17 septembre 2007

L'orange bleue repasse par la case BHV

Herman Van Rompuy a donc revu Albert II pour un 3ième rapport intermédiaire ce lundi. A la veille du 100ième jour de l’après élection le communiqué que palais précise que l’explorateur CD&V « explorera aussi au moment opportun les problèmes sociaux, économiques et de société ». Etrange précision, puisque le mandat initial de Van Rompuy ne semblait pas limitatif, mais qui semble indiquer l’imminence de nouvelles réunions qui ne seront plus cantonnées à l’institutionnel. Au passage on relèvera l’attitude étrange du palais qui a organisé l’entrevue au château de Ciergnon et non au Belvédère : sans être un républicain acharné on est en droit de penser que la situation actuelle peut exiger du roi quelques déplacements, et qu’une entrevue à Bruxelles, cœur de la vie politique du royaume, semble plus opportune qu’une impression de weekend prolongé en province de Namur. Ne pas s’en rendre compte et offrir le baton pour se faire battre par les éditorialistes s'apparente à une erreur de communication.
A peine rentré de Ciergnon, et avant de recevoir ce soir les présidents Milquet et Reynders, l’explorateur a eu en début de soirée un entretien ave Pieter De Crem, président de la commission intérieur de la chambre, sans doute pour évoquer Bruxelle Hal Vilvorde. Demain une partie de l’orange bleue se jouera à nouveau sur ce dossier. La réunion de la commission de l’intérieur devrait permettre d’inscrire BHV à l’agenda et de faire (re)monter un peu la pression sur les francophones. Jusqu’à présent l’orange bleue ne semble nulle part sur ce dossier. Seuls les chefs de délégation rencontrent l’explorateur, ce qui veut dire que ni Olivier Maingain ni Bart De Wever ne sont en première ligne, susceptibles de faire entendre leur point de vue. Ce n’est pourtant surement pas un point de détail. De même l’information, sortie vendredi sur ce blog et désormais reprise par le Standaard, d’une mission de bons offices de Jean Luc Dehaene ne laisse pas supposer d’avancées majeures. Ce mardi, la commission de l’intérieur pourrait bien connaître quelques emballements médiatiques.

Le reportage Vidéo :

14 septembre 2007

Dehaene cherche les deux tiers


Cela ne va pas fort pour l’orange bleue. Ce vendredi soir le FDF demande à la NVA des excuses pour l’incendie de drapeau révélé hier (voir ci dessous). La NVA veut bien formuler des « regrets » pas des excuses. Les deux formations sont donc de nouveau dans le registre de l’affrontement direct. Moins spectaculaire mais plus grave : l’absence de progrès enregistrés par l’explorateur. Sur BHV il semple qu'Herman Van Rompuy ne soit toujours pas en mesure d’indiquer quelle piste de travail il veut suivre pour aboutir à un accord, ni même le type de majorité nécessaire. Ce n’est pas anecdotique :
A la majorité simple : on peut envisager de refinancer Bruxelles ou obtenir de la région flamande qu’elle retire les circulaire Peeters.
A la majorité des deux tiers : on peut remettre sur la table des compensations (évoquées en 2005) qui permettent à la communauté française d’être compétente pour certaines interventions dans les communes à facilité.
Ce vendredi deux sources distinctes m’ont confirmé que Jean Luc Dehaene a approché le PS en début de semaine pour le « tester » dans le cadre d’un scénario deux tiers. A ce stade il ne semble pas que le PS souhaite donner une suite à l'entretien.

On peut en conclure :
  1. qu’Herman Van Rompuy ne travaille pas seul et que le plombier de Vilvorde a été rappelé à la rescousse
  2. que l’orange bleu après une semaine de travail sur BHV n’est toujours nulle part dans ce dossier
  3. que le CD&V n’a pas encore renoncé à la majorité des deux tiers… à moins que la mission Dehaene ne consiste justement à démontrer qu’elle est inatteignable.





13 septembre 2007

Les photos de la NVA


On devrait passer plus de temps sur internet. Le visiteur du site des jeunes NVA peut désormais avoir la confirmation que cette formation souhaite réellement la fin de la Belgique. Faites un tour par ici : vous découvrirez un barbecue où l'on brûle le drapeau belge.

Les clichés ont été pris lors d'un rencontre d'été au cours de laquelle le (pas encore) explorateur a eu l'occasion d'intervenir, c'était aux alentours du 21 juillet.

Ce soir le porte parole de la NVA indique que cet incendie de drapeau ne correspond pas à la ligne du parti. Vraiment ?






Update à 22h22 : il semble que les photos aient été retirées du site. Vous pouvez visionner le reportage de RTL TVI ici.

Règlement de comptes à Courcelles





La section de PS de Courcelles est traversée par des tensions particulièrement vives. L’information n’est pas neuve, les échevins locaux se déchirent depuis quelques mois . Mais là on a franchi un nouveau cap. Voici un tract diffusé par email…Il vise Axel Sœur, considéré comme un « rénovateur » dans le parti et qui a pu devenir bourgmestre grâce au décret « démocratie locale ". A priori pas de goût de tous les camarades. Ambiance festive…




11 septembre 2007

Laurette s'installe au boulevard


Laurette Onkelix disposera à l'avenir d'un bureau au siège du parti socialiste, boulevard de l'empereur à Bruxelles. La chef de groupe PS pourra ainsi choisir entre deux lieux de travail distincts : l'un au parlement et l'autre au parti. Un pièce pouvant servir de secrétariat devrait également être mise à sa disposition. Il semble que Laurette Onkelinx ait souhaité pouvoir disposer d'un lieu discret pour pouvoir recevoir ses interlocuteurs sans que tous les parlementaires soient au courant. On peut également penser que cette double installation permettra à Laurette Onkelinx d'avoir un oeil sur ce qui se passe au parti et se poser ainsi en numéro deux du PS (rang qu'elle peut revendiquer aujourd'hui avec son titre de vice première mais qu'elle perdrait demain avec l'orange bleue puisqu'elle n'est pas vice-présidente du PS). Le bureau de la chef de groupe sera situé au premier étage ... alors que le président et ses collaborateurs directs occupent le dernier étage du bâtiment.

Hervé Hasquin en tenue de surfeur



Le centre Jean Gol, centre d’étude du MR administré par Hervé Hasquin, a présenté hier son nouveau site internet. La volonté est de proposé un portail qui mène vers des sites internet (une 70aine de blogs francophones recensés comme « libéraux ») et surtout l’index de la bibliothèque du centre, outil pratique pour les étudiants dont le sujet serait le libéralisme. Petit recherche amusante dans cette base de donnée, si l’on tape « Gol » on trouve la référence de 22 ouvrages, « Hasquin » 18, et Reynders « 5 ». Avec "Louis Michel" on monte à plus de 180 références, mais le moteur de recherche a additionné tous les "Louis " et tous les "Michel" de la bibliothèque. Indicatif ?

10 septembre 2007

Van Rompuy gagne une semaine

Herman Van Rompuy continue d'avancer... par petits pas, si légèrement que cela ressemble à un piétinement, mais il avance. Ce lundi après midi l'explorateur s'est entretenu pendant plus de deux heures avec Albert II pour un rapport intermédiaire. En parallèle c'est à la chambre, que l'élément le plus significatif est intervenu. L'installation de la commission de l'intérieur, qui doit se saisir des propositions de loi flamandes dont le but est la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, a été reporté à mardi prochain. Initialement prévue pour mercredi la séance est donc discrètement décalée pour des raisons d'agenda. Il semble qu'Ecolo (pour mercredi) puis le MR (pour jeudi) aient fait savoir au président de la commission (ce sera Pieter De Crem) que ses propositions de date et heure se télescopaient avec leur réunion de groupe... Le CD&V a visiblement trouvé l'argument suffisamment valable pour décaler cette réunion et donner un peu d'air à la négociation. Voici l'explorateur avec 8 jours devant lui. Et comme une bonne nouvelle peut en cacher une autre, il faut aussi souligner la bonne tenue d'un débat potentiellement houleux au parlement flamand.
Il en aura sûrement besoin. Ce lundi on pouvait constater une tension toujours palpable entre MR et CDH, un rappel du FDF qui ressemble à un raidissement tandis que des (futurs) bancs de l'opposition le PS raillait l'image désastreuse du pays à l'étranger, demandant des avancées rapides si l'on ne veut pas conclure à un échec de l'orange bleue. A une encablure des 100 jours on ne peut complètement donner tort aux socialistes : la mayonnaise orange bleue a bien du mal à prendre.

09 septembre 2007

Au dessus de la mêlée


C’est l’un des rares moments où je trouve la télévision indispensable : lorsqu’elle propose la diffusion d’un match de rugby. Samedi soir j’avais donc le plaisir de suivre chez un couple d’amis la rencontre France-Argentine, match d’ouverture de la coupe du monde. Si le rugby a longtemps été la propriété de France 2, c’est TF1 qui a cette fois ci acquis les droits de retransmission. Avant le coup d’envoi, surprise : un entretien en direct avec Nicolas Sarkozy. Le président français encourage l’équipe de France, salue les organisateurs et défend les valeurs de ce sport d’équipe. On ne le contredira pas sur le fond. On ne lui reprochera pas non plus de profiter d’un micro et d’une caméra qui lui offrent une audience record. On s’interrogera en revanche sur les motivations de TF1 (la chaîne avait déjà fait le coup de l’interview duplex le 14 juillet et on ne peut pas dire que les questions aient été dans un cas comme dans l’autre irrévérencieuses)… et sur l’étrange apathie qui semble avoir gagné les confrères français. Sarko communique, occupe tous les fronts, c’est sa stratégie d’accord, mais faut-il vraiment participer au show mis en place par le président et lui servir la soupe ? Transposons la situation : pour le prochain match des diables rouges, un direct de Verhofstadt sur la VRT ? Pour l’ouverture du mémorial Van Damme, Herman Van Rompuy « live » sur la RTBF ? Même pour les fêtes de Wallonie qui sont pourtant un événement politique (la semaine prochaine) les hommes politiques de chez nous n’ont pas droit à un tel tapis rouge audiovisuel.

06 septembre 2007

Les solutions BHV

La séance de la chambre de ce jeudi après midi s’annonce houleuse. Voici les ingrédients :
  • Au programme, après plusieurs reports : la désignation des présidences de commission.

  • A la manœuvre : Herman Van Rompuy qui met sa mission d’exploration quelques heures entre parenthèses pour reprendre sa casquette de président de la chambre.

  • Comme point sensible : la commission de l’intérieur qui pourrait commencer à travailler dès les prochaines semaines sur les propositions de loi ( à majorité simple) portant sur la scission de l’arrondissement électoral Bruxelles Hal Vilvorde.

La portée symbolique de l’arrondissement n’échappant sûrement pas aux lecteurs de ce blog, inutile que je vous fasse un dessin. Les francophones surveilleront de près les faits et gestes de l’ « explorateur-président » dans les heures à venir tandis que les négociateurs flamands sont sous la pression grandissante de leurs amis parlementaires ( et la présence d’un groupe « Dedecker » ne facilitera pas les choses).

Est ce faire injure aux négociateurs et aux francophones de la périphérie que d’affirmer pourtant que ce point n’est pas le plus délicat de la négociation ? Certes BHV est un enjeu crucial, mais les solutions existent comme le rappelle opportunément Paul Piret dans la libre Belgique de ce matin (voir aussi, dans le même journal, le papier de Martin Buxant pour comprendre les enjeux ou ce texte, pas très récent mais complet, de François Schreuer sur son blog "des bulles"). Proposons donc quelques pistes de travail, qui ne sont peut être pas si éloignées de celles qui traînent sur les tables de Val Duchesse et de la place de la nation (coté présidence de la chambre).

Scission ? Oui. Elle est incontournable pour les flamands. Refuser le terme revient à faire éclater la Belgique. Les négociateurs francophones devront donc avaler cette couleuvre : l’arrondissement sera bel et bien scindé, mais toute la question réside dans l’aménagement qui permettra de sauvegarder les intérêts des francophones de la périphérie. Il va sans dire que cette partie du problème n’est pas rencontrée par les propositions de loi déposées par les partis flamands à la chambre. L’objectif des négociateurs est donc un classique belge : permettre aux flamands d’exhiber la scission de ce vil arrondissement tandis que les francophones brandiront les compensations obtenues en échange.

Quelles compensations faut-il imaginer ? Pour les francophones concernés (entre 120 et 200 000 selon les sources) il est légitime de pouvoir continuer à voter pour des listes qui représentent leurs intérêts et parlent leur langue (tous les flamands sensés le reconnaissent). On ajoutera à cette légitimité démocratique qu’il est politiquement indispensable que ces listes soient les mêmes que celles présentées aux électeurs bruxellois (ou du brabant wallon, ou les deux, pourquoi pas ?) pour maintenir un lien et affirmer le caractère « bilingue » de la zone. Il faut donc écarter une scission pure et simple qui permettrait certes de présenter des listes type « union des francophones » qui décrocheraient à coup sûr l’un ou l’autre siège, mais qui à terme consacrent le caractère « flamand » des territoires concernés et de leurs électeurs.

Quel dispositif peut-on avancer ? Simple mais considéré comme une provocation par les flamands : l’élargissement de Bruxelles. C’est la position officielle des francophones. Si elle paraît peu tenable à moyen terme cette position est cohérente…mais s’apparente à une redéfinition des frontières linguistiques. Suggestion aux négociateurs : en cas de divorce ne faut il pas préciser aux séparatistes flamands qu’une consultation des populations serait éxigeable (et sans être un expert des relations internationales cela me semble assez démocratique) et que ces frontières sont toujours susceptibles d’être redessinées, au besoin avec l’aide de la communauté internationale ?

Moins tranché, mais plus réaliste, un droit d’inscription pour les électeurs francophones. Je réside en Flandre mais je vote à Bruxelles (c’est la scénario du pacte d’Egmont). Le diable, comme toujours est dans les détails. Ce droit accordé aux francophones s’accompagne-t-il de l’installation de bureaux de votes dans leurs communes, ou bien doivent il se déplacer physiquement en région Bruxelloise ? Et surtout, ce droit est il accordé à tous les francophones de l’arrondissement ou aux seuls habitant des communes à facilités, pour une législature, une génération ou sans limitation de durée ? Il y a là de quoi négocier…

Ajoutez des aménagements spécifiques pour les communes à facilités, permettant à la communauté française d’y subventionner écoles et activités culturelles (c’est le scénario de 2005) et vous obtenez une reconnaissance de fait du bilinguisme de la périphérie.

En combinant ces deux pistes (le droit d’inscription et les aménagements) les francophones peuvent donc négocier une scission apparente de l’arrondissement. En ayant en tête que ne pas obtenir suffisamment de garanties sur les deux tableaux à la fois revient à abandonner les francophones de la périphérie, consacrer la vision d’une « Flandre-Etat » et donc préparer l’éclatement de la Belgique.

04 septembre 2007

Mise à jour et ebullition

J'étais parti avec un Yves mal en point, me voici de retour avec un Herman qui patine. Sur le casting certains collègues pourront témoigner : je l'avais senti venir. Sur les détails de l'affaire et les subtilités du scénario accordez moi quelques heures (ou un peu plus) que je mette mes connaissances à jour. Là où j'étais (le grand nord) le feuilleton de la formation n'avait même pas droit à une brève dans les gazettes locales. Heureusement qu'il y a TV5, et la diffusion en milieu de journée du 13 heures de la RTBF pour ne pas paraître totalement largué à un retour de vacances... Sur le fond je n'ai pas le sentiment d'avoir raté grand chose. C'est l'avantage des sagas : on peut sauter l'un ou l'autre épisode et reprendre le train ensuite. En politique belge comme dans les séries TV, si l'intrigue évolue avec le temps le caractère des acteurs et les rapports de force ne changent jamais beaucoup, question de crédibilité.
Un rapide tour sur la toile me réjouit : beaucoup de nouveauté et la confirmation que cela se passe désormais en partie sur internet.
Elio di Rupo (le mauvais langues diront qu'il a plus de temps) se sert de son blog pour communiquer : non nous ne préparons pas notre entrée dans la négociation glisse-t-il en substance. J'apporterai une contradiction à la prose présidentielle : il me semble me souvenir que le scénario d'un éclatement de la Belgique a bien été étudié discrètement, il y-a quelques mois déjà (et je trouve cela plutôt normal, j'espère même que les autres partis en ont fait autant).
Mateusz propose désormais , sur le modèle à succès de Damien, une sélection quotidienne de liens (le blog donne l'impression d'être remis à jour, ce qui n'est pas toujours le cas, c'est intelligent et pratique). Enfin, Molenews, après une longue parenthèse, semble en forme pour la rentrée.
Pour "rue de la loi", un petit essai de mise en page, et , puisque Blogger le propose, une petite "consultation" en ligne. Petit test cette semaine sur la participation d'Ecolo aux négociations, on verra si ça vous amuse...
Avec modestie : ce genre de gadget en ligne n'a rien d'un sondage scientifique, l'échantillon de mes honorables lecteurs n'étant en rien représentatif et la méthodologie ne permettant pas de corrections statistiques ( à supposer que vous soyez suffisamment à vous exprimer pour que cela soit possible...).