
Dis moi qui est ton ennemi préféré je te dirai qui tu es. Ce premier mai est un étrange chassé croisé nous est proposé par les formations politiques. A Jodoigne le mouvement réformateur tape sur le parti socialiste. A Liège le parti socialiste cogne sur le CD&V, tandis qu’à Charleroi la FGTB prend ses distances avec son parti frère.
Prenons l’ordre chronologique. A Bruxelles ce mardi ce sont les socialistes qui ouvrent le bal. Discours de Laurette Onkelinx, qui cible les flamands, le VLD et égratigne même un peu le CDH.
Quelques minutes plus tard discours de Sabine Laruelle, Guy Verhofstadt
et Didier Reynders à Jodoigne. Eux visent le CDH (« parti orange plus attaché à l’idée de pouvoir qu’au pouvoir des idées » lance Laruelle) et surtout le parti socialiste : en demandant un service minimum les jours de grève, en critiquant le bilan de Marie Arena à la communauté française, ou en s’opposant catégoriquement à une représentation syndicale au sein des PME les réformateurs soulignent leurs différences avec le PS.
Au même moment à Charleroi la FGTB à une union la gauche « nous avons pu souvent compter sur le parti socialiste pendant cette législature » glisse Anne Demelenne, secrétaire fédérale avant d’ajouter que « sur le pacte des générations le PS nous a déçus ».
Enfin à Liège dans l’après midi, Elio di Rupo prend la parole et revient notamment sur le débat national qui l’a opposé à Yves Leterme sur RTL TVI et VTM : « nous attendions des signes d'attachement personnel à notre pays (…) au lieu d'une main tendue, nous avons eu des bras croisés. J'ai ressenti, une certaine arrogance teintée d'une dose de dédain".
Décodons : si le mouvement réformateur vise le parti socialiste c’est parce qu’il veut se poser en alternative au PS. Les libéraux tentent de passer d’un match à 4 à une confrontation à 2. Avantage évident : le MR se pose ainsi en égal du PS et marginalise le CDH. Même stratégie pour le PS. En concentrant ses attaques sur Yves Leterme, Elio Di Rupo indique quels sont les partis qui comptent (le VLD n’est plus l’ombre que lui même dans les sondages) marginalise le MR et s’installe en rival du ministre président flamand dans la course au fauteuil de premier ministre. Pour le MR comme pour le PS il est toujours préférable de se mesurer à plus gros que soi et à ne pas daigner répondre au plus petit. Inconvénient pour l’électeur : si chacun choisit son adversaire on passe à coté du débat global. Avantage : cette fête des chamailleurs relance l’intérêt pour la campagne. Il suffit de jeter en œil vers la France pour comprendre que des opinions tranchées et des débats francs réconcilient les citoyens avec la politique. Et d'espérer du coup que ce premier mai 2007, ne sera pas qu'un feu de paille...
