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16 avril 2016

Joëlle Milquet, Jacqueline Galant : le sacrifice

Ce sont deux démissions rapprochées dans le temps, et pourtant elles n'ont pas grand chose en commun. Joëlle Milquet, ministre de l'enseignement et de la culture de la fédération Wallonie Bruxelles (CDH) et Jacqueline Galand, ministre de la mobilité du gouvernement fédéral (MR) ont donc dû quitter leurs postes respectifs. Avec près de 20 ans de carrière journalistique au compteur, dont une bonne partie comme intervieweur politique, j'ai évidement approché l'une et l'autre. Deux femmes, deux tempéraments, et deux sacrifices. Joëlle Milquet et Jacqueline n'ont pas grand chose en commun de prime abord. Si ce n'est d'avoir offert leur vie à la politique. Cette semaine la politique a décidé de se passer de leurs talents respectifs. Le système les rend à leur vie, et l'atterrissage peut paraître brutal. Tant d'années où l'on travaille du matin au soir, sans compter ses heures, sans craindre les coups, à voir son nom étalé dans les journaux et sali sur les réseaux sociaux, pour se retrouver soudainement face au néant d'une  privée du  sens qu'on voulait lui donner. Dans ces cas là le soutien des siens est très relatif.

Des hommes et des femmes politiques fortement impliqués dans ce qu'ils considèrent être une mission, j'ai appris que la sortie de piste est souvent douloureuse. Mal préparée, involontaire, rarement anticipée. Les politiques sont comme ces acrobates qui poursuivent la voltige sans reconnaître que leurs articulations vieillissent et qu'il y a désormais dans la troupe de jeunes artistes plus agiles. Ils attendent l'accident pour raccrocher. 
Pour Joëlle comme pour Jacqueline de l'accident était prévisible, inscrit, inéluctable. L'une comme l'autre ont vu le mur se rapprocher. Aucune des deux n'a pu freiner à temps. 

Mes premières rencontres avec Joëlle Milquet furent glaçantes. Une interview ? Vraiment ? Oui, bon d'accord, si il faut,  mais deux minutes, là maintenant, tout de suite, debout dans le couloir. Voilà, ça va , vous avez ce que vous voulez ?  allez, au revoir. Et la fois suivante : Une interview ? Vraiment ? Vous êtes qui vous encore ? Ha oui, c'est vrai. Joëlle Milquet était un coup de vent permanent. Il lui aura bien fallu 4 ou 5 interviews pour qu'elle me donne l'impression de me reconnaître et mémoriser un nom de famille qui n'est pourtant pas si courant. Témoigner du respect et valoriser l'interlocuteur  n'était pas son point fort. Ce manque d'écoute et d'ouverture lui a valu un nombre incalculable d'inimitiés. Joëlle Milquet, comme beaucoup de politiques divise l'humanité en deux catégories : ceux qu'elle estime et ceux qui lui veulent du mal. Elle a définitivement classé une majorité  de journalistes dans le second groupe, ce qui rend les rapports rugueux, mais je crois avoir eu le privilège d'avoir parfois  fait  partie de ceux à qui elle reconnaissait un brin de subtilité. Se confronter régulièrement en interview amène à se connaître un peu.  Bosseuse, c'est une évidence. Du matin au soir, passant d'un dossier à l'autre, maîtrisant ses données et son cadre juridique. Boulimique, elle prenait tout en main. Trop, peut être. Passer sans arrêt d'une idée à l'autre ou d'un dossier au suivant puis revenir au précédent sans crier gare perd votre interlocuteur et donne de vous une image brouillonne. Je me suis souvent demandé si c'était un trait de caractère ou un mode de fonctionnement qui permettait de continuer à avancer en camouflant les difficultés. J'ai lu beaucoup de notes de Joëlle Milquet dans ma carrière, y compris au moment des négociations de l'orange bleue. Le point A, le point B, le point C, le point D... On s'y perdait et on avait beau avoir  le sentiment que rien n'était vraiment tranché, à la fin de la démonstration l'auteure voulait vous persuader qu'elle avait avancé. Pas toujours honnête. Joëlle Milquet c'est un peu de l'abattage de Guy Verhofstadt qui vous affirme devant une caméra qu'il y a un accord alors qu'en coulisse on discute encore, le sourire complice en moins, le regard maquillé qui se perd dans les nuages,  les manches que l'on remonte et les mains qui font des moulinets en plus... Surtout Joëlle Milquet ne compartimente pas. Ses enfants, ses convictions, son parti, ses ministères, ses amis. Dans sa vie tout se mélange. La synthèse c'est Joëlle. C'est justement ce que ses amis et  la justice ont fini par lui reprocher, d'avoir tout mélangé. Depuis les affaires de Chareleroi la règle est qu'un ministre inculpé doit faire un pas de côté. Suspension de carrière implicite, peu importe que le ministre soit finalement blanchi ou condamné au final.



Avec Jacqueline Galant c'est une autre histoire. Je l'ai interviewée moins souvent, et pour une bonne raison : elle déclinait la plupart de mes invitations. J'étais déjà un journaliste "installé" quand elle perce sur la scène nationale. Elle n'a pas toujours été sûre d'elle et n'était certainement pas "tout terrain", mais elle avait l'humilité de le reconnaître et travaillait donc ses points faibles. Jacqueline Galant doit son ascension politique à sa popularité dans un fief local où elle avait récupéré une partie de la notoriété paternelle. Une dose de centralisation  ( à Jurbise comme à Mons, tout passe par le bourgmestre) une dose de bon sens, une dose de conservatisme. Je n'ai pas épargné ses penchants populistes et une vision politique qui vise à repousser celui qui est sans le sou ou d'une origine différente (elle rechignait à accueillir des logements sociaux dans sa commune)... mais je pense qu'elle les assumait et les assumera encore. C'est justement ce qui fait son succes électoral. La Jacqueline des champs aime la vie de village, ses réseaux  et ses fêtes traditionnelles, c'est une bonne vivante. La Jacqueline des villes ne supporte pas la promiscuité, l'immigration et l'agitation désordonnée d'une grande agglomération  cosmopolite. Avec des personnalités comme Jacqueline Galant et ses déclarations matamoresques ce que le MR gagne en proximité dans le Hainaut il le perd en image à Bruxelles. Sur l'échiquier politique, soutien inconditionnel de Charles Michel, elle fait pencher le parti sur sa droite. Ses convictions l'avaient amené à discuter avec des parlementaires NVA à une époque où c'était encore tabou. Humainement capable de taper dans le dos et de rire aux éclats avec ses ennemis politiques, Jacqueline Galant est une fille de la campagne, comprenez campagne électorale, pas une stratège des cabinets ministériels qui avancerait précautionneusement avec deux coups d'avance. Pour paraphraser les tontons flingueurs c'est du brutal, qui goûte la  pomme et la betterave, du moment que  ça fait de l'effet et peu importe ce que les journalistes bobos en écrivent. Être ministre ce n'est toutefois pas être bourgmestre, le bon sens et les formules chocs se sont avérés  nettement insuffisants face à l'adversité de la chambre des députés et de sa propre administration. Cheminots, RER, survol de Bruxelles, directeur d'administration en opposition : à force de ne résoudre aucune des crises qui se présentait à elle la  ministre mettait les siens en difficulté. Etre imperméable à la critique (même si on ne doute pas que certaines critiques aient quand meme blessé sous l'apparente  cuirasse) ne vous autorise pas à exposer votre premier ministre.



Voici donc une semaine qui se referme avec deux démissions. L'une pour une inculpation, dont on rappelera qu'elle n'est qu'une inculpation et pas une condamnation. L'autre pour une incapacité à faire les critiques et gérer les conflits. On est très loin des attentats de Bruxelles et de leurs conséquences dramatiques pour lesquels les démissions de Jan Jambon et Koen Geens ont été refusées. La morale de l'histoire est une question de poids politique. Il est plus facile de sacrifier une ministre dont vous savez que le départ ne provoquera pas un déséquilibre qui pourrait vous être fatal.   Joëlle Milquet et Jacqueline Galant n'ont pas que des qualités. Elles étaient surtout dans des positions où leurs partis respectifs avaient plus à perdre qu'à gagner à les laisser en place.

07 mai 2015

Françoise Bertieaux : le "non-cours de philosophie" devient Kafkaien, la majorité manque de préparation



La cheffe de groupe MR au parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles donne sa vision du futur cours de citoyenneté. Elle estime que les professeurs de morale seront les mieux placés pour le donner et regrette que la majorité PS-CDH ne soit pas prête alors que l'arrêt du 12 mars sur les cours de religion était, selon elle, prévisible. Elle juge "à la limite de la légalité" le sondage lancée par Joëlle Milquet auprès des parents en prévision de la prochaine rentrée.

28 septembre 2014

Quand Joëlle conseille les négociateurs de la suédoise

Assister à des cérémonies officielles est souvent une obligation dont on pourrait se passer. Je n'ai pas regretté de me présenter samedi aux fêtes de la fédération Wallonie-Bruxelles à l'hôtel de ville de Bruxelles. Au milieu des discours et des échanges convenus, j'ai eu le privilège d'assister à une scène surréaliste. En bon journaliste je discute avec un estimé confrère à proximité de l'allée centrale. Position idéale pour serrer quelques mains (j'avoue, quand on se rend dans ce genre d'endroit c'est aussi pour être vu et glâner quelques confidences). Charles Michel passe, salue et poursuit son chemin. Son directeur de la communication s'arrête et commence une conversation. Quelques minutes plus tard Joëlle Milquet, serre les mains des journalistes, puis reconnaissant Frederic Cauderlier, se tourne ostensiblement vers lui et entame un échange que nous serons plusieurs à pouvoir suivre. Le début peut paraître banal. La ministre de l'éducation du gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles essaye de savoir si il y aura bien un saut d'index. Elle explique que c'est primordial pour elle de le savoir avant de se lancer dans les arbitrages budgétaires. Le porte-parole, professionnel, lui répond qu'elle sera bientôt fixée , que c'est une question de jours (lui n'a visiblement pas oublié qu'il est entouré de journalistes). Joëlle Milquet poursuit. Elle enchaîne  d'abord sur les prépensions des policiers en indiquant la manière dont il faudrait, selon elle, résoudre le problème (un dispositif transitoire, les syndicats sont d'accord affirme celle qui était il y a peu ministre de l'intérieur) avant de suggérer que l'accord de gouvernement comporte également au moins une phrase sur le statut des artistes, c'est très important insite-t-elle. Entre journalistes on se regarde. On ose quelques vannes : Joëlle Milquet veut elle participer aux négociations fédérales ? La suédoise est elle prête à avoir des ministres d'ouverture CDH ? Et la ministre de l'éducation de ne pas se démonter : elle est prête à aider, c'est très important que les francophones soit unis et ce qui se passe entre partis francophones depuis quelques mois est lamentable affirme-t-elle en levant les yeux au ciel. La cérémonie va commencer, Laurette Onkelinx et Jean-Claude Marcourt viennent de passer dans son dos. Joëlle Milquet rejoint les rangs de devant, je reste sagement au milieu de la salle avec mes confrères. 
Pendant les discours je tente de donner du sens à la conversation. Certes, il est sans doute difficile lorsqu'on a été présidente de parti puis vice-première ministre d'être écartée d'une négociation fédérale. Mais il y a plus que cela. En demandant ne serait-ce qu'une ligne sur le statut des artistes celle qui est aussi ministre de la culture fait aveu de faiblesse. Les artistes dont elle a la charge ont un système de sécurité sociale qui dépend du fédéral. Il n'est pas si aisé de découpler les niveaux de pouvoir, et les  artistes iront plus facilement manifester devant les fenêtres de leur ministre de tutelle que devant un ministre des affaires sociales fédéral,  surtout s'il est néerlandophone. En n'ayant plus de relais  les ministres francophones risquent de se retrouver en position d'impuissance. Si le Parti Socialiste s'accommode de la situation en jouant la carte de l'affrontement direct avec le fédéral par Mouvement  Réformateur interposé, la stratégie du CDH est moins claire. 
En cherchant des infos et faisant mine de donner des conseils, en regrettant la situation politique du moment,  Joëlle Milquet fait également passer le message que les barons humanistes, quoi qu'on en dise en bureau de parti,  se seraient quand même bien vus aux côtés du MR. Benoit Lutgen appréciera. 
Une dernière précision, utile : à aucun moment il n'a été dit que la scène à laquelle nous assistions relevait de la conversation privée ou que les propos tenus étaient "off the record". Joëlle Milquet savait qu'elle était dans un lieu public et en présence de journalistes susceptibles de répercuter ses propos.  

24 septembre 2013

Contrer le radicalisme sur le net : Joëlle Milquet a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

Joëlle Milquet veut lancer un cellule spécialisée dans le "contre-discours" sur internet. C'est l'un des volets de son plan anti-radicalisme qu'elle entend défendre lors du prochain conclave budgétaire. La ministre de l'intérieur en a fait l'annonce ce matin sur Bel RTL. L'idée n'est pas neuve, elle s'inspire des moyens mis en œuvre aux Etats Unis. Par "contre-discours" il faut entendre la promotion des valeurs démocratiques et l'affirmation que l'Islam n'est pas le Jihad. Mais alors que je l'interroge sur les moyens à mettre en œuvre , Joëlle Milquet reste timide : 4 agents qui pourraient se relayer dit-elle.... C'est évidemment trop peu. Car si on s'en réfère à l'exemple américain, ce sont bien des dizaines de "propagandistes" veillant en permanence sur les réseaux et capables d'intervenir en plusieurs langues qui ont été recrutés. Chez nous il faudrait être capable d'intervenir en Français et Néerlandais, bien sur, mais aussi en Anglais, Perse, Arabe...et être susceptible d'aller en permanence d'un forum à un autre, de débusquer de nouveaux sites, de contourner les codages mis en place, etc. Un boulot à plein temps pour au moins une vingtaine de personne. Initialement la ministre belge rêvait d'une cellule européenne. Las, il semble que seul le français Manuel Vals soit plus ou moins convaincu de l'intérêt de l'opération, Joëlle Milquet souhaiterait donc prendre les devants au niveau national. Alors pourquoi seulement 4 personnes ? La réponse est dans l'expression "neutralité budgétaire" employée par la ministre de l'intérieur quelques secondes plus tard dans l'interview. En clair la ministre n'envisage qu'une équipe de 4 personne car c'est ce que son budget lui permet, mais si lors des arbitrages budgétaires ses collègues lui concèdent une rallonge elle pourra monter en puissance. Voici donc une demande par média interposé. L'objectif de Joëlle Milquet est de lancer cette fameuse cellule au début 2014.

08 avril 2008

André Antoine : j'attends...

Exercice difficile ce matin sur Bel RTL. Comment commenter une situation politique en plein mouvement, sans injurier l’avenir ? André Antoine a donc défendu le dispositif mis en place au sein du CDH : préparer des élections présidentielles sans les lancer vraiment. D’ici le 21 juillet un comité des sages prépare l’organisation des élections à la présidence du parti mais en s’assurant que les candidatures ne pourront pas être entrées avant le 15 août. En clair Joëlle Milquet n’a pas complètement abandonné la présidence, et elle conserve deux fers au feu, au cas où le débat communautaire tournerait à l’aigre. Bref cela ressemble à un cumul, temporaire certes, mais cumul quand même. Traduction dans le langage du ministre wallon :
« Il reste encore une hypothèque sur la vie de ce gouvernement, que va-t-il se passer d’ici au mois de juillet ? Nous restons vigilant et pour cela le premier timonier du parti doit rester Joëlle Milquet dans les prochaines semaines ».

André Antoine est il un observateur neutre ? Sans doute pas. Mine de rien il a ainsi glissé l’un ou l’autre message à usage interne lors de cette interview. Il est évident que le vice président du parti suivra de très près la désignation d’un nouveau président et il veillera à ce que Joëlle ne s’accroche pas trop longtemps à son bureau la rue des deux églises : « Je connais bien Joëlle c’est une femme tenace, c’est son dernier mandat ». Alors que je le presse de dire s’il est ou non candidat Antoine refuse de se dévoiler : « pour l’instant la question ne se pose pas ». Traduction : cela n’est pas exclu. Cela ne doit pas rassurer tout le monde.

12 mars 2008

Le casting de Leterme Ier


Je l’ai déjà souligné sur ce blog : Joëlle Milquet n’exclut plus de monter au gouvernement, et pourrait même envisager de cumuler un temps un poste ministériel avec la présidence de son parti. Ce mardi matin le journal De Tijd croyait l’affaire entendue : Joëlle serait ministre de la justice et présidente croyaient savoir les confrères. La présidente du CDH a dégainé un communiqué particulièrement acerbe ( raison pour laquelle il n'est sans doute pas publié sur le site du parti) à l’égard du quotidien financier indiquant que les "speudo-informations" n'avaient pas été vérifiées auprès du CDH : difficile de démentir plus violement.

La réalité est sans doute plus nuancée. Oui, madame non n’exclut plus de monter au sein de l’équipe gouvernemental. Non, il n’est pas acquis qu’elle puisse cumuler les deux fonctions, une partie de son entourage lui déconseillant même fortement de le faire. Seul un cumul limité dans le temps (pour permettre la préparation d’une élection présidentielle interne) semble envisageable. En cas de cumul prolongé Joëlle Milquet ne pourra plus se plaindre d’un agenda débordé ou vie de famille et vie politique sont parfois en concurrence. Autre nuance à apporter à l’article du Tijd : la justice n’est pas le département le plus envisageable. Ces derniers jours c’est plutôt l’intérieur qui était envisagé, et la présidente humaniste semblait avoir marqué un certain intérêt pour ces matières. Du coté de Patrick Dewael, titulaire actuel du poste, un conseiller concédait même que quitter ce ministère « ne serait pas un drame » pour son patron.

Si Joëlle réfléchit, elle n’est pas la seule. Didier Reynders par exemple aimerait gonfler son portefeuille, histoire de rappeler qu’il est bien le numéro 2 du gouvernement. Outre les réformes institutionnelles le président du MR souhaiterait ajouter le budget aux finances. Scénario idéal dans son esprit : un ministre du budget a l’œil sur toutes les dépenses de ses collègues, et peut même les freiner de temps à autre. Le CD&V n’est pas chaud, la sortie d’Hendrick Bogaert (qui reprochait ce weekend au président du MR de faire trop de choses à la fois) avait peut-être l’ambition de le souligner (signe de crispation : ce député, croisé au parlement reste désormais prudent et se refuse à « en remettre une couche »). A défaut de budget le ministre des finances pourrait recevoir le département des entreprises publiques.

Coté VLD Vincent Van Quickenborn a toutes ses chances de devenir ministre. Au CD&V Inge Vervotte semblait intéressée par le portefeuille de l’emploi mais pourrait finalement conserver ses attributions actuelles.

Pour un casting complet, ajoutez un secrétaire d’état par formation politique. Olivier Chastel pour le MR est le nom le plus cité. S’il devait décliner la proposition le poste pourrait être proposé au FDF (Bernard Clerfaydt est mis en avant par Olivier Maingain) mais cette option n’est pas la seule sur la table (le FDF pourrait ne rien obtenir dans le gouvernement mais avoir l’assurance de conduire la liste aux élections régionales de 2009). Au CDH Melchior Wathelet tient toujours la corde mais les noms d’Anne Delvaux et Maxime Prévost restent régulièrement cités. Karine Lalieux ou Joëlle Kapompole pour le PS pourraient compléter l’équipe, mais l’on sait qu’Elio Di Rupo dans ce genre d’exercice aime provoquer la surprise.

28 février 2008

Joëlle Milquet future ministre et présidente ?


Pendant l’été, pendant l’automne et même au début de l’hiver Joëlle Milquet n’en démordait pas. Le poste de vice –première ministre ne l’intéressait pas, répétait-elle à ceux qui lui posaient la question.


Ces dernières semaines la présidente du CDH a infléchit son discours. Le démenti est moins catégorique. Dans 3 semaines Josly Piette, ministre CDH de l’équipe Leterme pourrait donc bien céder sa place à celle que certains de ses lieutenants appellent « la cheftaine ».


Au CDH il existe en réalité trois scénarios. Le premier c’est la nomination de Melchior Wathelet au poste de ministre. Simple et logique, mais certains estiment au CDH que « ce ne serait pas rendre service à Melchior qui doit encore s’aguerrir ».
Scénario numéro 2 : Milquet devient vice-première. Benoit Lutgen prend sa place à la présidence du parti et Melchior Wathelet prend sa place au gouvernement wallon.
Scénario numéro 3 : Joëlle cumule le gouvernement fédéral avec la présidence. « Kinou » Wathelet hérite alors d’un secrétariat d’état (dans le cas contraire, les noms de Maxime Prevost et Anne Delvaux sont régulièrement cités). Car le CDH est face à une difficulté interne : il sera délicat d’installer un nouveau président dans une période instable à quelques mois d’élections régionales sensibles.


Bien sûr tout cela dépend aussi de la répartition des compétences au sein du gouvernement fédéral : le CDH n’est pas assuré de conserver l’emploi, même s’il semble plus logique d’éviter une nouvelle négociation sur la distribution des départements.
Ce matin sur Bel RTL le "sage" Philippe Maystadt en réponse à mes questions « conseillait » à Joëlle Milquet de monter au gouvernement, et indiquait qu’un cumul présidence-gouvernement n’était pas totalement exclu « puisque d’autres le pratiquent ».

27 février 2008

Leterme I, sans SPA ni ecolo


Yves Leterme devrait sortir ce jeudi de l’hôpital et reprendre une vie politiquement active dès la semaine prochaine. Son parti n’a pas attendu pour remettre un peu de pression : pas de gouvernement si le CD&V n’obtient pas de réforme de l’état conséquente. Ces propos, tenus au parlement flamand, ressemble avant tout à une diversion au lendemain du lâchage de la NVA. Les francophones feraient bien malgré tout de ne pas sous-estimer l’avertissement. Pas parce que l’on pense sérieusement à retourner aux urnes, argument qui en l’état actuel relève de la menace gratuite (aucun parti n’y a vraiment intérêt, ce n’est pas moins vrai pour le CD&V que pour les autres, et les finances de la plupart des formations politiques ne permettent pas de payer deux campagnes électorales à quelques mois d’intervalles) mais parce qu’un échec des négociations communautaires exacerbera les passions et nous précipiterait dans une aventure incontrôlable après 2009.

Ces jours-ci les commentateurs s’interrogent aussi sur la forme que prendra le gouvernement Leterme I. Ce mardi, invitée sur Bel RTL, Joëlle Milquet suggérait d’approcher le SPA. D’autres évoquent l’appoint d’Ecolo et de Groen. Des contacts que je peux avoir avec les uns et les autres je retire le sentiment qu’aucune de ces pistes n’est sérieusement envisageable. Une négociation avec le SPA se heurterait au refus du VLD (les libéraux du nord et du sud ont suffisamment dit leur refus d’un tripartite classique pour ne pas avaler sans douleur cette couleuvre). Ecolo ne peut pas envisager de monter dans un gouvernement qui laisse planer le doute sur un prolongement des centrales nucléaires (pour écrire vrai le doute n’est même plus permis, puisqu’il s’agit de monnayer auprès d’Electrabel cette prolongation).

La pentapartite actuelle se maintiendra donc probablement, même si elle est un peu juste coté flamand (42 députés, il en faut 45 pour décrocher la majorité dans le groupe linguistique flamand). Guy Verhofstadt lors du journal de RTL TVI a clairement indiqué qu’il ne voyait pas où était le problème « nous avons une majorité » a indiqué le premier en précisant que le groupe octopus allait au delà des deux tiers nécessaire pour le vote d’une réforme de l’état. En clair SPA et Ecolo apporteront leur soutien au cas par cas pour les questions institutionnelles quand c’est nécessaire, et c’est suffisant. Au passage notez que le premier a bien confirmé qu’avec ou sans la N-VA il céderait son fauteuil à Yves Leterme. La question de soutenir ou non Didier Reynders ne se pose donc pas. Sans le soutien du PS et du CDH, et avec une indifférence polie du coté du VLD le ministre des finances sait qu’une candidature au poste de premier ressemblerait à un suicide politique.

15 janvier 2008

André Antoine pas disponible pour la réforme


C'est la surprise de la journée : au groupe de travail sur la réforme de l'Etat la deuxième place attribuée au CDH (un siège de "suppléant") a finalement été occupér par Melchior Wathelet ce mardi. Le chef de groupe à la chambre remplace au pied levé le ministre wallon André Antoine, pressenti pour le poste. D'après ce que j'en sais la décision a été prise au tout dernier moment : hier encore c'est toujours le brabançon wallon qui était annoncé pour siéger aux côtés de Joëlle Milquet et les autres négociateurs du groupe "octopus" n'ont été informés de son remplaçement que quelques minutes avant le début des travaux. Depuis plusieurs jours André Antoine n'avait pas caché son peu d'enthousiasme pour ce groupe de travail. Difficile à concilier avec la charge de vice premier wallon avançait il.
Lors de la cérémonie des voeux du CDH à la presse, la semaine dernière, il glissait même "La Wallonie est en plein redressement, ce n'est pas le moment de se disperser"" soulignant que le parlement wallon l'occupait déjà deux jours par semaine. Tout au plus André Antoine envisageait-il de se déplacer lorsque le groupe de travail aborderait le financement des politiques régionales. Après de très nombreux coups de fil la présidente du CDH a donc préféré propulser un suppléant verviétois qui l'a déjà accompagné pour la plupart des réunions de formation du gouvernement. Les mauvaises langues pourraient bien supposer que si Antoine a déclaré forfait c'est aussi parce qu'il n'entendait pas faire de la figuration aux cotés de sa présidente. Le rapport entre l' investissement à consentir et le retour sur image aurait donc été jugé peu motivant.
Ce n'est peut être pas la dernière surprise. Yves Leterme et Didier Reynders ont tous les deux précisé qu'ils entendaient consulter Philippe Maystadt dans les prochaines semaines. Et il n'est pas inimaginable que Johan Vande Lanotte fasse à l'occasion de ces travaux un retour remarqué.

08 janvier 2008

Faux cartel et véritables convergences

L’expression a donc été lancée par le président du MR fin décembre et est désormais reprise systématiquement par toutes les éminences libérales et leurs supporters : PS et CDH formeraient désormais un « cartel électoral ». En utilisant ces mots Didier Reynders veut dénoncer l’apparente alliance entre Elio Di Rupo et Joëlle Milquet lorsqu’il fut question de trouver une alternance à l’orange bleue (cette fameuse semaine ou le président du PS fit savoir qu’il ne remplacerait pas au pied levée les humanistes pour dépanner les réformateurs). Accessoirement il établit un parallèle avec le cartel CD&V-NVA, ramenant le CDH au rang d’une petite formation nationaliste. Didier Reynders possède un talent incontestable pour trouver ces bons mots, cinglants et ironiques, qui constituent d’excellents missiles de campagne électorale.

Tant Joëlle Milquet qu’Elio Di Rupo démentent bien sûr tout accusation de cartel. Elio Di Rupo indiquait ce lundi en conférence de presse que, s’il n’entendait pas s’abaisser au jeu des petites phrases, il trouvait celle-ci particulièrement « désobligeante ». « Nous, nous ne parlons pas de cartel quand nous évoquons les relations entre le MR et Ecolo ajoutait-il avant de glisser : c’est curieux cette façon de faire porter la responsabilité de son échec sur autrui ».
Le bon mot a ses limites. Les remous provoqués par l’interview de Philippe Moureaux, et la réaction indignée du CDH suffisent à eux seuls à démentir l’idée d’un cartel. Si celui ci existait réellement, Didier Reynders en serait d’ailleurs la première victime. Avec 30 sièges de députés un cartel PS-CDH serait en position de revendiquer le leadership francophone.

A la lumière des dernières déclarations, il existe même, me semble-t-il, plus de proximité entre PS et MR qu’entre PS et CDH. Les deux plus grands partis francophones ont désormais clairement fait savoir qu’ils étaient disponibles pour une discussion « sans tabous » sur les questions institutionnelles, des messages clairement destinés à leurs partenaires flamands. Quand Philippe Moureaux indique qu’il vaut mieux accepter une grande réforme de l’état il est en réalité très proche des formules utilisées par Didier Reynders il y a quelques mois.

17 octobre 2007

De l'importance du texte


L‘orange bleue s’est offert ce mardi un beau quiproquo. En cause : la procédure qui permettra à l’avenir de renvoyer des jeunes de moins de 16 as en centre fermé. Revenons au point de départ : lors de la conférence de presse nocturne de lundi (les négociateurs de l’orange bleue ont pris l’habitude d’attendre minuit pour présenter leur accord, on pourrait appeler ça le syndrome de cendrillon) Didier Reynders, en interview, explique que ces jeunes de moins de 16 ans seront renvoyés vers une chambre de 3 magistrats. Cette interprétation se retrouve d’ailleurs également dans l’article de la libre de mardi matin. Quelques minutes après la diffusion de mon reportage mardi midi, coup de téléphone du porte parole du CDH : cette info est fausse assure-t-il, les moins de 16 ans relèvent exclusivement de la compétence du juge de la jeunesse. Je revérifie les enregistrements de la veille au soir : rien dans les propos d’Yves Leterme ne contredit la version de Reynders. Je contacte les porte-paroles du ministre des finances et d’Yves Leterme pour qu’ils vérifient ce point précis.

A 14 heures, reprise des négociations : Joëlle Milquet et Didier Reynders campent sur leurs positions. Avec force. Je me lance dans le reportage sans savoir qui dit vrai. Comme les acteurs y mettent du leur cela devient aussi passionnant qu’un France-Nouvelle Zélande. En milieu d’après midi le doute est plus que permis : un SMS m’indique que Tony Van Parys, négociateur CD&V aurait la même lecture que Reynders. Mais quelques minutes plus tard Patrick Dewael (vld) confirme la version de Joëlle Milquet… Il faut donc attendre le texte. Celui-ci sera distribué vers 18 heures. Il reste deux,trois coquilles, mais cela permet d’y voir enfin clair. Joëlle Milquet avait raison. Fin de l’incident.

Pourquoi je vous raconte tout çà ? Par souci de transparence, (c’est l’objectif de ce blog) et pour me rappeler à moi-même qu’une déclaration, quelque soit le crédit de celui qui la prononce et sa force de conviction, ne vaut pas une version écrite. On demandera donc au formateur de veiller désormais à la diffusion publique des documents. Et on en retiendra que l’orange bleue peine toujours, malgré ses accords, à trouver une vision commune…

01 octobre 2007

Ceci n'est pas un accord




Il aura fallu attendre 48 heures pour y voir plus clair. Samedi matin les présidents de l’orange bleue ne sont donc arrivés qu’à un accord minimum : OK pour continuer et nommer un formateur, et rien de plus, soit à la virgule près le communiqué du palais. C’est tout ? Presque.





Sur la table il y avait bien un document plus conséquent : une note de 5 pages qui organisait le phasage du débat communautaire et la création d’un groupe de commissaires royaux et dont toute la presse parle depuis 15 jours. Ce document, qui a bel et bien servi de base aux discussions, en reste pour l’instant au stade de brouillon. Samedi matin le CD&V a refusé de marquer son accord sur le texte. Dimanche le VLD lui a emboîté le pas avec un communiqué commun aux deux formations. Résultat : Van Rompuy est allé à Ciergnon avec le strict minimum, probablement en remerciant ses camarades de parti de lui faciliter ainsi la tâche.




Ce lundi le président du MR affirme même devant les caméras que le texte n’émanait pas de l’explorateur. Formellement exact : le document était rédigé par Joëlle Milquet… mais il a bien été débattu en plénière et amendé à plusieurs reprises. En termes de droits d’auteurs on pourrait sans doute plaider l’œuvre collective même si personne ne veut y apposer sa signature.




Ce lundi soir deux versions s’affrontent. Lecture optimiste : s’il n’y a pas formellement d’accord sur le texte, celui reste néanmoins la base tacite qui permet de reprendre les discussions et le CD&V ne serait pas assez intrépide pour relancer le formateur sans la garantie de parvenir à un résultat.
Version pessimiste : Herman Van Rompuy, sous pression et découragé, n’avait pas d’autres choix que de jeter l’éponge et a donc cherché et trouvé une porte de sortie élégante… mais, sur le fond, on recommence à zéro.






18 juillet 2007

L'orange bleue, concentré d'acidité


Vous avez aimé la coalition violette, ses vases à 75 euros, son évasion de Termonde, ses 850 millions perdus, et son feuilleton DHL ? Alors vous aimerez la coalition orange bleue. Depuis quelques jours les gentils organisateurs nous ont convaincus : on ne sait pas combien de temps durera le voyage (2 ans ? Une législature complète ?), ni quelle sera la destination finale (Une réforme de l’état ? BHV ? Une réforme fiscale ?), mais le tour opérateur peut déjà garantir une ambiance incomparable.


Cela a commencé il y a deux semaines. La presse flamande puis quelques ténors du CD&V raillent le rapport de l’informateur. : Didier Reynders, selon eux, aurait reçu beaucoup, écrit très peu et quasiment rien déminé. Riposte du MR : la case Dehaene est inutile, elle consiste surtout en une conciliation « interne à la famille sociale-chrétien-humaniste-nationaliste » (Didier Reynders a toujours le chic des formules chocs qui font plaisir). Depuis c’est la foire.
Dehaene (qui a passé 17 heurs avec Milquet mais qui a aussi vu Reynders à 3 reprises) rend son tablier plus tôt que prévu. Une vraie surprise : samedi, il avait annoncé à ses interlocuteurs qu’il remettrait son rapport le mardi. Le lendemain c’était finalement dans l’heure qui suivait. De là à imaginer une certaine mauvaise humeur


Lundi le CDH appelait ses partenaires à instaurer un climat de respect mutuel (vous suivez l’allusion ?) puis répétait au micro de Bel RTL tout le mal qu’elle pense d’un cumul présidence de parti/ vice premier (elle vise quelqu’un ?) et ce mardi Didier Reynders en rajoutait discrètement une couche «je connais un rapport, le mien, j’attends avec impatience celui du formateur » avant de balancer « il est temps de comprendre que nous ne sommes plus en campagne électorale » (et là, vous la voyez l’allusion ?).


Bref si la coalition violette était un couple contre nature, l’orange bleu est un condensé d’acidité et d’amertume. si Joëlle et Didier dînent à nouveau ensemble un soir, cela restera une information digne de figurer dans les journaux. Surtout si ils ne cassent pas la vaisselle.

04 juillet 2007

Négociations, prudence et ministères


Yves Leterme et Didier Reynders se parlent, mieux même ils négocient déjà. Depuis quelques jours c’est une évidence : les deux leaders politiques coordonnent leur agenda et leurs déclarations. Ce mercredi matin la caméra de RTL a donc surpris le sénateur CD&V (et futur probable formateur) au cabinet de l’informateur (ce n’était pas prémédité, et je n’ai bénéficié d’aucun tuyau : il faut parfois un peu de flair et beaucoup de chances pour faire une bonne image… j’en rate, mais bon, sur ce coup là je reconnais que je n’étais pas mécontent). Qu’indique cette image ? Que les propos rapportés au roi en début d’après midi étaient bien documentés. Didier Reynders a d’ailleurs reconnu qu’il avait rencontré ces dernières heures les 4 formations susceptibles d’entrer dans l’orange bleue.

Ainsi si Leterme était au cabinet des finances entre 11 et 12 heures, il est fort probable que le rendez vous suivant ait été accordé à Joëlle Milquet. Prévenue de la présence d’une caméra la présidente du CDH aura sans doute pris la précaution d’entrer par une porte dérodée (on peut passer du 16 rue de la loi au 1é par des couloirs, idem en venant du parlement, c’est beaucoup plus discret). Son porte parole refuse de le confirmer, mais il ne le dément pas non plus.



Tout cela indique donc que les négociations débutent. Ce jeudi le roi Albert II nommera probablement un « médiateur » susceptible des les accélérer en débroussaillant la partie communautaire (de loin la plus délicate, on voit mal comment éluder une scission de BHV et un nouveau transfert de compétences). Didier Reynders a donc clairement indiqué la coalition (4 partis et non pas 6) et donné une première indication de tempo : il faut être entré dans une négociation active (comprenez la formation du gouvernement) pour le 21 juillet.

Projetons nous en avant. Si l’orange bleue se concrétise, quel goût aurait-elle ?

Le premier ministre serait logiquement Yves Leterme. Les deux postes de présidents d’assemblée iraient en théorie au MR (Armand De Decker se verrait volontiers revenir au sénat) et au CD&V.
Reste 14 ministres.
Coté néerlandophone 4 postes devraient revenir au CD&V et 3 au VLD. Pour les ministres sociaux-chrétiens on cite les noms d’Inge Vervotte, Carl Devlies et Eric Van Rompuy. Pieter De Crem aimerait en être, mais son ami Yves le préférerait à la présidence de la chambre.
Au VLD difficile de faire l’impasse sur Karel De Gucht et Patrick Dewael. Dans l’idéal le 3ième devrait être une femme.

Coté francophone, pas d’unanimité sur le partage. Le MR revendique, en raison de son poids électoral, 5 postes ministériels et en laisserait 2 au CDH. Coté centriste on en demande 3 : les libéraux francophones oublient qu’ils ont déjà le poste de commissaire européen (coté MR on affirme que cela ne compte pas puisque le poste a été attribué pendant l’ancienne législature). Coté MR Sabine Laruelle, révélation de la coalition sortante, est incontournable, comme l'est sans doute Olivier Chastel. Le sort de Charles Michel oscille entre un département et la fonction de chef de groupe. Au CDH, Joëlle Milquet hésite à accepter la charge de vice première, mais ses troupes l'y poussent.



Les choses sont elles figées ? Non. D’abord parce que l’ajout de quelques secrétaires d’état peut aider à faire passer les choses les plus difficiles (c’est notamment vrai pour le VLD qui avec trois ministres seulement .tombe de haut). Ensuite parce que les négociations ne font que commencer. Paradoxalement le CDH, en théorie plus petit partenaire, est peut être celui qui est le mieux armé de ce point de vue là. En n’apparaissant comme pas demandeur le parti de Joëlle Milquet se met en position d’exiger beaucoup. Pour que la stratégie réussisse il faut naviguer habilement -le bluff ne dure qu’un temps en politique- ne pas jouer trop longtemps avec les nerfs de votre futur partenaire sans pour autant se dévoiler trop vite… c’est pour cela qu’il est parfois capital d’éviter une caméra.

28 juin 2007

Joëlle, la solitude et la psychanalyse


Les déclarations de Joëlle Milquet de ce jeudi méritent qu’on s’y attarde. Dans une série d’interviews, au Soir et à La Libre et sur Bel RTL, entre autres, la présidente du CDH indique qu’elle souhaite qu’Ecolo assume ses responsabilités et accepte de participer à une négociation gouvernementale. De premièr abord c’est plutôt sympathique : Joëlle précise que si elle fait cette proposition c’est parce que les écolos sont les vrais vainqueurs de l’élection du 10 juin. Entre les lignes c’est plutôt rosse : si les écolos se réfugient dans l’opposition, c’est parce que leur priorité n’est pas du tout de défendre l’environnement mais plutôt de préparer les élections régionales de 2009.

Que Joëlle Milquet cible ainsi les écologistes est très révélateur : en deux entretiens successifs (l’opération est donc soigneusement pensée) la présidente du CDH désigne la formation qui lui cause le plus de soucis. Embarquée avec le PS dans les régions, et désormais dépendante du MR pour une négociation gouvernementale inévitable Joëlle Milquet va devoir doser très habilement les critiques qu’elle adresse à ces deux formations. La période de la guerre froide MR-CDH appartient au passé, les deux partis politiques vont devoir inventer un nouveau mode relationnel. Idem pour les relations PS-CDH : le couple politique formé par Elio Di Rupo et Joëlle Milquet sur fond d’exigences éthiques et de nouveau projet wallon ne peut plus être aussi exclusif que par le passé.

Tout indique que Joëlle Milquet peine à trouver ses nouvelles marques dans le jeu issu du scrutin fédéral. Alors que son parti est indispensable à l’orange bleue la présidente du CDH semble isolée. Comme si les négociations lui échappaient et qu’elle subissait la mise en place d’une nouvelle majorité à laquelle une partie (au moins) de ses troupes aspirent. Ainsi Joëlle Milquet ne reconnaît elle jusqu’à présent qu’une seule rencontre avec Didier Reynders, quand Yves Leterme en avoue au moins deux « informelles » mais en tête à tête. Mieux, Leterme et Reynders se sont chaleureusement salués au parlement ce jeudi et , d’après mes informations, s’échangent régulièrement des sms.

Ajoutons que les libéraux francophones et flamands ont eu une longue réunion mercredi soir au Lambermont, la résidence du premier ministre. D’après mes informations Reynders et De Decker, coté MR, et Verhofstadt et De Gucht, côté VLD, se sont vus jusque fort tard… sans doute pas pour parler de leurs vacances en Toscane. Joëlle Milquet en revanche ne semble pas à ce stade associée aux agapes. En haussant la voix le CDH se rappelle au bon souvenir de ses probables futurs partenaires.

A ce sentiment de marginalisation s’ajoute une inquiétude profonde. Le CDH, potentiellement le seul parti à être dans la majorité à tous les niveaux de pouvoir perçoit désormais Ecolo en ennemi dangereux. Les deux formations se partagent un électoral volatil commun. Ecolo en restant la seule formation partout dans l’opposition pourrait grignoter une partie des électeurs centristes.

Devisant avec Melchior Wathelet (CDH) ce jeudi dans les couloirs du parlement Jean Michel Javaux(Ecolo) indiquait assez clairement à son interlocuteur qu’ il s’estimait agressé par les propos de la présidente. Si l’orange peut être bleue chez Eluard et Hergé, l’orange verte est en revanche un fruit acide et visiblement loin d’être comestible.

Plus subtilement, les propos de Joëlle Milquet valent aussi, sans doute, qu’un psychanalyste s’y intéresse. Je ne suis pour ma part qu'un Freud d'opérette, mais il me semble plausible qu'en exigeant des verts qu’ils « assument leurs responsabilités » Joëlle Milquet et son subconscient indiquent un tourment qui leur est propre : le dilemme entre la participation, logique politiquement, et le refus de celle-ci, irrationnel mais tentant.

Au fond, les hommes et les femmes politiques, même quand ils évoquent les autres, parlent toujours un peu d’eux même.

06 juin 2007

Joëlle et les desperate housewives

La présidente du CDh était l'invitée de Bel RTL ce mercredi matin.
Petit billet- portrait lu à 7h10.



Avec Joëlle Milquet c’est un petit peu comme si nous recevions les Desperate Housewives. Pas une actrice en particulier, non, tout le casting d’un coup, puisque vous pouvez à vous toute seule endosser tous les rôles féminins

1er personnage. Susan Meyer c’est la femme seule, très idéaliste. De l’idéalisme il en fallait pour vouloir transformer la chenille PSC en papillon CDH, et quand je dis papillon, on vous tout de suite de qui vous êtes la plus proche. Susan est aussi vite débordée et à un peu de mal à s’organiser. Tous les journalistes du royaume savent que la gestion de votre emploi du temps et le respect des horaires cela n’est pas votre point fort.

2ième personnage, Lynette Scavo, la mère de famille dépassée par ses 4 enfants. Dans la vraie vie vous aussi vous avez 4 enfants. 4 ans pour le plus jeune, 15 ans pour le plus âgés. On vous souhaite quand même qu’ils soient un peu moins turbulents que dans la série. Mais c’est vrai qu’on vous imagine bien entre deux coups de téléphone, faire réviser une leçon à l’un pendant que l’autre vous réclame une histoire, que pendant ce temps les pates sont trop cuites et que dans le sèche-linge il y a la lessive que vous n’avez pas eu le temps d’étendre depuis 3 jours.

3ième personnage Bree Van de Kamp. En apparence elle est parfaite. Derrière l’apparence il ya toute la rigidité de l’Amérique bien pensante et beaucoup de déchirement. Genre de déchirements que connaît Bree Milquet c’est : comment paraître moderne et CDH sans faire peur à un électorat qui serait resté attaché au C de PSC. Comment incarner la vertu et la bonne gouvernance, tout en ayant les mains dans le moteur à Charleroi. Comment se distancier du parti socialiste, tout en restant polie, parce que pour bree, la politesse c’est important.

4ième personnage. Gabrielle Solis. L’ancienne mannequin très soucieuse de sa propre beauté. C’est vrai que vous aussi vous êtes soucieuse de votre image que vous soigniez votre coiffure et qu’il n’est pas question de vous interviewer sans que vous ayez été maquillée.

Enfin il y a Edie Britt. Un peu moins sympathique. C’est la mante religieuse celle qui collectionne les aventures et dont le regard s’allume dès qu’un homme arrive. Vous vous avez d’abord vos hommes à vous, je parle exclusivement de votre vie politique bien sûr. Il a fallu trouver une place pour chacun d’entre eux. Vous avez donc casé André en Wallonie, Melchior à la chambre, Benoit à l’environnement ou Françis au sénat. Pour l’instant ils se tiennent tranquilles c’est tant mieux, pas question qu’ils viennent cohabiter rue des deux églises, ca c’est chez vous et chez vous, vous décidez de tout toute seule.

Et puis il ya aussi les autres hommes ceux qui vous tournent autour. Louis de Jodoigne, qui a essayé mais dont vous n’appréciez vraiment pas le style de galanterie. Richard, de dinant, qui vous a quitté, il a préféré partir avec Louis. Il ya encore Didier de Liège, qui essaye mais que vous ne regardez même pas.
Et puis il y a Elio. Avec lui ce n’est pas pareil. Vous flirtez depuis 3 ans à la région wallonne et à la communauté française. Comme dans toutes les histoires qui débutent il y a des hauts et des bas, mais on quand même a l’impression que cela pourrait devenir sérieux. Qu’Elio pourrait bien vous proposer un vrai mariage au fédéral. Un truc ou on s’installe pour 4 ans et où on partage les ministres.

Est ce qu’il y aura mariage ou pas ? La nouvelle saison de desperate election housewives débute dès le 11 juin. Comme dans toutes les bonnes séries, il peut y avoir des rebondissements.