15 août 2015

Islam, racisme et überisation de l'info. Le sursaut journalistique est-il possible ?

C’est un Belge qui rapporte un pot de sirop parce-que la mention Halal figure désormais sur l’étiquette. C’est un Français qui entend servir du porc à tous les enfants qui fréquentent les écoles publiques de sa commune, petits musulmans inclus. C’est encore ce sénateur qui s’insurge quand un média donne la parole à une femme voilée. Ce sont ces élus, parfois de haut niveau, qui réfutent le terme d’islamophobie, parce qu’il implique la reconnaissance d’un racisme spécifique qu’ils refusent d’admettre. Ce sont ces commentaires, entendus au café du commerce ou dans les dîners de famille, lus sur les réseaux sociaux ou ailleurs, qui assimilent musulmans et délinquance.

 

Il faut être aveugle, d’une grande mauvaise foi (je parle de malhonnêteté intellectuelle pas de religion) ou être soi-même acquis à un racisme larvé pour ne pas constater, jour après jour, que notre débat public stigmatise l’islam et les citoyens qui ont posé le choix (car c’est le plus souvent un choix) d’être musulmans. Il faut être inconscient pour ne pas réaliser que ces brimades et vexations à répétitions sont les moteurs d’une division sans cesse croissante. Le rejet entraine le rejet. Ces expressions du racisme peuvent être accueillies d’un haussement d’épaules quand on a toute sa tête et confiance en l'avenir. Elles finissent par légitimer défiance et radicalisme quand on manque d’estime de soi et de perspectives. Racisme et djihadisme s'alimentent l'un et l'autre. S'il n’est pas rare que la victime du propos raciste soit plus intelligente que son auteur, on ne peut pas exiger qu’il en soit toujours ainsi. 

 

Ce n’est pas neuf, mais les proportions du phénomène et sa répétition deviennent préoccupantes. Les quelques exemples cités en début d’article devraient vous en convaincre : la parole raciste est partout, décomplexée, libérée. Ce qui était un tabou dans les années 70 ou 80 est aujourd’hui revendiqué. Les racistes accusent ceux qui, comme moi, leur en font la remarque d’être des apôtres du politiquement correct. Investis d’une vision messianique, ils sont ceux qui disent la vérité et qu’on essaye de faire taire, une minorité éclairée qui assume l’idée d’un conflit de civilisations, ce vocable doux qui n’est que l’euphémisme de nos anciennes guerres de religion. Rejet et stigmatisation sont devenus un argument électoral porteur. Un discours qui forme l’ossature du corpus idéologique de grandes formations politiques, en France aux Pays-Bas ou ailleurs. L’extrême droite n’est plus une anecdote. Ses idées irradient aussi bien à droite qu’à gauche. Bien sûr, on peut rêver d’hommes d’Etat qui se dressent contre le populisme ambiant et qui prennent l’électeur à rebrousse-voix pour le tirer vers le haut. Ce serait oublier qu’en démocratie, la masse fait la vérité et qu’un parti finit souvent par préférer l’exercice du pouvoir au confort moral de ses grands hommes. 

 

Si nous en sommes là aujourd’hui c’est peut-être parce que la presse l’a permis. Cet article est un appel aux confrères : ne négligeons pas le peu d’influence qui nous reste. Les journalistes ont baissé la garde, nous avons besoin d’un sursaut. En trente ans, le racisme a obtenu droit de cité dans nos colonnes, nos reportages, nos interviews. C’est la fin du cordon sanitaire, actée en France, en cours en Belgique. Ce sont ces leaders sulfureux de partis ouvertement sectaires et ces polémistes populistes qu’on invite à longueur de micro au nom de la diversité des opinions, quand ce n’est pas ouvertement pour l’audience. Ce sont des journalistes qui composent eux même des titres racoleurs ou écrivent des éditoriaux douteux. Ce sont de fausses informations, rumeurs, phantasmes qu’on duplique à l’infini pour faire le buzz et donc l’audience. Et bien sûr qu’on ne corrige pas quand l’information s’avère fausse. Ce sont ces commentaires haineux qu’on ne modère pas et qui deviennent la règle. 

 

Non, le débat d’idée et la liberté d’expression ne passent pas nécessairement par l’insulte et la désignation d’un bouc-émissaire. Ouil’acceptation de l’autre et un ton policé sont un indicateur d’intelligence et santé démocratique. La circulation des idées ne s’accommode pas de la propagande. Sans doute la jeune génération de journalistes est-elle moins conscientisée que ses prédécesseurs. Elle frôle parfois l’inconscience et j’ai entendu bien des journalistes m’expliquer que l’Islam était « un problème ». Ils auraient été licenciés sur le champ dans les années 70, ils ne sont plus guère sanctionnés aujourd’hui.


Conduire une rédaction n'est pas qu'une question de liberté, c'est aussi une affaire de responsabilité. Je ne vois heureusement pas de journaux faire des unes racoleuses sur le viol, la pédophilie, le cannibalisme ou l'esclavage. Sur l'islam et l'immigration, ils sont légion. Nous insinuons le doute et finissons par légitimer des propos illégitimes. 

 

Le journalisme évolue avec la société qui l’entoure bien sûr. Il faut aussi y ajouter ce que l’on pourrait nommer « l’überisation » de l’information. L’essor de l’internet et la puissance des réseaux sociaux permet à chaque citoyen d’être émetteur ou amplificateur d’une information. Cela participe à la démocratisation du débat mais l’intervention des professionnels est aujourd’hui superflue ou anecdotique dans la production et la diffusion de ce que nous pensons être une information. Le choc fut rude pour la profession (crise de la presse, baisse de revenus, mutation profonde du métier) et pas tout à fait digéré encore. 

 

Avec toutes les dérives imaginables,Facebook informe davantage de citoyens que n’importe quel quotidien. Alors que les taximen hurlent à la dérégulation et dénoncent les dangers d’un monopole derrière l’économie participative, la presse a déjà plié et propose ses contenus gratuitement en ligne. Nous nous alignons tous sur Facebook, ses contenus courts, ses titres accrocheurs, ses mots clefs qui permettent les référencements et les algorithmes qui décèlent les nouvelles tendances. Il n’y a plus d’argent pour les enquêtes de fond et plus de lecteurs pour les grands dossiers. Bousculé, le journaliste court après des lecteurs qui sont désormais ses concurrents directs. Au passé, je vérifiais puis j’informais. Au présent, je mets en forme et cherche le buzz. Présenter un monde binaire (nous les bons, eux les méchants), dénoncer, moquer, parodier, craindre, affoler, sont les verbes de l’information « überisée ». Au moins pour conduire un véhicule faut-il posséder un permis et une assurance. Pour écrire ou plus simplement partager un article, ce n’est même pas nécessaire. L’accident est pourtant si fréquent : surenchère, désinformation, vulgarité, haine de l’autre... mais tant qu’il ne s’agit que d’idées... Il n’y a qu’au moment de la collision frontale que nous en prenons, parfois, conscience. Réaffirmer avec force quelques valeurs phares, refuser les dérives nauséabondes, voilà qui différencierait à nouveau le journalisme de ce qui ne l'est pas. Une information se vérifie et toutes les opinions ne se valent pas. 

 

Il y a quelques mois, nous étions (presque) tous Charlie. Cela signifiait que nous refusions qu’on tue un homme (ou une femme) au nom d’un dessin, d’une idée, d’une religion. La leçon s’estompe. On voudrait même se servir de l’attentat pour isoler le citoyen musulman du reste de l’opinion et camoufler le tout sous le vocable de défense de la laïcité. La laïcité, c’est la neutralité des institutions et le renvoi à la sphère privée de nos convictions philosophiques. Elle permet la tolérance et la coexistence, parce qu'elle distingue le citoyen (que nous sommes tous) du croyant, agnostique ou libre penseur (que certains sont). Ce n’est pas d’imposer du porc à de jeunes enfants qui fréquentent une école publique. 

 

Forcer l’interdit alimentaire est une grande violence et il n’est pas utile d’avoir fait de grandes études de psychanalyse pour le comprendre. Ce que je mange, c’est ce que je suis. Il ne nous viendrait pas à l’idée d’imposer un steak saignant à ceux qui font le choix d’être végétariens. Nous comprenons que c’est absurde, arbitraire et violent. Il se trouve des individus dont la vision du monde accorde moins de facilités aux enfants musulmans qu’aux adeptes du Vegan

 

Il nous faut donc visiblement le rappeler sans cesse : les jeunes nés en Europe sont européens. Ils n’ont pas à s’assimiler ou s’intégrer et les mêmes lois s’appliquent à eux comme autres. Que leurs parents, grands-parents ou arrière-grands-parents viennent d’ailleurs ne leur donne pas moins (ni plus) de droits. Qu’ils embrassent une religion ou pas non plus. C’est le rôle des politiques, des éducateurs et des journalistes de l’expliquer. 

 



35 commentaires:

coppola a dit…

Bravo pour cette belle mise au point!!

David Delbrassinne a dit…

Il n'y a pas de fumée sans feu... Désolé!

Anonyme a dit…

Bravo ...

Philippe Schoepen a dit…

Excellent comme d'habitude mais j'ai deux questions tout de même.
1/ que proposez-vous à vos confrères mal informés (un comble) qui répandent tout et n'importe quoi pour faire 'du chiffre' au lieu de produire des idées et des débats? Un Plan Marshall de la déontologie ?

2/ 'plus le temps d'enquêter > c'est oublier un autre modèle d'information, celui de l'investigation comme Médor pour ne citer qu'eux. Et je ne distingue même pas la presse de gauche et celle de droite. Finalement, le modèle économique de la presse tel qu'on le connait n'est-il pas mort tout simplement ?

Merci Fabrice. Continuez.

gsmetz a dit…

Voilà enfin l'autocritique d'une profession qui part à la dérive, c'est rassurant, félicitations Monsieur avec un grand M . Merci

Anonyme a dit…

Merci�� enfin une analyse objective sur l'état de la presse... Chacun doit faire une introspection et prendre des mesures pour devenir meilleurs et ouvrir son Coeur et son cerveau... Je souhaite un monde ou chacun vie en paix. Salam!

Michel Dardenne a dit…

Bravo pour cet article, Fabrice Grosfilley.
On aurait pu y ajouter le nouveau débat sur l'abattage rituel, dont on veut priver le droit aux juifs et aux musulmans, sous prétexte de droits des animaux.

Jean-Frédérick Deliège a dit…

Salut Fabrice,
Bon, le journalisme ça passe aussi par le respect de l'orthographe et du français ( "l'acception de l'autre"...) même dans les nouveaux médias ;)
Sur le fond la question que je me pose: a-t-on encore le droit de s'opposer à la montée des extrémismes religieux de tous bords et à la volonté de ces religions de vouloir régenter nos vies selon leurs préceptes sans être traité de raciste ? Et, corollairement, je crois que s'opposer à cela et le dénoncer ce n'est pas du racisme, ni légalement ni moralement.
Tout le monde, en ce compris la presse, aurait dû le faire beaucoup plus tôt comme le rappelle Salman Rushdie dans le Vif de cette semaine.

Aurore a dit…

Merci... Tout simplement...

balis christian a dit…

Le traitement des animaux est une question de dignité humaine n'en déplaise à Mr Dardenne !

Fabrice Grosfilley a dit…

Jean-Frédérick : on peut, et pour moi on doit, condamner le radicalisme... Cela n'a rien à voir avec ce que je décris. J'évoque des cas concrets de rejet et de stigmatisation d'une communauté, pas une discussion de salon sur les bienfaits/méfaits de l'islam ou un cours de religion comparé. Il y a ces dernières années une véritable obsession de l'Islam dans nos médias. Et une confusion coupable entre islam , radicalisme et terrorisme... Alors qu'il nous faudrait souligner que les premières victimes (numériquement) de Daesh et autres sont musulmanes... On les voit d'ailleurs traverser la Méditerranée.

Alex a dit…

Fabrice Grosfilley... Mouais, votre article est plein de bonnes intentions mais sérieusement, voulez-vous vivre dans une société dominée par l'islam... Voulez-vous vivre comme dans certains pays du Maghreb ? Car c'est vers cela qu'on se dirige. Les "intellectuels" comme vous vont devoir rendre des comptes quand l'islam s'imposera dans nos sociétés... Je vous invite à consulter ce lien : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/30/97001-20130430FILWWW00496-majorite-de-musulmans-pour-la-charia.php

On ne pourra pas dire que vous n'avez pas été prévenu.

Fabrice Grosfilley a dit…

Voici le genre de raccourci qui nous empoisonne. Je dénonce le racisme et je retrouve accusé de vouloir instaurer un régime islamique... Cela n'a évidement rien à voir, je ne défends évidement pas la charia.

Alex a dit…

Vous ne défendez pas la charia... mais petit pas par petit pas, accommodement raisonnable par accommodement raisonnable, l'islam s'installe... des écoles islamiques, un parti islamique... et un jour Fabrice Grosfilley va s'apercevoir que toutes les libertés auxquelles nous tenons auront disparu...

Fantasme d'extrême-droite ? L'avenir nous le dira très vite !

Est-il si condamnable de vouloir vivre dans une société où la religion serait reléguée dans la sphère privée ?

Daniel onc a dit…

Vous avez raison certains propos ou actes sont incroyablement marqués du sceau de l'hystérie collective.
Cette forme de dérive on la connaît elle conduit aux pires exactions et laisse la porte ouverte à la bête immonde.

Le sirop de Liège n'a pas changer la moutarde Bister non plus; les femmes européennes sont en bikini au Maroc,Tunisie ou Égypte mais les participants aux forums disent le contraire et a l'instar des journalistes(?) qui rédigent les articles, ou au moins ce qu'ils montrent ne recoupent pas ou ne désire pas recouper les infos. Porte ouverte au pire si des gens comme vous n'éclaire pas nos lanterne si

achille vanderveken a dit…

On verras Monsieur Grosfiley, etre realiste ne veut pas dire raciste, dans les années 30 on parlait aussi comme cela. Soyez rassuré, même monsieur Emir Kir vous soutient!!

Anonyme a dit…

Merci Monsieur Grosfilley

Sylvie Lausberg a dit…

"l'islamophobie" est un terme dérangeant. Je pourrais dire que je suis islamophobe parce j'ai peur de l'islamisme, alors que je n'ai pas peur des musulmans. Si les musulmans continuent d'être discriminés en Belgique aujourd'hui(emploi, logement, etc.) au travail, la haine des Juifs reste partagée par beaucoup d'entre eux. j'ai beaucoup travaillé sur les liens et les ruptures entre juifs et musulmans au Maroc. Je regrette de devoir constater que la situation est pire aujourd'hui en Belgique qu'il y a 50 ou 25 ans. La haine de l'autre n'est pas l'apanage des populistes et racistes "blancs". Oui, le cordon sanitaire a disparu; les idées d'extrême droite percolent de partout. Mais quoi de plus logique?
Nous avons quelques ministres ouvertement racistes, certains nostalgiques fachos, d'autres qui, projet du gouvernement, détricotent le système de solidarité interpersonnelle, une ministre médecin qui réduit les soins de santé et pénalise les prisonniers, d'autres encore qui sapent dans la culture à tous niveaux, sans oublier les élus locaux qui vident les rayons des bibliothèques des livres subversifs...Alors oui, il est temps que la presse réagisse, mais se focaliser sur le sort des musulmans de Belgique reste très parcellaire. Merci Fabrice Grosfilley pour votre sursaut éthique. Nécessaire, indispensable... à poursuivre, avec mes encouragements

Diogène a dit…

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.

Diogène a dit…

Peut etre devriez vous relire l'article, sans à priori. Moi j'y ai lu qu'il s'opposait aux extrémismes, religieux et autres

Diogène a dit…

Merci. Cela fait du bien de savoir que les journalistes et les politiciens ne sont pas tous pourris.Cela me fait du bien aussi de voir que pour une fois les excités et les angoissés ne sont pas les plus nombreux à commenter votre article. Nous allons au devant de moments terribles, mais j'ai l'espoir qu'après, encore une fois, on dira "plus jamais ca".

Jacques Briet a dit…

Tout effort d'introspection est toujours le bienvenu. Mais la grille d'analyse utilisée ici souffre de pas mal de faiblesses.

Tout d'abord, il est fallacieux de parler d'une "überisation" de l'information.
Les gens qui s'improvisent ne le font pas - il me semble - par besoin de s'extérioriser, d'acquérir une existence aux yeux de leurs semblables ou parce qu'ils pensent apporter au monde une réflexion qui lui fait défaut, mais tout simplement pour boucler vaille que vaille leurs fins de mois. Ceux qui sont actifs sur les réseaux sociaux, ou qui rédigent un blog, le font quant à eux dans la très grande majorité des cas sans en retirer le moindre revenu financier.

Bien plus proche du "modèle Über" était le système des "correspondants locaux" de la presse quotidienne régionale, ou de certaines "télés communautaires" (quand cette terminologie était encore de mise), qui transformaient l'instituteur du village ou un autre micro-notable de campagne en Roulletabille des chiens écrasés, payés à la ligne… et au lance-pierre.

L'autre biais majeur dans le raisonnement de F.G. consiste, c'est un grand classique désormais, à attribuer les dérives de la presse "papier" à la concurrence de l'internet, qui a fait chuter les recette publicitaires, etc…

"Au passé, je vérifiais puis j’informais. Au présent, je mets en forme et cherche le buzz".

Partiellement vrai seulement. "Au passé, je vérifiais puis j’informais" ? Comme dans le cas - pour ne prendre qu'un ou deux exemples - des "massacres de Timisoara" ? Comme dans les délires patriotards de la presse U.S. après le "11 septembre" ?

Le grand reporter Roger Colombani a publié un livre intitulé "La vérité piégée" (Calmann-Levy), où il évoque les "affaires d'Etat" de la Vème République. C'était en … 1979 !

Ce n'est pas, il me semble, la concurrence de l'internet ou la frénésie du buzz qui pouvait expliquer la soumission de la corporation journalistique aux dogmes de la raison d'Etat gaulliste !

Autres titre éloquents de livres d'un époque où l'internet ne pouvait servir d'alibi à la médiocrité, à la soumission et au conformisme médiatiques (cités dans le désordre) :
-"L'information malade de ses stars" - Fr. Tristani-Ponteaux ( JJ. Pauvert -1983)

- "Les tigres de papier - Crise de la presse et autocritique du jouralisme", Claude Boris (Seuil -1975)

- "De l'idéologie aujourd'hui - Analyses, parfois désobligeantes du discours médiatico-publicitaire" - François Brune (Parangon - 2004)

- "Les médias pensent comme moi - Fragments du discours anonyme" - François Brune (L'Harmattan - 1993)

- "La presse locale en liberté surveillée" - Alain Besson (Ed. Ouvrières 1977)

- "Les petits soldats du journalisme" - François Ruffin (Les Arènes 2003)

1/2 …

Olivier a dit…

@Alex
Avez-vous vraiment lu l'article dont vous donnez le lien ? C'est le parfait exemple de ce qui est dénoncé ici, un titre qui cherche à plaire à nos peurs et quand on lit le contenu, personnellement je n'y vois rien d'inquiétant (je vais me faire traiter de naïf).
On est foutu si on continue de se comporter de la sorte.

Anonyme a dit…

Très bien résumé

usuel a dit…

alors si c'est autant d'histoire...on applique la Laïcité à la lettre..fini les cathos, musulmans ou autres ..on va pas en finir

Shanan Khairi a dit…

Quand on voit les dérives de la plupart des rédactions belges depuis les années '90, ça fait du bien de voir un journaliste "mainstream" prendre de telles positions. Ceux qui de fait sont investis de la responsabilité de "formateur d'opinion" et transigent avec le racisme, sous quelqu'oripeau que ce soit, l'affirmation du principe de citoyenneté et de l'Etat de droit portent une lourde responsabilité morale quant à la déliquescence de notre société.

Il n'y a pas si longtemps, le KVS, ulcéré par les dérives racistes et homophobes d'un des plus grands quotidiens de notre pays, a publié une lettre ouverte pour mettre un terme un terme à sa longue collaboration avec ce journal. Cela aurait pu, cela aurait dû, entraîner une réflexion éthique des associations de journalistes. Ca n'a pas été le cas...

Bernard a dit…

Bravo pour cette mise au point justifiée et argumentée.
Cela fait longtemps que je trouve qu'une grande partie de la presse a démissionné de son rôle d'éducation permanente et s'est transformée en une vulgaire boite de résonance pour des allégations simplistes véhiculées par une population mal informée.

Le serpent se mord la queue. Au plus la presse veut se rapprocher de son lectorat, au plus sont lectorat devient simpliste et mal informé.

Il est encore temps de réagir mais cela devient de plus en plus urgent !

hugues le paige a dit…

Bonjour, je ne partage pas toujours vos commentaires et analyses - ce qui est bien naturel- mais je tenais à vous remercier pour cette (auto)critique des pratiques journalistiques et médiatiques contemporaines. Pendant près de deux décennies, quand j'étais encore "en exercice",j'ai tenté d'alerter sur les conséquences de ces dérives déjà naissantes. En vain..comme le démontre votre analyse de la situation actuelle. Mais il est essentiel pour le journalisme et la démocratie que votre regard critique soit exprimé de la place où vous parlez. Puisse la hiérarchie de votre radio-télévision s'en inspirer... Bien à vous.

FRANCIS a dit…

Jean-Marie Lacrosse sur FB
Et si, pour une fois, cher Fabrice Grosfilley, on essayait une autre interprétation du phénomène "populiste"? L'histoire est confisquée par l'économie, la légitimité confisquée par les droits de l'homme, la simple fierté d'appartenir à une communauté politique particulière jugée indécente par les "élites".
Eh bien, une situation aussi scabreuse génère des protestataires, comment pourrait-il en être autrement? Ces protestataires sont ceux qui assument le plus gros des dégâts de cette mondialisation ratée. Ils sentent bien, comme nous tous, que quelque chose "dysfonctionne" mais ils ne disposent pas des concepts pour l'exprimer, alors ils se rabattent sur le sirop Meurens, un éminent symbole, avec le fromage de Herve, de ma région natale.
Non, aucun sursaut n'est possible de la part des journalistes ni de leurs épigones, comme Marcel Sel par exemple. Ils préfèrent traiter ces protestataires de demeurés ou de racistes et les insulter à longueur de colonnes

Anonyme a dit…

Je vous félicite, pour votre article. Et je pense que vous avez tous compris et les gens concerner le partage aussi. Vous avez publier ce que les personnes stigmatisé n'ose pas dévoilé. Un grand merci, merci de tout coeur

Anonyme a dit…

Cher Alex, en tant que musulmane, je ne défends pas la charia et ne voudrais pas, au grand jamais la voir instaurée. Comme la plupart des musulmans, d'ailleurs. Cette méthode est révolue, d'un autre temps! Nous avons d'autres outils pour condamner les criminels. Nous sommes au 21e siècle! Ne confondez pas tout, de grâce. Bien à vous!

Patrick Lowie a dit…

"Ce que je mange, c’est ce que je suis. Il ne nous viendrait pas à l’idée d’imposer un steak saignant à ceux qui font le choix d’être végétariens. Nous comprenons que c’est absurde, arbitraire et violent. Il se trouve des individus dont la vision du monde accorde moins de facilités aux enfants musulmans qu’aux adeptes du Vegan."

C'est faux. Les adeptes du Vegan subissent aussi toutes formes de discriminations, violences verbales,...

Olivier R. a dit…

Il est légitime que le terme islamophobie pose un problème d'interprétation quand celui ci est utilisé au delà de son sens strictement étymologique en essayant d'y trouver le pendant de l'antisémitisme, mot qui a au moins le mérité d'éviter les amalgames.

Qu'on utilise un terme plus précis, que je sache on utilise pas le terme judéophobie pour désigner la haine des juifs. Anti-musulmans, anti-islamistes aurait été certes plus long mais plus approprié. On pourrait aussi mettre en doute l'idée d'une peur phobique irrationnelle, car est-elle vraiment irrationnelle si on s'en tient à la définition stricte d'islamophobie?

Malheureusement entre religion islamique et délinquance, la corrélation existe. Si on y réfléchit on sait qu'il n'y a pas de causalité, bien qu'une très forte corrélation statistique mais peut on dire pour autant que l'éducation et la culture musulmane n'exerce aucune influence? Quand associé à un statut socio-économique faible, un communautarisme (pas forcément choisit, bien entendu), des mentalités différentes, un statut différent de l'homme au sein du foyer?

Vous nous dites que c'est le plus souvent un choix d'être musulman, mais c'est un raccourci très facile et ridicule, est ce un choix pour l'enfant d'être circoncis, d'être né au sein d'une famille religieuse ? bien souvent ce n'est pas un choix, ce n'est qu'une reproduction des us et coutumes familiales. Comment s'émanciper de l'islam quand on apprend dans cette religion le rejet de l'autre, du polythéiste, du juif, du mécréant et quand le texte nous dit qu'il faut rejeter son frère, son père... si il s'en détourne. Est ce vraiment un choix? Il faut une émancipation intellectuelle et une certaine liberté de penser pour choisir, ce qui n'est pas le propre d'un enfant... Et malheureusement de bien des adultes pour toutes les raisons évoquées.

Les médias surfent sur le buzz et les attentats, mais laissent aussi la parole à des gens qui disent qu'ils ne peuvent se revendiquer de l'islam, que ce sont des fous, des fondamentalistes, salafistes qui n'ont rien à voir avec le vrai islam. Il y en a pour tous les goûts dans les débats télévisés et on est très souvent dans l'islamophilie ambiante et la bien-pensance et non dans l'objectivité et le constat clinique.

Vous nous parlez de laïcité, c'est bien beau mais on peut dire qu'il y a forcer l'interdit alimentaire et forcer l'institution à accepter l'interdit alimentaire, ce que j'appellerai forcer l'interdit alimentaire à l'institution, hors vous nous parlez de neutralité et de renvoi à la sphère privée, le halal ne devrait il pas être renvoyé à la sphère privée si on suit ce que vous dites?

Le végétarisme n'est pas encore une religion que je sache. Si je suis parent végétarien et que le menu des cantines ne me plait pas, dois je essayer d'imposer un menu différencié qui s'adapte à mes convictions personnelles? n'ai je pas choisi cette différence? Ne dois je pas l'assumer? N'ai je pas la possibilité en tant que parent de préparer à manger pour mon enfant selon mes propres convictions (qui deviennent bien souvent les siennes) ou le nombre et non pas le cas peut être individuel d'un végétarien, justifie-t-il de forcer l'interdit dans l'institution et donc d'aller à l'encontre de la laïcité et donc d'accepter que le citoyen musulman s'isole du reste de la communauté.

On est pas ce qu'on mange, faut arrêter avec cette rengaine éculée. Si je mange mal pour une quelconque raison en quoi est ce que ça fait de moi ce que je suis? c'est exactement en disant que ce qu'on mange nous définit qu'on met les gens dans des cases.



Olivier R. a dit…

Il est légitime que le terme islamophobie pose un problème d'interprétation quand celui ci est utilisé au delà de son sens strictement étymologique en essayant d'y trouver le pendant de l'antisémitisme, mot qui a au moins le mérité d'éviter les amalgames.

Qu'on utilise un terme plus précis, que je sache on utilise pas le terme judéophobie pour désigner la haine des juifs. Anti-musulmans, anti-islamistes aurait été certes plus long mais plus approprié. On pourrait aussi mettre en doute l'idée d'une peur phobique irrationnelle, car est-elle vraiment irrationnelle si on s'en tient à la définition stricte d'islamophobie?

Malheureusement entre religion islamique et délinquance, la corrélation existe. Si on y réfléchit on sait qu'il n'y a pas de causalité, bien qu'une très forte corrélation statistique mais peut on dire pour autant que l'éducation et la culture musulmane n'exerce aucune influence? Quand associé à un statut socio-économique faible, un communautarisme (pas forcément choisit, bien entendu), des mentalités différentes, un statut différent de l'homme au sein du foyer?

Vous nous dites que c'est le plus souvent un choix d'être musulman, mais c'est un raccourci très facile et ridicule, est ce un choix pour l'enfant d'être circoncis, d'être né au sein d'une famille religieuse ? bien souvent ce n'est pas un choix, ce n'est qu'une reproduction des us et coutumes familiales. Comment s'émanciper de l'islam quand on apprend dans cette religion le rejet de l'autre, du polythéiste, du juif, du mécréant et quand le texte nous dit qu'il faut rejeter son frère, son père... si il s'en détourne. Est ce vraiment un choix? Il faut une émancipation intellectuelle et une certaine liberté de penser pour choisir, ce qui n'est pas le propre d'un enfant... Et malheureusement de bien des adultes pour toutes les raisons évoquées.

Les médias surfent sur le buzz et les attentats, mais laissent aussi la parole à des gens qui disent qu'ils ne peuvent se revendiquer de l'islam, que ce sont des fous, des fondamentalistes, salafistes qui n'ont rien à voir avec le vrai islam. Il y en a pour tous les goûts dans les débats télévisés et on est très souvent dans l'islamophilie ambiante et la bien-pensance et non dans l'objectivité et le constat clinique.

Vous nous parlez de laïcité, c'est bien beau mais on peut dire qu'il y a forcer l'interdit alimentaire et forcer l'institution à accepter l'interdit alimentaire, ce que j'appellerai forcer l'interdit alimentaire à l'institution, hors vous nous parlez de neutralité et de renvoi à la sphère privée, le halal ne devrait il pas être renvoyé à la sphère privée si on suit ce que vous dites?

Le végétarisme n'est pas encore une religion que je sache. Si je suis parent végétarien et que le menu des cantines ne me plait pas, dois je essayer d'imposer un menu différencié qui s'adapte à mes convictions personnelles? n'ai je pas choisi cette différence? Ne dois je pas l'assumer? N'ai je pas la possibilité en tant que parent de préparer à manger pour mon enfant selon mes propres convictions (qui deviennent bien souvent les siennes) ou le nombre et non pas le cas peut être individuel d'un végétarien, justifie-t-il de forcer l'interdit dans l'institution et donc d'aller à l'encontre de la laïcité et donc d'accepter que le citoyen musulman s'isole du reste de la communauté.

On est pas ce qu'on mange, faut arrêter avec cette rengaine éculée. Si je mange mal pour une quelconque raison en quoi est ce que ça fait de moi ce que je suis? c'est exactement en disant que ce qu'on mange nous définit qu'on met les gens dans des cases.

Christophe Ronie a dit…

Très bien dit. Il y a malheureusement trop peu de journalistes qui en sont conscients.