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08 avril 2008

Vu du nord



Alors que nous nous apprêtons à discuter d’une nouvelle phase de réforme de l’état il n’est pas inutile de se pencher sur ce que pense l’autre communauté du pays. Je suis frappé par le décalage croissant entre journaux du nord et du sud. Nous vivons dans deux systèmes médiatiques (et donc politiques) très différents, il suffit d’une revue de presse pour s’en convaincre.
La négociation et le dialogue sont ardus quand les deux partenaires, qui ne parlent déjà pas la même langue n’ont en plus pas les mêmes informations.
Je profite donc d’un instant de répit pour vous signaler la sortie d’un ouvrage très attendu des journalistes du Standaard. Il s’agit des coulisses de la formation du gouvernement Leterme (quelle matière !) et la série d’articles parus dans le quotidien flamand offrait quelques pépites qui valaient le détour (la reconstruction des entretiens des uns et des autres au palais de Laeken n’est qu’une partie de l’iceberg). Une véritable enquête au long cours, avec sans doute quelques inexactitudes et manipulations, mais un bel ouvrage de journalisme qui prouve que l’investigation en politique est possible. « De zestien is voor u » est publié aux éditions Lannoo et sera officiellement présenté en fin de semaine. A acquérir, lire ou traduire absolument.

Si vous maitrisez le néerlandais je vous conseille aussi de fréquenter le blog de Boudewijn Vanpeteghem (ancien du Standaard et co-auteur de la remarquable biographie de Guy Verhofstadt « numéro uno ») qui propose sur le site de trends un exercice assez comparable au mien. Je glisse son adresse dans la liste de liens ci-contre. Parce que la multiplication des sources d’information est le meilleur moyen de développer son esprit critique la lecture comparée de nos deux blogs devrait être instructive.

22 mai 2007

Reynders en librairie (tome III)


L’événement n’a pas été beaucoup médiatisé jusqu’à présent. Ce samedi les éditions Luc Pire devraient publier un livre détaillant la vision politique de Didier Reynders. L’ouvrage pèse une petite centaine de pages et a été écrit ces derniers mois par le président du Mr en personne. Le titre sera « parlons en ». En l’espace de quelques semaines c’est donc le troisième ouvrage (arpès la bio d' André Gilain et l'ouvrage plus critique de Marco Van Hees) ou Reynders figure en couverture. Encore un et les libraires ouvriront un rayon spécialisé.

16 avril 2007

Foire du livre

J’avais mentionné ici la sortie de la biographie de Didier Reynders par André Gilain. Le ministre des finances attirent visiblement auteurs et éditeurs, puisque mi-avril les éditions Aden publieront « Didier Reynders, l’homme qui parle à l’oreille des riches ». Autant André Gilain est catalogué à droite autant Marco Van Hees, auteur du second ouvrage, semble être un homme de gauche (ultra-gauche ?). Se présentant comme journaliste et fonctionnaire au ministère des finances ( !) l’auteur affirme dans son communiqué de presse que « Les holdings d’Albert Frère paient moins d’impôts que sa concierge (…). Reynders prétend qu’il a réduit la pression fiscale. Pour les nantis c’est clair. Pour le commun des contribuables, les chiffres sont loin d’en attester ». Bref l’ouvrage sera critique. Le ministre des finances y sera probablement décrit comme « le ministres des banquiers et des rupins » pour reprendre l’expression d’un socialiste bruxellois. Ceux qui n’ont pas aimé « la face cachée de l’iceberg » apprécieront peut être davantage ce récit là.

27 mars 2007

La face cachée de l'iceberg


Ecrire une biographie est un exercice colossal. On imagine fort bien que pour signer celle de Didier Reynders l’auteur a du passer quelques centaines d’heures en recherches et entretiens de toutes natures, et autant en écriture. On sait aussi que l’équilibre entre la proximité avec son sujet et un regard critique propre au journaliste est délicat à maintenir. Si l’ouvrage d’André Gilain mérite d’être lu c’est surtout pour les éclairages qu’il apporte sur la dernière période de notre vie politique. Du début de l’ouvrage on retiendra surtout la description du cadre familial des Reynders (un papa représentant en boucherie, un milieu modeste sans être pauvre, ce qui en ce temps là ressemble à la classe moyenne). Le reste (étude de droit, rencontre avec Bernadette, Jean Gol, la SNCB, etc…) est assez connu. Sur l’épisode fondateur de la relation entre Didier Reynders et Louis Michel (le décès de Jean Gol et la prise du PRL par Michel) pas de nouveautés. André Gilain renvoie à son ouvrage précédent (une bio de Louis Michel). On imagine que le patron du MR, qui ne se livre pas facilement, n’a pas souhaité approfondir le sujet par les temps qui courent. Sautons donc directement à la dernière période. Vous aurez confirmation, en lisant ce livre, que Louis Michel a bien voulu quitter le navire fédéral en 2004 après avoir été débarqué des exécutifs régionaux. L’auteur évoque alors une conversation téléphonique ou Michel traite Reynders «gentiment de tous les noms » . Si l’on en croit la version donnée ici, Reynders qui assiste alors à un forum à Crans Montana aurait alors passé quelques coups de téléphone pour plaider en faveur du maintien dans la coalition violette. C'était donc plus un problème de stratégie qu'une différence de caractères. La tête du parti etait alors divisée, car si la famille Michel plaidait pour « un électrochoc », Reynders répondait par « electroconnerie » et obtenait le soutien d’Hasquin, Maingain Simonet et Deprez. Toujours d’après cette version on pourrait donc voir dans cet échec de Louis Michel à convaincre les autres cadres du MR la raison de son départ pour l’Europe (c’est plus suggéré qu’écrit). Et comprendre mieux pourquoi il était préférable pour le vice premier de ne pas laisser Charles Michel prendre la direction du parti…