10 septembre 2007

Van Rompuy gagne une semaine

Herman Van Rompuy continue d'avancer... par petits pas, si légèrement que cela ressemble à un piétinement, mais il avance. Ce lundi après midi l'explorateur s'est entretenu pendant plus de deux heures avec Albert II pour un rapport intermédiaire. En parallèle c'est à la chambre, que l'élément le plus significatif est intervenu. L'installation de la commission de l'intérieur, qui doit se saisir des propositions de loi flamandes dont le but est la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, a été reporté à mardi prochain. Initialement prévue pour mercredi la séance est donc discrètement décalée pour des raisons d'agenda. Il semble qu'Ecolo (pour mercredi) puis le MR (pour jeudi) aient fait savoir au président de la commission (ce sera Pieter De Crem) que ses propositions de date et heure se télescopaient avec leur réunion de groupe... Le CD&V a visiblement trouvé l'argument suffisamment valable pour décaler cette réunion et donner un peu d'air à la négociation. Voici l'explorateur avec 8 jours devant lui. Et comme une bonne nouvelle peut en cacher une autre, il faut aussi souligner la bonne tenue d'un débat potentiellement houleux au parlement flamand.
Il en aura sûrement besoin. Ce lundi on pouvait constater une tension toujours palpable entre MR et CDH, un rappel du FDF qui ressemble à un raidissement tandis que des (futurs) bancs de l'opposition le PS raillait l'image désastreuse du pays à l'étranger, demandant des avancées rapides si l'on ne veut pas conclure à un échec de l'orange bleue. A une encablure des 100 jours on ne peut complètement donner tort aux socialistes : la mayonnaise orange bleue a bien du mal à prendre.

09 septembre 2007

Au dessus de la mêlée


C’est l’un des rares moments où je trouve la télévision indispensable : lorsqu’elle propose la diffusion d’un match de rugby. Samedi soir j’avais donc le plaisir de suivre chez un couple d’amis la rencontre France-Argentine, match d’ouverture de la coupe du monde. Si le rugby a longtemps été la propriété de France 2, c’est TF1 qui a cette fois ci acquis les droits de retransmission. Avant le coup d’envoi, surprise : un entretien en direct avec Nicolas Sarkozy. Le président français encourage l’équipe de France, salue les organisateurs et défend les valeurs de ce sport d’équipe. On ne le contredira pas sur le fond. On ne lui reprochera pas non plus de profiter d’un micro et d’une caméra qui lui offrent une audience record. On s’interrogera en revanche sur les motivations de TF1 (la chaîne avait déjà fait le coup de l’interview duplex le 14 juillet et on ne peut pas dire que les questions aient été dans un cas comme dans l’autre irrévérencieuses)… et sur l’étrange apathie qui semble avoir gagné les confrères français. Sarko communique, occupe tous les fronts, c’est sa stratégie d’accord, mais faut-il vraiment participer au show mis en place par le président et lui servir la soupe ? Transposons la situation : pour le prochain match des diables rouges, un direct de Verhofstadt sur la VRT ? Pour l’ouverture du mémorial Van Damme, Herman Van Rompuy « live » sur la RTBF ? Même pour les fêtes de Wallonie qui sont pourtant un événement politique (la semaine prochaine) les hommes politiques de chez nous n’ont pas droit à un tel tapis rouge audiovisuel.

06 septembre 2007

Les solutions BHV

La séance de la chambre de ce jeudi après midi s’annonce houleuse. Voici les ingrédients :
  • Au programme, après plusieurs reports : la désignation des présidences de commission.

  • A la manœuvre : Herman Van Rompuy qui met sa mission d’exploration quelques heures entre parenthèses pour reprendre sa casquette de président de la chambre.

  • Comme point sensible : la commission de l’intérieur qui pourrait commencer à travailler dès les prochaines semaines sur les propositions de loi ( à majorité simple) portant sur la scission de l’arrondissement électoral Bruxelles Hal Vilvorde.

La portée symbolique de l’arrondissement n’échappant sûrement pas aux lecteurs de ce blog, inutile que je vous fasse un dessin. Les francophones surveilleront de près les faits et gestes de l’ « explorateur-président » dans les heures à venir tandis que les négociateurs flamands sont sous la pression grandissante de leurs amis parlementaires ( et la présence d’un groupe « Dedecker » ne facilitera pas les choses).

Est ce faire injure aux négociateurs et aux francophones de la périphérie que d’affirmer pourtant que ce point n’est pas le plus délicat de la négociation ? Certes BHV est un enjeu crucial, mais les solutions existent comme le rappelle opportunément Paul Piret dans la libre Belgique de ce matin (voir aussi, dans le même journal, le papier de Martin Buxant pour comprendre les enjeux ou ce texte, pas très récent mais complet, de François Schreuer sur son blog "des bulles"). Proposons donc quelques pistes de travail, qui ne sont peut être pas si éloignées de celles qui traînent sur les tables de Val Duchesse et de la place de la nation (coté présidence de la chambre).

Scission ? Oui. Elle est incontournable pour les flamands. Refuser le terme revient à faire éclater la Belgique. Les négociateurs francophones devront donc avaler cette couleuvre : l’arrondissement sera bel et bien scindé, mais toute la question réside dans l’aménagement qui permettra de sauvegarder les intérêts des francophones de la périphérie. Il va sans dire que cette partie du problème n’est pas rencontrée par les propositions de loi déposées par les partis flamands à la chambre. L’objectif des négociateurs est donc un classique belge : permettre aux flamands d’exhiber la scission de ce vil arrondissement tandis que les francophones brandiront les compensations obtenues en échange.

Quelles compensations faut-il imaginer ? Pour les francophones concernés (entre 120 et 200 000 selon les sources) il est légitime de pouvoir continuer à voter pour des listes qui représentent leurs intérêts et parlent leur langue (tous les flamands sensés le reconnaissent). On ajoutera à cette légitimité démocratique qu’il est politiquement indispensable que ces listes soient les mêmes que celles présentées aux électeurs bruxellois (ou du brabant wallon, ou les deux, pourquoi pas ?) pour maintenir un lien et affirmer le caractère « bilingue » de la zone. Il faut donc écarter une scission pure et simple qui permettrait certes de présenter des listes type « union des francophones » qui décrocheraient à coup sûr l’un ou l’autre siège, mais qui à terme consacrent le caractère « flamand » des territoires concernés et de leurs électeurs.

Quel dispositif peut-on avancer ? Simple mais considéré comme une provocation par les flamands : l’élargissement de Bruxelles. C’est la position officielle des francophones. Si elle paraît peu tenable à moyen terme cette position est cohérente…mais s’apparente à une redéfinition des frontières linguistiques. Suggestion aux négociateurs : en cas de divorce ne faut il pas préciser aux séparatistes flamands qu’une consultation des populations serait éxigeable (et sans être un expert des relations internationales cela me semble assez démocratique) et que ces frontières sont toujours susceptibles d’être redessinées, au besoin avec l’aide de la communauté internationale ?

Moins tranché, mais plus réaliste, un droit d’inscription pour les électeurs francophones. Je réside en Flandre mais je vote à Bruxelles (c’est la scénario du pacte d’Egmont). Le diable, comme toujours est dans les détails. Ce droit accordé aux francophones s’accompagne-t-il de l’installation de bureaux de votes dans leurs communes, ou bien doivent il se déplacer physiquement en région Bruxelloise ? Et surtout, ce droit est il accordé à tous les francophones de l’arrondissement ou aux seuls habitant des communes à facilités, pour une législature, une génération ou sans limitation de durée ? Il y a là de quoi négocier…

Ajoutez des aménagements spécifiques pour les communes à facilités, permettant à la communauté française d’y subventionner écoles et activités culturelles (c’est le scénario de 2005) et vous obtenez une reconnaissance de fait du bilinguisme de la périphérie.

En combinant ces deux pistes (le droit d’inscription et les aménagements) les francophones peuvent donc négocier une scission apparente de l’arrondissement. En ayant en tête que ne pas obtenir suffisamment de garanties sur les deux tableaux à la fois revient à abandonner les francophones de la périphérie, consacrer la vision d’une « Flandre-Etat » et donc préparer l’éclatement de la Belgique.

04 septembre 2007

Mise à jour et ebullition

J'étais parti avec un Yves mal en point, me voici de retour avec un Herman qui patine. Sur le casting certains collègues pourront témoigner : je l'avais senti venir. Sur les détails de l'affaire et les subtilités du scénario accordez moi quelques heures (ou un peu plus) que je mette mes connaissances à jour. Là où j'étais (le grand nord) le feuilleton de la formation n'avait même pas droit à une brève dans les gazettes locales. Heureusement qu'il y a TV5, et la diffusion en milieu de journée du 13 heures de la RTBF pour ne pas paraître totalement largué à un retour de vacances... Sur le fond je n'ai pas le sentiment d'avoir raté grand chose. C'est l'avantage des sagas : on peut sauter l'un ou l'autre épisode et reprendre le train ensuite. En politique belge comme dans les séries TV, si l'intrigue évolue avec le temps le caractère des acteurs et les rapports de force ne changent jamais beaucoup, question de crédibilité.
Un rapide tour sur la toile me réjouit : beaucoup de nouveauté et la confirmation que cela se passe désormais en partie sur internet.
Elio di Rupo (le mauvais langues diront qu'il a plus de temps) se sert de son blog pour communiquer : non nous ne préparons pas notre entrée dans la négociation glisse-t-il en substance. J'apporterai une contradiction à la prose présidentielle : il me semble me souvenir que le scénario d'un éclatement de la Belgique a bien été étudié discrètement, il y-a quelques mois déjà (et je trouve cela plutôt normal, j'espère même que les autres partis en ont fait autant).
Mateusz propose désormais , sur le modèle à succès de Damien, une sélection quotidienne de liens (le blog donne l'impression d'être remis à jour, ce qui n'est pas toujours le cas, c'est intelligent et pratique). Enfin, Molenews, après une longue parenthèse, semble en forme pour la rentrée.
Pour "rue de la loi", un petit essai de mise en page, et , puisque Blogger le propose, une petite "consultation" en ligne. Petit test cette semaine sur la participation d'Ecolo aux négociations, on verra si ça vous amuse...
Avec modestie : ce genre de gadget en ligne n'a rien d'un sondage scientifique, l'échantillon de mes honorables lecteurs n'étant en rien représentatif et la méthodologie ne permettant pas de corrections statistiques ( à supposer que vous soyez suffisamment à vous exprimer pour que cela soit possible...).

16 août 2007

En vacances

Je prends trois semaines de repos... Retour en septembre... Avec un gouvernement ?

14 août 2007

Autopromotion

Pas beaucoup de temps pour écrire : j'assure la fonction de chef d'édition ces jours-ci, ce qui laisse peu de temps aux loisirs (et pourtant on peut pas dire non plus qu'en "simple reporter" j'ai l'impression d'être un figurant de la "la croisière s'amuse"). Les deux JT ont donc consacré ce mardi des séquences au site Orange-bleue-info que je signalais plus bas sur ce blog, rendez-vous chez Damien pour ceux qui les ont ratés. Même si la vanité est un vilain péché je vous renvoie aussi ici pour vous persuader que l'exercice du blog n'est pas vain (au passage merci à l'auteur, que je ne connais pas, je le confirme, pour ces lignes dont la lecture me fût très agréable).

12 août 2007

Orange bleue sur le net

L'orange bleue inspire les blogeurs. Je vous suggère ce site ou chacun peut poser des photos aux couleurs des négociateurs. Léger et sympa, ca passe le temps et on risque d'en avoir besoin.
Le très compétent Emich (si vous avez le temps lisez aussi sa cyber enquête sur le blog de Bernard Clerfaydt) a même mis au point un compteur orange bleue.
Le coktail orange bleu a fait en revanche sur André Flahaut , le ministre qui ne part jamais en vacances et qui en profite pour blogger un peu, un effet comparable à celui d'un chiffon rouge agité devant un taureau dans les arènes de Nîmes : chargeeez !
Et puis tant qu'à signaler des liens, ce recensement assez correct (ou si vous préférez proche de mes propres connaissances) de la blogosphère politique belge.

Décrispation ?



Comme je l’avais déjà signalé dans mon dernier billet ci dessous, Yves Leterme commence à apprivoiser les médias. Ce dimanche le formateur a même proposé des interviews séparées aux journalistes de télévision qui campent devant Val Duchesse après avoir même offert hier un duplex sur un trottoir de la rue de la loi à la RTBF (vous trouverez ici l’intégralité de l’interview accordée ce dimanche à mon confrère Loïc Parmentier).
Pour la petite histoire Yves Leterme n’était pas accompagné par son attaché de presse, il a demandé conseil à un journaliste de la VRT pour savoir comment communiquer le plus efficacement… conseil efficace, les seuls perdants étant comme la chaîne privée flamande VTM n’était pas sur place).Pendant jours d’affilées on n’a donc pas entendu de portes claquer à Val Duchesse. C’est un progrès. Mieux : les francophones reçus samedi et les néerlandophones consultés aujourd’hui ont tous soulignés un climat positif. Sans doute la pression un peu moins forte pendant le week-end du 15 août a-t-elle apaisée le formateur et ses troupes. On hésite ce soir à parler d’un tournant dans les négociations…Olivier Maingain, président du FDF absent de la table des négociations de samedi a d’ailleurs dans un communiqué rappelé toute la prudence nécessaire aux analystes qui tentent de décrypter la partie de poker en cours…

03 août 2007

La menace

Le formateur Yves Leterme a tenu ce vendredi une une conférence de presse (ici en vidéo) bien plus convaincante que la précédente. En une semaine le patron des sociaux-chrétiens flamands a donc appris que l'on ne devait pas forcément être "cassant" avec la presse et qu'une réponse agressive était forcément analysée comme un manque de confiance en soi.
Sur le fond Leterme n'a rien annoncé de révolutionnaire, mais a confirmé que le communautaire restait le noeud de son problème de formateur et qu'il reverrait le roi le 17 août. Ce qui se passait à l'entrée de Val Duchesse était donc plus significatif : le ministre de l'intérieur et négociateur VLD Patrick Dewael menaçait à demi mot de couper les vivres aux francophones si ceux-ci ne mettaient pas de l'eau dans leur vin communautaire. Dewael était même très précis en soulignant que la politique des grandes villes et la prévention de la toxicomanie, exercées par les régions et les communautés, étaient financées par le le fédéral. Pour l'instant les francophones font comme s'ils n'avaient rien entendu, même si le formateur a confirmé que la menace a bien été répétée autour de la table des négociations. Le plus beau dans tout cela ? La réaction de Bart de Waever, président de la flamandissime NVA, interrogé par un confrère néerlandophone qui lui demandait si Dewael avait raison : "je ne mange pas de ce pain là, c'est du chantage"...

30 juillet 2007

Elio y croit-il encore ?

Val Duchesse piétine. Ce lundi soir les négociateurs lancent deux groupes de travail supplémentaires, l'un sur l'arrondissement judiciaire de Bruxelles Hal Vilvorde, l'autre sur la coopération entre les régions et l'état fédéral. Le groupe de travail budget, qui se réunit lui depuis une semaine n'a toujours pas de chiffres précis à proposer (le déficit budgétaire 2007 varie de 1milliard 6 à 1 milliard 9 suivant les sources).
Improductive l'orange bleue ? Je vous conseille ce détour par le blog d'Elio Di Rupo : vous y lirez que le président du PS s'attend à des surprises (il vous propose même de parier un kilo de chocolat)... et n'exclut pas des rebondissements. On ne serait pas étonné que le terme "rebondissement" renvoie à d'autres coalitions "PS inside". Elio, est-il bien informé et plus si sûr d'aller dans l'opposition ? Ou c'est juste pour mettre la pression ?