22 août 2015

Thalys : trouver des mots pour décrire le mal

A cheval entre la France et la Belgique. Comme beaucoup de mes lecteurs (peut être un peu plus souvent) il m’est arrivé de fréquenter le Thalys. J’y ai autrefois vécu le contrôle des pièces d’identité, puis l’absence de policiers à bord. J’y ai parfois vu des actes de délinquance, comme ces faux passagers qui descendent au dernier moment en gare de Bruxelles-Midi  en emportant un bagage qui n’est pas le leur. J’ai noté les contrôles de la douane ou de la police française à la Gare du Nord qui ciblent des profils auxquels je n’appartiens vraisemblablement pas. 

Ce qui s’est produit vendredi soir appartient à une autre catégorie. Nous avons vraisemblablement frôlé un drame de grande ampleur et nous comprenons bien qu’un homme armé (et pas de n’importe quelle arme) dans un espace clos peut faire des dégâts immenses. L’avertissement ne peut être ignoré même s’il est  sans doute un peu tôt pour tirer des conclusions définitives. Comme toujours journalistes, commentateurs et politiques veulent aller plus vite que la police et la justice. Laissons faire les enquêteurs. A vouloir analyser trop vite on écrira des bêtises : souligner qu’il fallut des militaires américains pour maîtriser le forcené, alors qu’il semble que le premier intervenant était peut être Francais  (il faut à tous  rendre hommage  pour leur courage et leur sang froid), dénoncer la couardise des agents de la SNCF (il semblerait que l’un d’eux a bien protégé des passagers) sous-entendre que ces américains n’étaient pas là par hasard (la théorie du complot, encore et toujours), évoquer des complicités, un réseau, voir l’ombre de Daesh (il n’y a pas eu de revendication à l’heure où j’écris ces lignes). Ne jouons pas aux experts que nous ne sommes pas, attendons  d’en savoir plus.

L’attaque entraîne déjà  une série de mesures prises par les gouvernements Belges  et Francais, à commencer par le renforcement des contrôles. C’est sans doute nécessaire, ne serait-ce que pour rassurer les passagers et nous éviter de sombrer dans une paranoïa collective.  Je ne suis pas policier, et là encore,  je préfère m’en remettre à ceux dont c’est la responsabilité. La sécurité est une affaire sérieuse, la première  garantie de nos libertés, et tant que ces mesures ont bien pour objectif de lutter contre des attaques de ce type elles sont difficilement discutables. Leur permanence dans le temps et leur élargissement à une surveillance généralisée est un risque pour nos démocraties  mais nous n’en sommes pas encore là. 

Il n’aura fallu que quelques heures pour que certains veuillent aller beaucoup plus loin. Un éditorialiste propose de renoncer à la libre circulation dans l’espace Schengen. « À l'heure où l'Europe croule sous l'afflux de réfugiés qu'elle ne peut ni ne souhaite accueillir (ne soyons pas hypocrites !), il est grand temps de se poser la question de la pertinence de l'ouverture des frontières »  écrit ce confrère (pour lequel j’ai pourtant de l’estime) qui mélange (inconsciemment ?) l'exode des réfugiés et la menace terroriste. C’est aussi un   président d’une formation politique qui  souhaite la création d'une garde nationale qui regrouperait des citoyens volontaires «  armés et entraînés (...)  présents partout dans nos rues, nos réseaux de transport, nos bureaux, nos écoles » : en d’autres termes une milice à tous les coins de rues, j’imagine que les critères de sélection des bons citoyens sont déjà connus. 
Il y aura d’autres surenchères. 

Ce sont évidement de mauvaises réponses, émotionnelles, irrationnelles, liberticides. Parce qu’elles reposent sur cet amalgame islam = terreur, elles  sont rendues possibles par l’islamophobie larvée que je dénonçais dans mon dernier billet. Je ne regrette pas de l’avoir écrit, il prend tout son sens aujourd’hui. La frontière que nous devons maintenant instaurer ne passe  pas entre les musulmans, les catholiques et les laïcs mais entre  les êtres sensés et les  brutes sanguinaires. Il faut séparer  les humanistes (on serait tenter d'écrire les êtres humains) des totalitaires. Il y a des musulmans dans les deux camps, et, fort heureusement, beaucoup plus dans le premier. Les premières victimes de la terreur islamique  (au sens révolutionnaire du terme)   sont les populations en grande partie musulmanes de Syrie et d’Irak. Se lancer dans une chasse au faciès, barbe ou voile, refuser d’accueillir des syriens, irakiens, kurdes, azéris, sunnites, chiites qui craignent pour leur vie  serait la plus grave de nos erreurs.  Même si, probablement, nous découvrirons des terroristes infiltrés dans les candidats réfugiés. 


Tant qu’à tirer des leçons, je préconiserai bien, moi, qu’on intensifie la lutte contre la détention des armes à feu. Nous avons sûrement les moyens d’être un peu plus rigoureux dans ce domaine, et cette piste là n’est pas plus sotte que celles avancées ces dernières heures.. 

Ce qui c’est passé à bord de ce Thalys ressemble au scénario du pire. Un homme seul, armé, avec ou sans infrastructure, avec ou sans commanditaire, qui décide de tuer d’autres hommes. Un scénario redouté  des forces de sécurité. A vrai dire il en existe de plus inquiétantes encore : on peut imaginer des agressions à l’arme blanche, ciblant des lieux diplomatiques ou fréquentés par la communauté internationale (cela ne manque pas), des cibles symboliques, synagogues, mosquées, médias, commissariats, écoles, etc. Désolé de casser l’ambiance. Avec la folie des fous de Dieu (dans l’expression c’est fou qui compte et pas Dieu) nous  sommes tous des cibles potentielles : il s’agit de frapper l’imaginaire, de faire mal à l’opinion. 

On peut bien sûr  se renfermer, tenter de transformer l’Europe en forteresse, vivre sous tension permanente et décréter que tous les musulmans sont des suspects potentiels. L’alternative est de  commencer  par apprendre qui est notre ennemi, le localiser, faire pression sur ses soutiens éventuels (je vise des pays producteurs de pétrole dont nous n’osons nous distancier) encourager les musulmans modérés à lui faire face et l’attaquer là où il se trouve. C’est vrai au moyen orient, en Palestine ( où il faudrait tendre la main à la haute autorité pour contrer le Hamas et non l’inverse)  et même dans les mosquées ou écoles  de nos quartiers où le discours de haine (du juif, du chrétien, de l’Américain, du Français ou du Belge) se fait entendre. 

Dans cet affrontement entre le vivre ensemble et une nouvelle forme de facisme (au sens d’un régime dictatorial qui s’impose par la violence et l’arbitraire à son entourage), nous ne pouvons pas sous-estimer la bataille des mots et des idées. Les termes d’Islam (inapproprié, stigmatisant et beaucoup trop large) de Djihadisme (trop romantique) de terrorisme (trop général) ne  conviennent plus. C’est le principal paradoxe du Thalys : trouver le bon terme pour désigner ce genre d’attaque. Cette question de vocabulaire est plus importante qu'il n'y paraît. C'est par l'adhésion aux idées et aux mots qui les portent que la mobilisation sera possible.   Si les termes de tolérance et de cruauté ne suffisent  plus pour distinguer le bien du mal et dissuader des individus de basculer dans l’inhumanité, trouvons en de nouveaux, compréhensibles par tous. Rapidement, sans céder à la panique, et, si possible, avec intelligence. 

15 août 2015

Islam, racisme et überisation de l'info. Le sursaut journalistique est-il possible ?

C’est un Belge qui rapporte un pot de sirop parce-que la mention Halal figure désormais sur l’étiquette. C’est un Français qui entend servir du porc à tous les enfants qui fréquentent les écoles publiques de sa commune, petits musulmans inclus. C’est encore ce sénateur qui s’insurge quand un média donne la parole à une femme voilée. Ce sont ces élus, parfois de haut niveau, qui réfutent le terme d’islamophobie, parce qu’il implique la reconnaissance d’un racisme spécifique qu’ils refusent d’admettre. Ce sont ces commentaires, entendus au café du commerce ou dans les dîners de famille, lus sur les réseaux sociaux ou ailleurs, qui assimilent musulmans et délinquance.

 

Il faut être aveugle, d’une grande mauvaise foi (je parle de malhonnêteté intellectuelle pas de religion) ou être soi-même acquis à un racisme larvé pour ne pas constater, jour après jour, que notre débat public stigmatise l’islam et les citoyens qui ont posé le choix (car c’est le plus souvent un choix) d’être musulmans. Il faut être inconscient pour ne pas réaliser que ces brimades et vexations à répétitions sont les moteurs d’une division sans cesse croissante. Le rejet entraine le rejet. Ces expressions du racisme peuvent être accueillies d’un haussement d’épaules quand on a toute sa tête et confiance en l'avenir. Elles finissent par légitimer défiance et radicalisme quand on manque d’estime de soi et de perspectives. Racisme et djihadisme s'alimentent l'un et l'autre. S'il n’est pas rare que la victime du propos raciste soit plus intelligente que son auteur, on ne peut pas exiger qu’il en soit toujours ainsi. 

 

Ce n’est pas neuf, mais les proportions du phénomène et sa répétition deviennent préoccupantes. Les quelques exemples cités en début d’article devraient vous en convaincre : la parole raciste est partout, décomplexée, libérée. Ce qui était un tabou dans les années 70 ou 80 est aujourd’hui revendiqué. Les racistes accusent ceux qui, comme moi, leur en font la remarque d’être des apôtres du politiquement correct. Investis d’une vision messianique, ils sont ceux qui disent la vérité et qu’on essaye de faire taire, une minorité éclairée qui assume l’idée d’un conflit de civilisations, ce vocable doux qui n’est que l’euphémisme de nos anciennes guerres de religion. Rejet et stigmatisation sont devenus un argument électoral porteur. Un discours qui forme l’ossature du corpus idéologique de grandes formations politiques, en France aux Pays-Bas ou ailleurs. L’extrême droite n’est plus une anecdote. Ses idées irradient aussi bien à droite qu’à gauche. Bien sûr, on peut rêver d’hommes d’Etat qui se dressent contre le populisme ambiant et qui prennent l’électeur à rebrousse-voix pour le tirer vers le haut. Ce serait oublier qu’en démocratie, la masse fait la vérité et qu’un parti finit souvent par préférer l’exercice du pouvoir au confort moral de ses grands hommes. 

 

Si nous en sommes là aujourd’hui c’est peut-être parce que la presse l’a permis. Cet article est un appel aux confrères : ne négligeons pas le peu d’influence qui nous reste. Les journalistes ont baissé la garde, nous avons besoin d’un sursaut. En trente ans, le racisme a obtenu droit de cité dans nos colonnes, nos reportages, nos interviews. C’est la fin du cordon sanitaire, actée en France, en cours en Belgique. Ce sont ces leaders sulfureux de partis ouvertement sectaires et ces polémistes populistes qu’on invite à longueur de micro au nom de la diversité des opinions, quand ce n’est pas ouvertement pour l’audience. Ce sont des journalistes qui composent eux même des titres racoleurs ou écrivent des éditoriaux douteux. Ce sont de fausses informations, rumeurs, phantasmes qu’on duplique à l’infini pour faire le buzz et donc l’audience. Et bien sûr qu’on ne corrige pas quand l’information s’avère fausse. Ce sont ces commentaires haineux qu’on ne modère pas et qui deviennent la règle. 

 

Non, le débat d’idée et la liberté d’expression ne passent pas nécessairement par l’insulte et la désignation d’un bouc-émissaire. Ouil’acceptation de l’autre et un ton policé sont un indicateur d’intelligence et santé démocratique. La circulation des idées ne s’accommode pas de la propagande. Sans doute la jeune génération de journalistes est-elle moins conscientisée que ses prédécesseurs. Elle frôle parfois l’inconscience et j’ai entendu bien des journalistes m’expliquer que l’Islam était « un problème ». Ils auraient été licenciés sur le champ dans les années 70, ils ne sont plus guère sanctionnés aujourd’hui.


Conduire une rédaction n'est pas qu'une question de liberté, c'est aussi une affaire de responsabilité. Je ne vois heureusement pas de journaux faire des unes racoleuses sur le viol, la pédophilie, le cannibalisme ou l'esclavage. Sur l'islam et l'immigration, ils sont légion. Nous insinuons le doute et finissons par légitimer des propos illégitimes. 

 

Le journalisme évolue avec la société qui l’entoure bien sûr. Il faut aussi y ajouter ce que l’on pourrait nommer « l’überisation » de l’information. L’essor de l’internet et la puissance des réseaux sociaux permet à chaque citoyen d’être émetteur ou amplificateur d’une information. Cela participe à la démocratisation du débat mais l’intervention des professionnels est aujourd’hui superflue ou anecdotique dans la production et la diffusion de ce que nous pensons être une information. Le choc fut rude pour la profession (crise de la presse, baisse de revenus, mutation profonde du métier) et pas tout à fait digéré encore. 

 

Avec toutes les dérives imaginables,Facebook informe davantage de citoyens que n’importe quel quotidien. Alors que les taximen hurlent à la dérégulation et dénoncent les dangers d’un monopole derrière l’économie participative, la presse a déjà plié et propose ses contenus gratuitement en ligne. Nous nous alignons tous sur Facebook, ses contenus courts, ses titres accrocheurs, ses mots clefs qui permettent les référencements et les algorithmes qui décèlent les nouvelles tendances. Il n’y a plus d’argent pour les enquêtes de fond et plus de lecteurs pour les grands dossiers. Bousculé, le journaliste court après des lecteurs qui sont désormais ses concurrents directs. Au passé, je vérifiais puis j’informais. Au présent, je mets en forme et cherche le buzz. Présenter un monde binaire (nous les bons, eux les méchants), dénoncer, moquer, parodier, craindre, affoler, sont les verbes de l’information « überisée ». Au moins pour conduire un véhicule faut-il posséder un permis et une assurance. Pour écrire ou plus simplement partager un article, ce n’est même pas nécessaire. L’accident est pourtant si fréquent : surenchère, désinformation, vulgarité, haine de l’autre... mais tant qu’il ne s’agit que d’idées... Il n’y a qu’au moment de la collision frontale que nous en prenons, parfois, conscience. Réaffirmer avec force quelques valeurs phares, refuser les dérives nauséabondes, voilà qui différencierait à nouveau le journalisme de ce qui ne l'est pas. Une information se vérifie et toutes les opinions ne se valent pas. 

 

Il y a quelques mois, nous étions (presque) tous Charlie. Cela signifiait que nous refusions qu’on tue un homme (ou une femme) au nom d’un dessin, d’une idée, d’une religion. La leçon s’estompe. On voudrait même se servir de l’attentat pour isoler le citoyen musulman du reste de l’opinion et camoufler le tout sous le vocable de défense de la laïcité. La laïcité, c’est la neutralité des institutions et le renvoi à la sphère privée de nos convictions philosophiques. Elle permet la tolérance et la coexistence, parce qu'elle distingue le citoyen (que nous sommes tous) du croyant, agnostique ou libre penseur (que certains sont). Ce n’est pas d’imposer du porc à de jeunes enfants qui fréquentent une école publique. 

 

Forcer l’interdit alimentaire est une grande violence et il n’est pas utile d’avoir fait de grandes études de psychanalyse pour le comprendre. Ce que je mange, c’est ce que je suis. Il ne nous viendrait pas à l’idée d’imposer un steak saignant à ceux qui font le choix d’être végétariens. Nous comprenons que c’est absurde, arbitraire et violent. Il se trouve des individus dont la vision du monde accorde moins de facilités aux enfants musulmans qu’aux adeptes du Vegan

 

Il nous faut donc visiblement le rappeler sans cesse : les jeunes nés en Europe sont européens. Ils n’ont pas à s’assimiler ou s’intégrer et les mêmes lois s’appliquent à eux comme autres. Que leurs parents, grands-parents ou arrière-grands-parents viennent d’ailleurs ne leur donne pas moins (ni plus) de droits. Qu’ils embrassent une religion ou pas non plus. C’est le rôle des politiques, des éducateurs et des journalistes de l’expliquer. 

 



26 juillet 2015

Destexhe : encore sous contrôle ?

On ne va pas revenir sur les propos d'Alain Destexhe, vous connaissez l'histoire (sinon jetez un œil à mes statuts facebook  précédents ou aux articles parus dans différents quotidiens). La sortie de l'élu MR avait irrité en haut lieu. Charles Michel et Olivier Chastel avaient fait part de leur mécontentement. Le président du MR fait  donc savoir  le 22 juillet au matin qu'il va avoir une conversation téléphonique avec l'intéressé. Il sera prié de la mettre en sourdine. Le mouvement réformateur fête le 21 juillet avec tous les Belges, quelles que soient leur origine ou leur religion rappelait-il dans un tweet.

Ce rappel à l'ordre a bien faillit tourner au vinaigre. Fin d'après-mid. Destexhe accorde en effet une nouvelle interview à la Libre. Antoine Clevers, journaliste de La Libre précise que les propos ont été tenus avant que Chastel et Destexhe ne s'expliquent. Précision bienvenue pour le député bruxellois, car dans le cas contraire cela aurait ressemblé à un bras d'honneur aux consignes de retenue, et le bon de sortie devenait inévitable.

Dans cet entretien Destexhe accuse la RTBF de faire intentionnellement le jeu du communautarisme. Qu'un élu attaque une rédaction dans son son ensemble voilà qui est rarissime et très peu libéral au sens philosophique du terme. Croire que cette rédaction a l'ambition de promouvoir le communautarisme est aussi crédible que d'affirmer que le 11 septembre n'a pas eu lieu : on est très proche d'une nouvelle théorie du complot. Daniel Soudant, administrateur MR au CA de la RTBF et Dominique Dufourny et Gautier Calomne (respectivement future bourgmestre et chef de groupe MR à Ixelles, et donc colistiers d'Alain Destexhe aux dernières communales)  ont pris bien soin de s'en distancier publiquement. Le communiqué des élus MR ixellois va bien plus loin que la communication présidentielle et annonce une réunion sur la question (il est dans les commentaires). A demi-voix  beaucoup de libéraux bruxellois se demandent s'il ne serait pas plus simple de dire au revoir au médecin du monde (blanc) et si on ne retrouverait pas autant de voix qu'on en perdrait dans l'opération.

Revenons à l'origine de la polémique. Destexhe ne supporte pas qu'une femme voilée puisse représenter la Belgique. C'est de l'islamophobie au sens strict du terme (qu'on ne vienne pas parler du droit à la critique d'une religion alors que c'est simplement le fait d'être musulman (e) qui provoque chez l'élu une réaction de rejet ) interview après inteview, post après post.
Pour rappel en 2012 déjà Alain Destexhe raillait les norvégiens et défendait une idée très blanche de la Belgique de papa (voir mon article de l'époque ci dessous). A force de répéter le même discours il faut se rendre à l'évidence. Ce n'est plus un dérapage, c'est un système de pensée.

Alain Destexhe, à force de lire Zemmour, est plus proche du Mischael Modrikamen que de Louis Michel. Si on lui demandait de choisir entre Marine Le Pen ou Alain Juppé on est pas sûr de la réponse. L'interview de ce mercredi soir est un acte de défiance. Parle toujours Olivier, ce sont les électeurs à la droite du MR qui m'intéressent.

Le texte ci dessus est adapté d'un statut Facebook du 22 juillet 2015. La vidéo ci dessous date de décembre 2014

06 juillet 2015

Grèce : si on mettait un peu de géopolitique dans le débat ?


Un réunion des gouverneurs à la Banque Centrale Européenne, un sommet Hollande-Merkel, un Eurogroupe, un sommet Européen. Les réunions s'enchaînent. Les déclarations se tendent. L'heure n'est pas à la conciliation. On somme les grecs de remettre des propositions concrètes et crédibles, on laisse entendre que le scénario de la sortie de la monnaie unique est l'unique voie envisageable, on annonce que s'il devait, par miracle, s'ouvrir une négociation, celle-ci serait longue et difficile. 
Ce sont les raidissements habituels des grands rendez-vous européens. La dramatisation nécessaire pour justifier qu'on s'enferme et qu'au bout de la nuit on finisse par cèder, sur tout ou sur un peu, au nom de l'intérêt général. Le Grexit reste une possibilité, crédible. Mais la réconciliation et l'accord a l'amiable avec programme de réformes et report de la dette en est une autre . 
A l'heure où j'écris ces lignes les petites phrases appellent à la rupture, la raison pousse au dialogue, et on ne sait pas de quel côté la balance penchera demain. On ne peut même pas exclure que la décision définitive ne soit repoussée à plus tard, pour donner le temps au nouveau ministre des finances de comprendre dans quelle moussaka il a mis les pieds. 

Côté journalisme on n' aura sans doute jamais autant parlé de finances, d'endettement et de relance. Les économistes ont pris possession des plateaux des journaux télévisés. Les reportages se multiplient, les directs aussi. Que l'on soit en faveur du oui ou du non on c'est bien de doctrine économique dont on débat dans les familles : rigueur budgétaire et réalisme d'un côté, relance par la dépense de l'autre. La " financiarisation " du dossier grec m'interpelle. Comme si la décision était uniquement budgétaire et ne pouvait avoir d'autre conséquences que celle de calmer ou agiter les marchés, de restaurer le crédit des États membres, de permette ou pas le redémarrage de l'économie grecque. 
Que les banquiers ne pensent qu'à l'argent c'est une chose. Que les politiques et les commentateurs raisonnent uniquement en Euros ou en dollars en est une autre. 

Sortir de la monnaie unique n'est pas qu'une question de créances à rembourser. C'est aussi une question de projet européen. L'appartenance à la zone Euro permet à un état membre d'être au cœur du système. En sortir c'est jouer en seconde division. Cela consacrerait l'idée d'une Europe à deux vitesses.
Pire, le retour de la Drachme signifierait un changement de frontière de l'union européenne. Cela vous semble farfelu ? Prenez une carte. Aujourd'hui l'union s'étend jusqu'au Bosphore. Des îles grecques (de la Crête, de Kos ou de Rhodes, nottament) nous ne sommes qu'à quelques miles nautiques de la Turquie, du Liban, de l'Egypte ou de la Lybie. La Grèce, comme Chypre, Malte et l'Italie était un point de passage des réfugiés Syriens ou Erytreens qui tentent d'entrer dans l'Union. Avec le durcissement de la politique européenne les réfugiés empruntent désormais une route terrestre qui passe plus au nord, via la macédoine et la Serbie. Si la Grèce n'a plus de raison (ni les moyens) de participer aux contrôles préparez vous à une autoroute de réfugiés qui viendra se jeter dans la mer ionienne. Les Italiens n'ont rien à y gagner. Et ça, c'est du concret. 
Exclure la Grèce c'est créer une poche de pauvreté alors que notre projet européen repose sur la promesse de prospérité. L'Europe aura failli, le rêve Européen ne mobilisera plus personne.  
Exclure la Grèce c'est redonner du poids à la Russie qui s'empressera de nouer des liens commerciaux privilégiés avec le potentiel futur-ex-état membre. 
Exclure la Grèce c'est ne plus avoir de moyen de tempérer ses relations parfois orageuse avec le voisin turc et prendre le risque d'une escalade aux portes de l'Europe. 
Ajoutez la présence de bases militaires (d'où croyez-vous que partaient les F16 qui frappaient la Lybie ?) et vous comprendrez que nos chefs d'Etat et de gouvernement feraient bien d'intégrer une bonne dose de géopolitique à leurs discussions financières. A moins que l'Europe, aveuglée par ses obsessions budgétaires,  ne se fasse, une fois encore  doubler par la Russie, la Chine ou les États-Unis... Cette fois-ci sur son propre continent. 



05 juillet 2015

Référendum : le combat des deux Aristote, ou le choix de civilisation


Quelque soit le résultat
du référendum ce soir, la consultation organisée aujourd'hui en Grèce marque un moment politique. C'est donc à cette république grecque, berceau de notre démocratie à l'occidentale, qu'il appartient de dire si oui  non, les peuples européens acceptent des programmes d'austérité économique au nom de l'orthodoxie budgétaire. Comme dans toute démocratie, c'est au peuple grec, et à lui seul, qu'il appartient de dire quelles sont les contraintes qu'il accepte d'endurer. Mais le débat déborde largement le cadre national, il suscite l'intérêt, l'enthousiasme, l'inquiétude ou la crainte. Nous avons bien compris que la question grecque donnera le "la" des prochaines années au sein du concerto européen.

Si le oui l' emporte, la politique économique européenne ne sera pas remise en cause. Il faudra faire avec l'effondrement probable d'un des états membres, le mettre sous perfusion, l'isoler de ses voisins et éviter la contagion. La métaphore est médicale : la Grèce est l'enfant malade de l'Euro, celui qui à force de se gaver d'une confiture à laquelle il n'avait pas droit est soudainement pris d'indigestion et soumis à la diète par le reste de la famille qui veut lui faire passer l'envie de recommencer. Le régime est d'autant plus drastique que la bêtise fut grande, quand on pique la confiture du voisin on ne peut s'attendre à ce qu'il vous en resserve. 

Si le non triomphe, Alexis Tsipras reviendra plus fort devant le conseil européen. C'est la logique de l'endettement des pouvoirs publics qui sera alors remise en cause. La découverte que les états membres peuvent s'affranchir de leurs obligations budgétaires et bancaires si leurs citoyens en décident ainsi. Depuis très longtemps les finances des États occidentaux vivent à crédit ce qui a pu laisser croire que le vrai pouvoir est dans les mains des détenteurs de créances. N'en déplaise aux donneurs de leçon : dans une démocratie le peuple a toujours raison. En cas de victoire du non il faudra bien que les créanciers consentent  a étaler les remboursements et à abandonner une partie des créances. Ce sera une leçon sévère ( le terme de correction n'est pas trop faible) pour les élites politiques économiques et bancaires (elles se mélangent souvent), qui oublient qu'elles agissent par délégation : le pouvoir qu'on leur confie dans le cadre d'une démocratie représentative (pour les politiques) ou dans le cadre d'un dépôt (lorsque je confie mes économies à la banque) n'est pas un pouvoir absolu et illimité dans le temps. Si le peuple ne comprend plus les politiques mises en œuvre en son nom c'est au minimum qu'on a manqué de pédagogie. Dans le pire des cas c'est qu'on a oublié de servir l'intérêt de ceux qui vous ont confié leurs suffrages ou leurs économies. 

Bien sûr le scénario du non  n'est pas sans danger. Il créera un précédent, d'autres états membres (dans la réalité presque tous) sont endettés et pourront bénéficier de la jurisprudence Tsipras. La zone Euro va s'affaiblir, perdre de sa crédibilité, le scénario d'un nouveau séisme bancaire n'est pas à  écarter. L'économie européenne sera moins puissante, peut être, mais c'est surtout le système bancaire et  monétaire mondial qui va tanguer.   A dire vrai il y a de quoi avoir quelques sueurs froides. Dans un monde où le voisin russe est ombrageux et où de vastes territoires du continent africain et du moyen orient  basculent dans les mains de  fous de Dieu (on écrirait bien fous tout court) nous aurions bien besoin d'une Europe forte, solide, unie. Le politique ne doit pas faire avec le monde tel qu'on le rêve mais avec le monde tel qu'il est. 

Depuis les années 1980 ce politique ne cesse de se soumettre aux demandes de l'économie. L'effondrement des grandes idéologies laisse la place à une interconnexion toujours plus grande. Faut-il continuer dans cette voie, parce que le marché assure la création de richesses, concourt à la liberté et que c'est bien le moteur de développement  le plus puissant ? Faut-il marquer un coup d'arrêt, que les peuples et leurs gouvernements reprennent le dessus et imposent régulation et contrôle ? Symbolisons le débat :  c'est Aristote l'armateur richissime (décédé en 1975, dont la fortune fut estimée à un milliard de dollars) contre Aristote le philosophe (qui dans l'Ethique à Nicomaque évoque la justice redistributive). On est pas loin du choix de civilisation. Il est assez savoureux que ce soit au peuple grec qu'il appartienne de trancher. 

30 mai 2015

Benoit Lutgen et le retour de la morale politique

C'est un geste fort. Il est logique et cohérent. Conforme aux déclarations des derniers jours. Encore fallait-il être capable de le poser sans trembler.
Le CDH a donc décidé d'exclure la députée bruxelloise Mehinur Ozdemir. C'est ce reportage de Loic Parmentier (RTL TVI) qui a mis le feu aux poudres. On y voit l'élue fuir ostensiblement les caméras pour éviter une question prévisible sur la reconnaissance du génocide arménien. Convoquée par le comité de déontologie pour s'expliquer Mehinur Ozdemir a bien dû reconnaître qu'elle ne souhaitait pas employer ce mot là, ni devant la presse, ni devant ses pairs. Le couperet est tombé : le refus de nommer la chose n'est pas conforme à la ligne du CDH.  Injuste estime l'élue dans un communiqué. 

Formellement ce n'est pas Benoit Lutgen qui a pris la décision mais le comité de déontologie du parti humaniste, présidé par Dominique Brion. Dans la pratique on imagine bien que le président du parti ne pouvait être tenu à l'écart ni de la convocation ni de la décision finale. 
Par cette opération Benoit Lutgen renforce son image d'homme de valeurs. On ne le prendra donc pas en défaut : ayant affirmé sur la Première   qu'un élu qui niait le génocide arménien serait exclu dans les 5 minutes, il a tenu parole. Indépendamment  du jugement que l'on porte sur le fond de l'affaire c'est une bonne chose que la promesse de l'interview  soit respectée. Cela redonne du crédit à la parole politique, ce n'est pas si fréquent. 

Ayant violemment reproché à Charles Michel de ne pas tenir ses engagements de campagne Benoit Lutgen ne peut se permettre d'être pris en défaut sur ce terrain-là. On connaît des partis qui ont pourtant transigé et s'en sortent avec un communiqué alambiqué. Ce soir le CDH peut se permettre de mettre toutes les autres formations démocratiques au défi. Il a tranché sans tergiverser et montrer une voix claire que les partis n'osent emprunter en temps normal. Les gardiens de la morale partisane préfèrent souvent  tolérer les brebis égarées  en  faisant mine de regarder ailleurs : une entorse à la ligne du parti se justifie toujours quand on occupe une niche électorale. 

La décision du CDH n'allait pas de soi : avec 3098 voix aux dernières élections régionales Mehinur Ozdemir devance des personnalités comme Hamza Fassi-Fihri ou Pierre Komapny. Surtout Benoit Lutgen et les siens ont le courage d'abattre un  symbole. Celui de la première femme voilée élue dans un parlement européen. Ce n'est pas rien, et on imagine bien que dans la communauté belge-turque le traumatisme sera grand et risque de coûter plusieurs milliers de voix. Il va falloir convaincre que ce n'est pas la différence ou le foulard que l'on vise. Au sein même du CDH la sanction pourrait ne pas faire l'unanimité. Il suffit d'écouter la fin de cette interview pour s'en rendre compte. 

Le président du CDH rompt aussi avec un héritage : celui d'un parti qui sous la présidence de Joëlle Milquet considérait comme vital de s'ouvrir aux communautés non-chrétiennes. C'est le flirt avec les accommodements raisonnables, la fréquentation des églises évangéliques, l'ambiguïté consciente ou subie, qui vient d'arriver à son terme. Benoit Lutgen le wallon refuse la stratégie  d'ouverture tous azimuts que Joelle Milquet la Bruxelloise imposait à un CDH pas vraiment convaincu. Retour aux valeurs européennes. Le CDH auberge espagnole c'est terminé, tout le monde descend. Calcul politique à la clef : cette posture "morale" pourrait faire gagner plus de voix en Wallonie qu'elle n'en faire perdre à Bruxelles. 

Les journalistes vont maintenant scruter la réaction des autres partis. Au PS tout d'abord, qui a clairement un train de retard. Mais aussi au MR, au FDF et à Ecolo. Quand on considère une valeur comme essentielle elle ne peut pas s'effacer au profit de calculs électoraux. C'est vrai aujourd'hui sur le génocide. On espère que cela le sera aussi demain pour l'islamophobie, l'antisémitisme, l'homophobie ou même le machisme et les populismes de tout poil. Qu'on ne tolérera plus que des élus s'enrichissent ou cumulent sans vergogne au prétexte qu'ils apportent l'un ou l'autre siège. La politique qui ne tourne pas le dos à la morale nous redonne le moral. Choisir entre ses convictions ou la compromission, Benoit Lutgen  l'a fait. Aux autres de suivre. 




25 mai 2015

Gouvernement Michel : de la tension à la stabilité

Journalistes et commentateurs adorent ça : les anniversaires et les commémorations sont un passage obligé. Rappel des faits, belles photos, interview, temps forts : il s'agit autant de faire revivre un passé proche que d'en tirer bilans et conséquences.
Il y a un an nous votions. Vous votiez, j'en suis fort aise. Et bien analysez, maintenant. 12 mois après la "reine des élections" comme on l'avait appelée, où en sommes-nous ? 

1. Des formations rapides
Entre le scrutin du 25 mai et la prestation de serment du gouvernement Michel le 11 octobre, moins de 5 mois se sont écoulés. On est loin de la crise de régime annoncée. Et en prime pour ce prix-là vous aurez même des majorités régionales. On peut gloser à l'infini sur l'impact d'une majorité sur l'autre, façon l'œuf et la poule. Est-ce parce que le MR s'est senti floué de ne pas monter dans les régions qu'il s'est précipité au fédéral ? Est-ce parce que le PS a senti que le fédéral se ferait sans lui qu'il s'est précipité sur les régions ? Au fond peu importe (mais dis-moi quelle lecture tu choisis et je te dirais quel communicant  t'influence). L'important est là : les pays n'est pas paralysé. Au contraire il fonctionne et même plutôt bien, compte tenu de l'asymétrie des coalitions. Il est sain de constater que les institutions tiennent le coup, et que même la 6ieme réforme de l'Etat s'avère utile puisque d'emblée en application. 

2. Le renouveau du personnel 
On attendait Elio Di Rupo ou Kris Peeters. Ce sera Charles Michel. Deux francophones d'affilée au 16 rue de la loi, une grosse surprise. Un premier ministre jeune, qui n'a jamais été vice-premier mais qui s'installe assez rapidement dans la fonction et dont la popularité va grandissante. Autour de lui une équipe pléthorique de bleus francophones, qui n'auraient jamais pu espérer devenir ministres fédéraux dans une autre configuration. Des ministres NVA, qu'on découvre et que Bart couvre. Et de nouvelles têtes en Wallonie avec Magnette et Prevot dont on saisit bien qu'ils seront la prochaine génération des patrons francophones.

3. Une installation chaotique 
Elle fut homérique. Des propos sur la collaboration ou l'immigration qu'il aurait fallut condamner énergiquement. L'équipe au pouvoir a du transiger, faire semblant de ne pas entendre. Questions de valeurs pour les uns, questions d'inexpérience, de faiblesse, de dépendance ou de tempo pour les autres. On a craint pour la démocratie et la respectabilité du gouvernement. La rentrée parlementaire ressemblait à un tsunami. Les flots ont fini par se retirer. Les costumes (taillés façon short) de Jambon et Francken ont eu le temps de sécher. 

4. La stabilité 
Elle s'installe. Tranquille, Charles Michel tient ses troupes. Le PS et les syndicats ont fait  le deuil d'un gouvernement qui chuterait au bout de quelques mois. L'équipe en place est faite pour durer. Mieux, le retour de la croissance l'aidera à enregistrer des bons résultats. Ça ne se refuse pas. Pouvoir retourner chez l'électeur en annonçant qu'on a créé des emplois est un dopant électoral qui fait oublier bien des tracas. C'est le meilleur ciment qu'une coalition puisse rêver. 

5. Un débat flamando-flamand
Une aile droite (la NVA) et une aile gauche (le CD&V) qui tentent d'imposer leurs marques monopolisent les médias. L'aile droite a pour elle un rapport numérique indiscutablement favorable : 35 députés sur 85, il n'y a pas photo. Ce que Bart veut, sa majorité doit le faire. Côté gauche ont joue du marqueur : on communique beaucoup, surtout avant les décisions, pour bien montrer qu'on pèse de tout son poids et qu'on influe sur le cours des choses. Le seul parti sudiste de la majorité n'a pas de concurrents internes, donc pas de possibilité de débattre (quand on débat seul c'est un soliloque). Quand NVA et CD&V sont d'accord le MR (et dans une moindre mesure l'open VLD) ne peuvent qu' acquiescer. Nous sommes passés des clivages nord/sud et droite/gauche au débat nord/nord et droite/droite. 

6. Le déséquilibre communautaire 
20 députés francophones sur les 85 qui soutiennent le gouvernement. Une rupture majeure. Dans le passé on essayait de constituer une double majorité. On n'y parvenait pas toujours, il a parfois manqué quelques sièges. Cette fois-ci on s'est franchement assis sur le principe. C'est un précédent. La tentation sera grande de le répéter. La Flandre a pris le contrôle du fédéral. Son opinion publique, sous perfusion régionaliste depuis plusieurs décennies, aura beaucoup de mal à accepter un retour arrière et une nouvelle montée en puissance des francophones. Le débat politique, on le répète, se fera désormais entre gens du nord. 

7. L' asymétrie durable
C'est une rupture avec la particratie antérieure. Fini les partis présents à tous les niveaux de pouvoir avec un bureau d'étude qui analyse, un président qui tranche et des ministres qui transcrivent dans leur niveau de pouvoir. On a perdu en cohérence et en centralisme, on a gagné en autonomie. Avec un risque de conflit à la clef. Le fédéral, contrairement aux apparences médiatiques ne domine en rien les régions. En cas d'engueulade dans la cour de récré personne pour dire c'est moi le chef. Et si le conflit perdure, c'est le retour du chaos.  

8.  De nouveaux lieux de pouvoir 
Il faut apprendre à les identifier. Le 16 rue de la Loi bien sur. Charles Michel s'y impose en tant qu'arbitre. Anvers, où chaque sortie du Bourgmestre donne le ton des débats. Namur et Bruxelles où les ministres-présidents régionaux tentent, sans grand succès jusqu'à présent, de se profiler en pouvoirs distincts, à défaut d'être de réels contre-pouvoirs. 

9. La Belgicisation de la NVA
C'est le pari (osé, disons le de tout de suite) de certains partisans de la coalition. A l'épreuve du pouvoir la NVA va se "gouvernementaliser", comprenez devenir un parti comme les autres, amenée de par l'excercie des responsabilités à intégrer les codes du fédéralisme. De même qu'on a vu des hommes politiques très flamands devenir beaucoup plus belgophiles une fois premiers ministres (Dehaene, Verhofstadt, Leterme) la NVA deviendrait plus belge une fois installée dans le salons de la rue de la Loi. La faille dans le raisonnement c'est que Bart De Wever a refusé le poste de premier et que  la NVA était suffisamment forte pour ne prendre que les postes qui l'intéressaient. Le processus de Belgicisation s'applique plutôt à Kris Peeters.... Et il est justement ce que la NVA ne veut pas devenir. 

10. Une opposition qui doit se réinventer 
Un PS tonitruant les premiers mois, désarçonné par l'inutilité de ses attaques. Un nouveau leadership Ecolo en période de rodage. Un CDH qui tente de trouver une partition qui ne soit ni rouge ni bleue. Un PTB qui s'installe dans le paysage. Ajoutez des syndicats qui mobilisent fort mais sans résultats. Le gouvernement Michel ne rencontre pas une si dure opposition qu'il aurait pu le craindre. Surtout, pour s'opposer efficacement il ne suffit pas de dire qu'on est mécontent. Il faut proposer mieux et que ce soit crédible. 

11. Des relations détériorées 
Revanchards, méprisants, agressifs. Entre les partisans de la majorité fédérale et leurs opposants le vocabulaire est choisi. Le divorce est total. On n'écoute pas, on trace, les deux mains sur les oreilles. On ne conteste pas, on invective. Et si on peut marquer son territoire en pissant sur les chaussures d'en face on le fait. En un an rien n'a changé. Nous avons 6 partis francophones à la chambre mais en matière de relations humaines, il y a toujours deux camps. Ils ne sont pas prêts de se rabibocher. Ceux qui pensent que le clivage est conjoncturel, à ce stade, peuvent aller se rhabiller. La question est maintenant de savoir si cela changera. Et si cela sera avant les prochaines élections. 


21 mai 2015

Christos Doulkeridis : le problème n'est pas que Charles Michel se soit trompé, mais qu'il a trompé ses électeurs





Le chef de groupe Ecolo au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles réagit aux dernières déclarations de Charles Michel sur la NVA.

Il appelle également Joëlle Milquet à faire preuve de consensus et à associer l'opposition à l'organisation des futurs cours de philosophie.

19 mai 2015

Karine Lalieux : la ministre Marghem trompe le parlement et agit avec légèreté





La députée socialiste Karine Lalieux n'est pas tendre avec la ministre de l'énergie Marie-Christine Marghem :  la ministre ment au parlement, elle est obtue et têtue  explique la parlementaire.  Elle vise notamment les révélations sont lesquelles Marie-Christine Marghem a fait passer pour sienne une note rédigée par un cabinet d'avocat.

Il s'agit de nucléaire et sécurité d'approvisionnement. Elle agit avec beaucoup de légèreté, c'est inacceptable dénonce Karine Lalieux.

Vincent Vanhalwyn (Ecolo) : Vivaqua sort de son rôle et s'expose à des recours





Vincent Vanhalewyn, échevin écolo des travaux publics et de l'énergie à Schaerbeek représente sa commune au conseil d'administration de Vivaqua. Il dénonce la décision de l'entreprise de captation et production d'eau potable qui va prendre en charge la construction d'un bassin d'orage à Uccle en lieu de place d'Hydrobru. C'est illégal et dangereux juridiquement et financièrement estime l'élu écologiste qui dénonce un manque de rigueur d'Yvan Mayeur, président du conseil d'administration de Vivaqua.