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30 avril 2014

Vincent De Wolf ouvre le second tour

Nous sommes à la veille du premier mai. Dans quelques heures, roulement de tambour, vous entendrez les grandes déclarations de la fête du travail, non à la rage taxatoire et à l'assistanat côté bleu, non à la coalition des droites qui provoquerait un bain de sang social côté rouge (je vous jure, je caricature à peine). Rouges et bleus sont les meilleurs ennemis de la fête du muguet depuis que Louis Michel a eu l'idée (assez géniale stratégiquement parlant) d'occuper lui aussi le terrain de la fête du travail. D'une journée de commémoration (il ne faut pas oublier la répression du mouvement ouvrier qui au siècle dernier payait dans le sang des conquêtes sociales comme la semaine de 6 jours, les congés payés ou la journée de 8 heures) nous sommes passé à un temps fort de confrontation. Le premier mai c'est la journée de l'affrontement socialistes/libéraux. A tel point qu'Ecolo et CDH préfèrent passer leur tour et communiquer un autre jour. Mais ne vous trompez pas, que le bleu et le rouge s'affrontent n'écarte pas la possibilité d'une coalition violette. Car après le 25 mai il faudra bien négocier. Ce sera l'un des éléments à surveiller demain : le degré de violence verbale atteint nuit-il à l'ouverture de conversations sereines au lendemain du scrutin. Les attaques blessent-elles les hommes au point de contrarier les négociations, ou reste-t-on dans l'échange d'arguments idéologiques ? 

Avec deux jours d'avance Vincent De Wolf, chef de file du MR à la région bruxelloise vient de nous donner un indice intéressant. Au détour d'une interview celui-ci vient d'indiquer que la ministre-présidence bruxelloise n'était pas "un must absolu "pour sa formation. Explicitement le chef de groupe indique qu'entrer dans une majorité régionale est son objectif numéro 1, et que si c'est nécessaire il est prêt à ne pas revendiquer la place de chef de gouvernement.  La position semblerait  raisonnable si l'on était pas en pleine compétition électorale et que le MR ne concourrait pas pour la première place. Mais à ce stade de la campagne cette sortie est un fameux signal aux partenaires potentiels. Aussi bien à destination du PS que du CDH et Ecolo, voire du FDF, Vincent De Wolf adresse ce clin d'oeil soutenu : ne signez rien sans nous, car même si nous sommes le plus gros parti il y a une marge de négociation qui peut aller jusqu'au poste de ministre-président. 

Cela pourrait passer pour un aveu de faiblesse, un doute sur sa propre capacité à se rendre incontournable. C'est aussi un positionnement personnel, une manière de signifier que Vincent De Wolf est plus conciliant qu'un autre leader libéral bruxellois (suivez son regard). C'est en tout cas la confirmation d'une règle absolue dans un scrutin proportionnel. Il ne suffit pas de sortir premier parti, il faut encore constituer une majorité. Vincent De Wolf le rappelle à sa manière et entame ainsi le second tour de l'élection. On verra si les orateurs libéraux suivent le même chemin demain, ou s'ils préfèrent, au contraire, en rester au premier tour pour privilégier le rapport de force et l'affrontement direct.

29 mars 2014

Bruxelles attend les listes libérales



Le Mouvement Réformateur prend du retard. Alors que FDF, Ecolo, PS et maintenant CDH ont publié leurs listes  bruxelloises, côté libéral, rien. Certes toutes les listes ne sont pas complètes. Mais pour les autres formations ont connait au moins l'ossature centrale, qui occupe les places éligibles, qui est en"place de combat" , qui prend les premieres suppléances souvent synonymes de victoire sans combat et quels sont les soutiens placés en fin de liste.


Pour le MR officiellement on doit se limiter aux têtes de listes, Vincent De Wolf pour la région, Didier Reynders pour la chambre.

La raison de ce retard à l'allumage est double. D'abord le MR s'interroge toujours sur la probabilité de voir adopter un décret anti-cumul (voir un de mes billets precedents) qui pourrait limiter le nombre de députés-bourgmestres en région Bruxelloise. Là, le suspense n'est plus très long : l'avis du conseil d'Etat  est attendu pour la fin de la semaine prochaine et il se susurre déjà dans les cercles parlementaires qu'il est négatif. Reste à voir quelle formation tirera en premier pour saborder le texte à une encablure de l'élection. Mais il est vraisemblable que ce texte ne soit pas adopté, ce qui va simplifier  la vie des dirigeants libéraux.

Deuxième raison la nécessité de réaliser ces listes à trois. Didier Reynders a confectionné l'essentiel de la liste à la chambre, Vincent De Wolf a consulté beaucoup pour réaliser celle de la région et Charles Michel, en lien avec les deux hommes, a supervisé les arbitrages. Les trois dirigeants sont condamnés à s'entendre sur l'exercice. Selon certaines mauvaises langues (celles qui n'ont pas obtenu la place espérée peut-être)  il semble que cela n'ait pas été simple, les relations Reynders- De Wolf restant teintées de méfiance et de mépris réciproques.

Dans les rangs libéraux on commence du coup à s'agiter. Certes il reste plusieurs semaines pour déposer officiellement  les copies. Mais le temps tourne et sans liste impossible de mener campagne ( si un candidat ne peut pas communiquer sur sa place il ne se lancera pas vraiment). Surtout la situation devient délicate maintenant que toutes les autres formations sont prêtes ou presque. On ne peut pas se permettre de partir trop tard sans prendre le risque de jouer au lièvre et à la tortue. Le MR à beau être en bonne forme dans les sondages, une élection ne se gagne pas sans mener campagne. Surtout, attendre plus longtemps serait relancer les spéculations sur la mésentente qui règne au sein de l'écurie libérale dans la capitale. Ce week-end on annonce donc comme imminentes les listes bleues bruxelloises, comprenez qu'on devrait être fixés dans la semaine. Le problème c'est que les libéraux disaient déjà cela avant leur congrès du 8 février. Le temps passe et sœur Anne ne voit toujours rien venir. 

Soyons honnêtes. En coulisse quelques informations filtrent. Certaines sont fausses, manœuvre d'intoxication ou ballon d'essai, d'autres s'avéreront exactes. Voici, ce que je pense, de mon côté, pouvoir vous annoncer après plusieurs conversations avec des élus libéraux.
D'abord la chambre. Il se confirme que Françoise Schepmans, bourgmestre de  Molenbeek sera bien en seconde position derrière Didier Reynders, et que Damien Thiery, ex-FDF sera en dernier de liste. L'idée est de mettre en place très visible des personnalités jeunes et représentatives de la diversité bruxelloise, histoire de montrer que le MR change et s'adapte à la sociologie de la capitale.  Exit le mâle blanc de plus de 50 ans. Attendez-vous a voir de nouvelles têtes dans le top 5. 

À la région, Françoise Bertieaux et Corinne De Permentier accompagneront Vincent De Wolf aux avant-postes tandis qu'Armand De Decker poussera la liste. Là aussi il faudra mélanger jeunes et élus sortants. C'est à cela qu'on mesurera la capacité des libéraux à se renouveler. Alain Destexhe sera sur cette liste régionale et l'objectif des libéraux est d'atteindre une vingtaine de parlementaires régionaux. D'autres suppositions circulent. J'écris donc ce dont je suis à peu près certain. Et pour le reste, comme les convoyeurs, on attend.

La photo d'illustration est emprunté au site des libéraux bruxellois mr-bxl.be