers à l'encontre d'Yves Leterme sont désormais les mêmes que ceux que Didier Reynders réserve à Joëlle Milquet. De là à imaginer que les libéraux du nord et du sud avancent ensemble et ont décidé d'en découdre avec la famille centriste...


Les bleus font donc vraisembalblement monter la pression avant que les socialistes (PS à coup sûr, SPA peut être) ne monnayent dans les prochains jours leur ralliement à un gouvernement durable. Se faisant, il rendent la vie impossible au formateur.


En temps normal et dans un pays rationnel de tels propos devraient provoquer une crise majeure et risquer d'entraîner la chute de la coalition. On ne peut pas bâtir une majorité quand les coups politiques s'échangent avec une telle violence. Mais nous sommes en Belgique. Et Bart Somers a rapidement corrigé le tir. Ces propos, précisait son porte parole ce matin, ont été tenus dans une réunion interne du VLD à Saint Nicolas pour galvaniser les militants et aucun journaliste n'aurait du s'y trouver. Cela n'excuse rien : une déclaration finit toujours par percoler. L'important n'est pas de savoir quelles oreilles ont entendus ce discours mais quelle est la bouche qui l'a prononcé. Ce lundi Bart Somers a donc, si je suis bien informé, appelé le CD&V pour s'excuser. Dans l'après midi il précisait dans une conférence de presse qu'il ne voulait absolument pas d'élections législatives anticipées. Si c'est vrai, le président de l'Open VLD va devoir apprendre à tenir sa langue.


Note : les propos de Bart Somers ont été relayés par le Standaard et les journaux du groupe Corelio, qui ne les ont malheureusement pas mis en ligne. Mais cet article du Morgen y fait référence. Mon reportage vidéo est ici.

25 janvier 2008

Le retour du clivage économique

Au moment précis où j'écris ces lignes Yves Leterme et Didier Reynders réunissent le groupe Octopus pour la seconde fois. Ils reçoivent , toujours dans les salons dorés du sénat et avec la présence de moults caméras et objectifs photographiques, les ministres présidents des gouvernements régionaux et communautaires (avec un traitement particulier pour Chris Peeters, en voyage à l'étranger : la Flandre aura droit à une audition spécifique).
De mon fauteuil de commentateur en ligne ce grand show parait presque anachronique. Tout le monde sait désormais que le débat communautaire avance lors d'entretiens discrets et de réunions en plus ou moins petits comités. L'exercice du sénat risque donc d'être aussi formel que convenu.
Si je m'autorise le terme d'anachronisme c'est aussi parce que le débat s'est fortement déplacé ces dernières semaines. Ce n'est plus sur le terrain communautaire que les partis s'opposent mais bien sur les questions budgétaires et économiques. Côté flamand Yves Leterme a tiré la sonnette d'alarme en fermant le robinet : pas de nouvelles dépenses avant le conclave budgétaire, et un trou de 3 milliards à combler a-t-il annoncé début janvier. La mine sévère du ministre du budget peut donc s'appliquer à d'autres thématiques que les seules questions communautaires. Au passage Leterme enfile un costume d'homme d'Etat sérieux et responsable qui peut, vis à vis du sud du pays, contribuer à sa crédibilité.
Côté Francophone Elio Di Rupo a également oeuvré à ce repositionnement du débat public : l'expression "la droite vide les caisses" lancée depuis la tribune d'un congrès résonne encore aujourd'hui. Il n'est pas exclu que le débat autour des mesures fiscales prises en faveur des entreprises (les fameux intérêts notionnels) soit à nouveau au centre des discussions budgétaires. Le président du PS, sur son blog, et celui du MR dans ce communiqué de presse, affûtent en effet des arguments parfaitement contradictoires. Évaluer la pertinence des cadeaux fiscaux, notamment en terme de créations d'emplois pour l'un, offrir par la fiscalité des gains de compétitivité aux entreprises et ne pas rompre un cercle vertueux pour l'autre.
Pour le journaliste et le citoyen que je suis, l'émergence de ce débat (sans préjuger de la suite qui lui sera donnée) est plutôt une bonne nouvelle : ces questions là sont un peu plus dignes que les querelles de leadership de ces derniers mois.