Au carrefour de la politique et de la culture... Belgique, Bruxelles, la communication, le pouvoir, les idées, le théâtre ou la musique ... le blog perso du journaliste Fabrice Grosfilley
Paul Magnette a annoncé lundi midi sur Télé Bruxelles le lancement d'une série de conférences communes avec son homologue du SPA Bruno Tobback : "on partage une philosophie, une vision de la société, des valeurs, et pour tous les grands dossiers de ce gouvernement nous nous sommes soutenus, les dossiers importants sont menés conjointement par le PS et le SPA" a indiqué le président du PS. La première de ces conférences aura lieu mercredi sur le site de l'ULB, avant d'autres rendez-vous programmés en Wallonie et en Flandre.
Paul Magnette a par ailleurs réclamé une réforme de la directive européenne sur le détachement des travailleurs , actuellement débattue au conseil européen "on va tuer notre tissu économique, il faut une convergence sur les lois sociales et surtout renforcer les contrôles".
Interrogé sur la succession de Freddy Thielemans, Paul Magnette a apporté un franc soutien à Yvan Mayeur, futur bourgmestre, " c'est un parlementaire actif, brillant qui a de l'expérience, parfois un peu raide dans l'expression mais c'est ce qui fait son charme, vous verrez, il fera un excellent bourgmestre". Il a en revanche été plus discret sur la désignation de Pascale Peraita à la présidence du CPAS de Bruxelles "je ne la connais pas personnellement" a-t-il sobrement commenté.
Ce matin je réécoute deux interviews d'Yvon Toussaint sur Tele Bruxelles. L'un pour la sortie de son recueil de chronique au Soir, quelques minutes dans le cadre du journal. L'autre, plus long, consacré à l'ensemble de son parcours face à Sabine Ringhelheim pour le magazine Rencontre.
Je me souviens être venu le saluer à l'issue de l'un de ses passages dans nos locaux. Il était souriant, joyeux, et savait parfaitement qui j'étais, ce qui m'avait flatté. En attendant son taxi nous avions parle du Soir, du journalisme, de la télé et des réseaux sociaux, des présentatrices de Télé Bruxelles qui venaient de l'interviewer et qu'il avait appréciées.
En postant ces liens je me propose de partager ces interviews avec vous. On y parle d'écriture et de journalisme. On y rappelle qu'Yvon Toussaint démissionna lorsque le groupe Hersant fit son entrée au capital de son journal, ce qui démontre un certain panache et un sens moral certain. Je retiens pour mes propres moments difficiles (la campagne électorale à venir y est parfois propice) que les rapports entre les journalistes et les politiques sont toujours délicats. Dans Rencontre Yvon Toussaint explique très bien qu'il trouvait sa rédaction trop proche du FDF à l'époque, et qu'il ne faut pas confondre la défense de valeurs et la promotion d'un parti sensé les porter. Au contraire disait-il, il ne faut rien laisser passer à son propre camp. Je vais essayer de mémoriser la leçon.
C'est un changement comme il n'en survient que tous les 10 ou 15 ans. Peu d'observateurs l'ont relevé et ce sera pourtant l'une des grandes nouveautés du scrutin de l'an prochain. Entre 2010 et 2014 les fédérations bruxelloises des deux plus grands partis francophones, le MR et le PS, ont changé de patron. Ces president(e) sont en charge de la confection des listes, c'est en cours, du programme, cela arrivera bientôt, et de l'incarnation de la campagne dans les médias, ce sera pour l'année prochaine : de quoi conditionner une élection et donner une toute autre saveur aux analyses à venir.
Didier Reynders et Laurette Onkelinx sont donc occupés à prendre leurs marques et à marquer de leurs empreintes respectives cette période cruciale qui précède la campagne elle-même. Je reviendrais sur Didier Reynders dans une prochaine chronique, intéressons nous aujourd'hui à Laurette Onkelinx.
Depuis qu'elle a pris les rênes de la fédération socialiste le rythme de travail de la vice-première ministre s'est encore accéléré. Considérée comme un élément central du gouvernement fédéral, ce n'est pas moi qui le dit mais un ministre flamand avec qui j'ai eu l'occasion d'en discuter : 'Laurette Onkelinx possède une grande connaissance de ses dossiers, défend crânement ses positions, sait faire preuve de caractère mais respecte les accords et les concessions obtenues par ses adversaires.' Un sans faute et beaucoup de louanges au delà de son propre camp.
Au niveau bruxellois par contre cela reste à prouver. Un patron de fédération c'est un peu de visibilité et beaucoup d'ennuis en plus. L'accession de Laurette Onkelinx à ce poste s'est faite en douceur, avec l'aval (et même l'appui, ce qui est rare) de son prédécesseur. Un passage de témoin plutôt qu'une conquête. Inconvénient de la situation : à gagner des batailles sans combattre on n'est qu'un général de pacotille, sans connaître l'état de ses troupes ni ses ennemis intérieurs, on joue l'autorité sans savoir si on la possède vraiment. La préparation des listes et la campagne à venir sont donc le baptême du feu de Laurette en terre régionale.
Ce baptême du feu commence à la fin de l'année dernière. Lorsque les socialistes décident de placer Rudi Vervoort à la ministre-présidence en remplacement de Charles Picqué. C'est assurément l'acte fondateur de la présidence Onkelinx. 'À ce stade Laurette et Rudi s'entendent parfaitement c'est un atout pour nous' me confiait la semaine dernière un haut dirigeant socialiste. Un homme incarne cette entente, c'est Yves Goldstein, chef de cabinet du ministre-président. En tant que secrétaire du gouvernement bruxellois il prépare les décisions, assiste au conseil des ministres, règle les relations avec les autres partis de la majorité, trouve les compromis et ajuste les budgets. Et en plus de tout ça il informe et conseille la présidente de la fédération. Car Yves Goldstein, comme Ridouane Chahid, chef de cabinet adjoint, vient de la sphère Onkelinx. Il fut longtemps le monsieur Europe du cabinet de la vice première, avant de devenir aussi le Schaerbekois de l'équipe, pilotant les deux campagnes électorales communales. Un homme de confiance. Le placer chez le ministre président c'était indiquer que la présidente de la fédération entendait être bien informée et gérer les choses en direct. 'Il n'y a plus une nomination d'huissier qui lui échappe' confie un autre socialiste. Goldstein, Chahid, mais aussi Mayeur, Madrane, Laaouej, Vannomeslaeghe : ce sont les yeux et les oreilles de Laurette Onkelinx. Une nouvelle génération d'élus, qui l'informent, la conseillent, filtrent et font remonter l'information, et redescendre les décisions. Retenez ces noms. Si Laurette Onkelinx perdure à la présidence ce sont les décideurs du Bruxelles de demain.
Yvan Mayeur est probablement le plus connu d'entre eux. Dans quelques semaines bourgmestre de Bruxelles, il jouit d'une relative autonomie : la présidente de la fédération s'est bien gardée d'intervenir dans l'affaire Pereita. Cela aurait pourtant permis d'assoir son autorité et d'éviter une campagne de presse très négative pour le PS ( sans compter que l'argument pourra ressortir en campagne). Mais c'est le pré carré d'Yvan. Celui-ci comme Rachid Madrane a pour lui d'avoir été formé et propulsé par Philippe Moureaux. Ces deux-là jouissent donc d'une double légitimité : choisis par le bourgmestre de Molenbeek et confirmés par la vice-première ils incarnent une forme de continuité, l'avant-garde de la génération Onkelinx en quelque sorte. Tous les deux peuvent aussi faire valoir une réelle expérience d'élus communaux. Madrane, comme Vervoort réussit en outre un bon démarrage gouvernemental. Ahmed Laaouej affiche un profil plus technicien : spécialiste des questions fiscales du PS, il participe à ce titre à une partie des négociations gouvernementales aux cotés d'Elio Di Rupo. Il est une figure qui monte, le probable leader du PS sur le nord ouest de Bruxelles même s'il n'a pas encore de grande base électorale et qu'il affiche un caractere plus gestionnaire que conquérant. Stéphane Vannomeslaeghe est l'homme de l'ombre, celui qui gère la fédération pour le compte de la présidente.
À ce stade Philippe Close et Karine Lalieux, aux profils plus Di Rupiens semblent dans un second cercle. Mais ça ne veut pas dire sans contact. C'est le propre d'un président de fédération de s'appuyer sur tout le monde est de ne pas se contenter de sa garde rapprochée si il/elle veut durer. Et on notera que Philippe Moureaux est loin d'avoir disparu, qu'il continue de voir Laurette Onkelinx régulièrement, que Rudi Vervoort n'est pas qu'un représentant de commerce et qu'il maîtrise bien ses dossiers, et que Charles Picqué n'est pas aussi effacé qu'il le dit.
Voici l'équipe. Et devant Laurette Onkelinx, déjà quelques solides dilemnes. Par exemple pour la seconde place à la chambre. Faut il reconduire Yvan Mayeur ou lui préférer Émir Kir ou Ahmed Laaouej ? Mayeur, c'est la continuité et un parlementaire de grande qualité. Mais n'est ce pas trop pour un seul homme ? Kir c'est l'assurance d'un gros score, Laaouej un pari sur l'avenir mais une inconnue électorale. Pas simple. Idem pour la liste à la région. Mettre en ordre la génération Onkelinx prendra encore quelques mois.
Thierry Lhermitte dans une satire de Dominique de Villepin lorsqu'il était le flamboyant ministre français des affaires étrangères. C'est ce que vous verrez si vous aller voir le dernier film de Bertrand Tavernier, "Quai d'Orsay". L'oeuvre est une adaptation de la très bonne bande dessinée du même nom. Elle raconte l'organisation et la vie d'un cabinet ministériel au travers du regard d'un jeune collaborateur engagé pour être la plume du ministre, celui qui rédige ses discours. L'intérêt du film est là : dans la relation trouble qui unit les membres d'un cabinet à leur patron, mélange de dévotion et de terreur, d'abnégation et d'épuisement. J'ai beaucoup d'admiration pour ces jeunes hommes et jeunes femmes qui choisissent de travailler pour un ministre ou un président de parti. Le grand public ne mesure pas à quel point le rythme est élevé dans le milieu du pouvoir : entre une réunion préparatoire à 7h30 et une conférence débat qui va prendre fin vers 22h, une visite de terrain le samedi, et un débat le dimanche, il y a de quoi y laisser sa santé et sa famille. J'en ai vu des membres de cabinet se sacrifier pour un patron parfois arrogant et méprisant. J'en ai vu des hommes politiques maltraiter leurs collaborateurs, les humiliant y compris devant le journaliste que je suis, et ces collaborateurs s'abstenant toujours de répondre. Ce film décrit très bien l'étrange admiration qui lie un membre de cabinet à son patron.
L'homme politique inspire, insuffle, conceptualise, tranche, dynamise, il est là pour ça. Son équipe tente de traduire en projets de loi, désamorce les crises, instruit les dossiers, prépare les notes et gère l'intendance. Bien sûr le conseiller aura sa récompense en bout de course : un salaire souvent correct, un mandat d'administrateur pour compléter et penser à autre chose, un recasement en fin de parcours quand les choses ne se passent pas trop mal. Mais le carburant reste l'amour de la politique et de son patron, la passion de la chose publique, et on est prêt à donner beaucoup pour cela : la pression est énorme, le volume de travail considérable. Ce que j'ai vu dans Quai d'Orsay est un poil forcé (comme dans la BD un ouragan précède le ministre qui fait s'envoler les dossiers , et la porte claque à chaque passage, un des effets comiques du film) mais reste proche de la réalité, y compris en Belgique. Niels Arestrup en chef de cabinet à la voix douce mais à l'autorité incontestable y est remarquable. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire l'un où l'autre parallèle avec des situations belges que j'ai pu approcher, je tairais les noms bien sur, même si le film reste très français. Oui, un cabinet ministériel fonctionne ainsi : avec un ministre plus ou moins flamboyant qui fixe la ligne dans des moments plus ou moins inspirés, un directeur de cabinet qui dirige réellement les opérations, un chef de cabinet qui gere la tresorerie et les problemes de voiture, des cabinetards, galériens du pouvoir, qui rament, une administration qui est considérée comme un obstacle et des parlementaires qui ne sont que des faire-valoir. Oui on y trouve cette forme de violence et un brin d'érotisme dans les rapports hommes-femmes. Oui, l'action est parfois brouillonne et irrationnelle, malgré ce que les journalistes écrivent. Et oui, le cheminement qui mène à une déclaration ou à une prise de position est parfois très étonnant.
Courrez donc voir ce film. Et si vous voulez poursuivre la réflexion procurez vous aussi l'Exercice de l'Etat avec un Olivier Gourmet en ministre des transports cannibale et Michel Blanc en chef de cabinet sacrifié volontaire. Plus sombre, moins grand public, mais tout aussi juste dans la description des machineries ministérielles.
Vincent De Wolf vient de lâcher le morceau. Dans l'émission Les Experts diffusée ce samedi sur Télé Bruxelles le chef de file des libéraux bruxellois reconnait que la campagne a bel et bien démarrée. D'ailleurs dimanche il organise un premier rassemblement de ses supporters au stade Constant Vanden Stock. A plus de 6 mois de l'élection c'est sans doute plus facile de dire que la campagne est lancée quand on est dans l'opposition. Dans la majorité on a plutôt intérêt à dire qu'il faut encore travailler.
Ce vendredi vous pouviez également lire dans la Libre Belgique un bon topo signé Mathieu Colleyn de ce qui vous attend pour la confection des listes électorales. Quelques inconnus, un peu d'intoxication, des élus qui se placent, le moment est propice à ces spéculations. La vérité est que les états majors ont encore quelques semaines devant eux. Au Mouvement Réformateur l'ossature des listes devrait être communiquée lors de la tournée des vœux 2014, courant janvier. Le PS se donne un peu plus de temps, ce sera probablement pour février.
Côté têtes de liste , quelques certitudes : Laurette Onkelinx, Didier Reynders, Olivier Maingain seront numéro 1 à la chambre pour leurs formations respectives. Rudi Vervoort, Vincent De Wolf, Didier Gosuin en pôle position pour la région. Au CDH c'est plus compliqué, j'y consacrerais un billet dans les prochaines heures ou prochains jours. Notez pour l'instant que Joëlle Milquet souhaite se présenter à la chambre, mais que la pression est de plus en plus forte pour lui demander d'être candidate à la région. A Ecolo Christos Doulkeridis sera numéro 1 à la région, Zoé Genot sera également sur cette liste alors que Yaron Pesztat, actuel chef de groupe annonce qu'il ne se représentera pas. Zakia Khattabi et Benoît Hellings sont en lice pour conduire la liste à la chambre.
Ca c'est pour les grandes lignes. Je vous invite aussi à suivre la suite du casting. C'est souvent pour les places suivantes que les batailles sont les plus rudes, et les enjeux importants pour les partis.
Au PS Fadila Laanan sera-t-elle en seconde position pour la région ? Rachid Madrane sera-t-il confirmé dans son rôle de ministre en décrochant la 3ieme place ? Emir Kir glissera-t-il vers la chambre ? Yvan Mayeur et Karine Lalieux seront-ils derrière Laurette Onkelinx, ou bien l'équilibre entre communes exige-t-il d'intercaler un élu qui ne vienne pas de la ville ? Au MR Françoise Schepmans sera-t-elle en deuxième position pour la région ? Où se retrouvera Françoise Bertieaux, qui fait aujourd'hui figure de principale victime de l'arrivée de Didier Reynders ? Des nouvelles venues comme Assita Kanko décrocheront-elles une place éligible? Au FDF Fatoumata Sidibé sera-t-elle numéro 2 à la région, la même place pour la chambre étant promise à Joëlle Maison ?
Ces interrogations taraudent le microcosme. Interviews, prises de position, cartes blanches : il faut lire les déclarations politiques des prochaines semaines en gardant ces questions à l'esprit. Elles vous aideront à comprendre pourquoi les uns et les autres prennent la parole.
L'ancien premier ministre et ministre d'Etat Mark Eyskens était mon invité ce mardi sur Télé Bruxelles. Il estime que les partis flamands traditionnels ne pourront pas discuter du programme confédéral de la NVA. Le parti de Bart De Wever "pratique l'auto-exclusion, il est sur une autre planète" a-t-il estimé.
L'intégralité de l'interview est ici : http://www.telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/linterview
C'est donc la confirmation d'un scénario dévoilé depuis longtemps. Ce lundi Freddy Thielemans, 69 ans, a confirmé qu'il mettait un terme à sa fonction de bourgmestre de Bruxelles. Un poste prestigieux, le bourgmestre de Bruxelles gère l'une des plus grandes villes du pays, et le statut de bourgmestre de la capitale lui ouvre les portes des grands de ce monde.
Le successeur désigné est déjà connu : c'est Yvan Mayeur, président du CPAS qui devrait être désigné (déjà adoubé par Laurette Onkelinx, la confirmation par la section PS locale puis par la majorité communale ne semble n'être qu'une formalité).
En coulisses cela fait plusieurs semaines qu'Yvan Mayeur se prépare. Son cabinet est même déjà prêt. C'est une femme qui deviendra son bras droit à la commune : Morgane Lobjois sera sa chef(fe) de cabinet. De nationalité française, inconnue du grand public, elle est actuellement conseillère santé du groupe PS à la chambre. C'est là qu'Yvan Mayeur l'a repérée. Le poste n'est pas anodin : Freddy Thielemans et Philippe Close ont tous les deux occupés la fonction de chef de cabinet du bourgmestre, vous connaissez la suite.
Ce n'est pas un hasard si Yvan Mayeur recrute sa principale collaboratrice au parlement fédéral. Député actif, il devrait continuer à y sièger. Un cumul qui risque de faire jaser : bourgmestre de la capitale pourrait être considéré un boulot à plein temps. Les contre-arguments existent : Paul Magnette et Willy Demeyer, aussi bourgmestres de grandes villes sont aussi sénateurs, Bart De Wever est bourgmestre d'Anvers et député flamand et Elio Di Rupo fut longtemps député et bourgmestre en titre de Mons. D'après mes informations Yvan Mayeur souhaiterait d'ailleurs être de nouveau candidat à la chambre en 2014, laissant à Philippe Close le soin d'être candidat à la région. Notez que le bourgmestre de Bruxelles a dans ses attributions la direction de la police et les relations publiques (classique) mais aussi la gestion du budget (un gros morceau).
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Ce changement de bourgmestre ne signifie pour autant la disparition de Freddy Thielemans. Ainsi qu'il me l'indiquait ce matin sur Bel RTL le bourgmestre sortant espère continuer à jouer un rôle important sur le projet Neo. D'après mes informations il pourrait ainsi devenir directeur ou secrétaire général de la structure qui gèrera le développement du futur quartier. Ce n'est pas vraiment un boulot de retraité
C'est Jean-Christophe Pessese qui dirigeait les débats des Experts de Télé Bruxelles cette semaine. Et il y avait du grain à moudre avec les propositions de la NVA. Pour les journalistes présents le parti de Bart De Wever réussit une nouvelle fois à dicter l'agenda médiatique et les réponses francophones paraissent faibles. Les invités politiques étaient Damien Thierry (FDF) et Françis Delpérée (CDH).
Je n'ai rien à vous dire sur Bernard Wesphael. D'abord parce que ce n'est pas ma rubrique. Je connais l'homme politique, je ne sais rien de l'homme privé. C'est vrai pour lui comme pour beaucoup d'autres.
Ensuite parce que je n'ai pas beaucoup de goût pour ces matières là. C'est un drame. L'émotion nous touche tous, inutile d'en rajouter. Un peu de pudeur.
Je n'ai rien à vous dire parce que je ne sais rien. Je laisse les enquêteurs faire leur travail. Sans juger prématurément. Sans défendre aveuglement. Il faut attendre. Le temps de la justice n'est pas le temps de l'émotion, ni celui des médias.
Je n'ai rien à vous dire par respect pour ma consœur décédée et par respect pour ses proches.
La seule chose que je pourrai faire c'est vous rappeler le parcours de Bernard Wesphael : ancien chef de groupe Ecolo, trublion, contestataire, sans doute amer d'avoir été écarté des fonctions ministérielles auxquelles il pensait pouvoir pretendre, candidat malheureux à la présidence de son parti, en rupture encore et toujours. Mal à l'aise à Ecolo il demissionne, mais garde son mandat de deputé regional, fonde le mouvement de Gauche, se propose en Melenchon liégeois, mais lucide, constatait récemment que ce mouvement, abritant plusieurs tendances et doublé sur sa gauche par le PTB ne prenait pas l'ampleur souhaitée. La seule chose que je peux vous dire c'est celà. Qu'il avait rêvé à un cartel à la gauche de la gauche, mais que son rêve s'enfuyait.
Parce que nous ne nous réduisons pas à une seule facette de notre existence. Que nous sommes tous des individus complexes qui ne peuvent être réduits à un seul fait, un seul moment, une seule phrase. Que connaître et comprendre une personnalité demande du temps. C'est vrai pour les personnages publics comme pour les autres.
Mon témoignage ce triste week-end de Toussaint n'ira donc pas plus loin que ce rappel du parcours politique de Bernard Wesphael. L'homme n'était plus très présent dans les médias. En juin dernier je le recevais à Télé Bruxelles. Ce n'est pas notre meilleure interview, à l'un comme à l'autre. Mais c'est ce que je peux garder en mémoire, et éventuellement partager avec vous. Car sur le reste, je n'ai rien à vous dire.