09 avril 2008

Michel Daerden : "j'aime beaucoup Alain Mathot"

Le ministre du budget de la région wallonne et de la communauté française était mon invité ce matin à 7h50 sur Bel RTL. Evoquant la désignation récente des secrétaires d’état du gouvernement fédéral il a nié avoir fait barrage à une désignation d’Alain Mathot comme cela a été écrit par plusieurs journaux : « j’aime beaucoup Alain Mathot et j’étais l’ami personnel de son père. Il est promis à un grand avenir politique » avant d’indiquer qu’il ne participerait pas à une réunion « entre liégeois » (annoncée par "La Meuse") que Didier Reynders entend mettre en place mais sans y inviter Willy Demeyer, le bourgmestre (PS) de Liège « comment organiser une telle réunion sans le bourgmestre de Liège ? L’ambiance à la fédération de Liège n’a jamais été aussi bonne ». Déclaration aimable alors que la compétition entre clans semble pourtqnt toujours exister : la confection de la liste PS de Liège pour les prochaines élections régionales reste un casse-tête (et Michel Daerden sera on s'en doute très attentif à la place qu'occupera son fils Frédéric).

Au niveau de la communauté française Michel Daerden ne cède pas aux sirènes régionalistes « il faut garder un lien fort, personnellement j’ai du mal à imaginer le développement de la Wallonie sans Bruxelles ». Tiens, tiens : Daerden prononce cette phrase alors qu'il a lu le matin un entretien de Jean Claude Marcourt au Soir qui défend lui une option beaucoup plus wallonne. Quand on vous dit qu'il y a des clans...

Enfin celui qui occupe le fauteuil de ministre des sports de la communauté se montre réticent à l’idée d’évoquer un boycott de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques « ce sont des prises de positions émotionnelles à l’emporte pièce ».

08 avril 2008

André Antoine : j'attends...

Exercice difficile ce matin sur Bel RTL. Comment commenter une situation politique en plein mouvement, sans injurier l’avenir ? André Antoine a donc défendu le dispositif mis en place au sein du CDH : préparer des élections présidentielles sans les lancer vraiment. D’ici le 21 juillet un comité des sages prépare l’organisation des élections à la présidence du parti mais en s’assurant que les candidatures ne pourront pas être entrées avant le 15 août. En clair Joëlle Milquet n’a pas complètement abandonné la présidence, et elle conserve deux fers au feu, au cas où le débat communautaire tournerait à l’aigre. Bref cela ressemble à un cumul, temporaire certes, mais cumul quand même. Traduction dans le langage du ministre wallon :
« Il reste encore une hypothèque sur la vie de ce gouvernement, que va-t-il se passer d’ici au mois de juillet ? Nous restons vigilant et pour cela le premier timonier du parti doit rester Joëlle Milquet dans les prochaines semaines ».

André Antoine est il un observateur neutre ? Sans doute pas. Mine de rien il a ainsi glissé l’un ou l’autre message à usage interne lors de cette interview. Il est évident que le vice président du parti suivra de très près la désignation d’un nouveau président et il veillera à ce que Joëlle ne s’accroche pas trop longtemps à son bureau la rue des deux églises : « Je connais bien Joëlle c’est une femme tenace, c’est son dernier mandat ». Alors que je le presse de dire s’il est ou non candidat Antoine refuse de se dévoiler : « pour l’instant la question ne se pose pas ». Traduction : cela n’est pas exclu. Cela ne doit pas rassurer tout le monde.

Vu du nord



Alors que nous nous apprêtons à discuter d’une nouvelle phase de réforme de l’état il n’est pas inutile de se pencher sur ce que pense l’autre communauté du pays. Je suis frappé par le décalage croissant entre journaux du nord et du sud. Nous vivons dans deux systèmes médiatiques (et donc politiques) très différents, il suffit d’une revue de presse pour s’en convaincre.
La négociation et le dialogue sont ardus quand les deux partenaires, qui ne parlent déjà pas la même langue n’ont en plus pas les mêmes informations.
Je profite donc d’un instant de répit pour vous signaler la sortie d’un ouvrage très attendu des journalistes du Standaard. Il s’agit des coulisses de la formation du gouvernement Leterme (quelle matière !) et la série d’articles parus dans le quotidien flamand offrait quelques pépites qui valaient le détour (la reconstruction des entretiens des uns et des autres au palais de Laeken n’est qu’une partie de l’iceberg). Une véritable enquête au long cours, avec sans doute quelques inexactitudes et manipulations, mais un bel ouvrage de journalisme qui prouve que l’investigation en politique est possible. « De zestien is voor u » est publié aux éditions Lannoo et sera officiellement présenté en fin de semaine. A acquérir, lire ou traduire absolument.

Si vous maitrisez le néerlandais je vous conseille aussi de fréquenter le blog de Boudewijn Vanpeteghem (ancien du Standaard et co-auteur de la remarquable biographie de Guy Verhofstadt « numéro uno ») qui propose sur le site de trends un exercice assez comparable au mien. Je glisse son adresse dans la liste de liens ci-contre. Parce que la multiplication des sources d’information est le meilleur moyen de développer son esprit critique la lecture comparée de nos deux blogs devrait être instructive.

Reynders corrige Ducarme

Didier Reynders était mon invité lundi sur Bel RTL. Alors que je l’interroge sur l’opportunité d’un boycott de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de Pékin le président du MR se montrait sceptique « je pense que c’est un débat européen » répond-il d’abord et comme que je lui fait remarquer que le député MR Denis Ducarme a déposé une proposition de résolution en ce sens il précise « il faut qu’on en débatte, si une démarche doit intervenir elle doit être européenne, cela n’a pas de sens d’avoir à Pékin la présence des uns et l’absence des autres ».
Le président indique ainsi publiquement qu’il n’est pas sur la même longueur d’onde que le parlementaire. Alors que je m’en étonne à la sortie du studio Didier Reynders lâche, accompagné d’un haussement d’épaule : « ce n’était pas concerté. Si ce n’est pas concerté, alors… ».

07 avril 2008

Le MR s'inspire du PS



Le mouvement réformateur a lancé ces dernières semaines une campagne baptisée « De vous à nous » destinée à valoriser ses fédérations provinciales. Au programme une série de rencontres décentralisées portée par le logo ci contre. En observant celui-ci et plus particulièrement sa déclinaison vidéo diffusée en boucle dans le hall du MR je me suis dit que ces éléments graphiques me rappelaient quelque chose. De quoi s’agit-il ? Simplement de quatre cercles de couleur pâle (rose, vert, bleu et orange) qui renvoient probablement au souhait d’incarner une forme de synthèse du débat politique, et insinuer l’idée qu’au terme de ces débats la force politique qui les organise est à même de représenter la société belge dans sa complexité et ses nuances.

Après recherche effectuée dans mes archives voici une communication visuelle qui utilise la même recette. On y retrouve les 4 cercles de couleurs. Il s’agit d’un dépliant distribué par le PS peu avant la campagne électorale de l'an dernier pour faire le point sur les réalisations du gouvernement sortant (et souligner l’empreinte PS dans ce gouvernement bien sûr). Le plus surprenant est dans le choix des teintes pâles : à quelques nuances près ce sont les mêmes couleurs qui retiennent l’attention des communicants du boulevard de l’empereur et de l’avenue de la toison d’or. Visiblement le mouvement réformateur surveille de près ce qu’édite le PS… et le ressort un an plus tard. Inconsciemment ?

02 avril 2008

Il ne regrette pas d'avoir raté la photo

Bernard Clerfayt était mon invité à 7h50 ce matin. Le tout nouveau secrétaire d’état aux finances a indiqué qu’il comptait notamment centrer ses nouvelles fonctions autour de la fiscalité verte (comprenez les incitants fiscaux favorables aux investissements écologiques). Bernard Clerfayt est également revenu sur l’arrêt de la cour de justice européenne sur l’assurance dépendance flamande. Enfin, il ne regrette pas d’avoir raté la photo officielle du gouvernement Leterme devant le parlement : « cela m’a fait beaucoup de publicité » dit-il.

L'interview est ici.

01 avril 2008

L'équipe Leterme s'installe sur internet


La chancellerie virtuelle est encore en cours d’installation. Si vous visitez ces jours-ci le site http://www.premier.be/ vous découvrirez le nouveau site d’Yves Leterme en tant que premier ministre. Le nouveau locataire du 16 a choisi un style sobre et aéré, dans une tonalité orange pâle pas désagréable. D’emblée les différences sautent aux yeux avec la version précédente du site, gérée par Guy Verhofstadt : place plus importante pour l’iconographie, présence de vidéos (ce n’était pas le cas avec l’équipe de Guy : on franchit ici une étape) et surtout une volonté de faire apparaître l’ensemble de l’équipe gouvernementale. Les trombines de tous les ministres apparaissent désormais sur la page d’accueil alors qu’autrefois les liens vers les autres ministres étaient introuvables.
Je ne sais pas depuis combien de temps ce site est ouvert au public, mais il reste encore des imperfections. Ainsi l’agenda ne propose que des évènements passés (en temps que journaliste c’est plutôt l’agenda des jours à venir qui m’intéresserait), beaucoup de rubriques restent vides et lorsque j’essaye d’importer le feed xml il arrive chez moi… en néerlandais… Fâcheux.

Vous souhaitez comparer avec l’ancienne version ? Très simple. Si le site premier.be est désormais géré par l’équipe Leterme, l’adresse http://www.ruedelaloi.be/ a été oubliée et reste pour l’instant aux couleurs de Guy Verhofstadt. Précipitez-vous, car après la publication de cet article cela risque de ne pas durer très longtemps. Le dernier billet mis en ligne est celui qui indiquait les horaires de la mise en place du nouveau gouvernement. Tout un symbole.

Les cartes essences namuroises, épisode II

J'avais mentionné sur ce blog les maladresses de l'échevin namurois Arnaud Gavroy dans l'utilisation de sa carte essence. L'affaire a désormais une suite. Le journal Vers l'Avenir affirme ainsi que Frédéric Laloux, frais secrétaire d'état et chef de file du PS local, aurait eu dans le passé une utilisation douteuse de sa propre carte.

Marcourt répond à Peeters


Jean-Claude Marcourt était mon invité ce matin sur Bel RTL. Il est revenu longuement sur les propositions dominicales du ministre président flamand Kris Peeters. Le ministre wallon a dit assez clairement « non » aux suggestions du numéro 1 du nord. Pas question de « régionaliser » une partie des allocations chômage pour récompenser des demandeurs d’emploi plus méritants que d’autre, ni de déterminer les subsides fédérales versées aux régions en fonction du nombre de demandeurs d’emploi replacés. En revanche le socialiste liégeois a fait un pas vers la Flandre : il ne se dit pas opposé à des politiques différenciées. En clair on peut imaginer que la Flandre aide davantage les chômeurs de plus de 55 ans tandis que Bruxelles et la Wallonie se concentreraient sur les plus jeunes. Deux fois « non » peuvent donc cacher un « oui ».

L’interview est ici.

31 mars 2008

Olivier Chastel n'est pas diplomate


Le secrétaire d’état aux affaires étrangères Olivier Chastel s’est retrouvé dans le grand bain ce weekend : invité à remplacer Karel de Gucht lors d’une réunion des ministres européens des affaires étrangères. Pendant que son patron était en vacances en Italie c’est donc le carolo qui portait la voix de la Belgique à Ljubljana, capitale de la Slovénie. Invité ce matin sur Bel RTL Olivier Chastel a préféré appeler un chat un chat : la plupart des états membres n’étaient pas prêts à évoquer un éventuel boycott de la cérémonie d’ouverture des JO lorsqu’on a évoqué la situation au Tibet. Le belge vise les grands pays (Royaume Uni, Allemagne) :« ils n’ont pas du tout intérêt à ce que l’on froisse la chine ». La déclaration a le mérite de la franchise, ce qui n'est sans doute pas pour déplaire à son ministre de tutelle. On imagine aisément le tandem que pourraient former ces deux là : un secrétaire d'état qui dirait tout haut ce que son ministre pense tout bas.

Regardez l’interview ici.