20 octobre 2013

Ecolo invente le matricide

OLYMPUS DIGITAL CAMERA C'est un drôle de parti Ecolo. Pas parce que les militants y ont régulièrement le pouvoir de nommer leurs représentants : des exercices de désignation démocratiques existent dans d'autres formations, au moins pour la présidence, et sont organisés tout aussi démocratiquement. Plutôt pour les résultats inattendus qui sortent de ces consultations. Ce n'est donc pas tant cette tradition démocratique qui fait la singularité d'Ecolo que la culture contestataire qui s'exprime à ces occasions.

Par définition un vote en assemblée générale du parti écologiste est difficile à prévoir tant les débats qui le précède sont tumultueux, ouverts passionnés. 
En tant que journaliste j'ai connu trois époques. La première, celle des assemblées générales ouvertes faisait le délice des reporters politiques. On y voyait les courants s'affronter devant les caméra, les ambitions personnelles s'exprimer sous les huées des militants, les alliances contre-nature (on a beau être chez les écologistes, ça existe aussi) s'afficher. On s'insultaient, on se comptait, et puis on quittait le parti ou se réconciliait pour le combat suivant. 
La seconde période est liée à l'essor du parti dans la vie politique et sa transformation en partie de gouvernement (comprenez que les verts acceptaient de monter dans une majorité et de mettre les mains dans le moteur pour tenter d'influer sur le cours des choses au lieu de les critiquer de l'extérieur). On a maintenu les assemblées générales, mais on a alors interdit l'accès de la presse au débat. Cela a commencé par les caméras, puis la mesure s'est étendue à toute la profession. Les joutes oratoires continuaient, mais l'effet dévastateur que cela aurait pu avoir sur l'opinion publique est devenu plus limité. 

Nous sommes maintenant dans une troisième phase, celle de la professionnalisation d'Ecolo. Les assemblées générales y ont été remplacées par des comités de listes. On fournit une liste clef en main préparée par la direction du parti, le rôle des militants dans cette phase cruciale est donc moindre. Mais il restait  une exception. La liste européenne. Vu ce qui s'est passé hier à Mons les écologistes ne pourront pas faire l'économie d'une réflexion sur ce que représente cette exception pour un niveau de pouvoir où se concentre les enjeux environnementaux qu'ils portent.

Ce week-end les écologistes ont donc préféré Philippe Lamberts à Isabelle Durant (325 voix contre 270) pour conduire la bataille européenne de mai prochain. Une bonne cinquentine de voix d'écart, ce qui est significatif quand on est 600 votants. 
On pourra voir dans ce résultat la revanche de la désignation précédente (Durant l'avait emporté d'une seule voix face à son challenger). J'ai la faiblesse d'y voir bien plus : le maintien ou la résurgence de cette culture contestataire. Le désir de la base de montrer à ses élites qu'elles sont à sa merci, quitte à se tirer une balle dans le pied. Montrer qu'on a le pouvoir en prenant une décision contraire à ses propres intérêt pour manifester son autorité est assez peu rationnel, mais vous si vous me lisez régulièrement vous savez déjà que tout n'est pas rationnel en politique.

Les arguments de campagne des deux candidats l'indiquaient assez clairement. Isabelle Durant a essaye de convaincre les électeurs/militants en mettant en avant son expérience, son positionnement large (elle peut parler aussi bien de transport que d'énergie ou d'éthique) et surtout sa surface électorale (avec moins deux sièges sont possibles, sans moi, un seul est probable). Philippe Lamberts a mis en avant son bilan (être devenu l'un des parlementaires européens les plus compétents en matière de finances) et un renouveau politique dont il est indéniablement porteur (une nouvelle génération, une rupture de style, le retour aux fondamentaux : pas plus de deux mandats et le turn over assumé des élus). Lentement mais sûrement le débat européen s'est donc joué de la manière suivante à Ecolo : ceux qui pensent qu'ils faux aller au devant de l'électeur en étant le plus rassembleur possible, et ceux qui souhaitent que l'on s'en tiennent strictement au programme, peu importe qui le porte.  Gagner les elections parce que c'est la vocationd'unpart, ou garder son âme pure pour ne pas ressembler à ceux qu'on denonce. Depuis,longtemps l'un des deux candidats portait en lui un atttitude de defiance vis à vis de l'appareil, qui, disait-il, ne le soutenait pas assez. Avec lui les militants on voulu remettre ceux qui incarnent le parti dans l'opinion à leur juste place : des militants parmi d'autres. Une résurgence des combats fondi/realo des années 80. Avec Lamberts ce sont donc les fondi rigoureux qui gagnent.

Qu'on se comprenne bien. J'ai beaucoup d'estime pour Philippe Lamberts, que j'ai interviewé à plusieurs reprises et qui m'impressionne par sa connaissance réelle du dossier bancaire. Des articles du Monde et du Financial Times qui vous décrivent comme l'adversaire numéro 1 des grandes banques européennes ce n'est pas rien. L'homme est organisé, dynamique et bon communiquant. C'est un excellent député. 
Mais ce n'est pas le problème. Un bon parlementaire n'est pas forcément une bonne tête de liste. Thierry Giet fut un bon parlementaire, chef de groupe PS respecté à la chambre, mais toujours élu grâce à la suppléance. Pour  prendre un autre exemple, au sein d'Ecolo cette fois, Marcel Cheron est un négociateur incontournable des matières communautaires, il n'est pas une machine à voix. Compétence et force de travail ou puissance médiatique et pouvoir de séduction, faut pas confondre.  

Ce matin je suis sur que beaucoup d'écologistes belges ont un sentiement de gueule de bois. Après l'ivresse du coup d'eclat,  les éditoriaux moralisateurs (dont ce papier fait sûrement parti) vont leur expliquer que c'est pas terrible ce choix. Et que oui, c'est vrai, Isabelle Durant ratissait plus large et était une meilleure tête d'affiche, et que le score de mai prochain risque de s'en ressentir. 
Plus important encore, le sentiment que la vice-présidente du parlement européen se retrouve désavouée par ses propres troupes alors qu'elle aurait pu viser la place de chef de groupe avec le départ de Dany Cohn-Bendit. Que toutes les années Durant se soldent par un vote sanction. Il suffit de regarder le parcours : Isabelle Durant fut secrétaire fédérale du parti, avant de devenir la seule et unique vice première Ecolo d'un gouvernement fédéral. On peut l'aimer ou pas, mais on se souviendra qu'elle a incarné Ecolo au pouvoir, luttant becs et ongles avec Laurette Onkelinx et Didier Reynders, s'opposant aux camionneurs qui bloquaient la rue de la loi ou sortant du gouvernement sur la question des vols de nuit. C'est ce symbole là aussi, que les militants déchirent d'un geste sec, comme l'annonce d'un souhait assumé d'un retour à l'opposition en mai prochain. 

Cette assemblée générale de Mons c'est donc comme une boussole qui annonce un nouveau cap. Celui d'une reconstruction  qui passe par un changement de génération, la reapporpriation du parti par ses militants, mais aussi un éloignement du pouvoir. 
L'annonce que Jean-Marc Nollet et Marcel Cheron seront candidats à la chambre et non plus à la région confirme ce qui n'est aujourd'hui qu'un presssentiment de journaliste. Mieux vaut briller au federal qu'à la region si,on s'eloigne du pouvoir. On ajoutera que les ténors du parti, pressentant cette nouvelle tendance se sont montrés bien timides pour défendre Isabelle Durant. 
Pour conclure je voudrais renvoyer au livre 'Ecolo au pouvoir' que Chritian De Bast écrivait en 2002 (11 ans déjà !). À l'epoque l'auteur était journaliste à l'Avenir, il allait devenir quelques mois plus tard porte-parole du CDH. Dans ce livre on décrit comment Isabelle Durant était perçue comme une mère ou une grande sœur par les écolos. On explique aussi comment les dirigeants du parti  furent sans pitié avec Paul Lannoye ou Jacky Morael. À Ecolo on a n'a pas peur du parricide politique. On vient d'inventer le matricide. 

17 octobre 2013

Philippe Close (PS) juge que les poteaux bleus et jaunes ne sont pas une priorité

http://telebruxelles.net/portail/emissions/magazines-a-voir-en-ligne/linterview/27823-171013-philippe-close-ps


C'est un peu le feuilleton de la semaine en région Bruxelloise. Mercredi Brigitte Grouwels annonçait son intention de peindre les poteaux de feux rouges en bleus et jaunes. Un premier test serait d'abord mené sur 16 poteaux avant de se lancer dans une opération de plus grande ampleur... c'est une question de sécurité estime la ministre CD&V qui juge les poteaux gris pas assez visibles.

Ce midi le chef de groupe PS du parlement régional Philippe Close à fait part d'où e certaine réserve. 'Ce n'est pas une priorité et sur le plan esthétique je ne suis pas sûr' a-t-il glissé, même si il a ajouté que Brigitte Grouwels peut compter sur son soutien... Il suffit de voir la vidéo de l'interview (c'est vers les 2/3 de l'entretien) pour comprendre que l'accueil est donc très tiède au sein même de la majorité.

15 octobre 2013

Pourquoi écrivent-ils ?

La rentrée littéraire est derrière nous. Mais les livres politiques fleurissent. Frédéric Daerden et Paul Magnette se sont affichés en librairie il y a quelques mois déjà. Merry Hermanus et Isabelle Durant sont actuellement sur les rayonnages. Steven Vanackere, prédécesseur de Koen Geens aux finances, publie un ouvrage ce mardi. Philippe Moureaux, déjà auteur de plusieurs récits, peaufine son prochain manuscrit. Autant de livres, autant de styles, mais une constante : en prenant la plume les élu(e)s établissent un nouveau lien avec l'opinion publique. Ils délimitent un espace, dont ils ont le contrôle, adapté à leur message, sans passer par l'intermédiaire ou le filtre d'un média. Cette liberté, outre qu'elle permet de sortir des petites phrases pour avoir le temps d'expliquer une vraie vision, nous dit beaucoup des intentions de l'auteur. La forme littéraire choisie, le contenu du récit, son articulation, nous renseignent sur le public visé, et sur la relation que l'auteur espère entretenir avec ce lecteur. Et comme du lecteur à l'électeur il n'y a qu'une lettre cela mérite qu'on s'y arrête. Je ne suis pas critique littéraire, vous me permettrez donc de passer les livres en revue sans toutefois juger les styles.

Première catégorie de livres politiques, le recueil de chroniques. Bart De Wever et Paul Magnette ont en commun de publier des billets réguliers dans un grand quotidien flamand. Les réunir sous forme de livre ne demande pas beaucoup de travail en plus. Opération gagnante qui vous permet de gagner des lecteurs au delà du lectorat du quotidien dans lequel les chroniques ont été publiées, de pérenniser votre œuvre (le journal est éphémère, le livre reste) et accessoirement de déposer votre visage dans les librairies. Si j'étais sordide je comparerais l'homme politique à une marque.  Un visage sur une couverture, c'est autant de contacts avec la marque que de clients dans les librairies. Si votre éditeur décroche le rayon livre du carrefour c'est bingo. 

Sur le contenu Paul Magnette propose une visite de l'espace francophone à destination des lecteurs flamands. Pour un bruxellois ou un wallon lire ces chroniques c'est un peu se voir dans le miroir du miroir. C'est déformant bien sur, mais ça ne manque pas d'intérêt. On y comprendra que les clichés entretenus au nord sur le sud ne pourront pas être déconstruits tant les habitants du sud les  intègrent dans la perception qu'ils ont d'eux-même. Ajoutons que c'est une lecture agréable, par chapitre ou d'un trait.


Deuxième registre le livre-entretien, genre très prisé, que ce soit en duo avec un journaliste, ou comme dans le cas de Frédéric Daerden avec un interlocuteur artificiel censé incarner monsieur ou madame tout-le-monde. L'interlocuteur pose des questions, le politique y répond. L'ouvrage ici a une visée pédagogique. Frédéric Daerden y a même ajouté des fiches d'explication (qu'est ce que la subsidiarité ou une majorité qualifiée). On sent la patte des collaborateurs derrière l'ouvrage qui veut rapprocher l'électeur du fonctionnement du parlement européen. On est ici entre l'ouvrage scolaire et la profession de foi, et l'ouvrage sera instructif pour tous les étudiants en sciences politiques. On peut y voir, aussi, en creux, un malaise : celui d'un élu très implanté localement mais confronté au déficit d'explication des qu'on parle d'union européenne. Mais que fais-je donc si loin de vous, chers électeurs, lorsque je suis à Bruxelles ou à Strasbourg ? 

Toujours dans la catégorie Europe, Isabelle Durant a opté pour le livre-manifeste. Là aussi c'est un classique de la littérature politique, où l'auteur fait part de sa vision du monde et dévoile ce qui s'apparente à un programme. C'est dense, touffu, cela invite à la réflexion, et cela demande sans doute plus d'effort de la part du lecteur. Comme pour le livre précédent on notera toutefois une volonté pédagogique et ceux qui aiment l'Europe prendront un réel plaisir à découvrir quelques anecdotes sur le fonctionnement du parlement européen (Isabelle Durant en est vice-présidente et n'est pas tendre avec Herman Van Rompuy, le président du conseil). Particularité de l'ouvrage de l'euro députée ecolo celui- ci à été écrit à 4 mains avec une partenaire n'est pas membre du même parti (la socialiste allemande Gésine Scchwan) ce qui lui permet de sortir du lot des nombreux ouvrages qui proposent une vision européenne. 

Avec Merry Hermanus c'est une autre catégorie qui s'offre à nous, celle des livres-souvenirs. C'est déjà le second ouvrage du genre de l'ancien secrétaire général de la communauté française. Dans le précédent (l'Epreuve) l'auteur se concentrait sur les affaires Inusop et Agusta-Dassault qui lui ont valu d'être condamné. Dans ce qui pourrait paraître comme une suite Merry Hermanus dresse surtout le récit de ses jeunes années dans les cabinets ministériels. Des situations croquignoles, des anecdotes, un livre de récits savoureux où l'on croise les grands formats des années 70/80. Hermanus veut s'y poser en concurrent de Philippe Moureaux qu'il égratigne au passage. On y sent aussi le désir de crier 'ma vie ne se résume pas aux procès que vous connaissez'.

Philippe Moureaux justement prépare aussi une galerie de portraits. On y croisera de grands noms de la politique comme Wilfried Martens. Je suis prêt à parier qu'on y parlera pas beaucoup de Merry Hermanus. 

Enfin Steven Vanackere nous offre aujourd'hui le livre justification. Dans la premiere pierre il nous invite à suivre les vices de nos politiques mais c'est pourtant la vertu que l'ancien vice-premier ministre  décrit dans ses pages. Pourquoi faut-il faire de la politique semble vouloir nous expliquer le ministre démissionnaire, qui se decrit plus vertueux que vicieux, préparant sans doute ainsi son come back : il pourrait être candidat aux élections européennes de l'an prochain. L'ouvrage n'est à ce stade publié qu'en néerlandais. 

Notons que tous ces ouvrages ne feront pas la fortune des éditeurs. En Belgique francophone le livre politique se vend correctement  mais l'étroitesse du marche fait que l'exercice est rarement rentable. Il faut déborder sur le marché français pour atteindre le vrai succes. Il y a quelques années beaucoup d'ouvrages politiques s'editaient ainsi à compte d'auteur. Pour certaines maisons d'édition on demandait au candidat-écrivain de financer lui même l'exercice en achetant à l'avance de grandes quantités ou en s'engageant à reprendre les invendus. On n'est pas sûr que ces pratiques aient disparues. La preuve : de nombreux ouvrage paraîtront sûrement juste avant le début de la campagne officielle au printemps prochain. En faisant bien attention à la date, car une fois la campagne officiellement lancée les frais d'édition risquent d'être incorporés aux comptes de campagne. Et ça, même quand on aime beaucoup écrire, on préfère éviter. 


13 octobre 2013

Les 4 vérités d'une baisse de la TVA

J'ai participé ce dimanche midi à l'émission Controverse dont l'un des débat tournait autour d'une baisse de la TVA sur l'électricité. Comme vous le savez sans doute l'idée a été lancée par Johan Vande Lanotte lors des travaux sur le budget 2014, mais le CD&V l'ayant accueillie fraîchement, elle a été temporairement mise au frigo. Comme l'affaire n'est pas close il me  semble sain de ramasser ce débat sous forme de quelques affirmations  et de tenter d'y apporter les nuances ou la contradiction nécessaire. Ce qui paraît évident n'est pas toujours la vérité.

La baisse de la TVA sur l'électricité améliorera notre pouvoir d'achat
Cette affirmation peut sembler simple comme du bon sens. Il faut la nuancer. Comme je le faisais remarquer sur le plateau à Raoul Heddebouw (porte parole du PTB) dans une économie de marché il est rare que la baisse de la fiscalité soit intégralement répercutée sur le prix de vente d'un produit. Le plus souvent le producteur ou les intermédiaires profitent de cette baisse pour accroître leur marge bénéficiaire. On a pu le constater avec la baisse de la TVA sur le secteur horeca. La ristourne consentie par l'Etat ne se répercutera réellement sur le pouvoir d'achat que si l'on prend des mesures complémentaires pour contraindre les producteurs et distributeurs  d'électricité  à maintenir leurs prix actuels. Il faudra également s'assurer que les régions ne viennent pas alourdir la facture par des taxes compensatoires.

La baisse de la TVA est une mesure de gauche qui bénéficie aux travailleurs
Là on frise l'escroquerie intellectuelle. Si le consommateur paye effectivement moins, l'intérêt de la mesure réside surtout dans un décalage de l'index. Baisser la TVA aura pour effet de retarder la progression des prix à la consommation et donc des salaires. D'après les experts cela permettrait  d'economiser 0,4 % de notre masse salariale et de repousser toute augmentation de salaire au delà de 2014 (il n'y a déjà  pas eu de saut d'index en 2013). En clair ce que l'on accorde aux consommateurs d'une main on le reprend aux salariés de l'autre. Ceux dont les revenus ne dépendent pas de l'indexation (rentiers, boursicoteurs) profiteront davantage d'une baisse des prix de l'électricité. Ce n'est pas ce qu'on appelle une mesure de gauche. C'est la raison pour laquelle les fédérations patronales sont d'ailleurs enthousiastes : elles ont tout intérêt à limiter les hausses de salaire et cette mesure le permet, tout en étant intégralement à charge de l'Etat. 

La baisse de la TVA relancerait l'économie 
C'est en partie vrai. Le maintien de l'index en dessous de l'indice pivot aide les entreprises belges à gagner en compétitivité vis à vis des pays voisins puisque les salaires n'augmentent pas. L'affirmation selon laquelle l'énergie devient moins chère pour les entreprises est en revanche fausse puisque la  pupart des entreprises récupèrent la TVA. Reste à chiffrer l'impact de la mesure. Le cabinet Vande Lanotte avance le chiffre de 11 000 emplois créés. 


La baisse de la TVA est neutre pour le budget de l'Etat
Attention danger : c'est sans doute sur cette question que les chiffres doivent être relayés  avec le plus de prudence. Baisser la TVA de 21 à 6% cela représente au moins 400 millions de recettes en moins pour l'Etat fédéral. Si l'on tient compte de l'effet retour (les créations d'emploi) on peut espèrer un gain de 200 millions environ, il reste donc un solde de 200 millions à financer. 200 millions, ça tombe bien, c'est justement ce que l'Etat gagnerait avec un report de l'index qui permettrait de ne pas augmenter les salaires des fonctionnaires. 

Le problème c'est que le calcul d'un effet retour est fortement aléatoire. Le plus souvent il est surestimé. Le CD&V en demandant à faire vérifier l'ensemble de ces chiffres n'est pas inconséquent.  On notera aussi que cette neutralité budgétaire n'est valable que la première année. Sauf à imaginer que la TVA joue au yoyo c'est une baisse structurelle qui est décidée ici, alors que l'effet retour lui ne jouera à plein qu'une seule fois : l'Etat risque de la payer cher très rapidement. 

Pour résumer voici donc une mesure portée par un parti de gauche qui profite essentiellement aux entreprises et qui risque de peser à terme sur les finances de l'Etat. Et comme le CD&V ne veut pas faire de cadeau au SPA, et a eu le sentiment que l'ami Johan tirait un peu trop la couverture à lui,  c'est un parti de centre droit qui s'y oppose. Joli paradoxe, non ? 

24 septembre 2013

Contrer le radicalisme sur le net : Joëlle Milquet a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

Joëlle Milquet veut lancer un cellule spécialisée dans le "contre-discours" sur internet. C'est l'un des volets de son plan anti-radicalisme qu'elle entend défendre lors du prochain conclave budgétaire. La ministre de l'intérieur en a fait l'annonce ce matin sur Bel RTL. L'idée n'est pas neuve, elle s'inspire des moyens mis en œuvre aux Etats Unis. Par "contre-discours" il faut entendre la promotion des valeurs démocratiques et l'affirmation que l'Islam n'est pas le Jihad. Mais alors que je l'interroge sur les moyens à mettre en œuvre , Joëlle Milquet reste timide : 4 agents qui pourraient se relayer dit-elle.... C'est évidemment trop peu. Car si on s'en réfère à l'exemple américain, ce sont bien des dizaines de "propagandistes" veillant en permanence sur les réseaux et capables d'intervenir en plusieurs langues qui ont été recrutés. Chez nous il faudrait être capable d'intervenir en Français et Néerlandais, bien sur, mais aussi en Anglais, Perse, Arabe...et être susceptible d'aller en permanence d'un forum à un autre, de débusquer de nouveaux sites, de contourner les codages mis en place, etc. Un boulot à plein temps pour au moins une vingtaine de personne. Initialement la ministre belge rêvait d'une cellule européenne. Las, il semble que seul le français Manuel Vals soit plus ou moins convaincu de l'intérêt de l'opération, Joëlle Milquet souhaiterait donc prendre les devants au niveau national. Alors pourquoi seulement 4 personnes ? La réponse est dans l'expression "neutralité budgétaire" employée par la ministre de l'intérieur quelques secondes plus tard dans l'interview. En clair la ministre n'envisage qu'une équipe de 4 personne car c'est ce que son budget lui permet, mais si lors des arbitrages budgétaires ses collègues lui concèdent une rallonge elle pourra monter en puissance. Voici donc une demande par média interposé. L'objectif de Joëlle Milquet est de lancer cette fameuse cellule au début 2014.

21 septembre 2013

Pourquoi je défends le cordon sanitaire

L'article ci dessous est une carte blanche que je publie cette semaine dans la revue de l'association des journalistes professionnels. Il a pour but d'expliquer ma position sur une question délicate : qui invite-t-on dans les émissions politiques en direct. Il me semblait nécessaire de m'expliquer avant que nous n'entrions en campagne électorale.

 Journalistes 151D’abord entendons-nous sur les termes. Le cordon sanitaire dans les médias audiovisuels vise à exclure les partis liberticides ou racistes des débats en direct, et seulement cela. Une rédaction peut toujours aller interviewer des représentants de ces partis, diffuser leurs propos dans un reportage. Le travail de montage et d’écriture permettent d’assurer un traitement journalistique : en écartant des propos haineux ou contraire à la vérité,  en les diffusant mais en démontrant leur nature, en donnant la parole à un contradicteur, etc. Toutes choses que ne permet pas l’expression en direct. Pour le dire autrement, le direct  nécessite une attention particulière car il ne permet pas aux journalistes de faire de manière satisfaisante leur métier qui consiste à trier, vérifier et relativiser l’information avant de la diffuser.

  La télévision, qu’on le veuille où non, sert d’abord à rendre populaires ceux qui s’y expriment. En télévision c’est toujours l’image qui prime. Donner la parole à un tribun, c’est d’abord diffuser son visage, permettre que ce visage soit associé à un nom et que cela s’imprime dans la mémoire du téléspectateur.   Le second impact de la télévision est son efficacité à transmettre l’émotion. La peur, la colère, la joie, la tristesse : tout cela transparait sur un visage. Permettre à un représentant d’un parti liberticide d’apparaître à l’écran, c’est lui permettre d’exprimer ses émotions,  et au téléspectateur de les partager. Cette empathie naturelle est bien plus efficace que le discours en lui-même et c’est bien pour cela que la télévision nous subjugue.   Ces deux  premières  constatations me laissent dubitatif face aux reportages et aux débats qui se donnent pour mission de démonter les thèses des partis extrémistes. Une partie du public, souvent déjà convaincue, en retiendra des arguments pour combattre ces formations. Une autre, parfois déjà sensible aux discours populistes, y verra une tentative des journalistes de lui  faire la leçon. Les formations qui jouent volontiers la carte de la victimisation ont tout à y gagner.

 Permettez-moi d’ajouter encore deux autres constats liés à 15 ans d’expérience. La télévision c’est aussi du rythme. Dans une émission à grande audience, on coupe, on oppose, on saucissonne les propos afin de maintenir  l’attention. Or, ce rythme est particulièrement approprié aux petites phrases. Le discours d’extrême droite est très facile à résumer dans des formules de ce type : « trop de chômage, c’est trop d’immigrés » ou « la délinquance est surtout le fait des populations étrangères, regardez les statistiques. » Voici deux phrases de 5  secondes. Il vous faut 2 à 3 minutes pour les démonter. C’est beaucoup trop long, et au final vous serez moins convaincant que le premier orateur.   

 Dernier constat, la facilité avec laquelle on peut mentir en télévision.  Lors du dernier  débat dominical où le président d’un parti qui se trouve à la lisière du jeu démocratique a été invité, celui-ci a été le dernier à prendre la parole. Ce fut pour dire qu’un « sondage » réalisé auprès de plusieurs  dizaines de milliers de personnes « le plus grand panel possible »  lui donnait raison. Ce n’était évidemment pas un sondage mais une consultation en ligne sans aucune valeur scientifique… mais personne ne l’a contredit, et comme l’émission touchait à sa fin, les téléspectateurs seront donc repartis avec cette contrevérité jamais démentie.

 Vous l’aurez donc compris, je plaide pour le maintien d’un cordon sanitaire pour toutes les émissions de direct. Je sais que cette prise de position sera interprétée comme une limitation du droit à l’expression. Mais donner la parole dans les conditions du direct à un parti que je juge raciste ou liberticide est contraire à ma conscience. J’estime que c’est mon devoir de journaliste de faire un tri entre ce qui relève du débat démocratique  (comment organiser notre société pour qu’elle soit meilleure) et  ce qui relève de la haine (comment exclure l’autre de notre société). Croire que la télévision en direct est un outil dont les journalistes auraient la parfaite maitrise serait manquer de lucidité… ou de modestie.

20 septembre 2013

CDH et Ecolo consultent les bruxellois... l'olivier se délocalise à Liège

Quand je vous écrivais hier que la campagne est lancée... voici la traduction en vidéo. Notez que certains intervenants du reportage (Chistos Doukeridis et Celine Fremault) enchainait ces sorties de terrain avec un déplacement à Liège...où tout le gouvernement bruxellois passera la soirée, la nuit, et la matinée de samedi...

19 septembre 2013

La campagne bruxelloise, c'est maintenant

Un embouteillage dans les agendas. Ces jours-ci c'est comme si tout la classe politique s'était soudainement donnée rendez-vous sur le palier de l'électeur Bruxellois. Jugez plutôt : mercredi Joëlle Milquet réclame un plan Marshall pour Bruxelles, jeudi Laurette Onkelinx annonce son souhait de créer une residencé universitaire à Etterbeek, et demain, vendredi, Ecolo lancera à 10h30  une opération '1,2,3, Bruxelles' (solliciter notre électeur pour qu'il fasse remonter des idées) alors que le CDH bruxellois organise sa rentrée politique à 12h30. Ajoutez un demi week-end 'au vert' du gouvernement bruxellois (Rudi Vervoort et ses ministres seront vendredi et samedi à Liège) et un congrès  local de la NVA vous avez compris qu'on s'agite à Bruxelles. C'est même un casse-tête pour les rédactions : doit-on, peut-on tout couvrir ?
Bien sur si tout ce monde là s'agite c'est pour planter le décor de la campagne électorale. Ce n'est pas la campagne en elle-même mais 9 mois avant, sans doute le bon moment pour installer une image. Faire comprendre qu'on s'intéresse aux enjeux bruxellois. Imprégner la mémoire, c'est parfois plus efficace que s'agiter dans la dernière ligne droite. 
Cette campagne bruxelloise, donc, sera passionnante. Et elle sera autonome. Observez bien les positions de départ : autant l'olivier wallon semble s'être déchiré ces derniers mois, autant la confiance semble s'être installée au sein des francophones du gouvernement bruxellois. Le leadership de Rudi Vervoort, auquel peu d'observateurs croyaient, s'affirme peu à peu. Et si le MR est en bonne forme, le FDF est loin d'être ridicule. Bref le débat bruxellois existe et est sans doute plus singulier qu'on aurait pu le penser. Il est egalement moins previsible que son grand frère wallon, paysage réputé plus stable. Pour les directions nationales de nos partis politiques c'est une nouvelle donne qui pourrait avoir de sérieuses conséquences au soir des élections. Soit parce qu'on autorisera les bruxellois à 'tirer leur plan' et constituer leur majorité de manière autonome. Soit parce qu'on liera Bruxelles, la Wallonie et le Fédéral et que seule une majorité succeptible de s'imposer aux trois niveaux pourra alors voir le jour. Dans les deux cas c'est un incitant à ne pas rater la campagne bruxelloise.

L'intégralité de l'interview (où Laurette Onkelinx évoque aussi des pôles de compétences pour Bruxelles et l'anniversaire de Beliris)

11 septembre 2013

Cerexhe et Fremault se disputent la pôle position

Il n'est peut être pas aussi visible que la compétition entre Vincent De Wolf et Didier Reynders, pourtant l'affrontement existe. Sérieux, profond, violent. Céline Fremault et Benoît Crexhe ont bien ouvert les hostilités. Entre la jeune ministre de l'emploi et son prédécesseur on ne se fait pas de cadeaux ces derniers jours. En cause la tête de liste pour l'élection régionale de 2014. Au fédéral il est acquis que la liste centriste sera emmenée par Joëlle Milquet. À la région le suspens reste entier. 
En faveur de Benoît Cerexhe, son poids électoral et son expérience. En faveur de Céline Fremault sa jeunesse et sa place de ministre en poste. 

Ces derniers jours les deux élus ont indiqués plus ou moins ouvertement leur souhait d'être tête de liste. On s'abrite derrière des formules de prudence rappelant que c'est une décision collective et qu'en cas de conflit c'est le président de parti (ici Benoît Lutgen) qui tranche. Une fois les micros coupés, on est plus bavard... Et moins consensuel. 

Dans le camp de Benoît Cerexhe on met rapidement en avant le nombre de voix récolté par les uns et les autres et on souligne que prendre un maïorat donne une assise supplémentaire et qu'il n'est pas question d'être désavoué. En 2009 Cerexhe avait obtenu 11000 voix et ses partisans gloussent en signalant que la challenger de leur champion ne dépasse pas les 1000 voix aux dernières communales (rappelons quand même qu'en 2009 la tête de liste était Joëlle Milquet et qu'elle obtenait 23 000 suffrages).  Les supporters de Céline Fremault suggèrent un changement de génération nécessaire, une image plus jeune. Les plus incisifs glissent que quitter la région pour une commune, pour finalement revenir à la région est plus PSC que CDH et que ce ne sera paz facile à expliquer aux electeurs. Bref, la guerre d'influence fait rage, mélange de confidences discrètes et de lobbying intense. 

On serait à la place du président du CDH on ne laisserait pas trop s'envenimer les choses. Deux candidats l'un contre l'autre c'est bon pour l'émulation. Quand la lutte personnelle prend trop d'ampleur cela nuit au discours collectif. 

La concurrence Fremault-Cerexhe permet de poser une question de logique partisane. Le candidat tête de liste doit il être celui qui sera appelé à devenir ministre en cas d'accord électoral ? Si la réponse est oui, Céline Fremault s'impose comme une évidence. Si l'on souffre des exceptions, Benoît Cerexhe conserve touts ses chances. C'est finalement le même différent que celui qui oppose Didier Reynders à Vincent Dewolf. Il y a celui qui mène la liste et celui qui fait le plus de voix. Deux logiques qui s'opposent. 
Aux dernières nouvelles le CDH s'apprête à présenter une partie de son programme électoral pour Bruxelles dans quelques jours. La question de la tête de liste ne sera pas tranchée d'ici là. 

08 septembre 2013

Pour l'Avenir, Tecteo est un moindre mal

C'est amusant ces éditos, ces tweets, ces interviews pugnaces et ces débats dominicaux qui s'enflamment. Sujet du jour : le rachat de l'Avenir par Tecteo nuit-il à la liberté de la presse ?

Et c'est vrai il y a des questions à  poser. D'abord parce que lier un groupe de presse à une autre activité c'est prendre le risque que l'on ne soit pas très regardant sur ce que l'autre branche du groupe traficote. Il faut donc être vigilants. Mais affirmer que c'est une première  est une vaste blague : TF1 est lié au groupe Bouygues, Canal Plus à Vivendi, le Figaro à Dassault. Récemment Lagardère (ex-Hachette) et EADS (ex-Matra) cohabitaient joyeusement. Cela peut parfois limiter le pouvoir d'investigation ou d'indignation mais cela ne fait pas des journalistes employés par ces grands groupes de simples publicistes, soyons sérieux. Dans notre modèle économique, les intérêts économiques se croisent et les influences s'entremelent. La seule garantie d'une information de qualité reste la diversité des titres et la concurrence. C'est la raison pour laquelle service public et société privé sont si complémentaires en audiovisuel.

Deuxième élément à surveiller la propension de Stéphane Moreau, directeur général de Tecteo, à vouloir contrôler la presse. L'homme n'aime pas la critique dit-on, il aime jouer du rapport de force et n'hésite pas à lancer des actions en justice contre des quotidiens qui écrivent des choses qui lui déplaisent. Cela mérite d'être dit. Soit. Mais laissons la justice et la presse faire leur boulot. Ce n'est pas parce qu'on dépose plainte qu'on obtient gain de cause. Et ce n'est pas parce qu'on est menacé qu'on arrête d'écrire, fort heureusement. Contrairement aux idées reçus les plus habiles censeurs ne sont pas les plus bruyants. 

Pour éviter de dire ou d'écrire n'importe quoi sur cette affaire il importe de savoir deux ou trois petites choses qui n'ont pas réellement été expliquées à l'opinion publique. D'abord que Corelio était vendeur. Le groupe flamand investit dans une nouvelle stratégie en Flandre avec une grande concentration en court : la constitution d'un groupe "Het Mediahuis" où il met en commun ses titres papiers avec ceux de Concentra. Parallèlement Corelio doit aussi éponger les pertes de ses activités TV avec la chaîne Vier. En clair Corelio est passé d'une logique de diversification géographique (offrir à des annonceurs des médias francophones en complémentarité avec son offre flamande, raison invoquée lors du rachat de l'Avenir) à une stratégie de diversification des médias (on investit dans la télévision et l'internet et on syndique les contenus, stratégie actuelle).

Ensuite, si il y a un vendeur il ya forcément un acheteur. En l'occurrence il y en avait deux : Tecteo et Rossel. Je ne vous fait pas l'injure d'expliquer que Rossel est un groupe majeur de la presse francophone, concentrant près de la moitié du marché avec Le Soir et les éditions Sud Presse. L'avenir représente grosso-modo 30%. Si Rossel avait remporté la vente  il représenterait aujourd'hui les 3/4 du marché... une situation que les défenseurs de la liberté de la presse ne pourraient assurément pas accepter.

Surtout, il aurait fallut beaucoup de candeur pour croire que Rossel allait conserver les titres de l'Avenir en parallèle à ceux de Sud-Presse. A terme la fusion, et donc la disparition de l'un des deux journaux était inévitable. Disons-le franchement : le rachat par Tecteo a sauvé l'Avenir d'une mort certaine. Et ça c'est une bonne nouvelle pour les journaliste de l'Avenir, pour ceux de Sud-Presse aussi, pour l'information au sens large et pour la démocratie.

Quels sont donc les enjeux du débat aujourd'hui ? Tout simplement de garantir l'indépendance d'une rédaction. Il faut faire confiance aux journaliste de l'Avenir pour qu'ils organisent les conditions de cette indépendance : une société de rédacteurs qui se prononce sur la nomination du rédacteur en chef, une politique éditoriale claire et publiquement défendue, la poursuite d'une stratégie volontariste, des investissements, la conscience de chacun... C'est ce qui fait la qualité d'un journal.

Le second enjeux se trouve au niveau des pouvoirs publics. Il est de leur responsabilité que le monde de la presse soit protégé d'un certain nombre de dérives. La presse est soumise aux lois du marché, soit, mais cela n'empêche pas de prévoir des gardes-fous (par exemple lier les aides à la presse au respect des  recommandations du CDJ, organe qui émane du secteur, ne serait pas une sotte idée). C'est le boulot de la fédération Wallonie-Bruxelles.

Enfin, l'enjeu crucial réside dans la mise en place des outils d'information du futur. Le monde du papier va progressivement s'effacer derrière les tablettes et les écrans. Nous n'imaginons pas encore très bien comment nous consommerons de l'information demain, mais nous savons déjà que le modèle est fortement amené à évoluer. C'est ce qui conduit Tecteo à vouloir se rapprocher de grands groupes de presse (L'avenir aujourd'hui, IPM demain). Nous risquons d'avoir un marché francophone divisé en deux grands groupes Rossel/Tecteo à parts égales. Ajoutez deux grands opérateurs télé (RTL/RTBF) , car les métiers sont amenés à se rapprocher, c'est une  simple question de technique, vous aboutissez à un match à 4. Est-il normal que l'un des opérateurs contrôle à la fois  le contenant et le contenu, en d'autres termes les moyens de diffusion et les programmes ?  De mon petit point de vue de journaliste, cela me semble une question bien plus centrale que tout ce que j'ai entendu depuis 48 heures.