12 août 2013

La bataille de 2014 se joue à la chambre

Le quotidien Le Soir publié ce samedi un intéressant casting des têtes de liste pour les élections de l'an prochain. Pour rappel en mai nous voterons à la fois pour les législatives (la chambre) les régionales (parlement wallon, bruxellois ou flamand suivant votre lieu de résidence) et européennes (parlement européen). Législateur et réforme de l'Etat ont voulu qu'il n'y ait plus d'élection au Sénat et qu'un candidat ne puisse se présenter que dans une seule assemblée.
D'après Le Soir Elio DI Rupo sera donc candidat pour la chambre, dans le Hainaut alors que Rudy Demotte et Paul Magnette se présenteraient au parlement wallon. Les bruxellois verront s'affronter Laurette Onkelinx, Joëlle Milquet, Didier Reynders et Olivier Maingain aux législatives (3 vice-premiers et un président, belle affiche à laquelle mes confrères ajoutent  Zakia Kattabi, mais j'aurai moi  qu'il est plus prudent d'attendre qu'Ecolo ne désigne sa tete de liste européenne- elle se joue entre deux autres bruxellois Isabelle Durant et Philippe Lamberts, rien n'empêcherait le perdant de viser le parlement fédéral à défaut des étoiles Européennes). Que Jacqueline Galant dont je vous parlais il y a peu irait au parlement wallon. Que Marie Arena, Jean-Pascal Labille, Louis Michel ou Anne Delvaux sont cités pour l'Europe. 
Fort bien. Le journaliste qui signe l'article, David Coppi, est l'un de ceux qui connaît le mieux notre personnel politique. La distribution, qu'il presente avec la prudence nécessaire s'appuie sur des confidences receuillies à bonne source et des  infos vérifiées, le pronostic est donc hautement plausible et se vérifiera probablement en grande partie.
Mais n'allons pas trop vite. À 9 mois des élections tout peut encore bouger. Dans plusieurs circonscriptions les candidats sont encore au coude à coude, ce qui n'est pas étranger à nombre de sorties dans la presse ces dernières semaines. Ce n'est qu'en janvier que les troupes seront en ordre de marche, peut être même après. 
À la copie de David Coppi ont serait tenté d'apporter non pas un bémol mais un éclairage supplémentaire. Celui des objectifs prioritaires. Puisque plusieurs scrutin se déroulent simultanément chaque formation devra arrêter une hiérarchie. Ainsi pour le PS c'est probablement la bataille des législatives qui sera considérée comme celle à ne surtout pas perdre. Retrouver 26 députés semble difficile pour le PS, mais il faudrait  limiter la casse et rester première formation francophone à la chambre. Deux arrondissements, parce qu'ils pèsent plus lourds en terme de population et donc en terme d'élus   sont cruciaux dans cette stratégie : Liège et le Hainaut. Raison pour laquelle Elio Di Rupo sera candidat à la chambre et non à l'Europe. Poussons la logique un peu plus loin : si la chambre est si importante, que l'avenir du pays et la place de premier ministre se jouent là, pourquoi ne pas jeter toutes ses forces dans cette bataille? Imaginez : derrière Elio Di Rupo, Rudy Demotte et/ou Paul Magnette. Les 3 locomotives électorales hennuyeres ensemble dans une belle image d'unité.... Certains socialistes n'écartaient pas il y'a quelques semaines l'idée d'une telle dream-team législative. Toujours avec la même logique Jean-Pascal Labille pourrait plus efficacement tester son capital électoral à la chambre qu'à l'Europe, reléguée dans la seconde division électorale. C'est là que je voulais en venir : pour le PS le casting des régionales est probablement secondaire et je ne lui accorderai pas la même importance que mon collègue.   La réflexion est identique pour Ecolo : Jean-Marc Nollet sera plus vraisemblablement candidat à la chambre qu'au parlement wallon,  ce qui lui permettra en outre d'être à nouveau chef de groupe si jamais les verts devaient quitter le pouvoir régional. Au CDH Benoît Lutgen doit  s'interroger sur sa capacité à décrocher un second siège grâce à son score personnel, plutôt la chambre, plutôt la région ?  Au MR Charles Michel à déjà tranché en faveur de la chambre. 
Reste un contre-exemple : le FDF n'a plus beaucoup d'illusion sur son poids fédéral : il passera de 3 à 2, voir 1 deputé. Il peut en revanche espérer peser sur la parlement bruxellois, et pourquoi pas intégrer une nouvelle majorité régionale. Raison pour laquelle Bernard Clerfayt sera plus utile derrière Didier Gosuin que derrière qu'Olivier Maingain. Mais pour tous les autres partis les faits sont là : c'est le rapport de force au parlement fédéral qui sera déterminant. C'est donc aux législatives qu'on fera rouler ses plus grosses locomotives. 

7 commentaires:

Bamako a dit…

Pour ce qui est des pronostics Ecolos, je serais HYPER réservé. Pour bien connaitre le parti depuis dix ans, je sais que les têtes de liste ne sont jamais sur jusqu'au vote et qu'il y a toujours des petits combats.

Or, ici, on ne voit quasiment aucun renouvellement ce qui ne passera pas. Certains sont là depuis tellement longtemps qu'ils devront forcément passer le relais.

Ma seule certitude, c'est Lamberts à l'Europe. Pour tout le reste, ça va batailler ferme et des inconnus sortiront en tête de liste aussi.

Fabrice Grosfilley a dit…

Bamako : je serais moins affirmatif que vous sur Philippe LAMBERTS. Il a réussi un beau mandat et a un bilan à faire valoir. Mais Isabelle DURANT aussi, elle peut viser la place de chef de groupe, et se présentera comme plus 'universelle' que son concurrent qui est un peu 'mono thématique'" ... Donc jeu très ouvert à mon avis...

RS a dit…

Quid des Sénateurs actuels? Où vont-ils être "recasés"? De gros noms de la politique s'y trouvent comme Arena, Moureaux, De Decker, Deprez, Delpere, ... Leur déplacement va certainement entrainer des répercussions, non?

Fabrice Grosfilley a dit…

RS : parmi les noms que vous citez certain ne se présenteront plus, ou seulement à des places de soutien. Marie Arena est candidate pour le parlement europeeen. La fédération bruxelloise du PS espère qu'elle obtiendra la tête de liste.
Les ex-sénateurs pourront viser la chambre ou un parlement régional, c'est au sein de ces parlements que l'on reprendra des sénateurs 'nouvelle formule' mais ce ne sera plus un mandat à part entière ...

Fabrice Grosfilley a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Bamako a dit…

En fait, je suis d'accord avec les faiblesses de Lamberts par rapport à Durant. Mais il y a d'autres éléments qui me font penser que c'est probablement gagné pour Lamberts:

- Durant ne postule qu'à la première place et Lamberts aux deux premières. La où la première peut donner l'impression de vouloir forcer la main à l'AG, l'autre fait passer son ego après le parti. L'AG en tiendra compte et c'est un gros pari de la part de Durant, pour moi très risqué.

- Durant n'a gagné qu'à une voix près il y a quatre ans face à Lamberts encore inconnu du grand public. Aujourd'hui, il a acquis ses lettres de noblesses, il devrait donc faire un meilleur score.

- Lamberts a multiplié les débats auprès des militants d'Ecolo et d'autres organisations (par exemple syndicale). Il s'est très fort montré. Là où Durant est resté dans les médias et plus éloigné, lui s'est rapproché du terrain. Et ça risque de payer même si les médias n'anticipent pas cela puisque cela passe quasiment inaperçu. Sans compter que ça n'a pas empêcher Lamberts de quand même figurer dans les médias.

Bamako a dit…

On dirait bien que j'avais raison. Même si j'aurais pu me tromper, j'avais une bonne intuition. Et Durant ne peut pas se baser sur la taille de l'AG pour expliquer son échec.

Les journalistes ont une vue trop extérieure, ils devraient se constituer des indics "militant de base" qui permettent d'avoir une meilleure vision sur le vote des militants lors des AG.

Isabelle s'est battue jusqu'au bout et on l'a vue soudainement un peu partout mais c'était trop tard pour renverser la vapeur.