06 octobre 2007

Du jus et des pépins

L’orange bleue a retrouvé du jus. La plupart des observateurs en conviennent désormais : le formateur a mis à profit son mois de repos forcé pour repartir d’un meilleur pied. Yves Leterme songe désormais à améliorer son image coté francophone : la Libre, le Standaard et le Morgen ont ainsi relaté ses derniers jours les efforts déployés pour mieux communiquer vers le sud. Yves Leterme a ainsi renforcé son équipe de communication (dans les moments délicats deux porte-paroles valent mieux qu’un) et rencontré les rédactions francophones. Pour RTL l’entretien a eu lieu au sénat mercredi après midi et a duré un peu moins d’une heure. C’est bien, mais cela ne sera pas évidemment pas suffisant, sauf à considérer que la presse francophone avait un à priori négatif vis à vis du formateur et qu’il suffit d’une rencontre pour rétablir la confiance. La réussite d’Yves Leterme passe avant tout par lui même (éviter une nouvelle « gaffe ») et par la bonne volonté de ses partenaires.

Vendredi soir on pouvait être à moitié rassuré sur ce second point. Le formateur réunissait dans une véritable ambiance de travail les 12 négociateurs de l’orange bleue. Autour de la table ronde installée dans les salons de la présidence de la chambre (merci Herman) les visages semblaient souriants. Yves espérait même un accord sur le chapitre immigration de son futur accord de gouvernement… il devra finalement attendre lundi, mais l’orange bleue ne fait plus du surplace, ce qui est déjà, le jour des 47 ans du formateur, un motif de satisfaction.

Côté pépins, la publication de la « non-note » des travaux de l’explorateur, figurera sans doute en bonne place dans la rétrospective des négociations.

Il faut relativiser la portée de la fuite :

- les négociateurs (Didier Reynders en tête) ont suffisamment dit qu’ils n’étaient pas liés par le document, écrit par Joëlle Milquet et sur lequel ils n’ont pas marqués leur accord.
- l’essentiel du contenu était connu dès la semaine dernière (l’auteur de ce blog en donnait les grandes ligne lors d’un duplex samedi soir, et la presse écrite avait déjà beaucoup écrit sur le sujet) il n’y donc pas de « scoop majeur » susceptible de faire chavirer une embarcation qui vient à peine de se risquer à quitter le port.

Cela reste malgré tout un beau coup pour la Libre, qui publie le document (Le soir en propose un résumé ici) et cela doit surtout amener le formateur à s’interroger.
Parmi les 12 convives à table vendredi, il y en a au moins un qui trouve plus d’intérêt à divulguer la note (pour affaiblir ses partenaires, contrarier l'informateur ou renforcer ses liens avec un/une journaliste, coup double voir triple) qu’à créer un climat de confiance.
A méditer : trop de pépins finissant par gâcher le meilleur des jus d’orange.

5 commentaires:

Morgane a dit…

Bien vu! Un traitre se cache parmi les douze. A qui profite le crime ? Je n'en vois qu'un: celui qui donnerait tout pour être formateur à la place du formateur.

Par ailleurs, je me permets de trouver la une de la DH de ce samedi totalement irresponsable. Soit, effectivement, "Les Flamands lâchent tout", soit l'interprétation de ladite non-note est abusive. Dans les deux ca, un tel papier ne peut que cabrer les négociateurs du Nord et les radicaliser. On voudrait que l'Orange bleue - ou Leterme - ne réussisse pas, pire, que le pays soit scindé, on ne s'y prendrait pas autrement. A part ça, le même journal distribue ses petits drapeaux noir jaune rouge. Belle cohérence!

Anonyme a dit…

Aïe, Monsieur Grosfilley.

"cela doit surtout amené le formateur à s’interroger" !
Vous repasserez en seconde session. Du jus, des pépins, auriez vous écrit ceci un peu trop... pressé ?

Mirek.

belgapalermitanoepazzo a dit…

ils etaient 12, un a trahi. Ca me rappelle vageument quelque chose.

Stéphane a dit…

Du jus, des pépins... et des bananes !
Aujourd'hui, pour la rentrée parlementaire, Max Havelaar rencontre dans le Parlement les Sénateurs et les Députés pour leur offrir une banane et leur rappeler qu'il est temps d'encadrer légalement l'essor du commerce équitable. Au plaisir de vous rencontrer là-bas !

Max a dit…

... et ça a marché ! S'il faut en croire L'Echo de ce matin : Les députés ont eu aussi l’occasion d’introduire des demandes d’urgences pour des propositions de loi. Et elles ont été nombreuses. On
peut s’interroger sur la réelle urgence de certaines demandes. La campagne sur le commerce équitable de Max Havelaar, menée dans
l’enceinte du parlement, a en tout cas, touché sa cible.

Prochaine action ?
voir www.fairmob.be
A tout à l'heure ?