Affichage des articles dont le libellé est Chambre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chambre. Afficher tous les articles

01 août 2014

Super Laurette sera cheffe de groupe

On savait déjà que Laurette Onkelinx ne monterait pas au gouvernement Bruxellois et qu'elle se profilait comme nouvelle cheffe de l'opposition fédérale si les négociations kamikazes/suédoises aboutissent positivement.
On savait qu'elle cumulerait la fonction de vice-présidente du PS à la présidence de la fédération bruxelloise, comme l'avait fait avant elle Philippe Moureaux.
On savait que la présidence de cette fédération n'était pas du tout honorifique, et que c'est au contraire un poste éminemment stratégique, qui peut concentrer un pouvoir considérable si on l'utilise intelligemment  ( Yves Goldstein, chef de cabinet de Rudi Vervoort et  secrétaire du gouvernement bruxellois  est un proche de Laurette Onkelinx, et rien -ou presque- n'échappe à son radar).

On savait que Laurette Onkelinx avait l'ambition d'en découdre avec la future probable majorité kamikaze/suédoise, ses interviews au Soir ou à la Libre Belgique ces dernières semaines ne laissant planer aucun doute à ce propos.

Ajoutons une précision, confirmée auprès de  plusieurs sources socialistes : Laurette Onkelinx mènera ce combat en tant que chef de groupe à la chambre. La décision en a été prise il y a quelques jours.  Cela pourrait paraitre comme une évidence mais cela ne l'était  pourtant pas. L'hypothèse d'avoir un autre chef de groupe a circulé ces dernières semaines et Laurette Onkelinx s'est bien gardée de communiquer elle-même sur la question. Les socialistes auraient pu maintenir le chef de groupe actuel André Frédéric ou opter pour un nouveau visage (des personnalités comme Karine Lalieux, Ahmed Laaouej ou Willy Demeyer siègent à la chambre), cela n'aurait pas empêché la vice-présidente de prendre la parole pour les sujets qui comptent.  Certains ont même envisagé que ce soit Elio di Rupo lui-même qui tienne le rôle.

Un poste pas du tout honorifique puisqu'il donne le droit d'assister à la conférence des présidents et au bureau de l'assemblée, instances qui fixent l'ordre du jour des travaux, convoque les ministres, détermine les temps de parole,etc. Avec ce statut de présidente de groupe Laurette Onkelinx se donne les moyens d'être informée en temps réel et de pouvoir peser immédiatement sur la vie politique dans l'hémicycle. Elle confirme que le duo fédéral qu'elle forme avec Elio Di Rupo est reconduit tel quel dans l'opposition. A Elio les grands discours, l'image d'homme d'Etat et le capital empathie. A Laurette la pugnacité et la combativité.

On notera au passage que si le groupe PS ne compte que 7 femmes sur 23 élus la direction du groupe sera entièrement féminine puisque Laurette Onkelinx fera équipe avec Emmanuelle Dardenne qui continuera d'assurer le secrétariat politique (soit le pilotage au jour le jour) du groupe PS, un poste qu'elle occupait déjà sous la législature précédente ce qui lui confère une certaine "habileté procédurière" et surtout des contacts utiles avec les autres groupes me confiait un observateur d'une autre formation.

En occupant ce poste la présidente de la fédération bruxelloise signifie aussi qu'elle a toujours de l'appétit pour le fédéral et qu'elle reste une candidate très sérieuse si la succession d'Elio Di Rupo devait s'ouvrir un jour.  Ce vendredi la direction du Parti Socialiste ne souhaitait pas confirmer cette désignation. Tant que le gouvernement en affaire courante est en place Laurette Onkelinx reste en effet vice-première ministre. Son élection à la tête des députés socialistes n'interviendra qu'une fois que le gouvernement Peeters est sur les rails.

13 février 2014

Les députés libérés lancent la campagne

Le vote de la loi étendant la possibilité d'euthanasie est un petit évènement. Par son contenu tout d'abord, puisque la Belgique est le deuxième état seulement à autoriser l'euthanasie pour les enfants. Par  la majorité de circonstance qui la vote également : une grande partie des groupe socialistes, libéraux et écologistes rejoint par la NVA c'est une fameuse entorse à la coalition papillon. 
En soi, rien de plus logique : les matières éthiques n'obéissent par à la discipline de vote. Chez les libéraux ou les écologistes d'ailleurs les groupes n'ont pas voté de manière unanime, c'est une affaire de conscience propre à chaque élu. Mais quand même. Voter un texte sans les sociaux-chrétiens est un symbole. Celui de la fin d'une législature. Et on se doute que quelques députés ont du voter avec jouissance ce jeudi soir. Parce que pour la première fois depuis l'avènement du gouvernement Di Rupo ils ont pu goûter à la liberté d'un vote qui n'obéissait pas à l'application pure et dure de l'accord de gouvernement. Depuis 15 ans que je suis la vie politique fédérale, on a rarement vu une législature plus terne à la chambre. Aucun initiative parlementaire réellement autorisée, une discipline de tous les instants tant dans les votes que dans l'expression. Une obsession  de ne pas rouvrir les débats communautaires pour réussir la traduction en texte législatifs de l'accord sur la réforme de l'Etat. La mission est accomplie. Les députés s'offrent donc cette bouffée d'air frais  : le vote d'un texte qui n'était pas prévu dans l'accord de gouvernement, où chaque élu peut s'exprimer en son âme et conscience.
La législature avait commencé par des votes sur la nationalité qui associaient libéraux et nationalistes. Elle se termine un peu de la même manière, mais en y associant cette fois les socialistes. Entre les deux un long tunnel d'obéissance parlementaire. Pas de grands projets, pas de grands débats, et une crise économique qui renforçait la morosité ambiante. On notera que le Cd&V et le CDH n'en ont pas fait une affaire de gouvernement : marquer leur différence sur ces dossiers ne leur déplait pas. On notera que la NVA a apporté ses voix : les nationalistes montrent ainsi qu'ils peuvent être un parti utile et constructif, apte à monter dans une majorité. On notera enfin que les libéraux et  les socialistes sont également satisfaits de faire  passer un texte même s'il est plus symbolique qu'autre chose. 
Même s'il reste encore 5 semaines de travail parlementaire, ce vote en ordre dispersé sonne donc symboliquement la fin de Di Rupo I. La semaine prochaine, le 25 février s'ouvre la campagne officielle. Désormais c'est, comme pour ce vote, chacun pour soi. La majorité a éclaté. La campagne est lancée.