19 mars 2007

Grosse fatigue



Il n’est pas en grande forme. Dimanche soir, au moment d’entrer en salle de presse le premier ministre affichait le visage d’un homme fatigué. Les trois jours du débat budgétaire et environnemental contribuaient sous doute à marquer son visage, mais le mal-être du premier est sans doute plus profond. Acculé par des sondages où son parti ne décolle plus (17% selon la dernière étude pour la VRT et le Standaard) déstabilisé par les déclarations de ses partenaires du parti socialiste qui n’excluent plus de gouverner avec Yves Leterme, et sans doute un peu démobilisé par la fin de la législature, Guy Verhofstadt semble ces jour-ci manquer de ressort. En fin de conférence de presse, le chef de gouvernement qui a pour habitude se lever et de laisser ses ministres accorder les interviews « en face à face » avec la presse audiovisuelle, c’est cette fois-ci prêté au jeu, sans que l’on sache s’il s’agit d’une démarche délibérée (pour marquer son dernier conclave) ou d’un concours de circonstances (parce qu’il ne se serait pas lever assez vite, le premier s’est retrouvé entouré de reporters brandissant leur micros). Faut-il pour autant, comme « Le soir » de ce lundi, estimer qu’il a manqué sa sortie ? Le propos semble excessif. Il n’y a finalement pas dans ce conclave pas moins de décisions que lors des précédents. Sur l’environnement, le social ou la recherche son gouvernement a pris une série de décisions qui peuvent avoir un impact dans la vie des citoyens. Pour avoir suivi ces 8 dernières années la plupart des contrôles budgétaires celui de Louvain ne s’est donc pas tenu dans une atmosphère fondamentalement différente des précédents.
Peut être la mauvaise humeur des éditorialistes est-elle motivée par des conditions de travail un peu différentes de celle du centre ville de Bruxelles. Les confrères de la presse écrite, arrivés sur les lieux vers 16 heures, n’ont pas apprécié de devoir patienter dehors jusqu’à 18 heures et la « salle de presse » située 500 mètres plus loin n’offrait pas beaucoup de confort. Pour les journalistes TV, présents eux dès le matin, les courants d’air de Louvain valent bien ceux de la rue de la loi. A l’écart de la circulation automobile, ils sont même un peu moins pollués, c’est un début.

16 mars 2007

Parti pris ?


Louis Michel est l’invité du grand défi sur RTL TVI ce vendredi soir à 19h45. Le commissaire européenne devrait profiter de l’émission pour indiquer officiellement s’il est ou non candidat aux élections du 10 juin prochain. Avec une kyrielle de questions sous-jacentes : quelle place occupera-t-il le cas échéant ? Se met-il en congés de la commission pour faire campagne ? Siégera-t-il dans l’assemblée où il pourrait être élu ? Quel son programme personnel pour les deux années qui viennent : Europe ou Belgique ?
L’émission a-t-elle un sens ? Modestement je pense que oui. Surprise ce matin à la lecture de la presse. Seuls deux titres annoncent effectivement l’émission dans leurs colonnes : Vers l’Avenir et Sud Presse (en se trompant sur le titre, puisque le journal du groupe Rossel évoque le grand jury, qui est une émission radio, mais bon).
Dans la DH Christian Carpentier, qui a l’info sur la dernière place au sénat qu’occuperait Louis Michel, fait le choix de ne pas annoncer l’émission.
Mais, le meilleur est dans la Libre et le Soir : pas une ligne. J’avais cru comprendre que ces titres suivaient avec précision le débat politique. Heureusement qu’il y a une publicité annonçant l’émission dans le quotidien de la rue royale. Dans la Libre même la page programme n’en parle pas (c’est celle de la veille qui a été reproduite)…
Au risque de me fâcher avec quelques confrères, ce n’est pas la première fois que j’ai le sentiment que le travail rédactionnel de la chaîne privé qui m’emploie est délibérément maltraité par la presse écrite. J’invite le lecteur à être attentif aux nombreux articles que ces deux quotidiens consacrent aux émissions politiques (y compris les « bureaux du pouvoir ») de la chaîne publique. En rappelant au passage que Le Grand Défi est programmé à 19h45, heure de très grande écoute, ce qui n’est pas le cas de toutes les émissions de mes estimés confrères du service public. En relisant certains éditoriaux consacrés à l’émission fiction du 13 décembre il me vient un doute : certains quotidiens ne sont-ils pas, face aux chaînes de télévision, de parti pris ?

PS : à toutes fins utiles, ces lignes n’engagent que leur auteur.

14 mars 2007

Ebullition violette et salade verte



Il reste un peu moins de 90 jours avant les élections. Retirez les vacances pâques et les congés du mois de mai : nous sommes dans la période cruciale, celle où l’on peut marquer durablement les esprits sans que cela n’apparaisse comme un positionnement de dernière minute. Dans ce contexte le contrôle budgétaire de ce weekend prendra donc une saveur très électorale assez marquée. C’est logique et inévitable. Guy Verhofstadt a d’ailleurs voulu marquer de son empreinte ce dernier exercice comptable de la législature. Le contrôle n’aura pas lieu à Bruxelles, au Lambermont, la résidence du premier, comme c’est l’usage mais à Louvain, dans l’ancienne usine Philips. Un souci du décor qui indique que la mise en scène est un des paramètres fondamentaux de l’exercice. Comme lors des fameux super conseils organisés à Gembloux ou à Ostende les services du premier ont prévu un centre de presse et demande aux journalistes de s’accréditer. Trois jours de discussion programmés, précédés par un grand nombre de conseil restreints (dites « Kern » en néerlandais). Au menu : la traditionnelle « chasse aux millions », un exposé du gouverneur de la banque nationale (viendra-t-il avec de bonnes nouvelles) et une série de mesures de dernières minutes qui pourraient être coulées en loi-programme. La configuration des lieux devrait permettre un bel exercice de communication. Idée générale : éviter les déclarations contradictoires devant la presse et offrir aux heures adéquates (13 et 19 heures) de grands briefings généraux.
Mais il y a un hic : l’ambiance entre les bleus et les rouges. C’est ce qu’a rappelé aimablement ce matin Elio di Rupo en qualifiant la cotisation sur les emballages de « taxe Reynders » (pour un homme politique il y a des produits plus sympathiques pour passer à la postérité) et un indiquant que l’idée de taxer les billets d’avion, présentée comme une alternative par le ministre des finances ne pouvait pas être une solution budgétaire. Le PS a même émis une condition pour que le contrôle se passe bien : l’augmentation de 25 euros du salaire minimum.
Les rouges marquent donc leur territoire. Il n’est pas exclu qu’ils tentent un bras de fer pour avec le message subliminal suivant « nous sommes le seul parti sérieux, les libéraux ne respectent pas leurs engagements et vident les caisses de l’état ». Pari dangereux. Les libéraux aussi sont en campagne électorale et ils ne pourront pas se permettre de sortir affaiblis de l’exercice. On attend la réaction de Didier Reynders avec intérêt.
Ajoutez pour corser le tout que le gouvernement violet ne pourra pas ne pas parler de Kyoto et du réchauffement climatique, sujet porteur du moment. Hors, dans ce domaine le PS n’a pas de compétences ministérielles : il est condamné à donner de la voix pour se faire entendre, peut être même de souligner sa différence vis à vis d’une approche libérale essentiellement fiscale sur le sujet (le SPA est mieux placé, avec un ministre de l’environnement). La semaine dernière le passage de Al Gore au 16, posant pour la photo entre Guy et Didier avait déjà provoqué quelques belles colères. Il n’est pas exclu que ces crispations ressortent, et gâche la belle opération de communication du weekend.
Le PS a d’autant plus intérêt de ne pas laisser le terrain climatique aux seuls libéraux que quelques personnalités ecolos viennent de rejoindre ses rangs (pas des moindres, puisque l’ancien secrétaire fédéral Jacques Baudouin soutient la liste PS à Bruxelles et que le sénateur Josy Dubié fait part lui aussi de ses états d’âme). Comme en chimie, c’est une réaction en chaîne. Le rapprochement réel du MR et d’écolo (coalition turquoise en brabant wallon) entraîne des défections des verts les moins verts vers les rouges (sur un plan purement pictural le mélange des deux couleurs n’est pas terrible), au risque de voir la violette (rouges et bleus ensemble au fédéral) entrer en ébullition.

La rumeur


Le coup est parti des couloirs du parlement. Personnellement il résonne sur mon bureau par l’intermédiaire d’un coup de téléphone peu avant 10 heures. Des parlementaires croient avoir entendu que l’ancien premier ministre Wilfried Martens est décédé. Branle bas de combat, pour tenter de confirmer l’info à bonne source. Quelques coup de fil plus tard et devant l’air ébahi de mes interlocuteurs, retour à la case départ : l’info n’en est pas une, la rumeur n’a rien de fondé.
Point final ? Ce serait trop simple. A midi 45, la rumeur repart de plus belle. Un téléspectateur a cru bon de prévenir RTL du décès de Martens par sms au 4343. Un quart d’heure avant le journal de 13 heures, nouvelle série de coup de téléphone pour revérifier. C’est qu’en un peu moins de 3 heures, les informations de mes sources ont le temps d’évoluer. Re-démenti. En milieu d’après midi Wilfried Martens, alerté, fait même savoir qu’il va bien. Mieux même, il a fait du vélo dans la matinée.
Pourquoi écrire tout cela, puisque ce n’était qu’une rumeur parmi tant d’autres ? Juste pour vous montrer que le désir d’être le premier sur une info, ne doit jamais empêcher de la recouper. Et qu’on ne perd jamais sont temps à prendre quelques précautions.

13 mars 2007

Le PS change de couleur et la campagne sur le web s'anime


C’est une opération de marketing direct de grande ampleur. Depuis le début de la semaine le parti socialiste fait distribuer par la poste un cahier de 24 pages établissant son bilan au sein du gouvernement violet. Vous n’en avez pas encore entendu parler ? C’est ce qui fait l’intérêt de la démarche. Les stratèges du parti socialiste semblent avoir pris le pari de communiquer directement avec l’électeur : aucun journaliste n’a reçu la brochure avant sa distribution, et le « bilan » du PS n’a pas fait l’objet d’une conférence de presse (à l’heure où j’écris ces lignes Elio Di Rupo invite cependant la presse à une conférence ce mercredi matin, il en dira peut être un mot). Au fil des pages le PS revient sur ce qu’il estime être les grands acquis de la législature. Le document a été tiré à plus de 2 millions d’exemplaires. Pour Florence Coppenolle, porte parole du PS, le coût serait équivalent à une campagne d’affiches de 20 mètres carrés (une telle campagne est en cours pour le CDH avec le slogan « besoin d’humain »). Ce bilan devrait prochainement être disponible sous forme électronique en langues néerlandaise et allemande. En jetant un œil à la brochure l’observateur averti remarque immédiatement que le PS a changé de charte graphique. Le logo rouge rectangulaire n’apparaît pas en première page (mais il est repris en pages intérieures). Les nouvelles couleurs du PS sont élargies à des tons pastel (vert pâle, orange, rose et bleu). Les mêmes couleurs sont sur le nouveau site du PS. Annoncé pour ce mercredi le site a en réalité été progressivement mis en ligne aujourd’hui. Il semble plus clair, aéré et lisible que le précédent. La grande nouveauté réside dans les vidéos, nombreuses et hébergées chez Daily Motion. Les montages font preuve d'un peu d'humour ("gaston il y a le télphon qui son " pour la présentation de gaston onkelinx par exemple). On peut bien sûr se demander si faire chanter "vertiges de l'amour" à Anne-Marie Lizin ou savoir que Jean Marie Happart est du signe astrologique du poisson et considère l'élan comme son animal préféré sont des informations politiques vitales. Dans ces clips, réalisés en interne, Elio Di Rupo est les autres candidats s' adressent directement aux internautes, l’interviewer étant invisible. La forme est très différente de celle retenue par Ecolo où une « journaliste » constamment présente dans l’image effectue une médiation entre le candidat et l’électeur. Les écologistes, premier à occuper réellement la toile devront sans doute revoir quelques éléments pratique, mais certaines séquences (la recette de la ratatouille par un professeur en écologie par exemple ) méritent le détour, car elle implique une certaine distance avec le discours tenu par le parti.
Ce mardi également la « MR TV » a été mise en ligne. L'univers choisi est très marqué 'mr' : couleur bleue et logo très présent, c'est donc une démarche très différente de celle retenue au PS. Comme son nom l'indique l'ambition est ici de décliner une "presque" chaîne de télévision. Dans le "JT" on retrouve donc Xavier Baeselen et Alexandra Mathelot. Lesquels confient avoir modifié leur garde robe après la lecture de commentaires de blogueurs : la reconaissance que la blogosphère a désormais, en Belgique aussi, une influence. Au sommaire du JT la journée de la femme, avec Corine De Permentier et Sabine Laruelle, qui semble avoir beaucoup de mal à faire accepter ses tracts par les passants. Sabine Laruelle est également l'invitée de la semaine, un entretien de quelques minutes sur un canapé, très classique. Deux cameras sont utilisées, preuve que les réformateurs veulent se donner des moyens techniques un peu conséquents, même si les cadrages sont un peu chancellants. La MR TV ne fait pas l'impasse sur la vie interne du MR, avec interview des collaborateurs et conférence de presse des ministres au risque d'être perçue comme une TV pour les militants déjà convaincus. La rubrique Post It qui permet d'envoyer ses vidéos pourrait avoir en revnahce un certain succès. Au rayon humour involontaire Hervé Jamar reconnait qu'être secrétaire d'état à la fraude fiscale n'est pas le poste ministériel le plus "sexy". Envie de changer sous la prochaine législature ?
On notera enfin, mais est ce le hasard, que socialistes et réformateurs apparaissent au même moment sur la toile. Nos deux plus grands partis considèrent sans doute que ce terrain là ne doit pas être laissé à leur adversaire. Le CDH devrait lancer ses vidéos sur le web à la fin de ce mois.

11 mars 2007

Un blog ministériel


Entre l'internet et la communication politique les liens sont plus forts que jamais et ne cessent de croître jours après jour. En terre belge Ecolo a finalement pris de vitesse le MR en étant le premier parti à proposer effectivement des vidéos sur le web, mais les réformateurs, en étant les premiers à l'annoncer ont une longueur d'avance dans la communication grand public. Et la MRTV ne démarrera réellement que dans quelques jours. Le PS ne devrait pas tarder à mettre en ligne un nouveau site. On reparlera ici des uns et des autres dans le courant de la semaine, mais soulignons déjà qu'il s'agit chez nous d'intiatives des partis, pilotées par les services communication avec le concours ou non de consultants extérieurs et non de démarches individuelles.

La Belgique,à ce stade ne semble pas encore mûre pour un blog, écriture individuelle par excellence, avec un haut responsable comme auteur. Cet exercice de transparence est en revanche réalisé en Suède par le ministre des affaires étrangères Carl Bildt. L'homme est rigoureux et consciencieux : où qu'il soit dans le monde il poste au moins deux billets par jour sur un blog très sobre. En Suède son initiative a provoqué un vrai débat : d'un coté les partisans de la transparence et de la proximité qui saluent l'initiative, de l'autre les éditorialistes de la presse écrite qui s'interrogent sur les retombées négatives que cela peut avoir pour la diplomatie suédoise ( en résumé : "nos interlocuteurs peuvent ils nous prendre au sérieux s'ils savent tout de notre ministre et de ses positions en allant lire son blog ?"). Ce que j'ai pu lire sur le blog de Carl Bildt (j'ai le grand privilège de comprendre à peu près le suédois) ne devrait à priori pas succiter de tollé diplomatique. Le contenu des discussions politiques n'est pas dévoilé. Mais le lecteur attentif peut noter quelques détails interessants. Par exemple lors du sommet européen à Bruxelles on apprend à la lecture du billet du 9 mars que l'auteur est resté en fin de réunion avec Merkel, Solana, et Steinmeier pour partager un "snack". Mais qu'il regrette que les discussions ne puissent être plus propfondes sur des sujets comme le proche orient. Il est passionant de suivre un ministre dans ses prégrinations entre Bruxelles, Ramallah, Genève et Orebro (son fief electoral) et de noter les quelques expressions qui permettent de deviner son état d'esprit. Revers de la médaille pour le ministre suédois : son blog a un tel succès qu'il se surveille et se censure sans doute un peu ces derniers temps. Dans son billet du 11 mars il note que plusieurs journaux étrangers ont consacré des articles à son initiative sur internet "le débat sur ce blog dépasse le cercle des pays voisins" remarque-t-il avant de conclure ironique : "je n'en suis pas sûr mais je crois que c'est la plus importante publicité internationale que la Suède ait eue depuis longtemps, dans la même division que l'initiative d'Olle Wästsberg dans Second Life".

09 mars 2007

Bertin Mampaka est de retour


L’homme a gagné en modestie. Bertin Mampaka sera, sauf incident de dernière minute, de nouveau échevin à la fin du mois. Joëlle Milquet, sa présidente de parti l’a confirmé lors d’une conférence de presse ce vendredi matin : elle demande au bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans d’inscrire le point à l’ordre du jour. Bertin Mampaka reprendra donc l’échevinat d’Hamza Fassi Firri en charge des sports, de l’environnement et des espaces verts lors du conseil communal du 26 mars. Bertin Mampaka, qui a obtenu 2 500 voix de préférence le 8 octobre dernier, avait fait l’objet de multiples polémiques lors des négociations visant à mettre en place la nouvelle équipe. Sa facture de GSM (qu’il a remboursé) les subventions accordées à une ASBL et ses dépenses de campagne aivent été mises sur la place publique. Lancé par un conseiller communal MR, le débat avait rebondit au PS où l'on réclamait un "pas de coté". La présidente du CDH estime que ces attaques sont désormais sans fondement (la plainte pour des dépenses électorales non rentrées a été classée sans suite et les dépenses de GSM intégralement remboursées). Bertin Mampaka retrouve donc son siège. Hamza Fassi Firri, qui lui cède la place, devrait lui se retrouver dans les prochains mois au parlement bruxellois (il y est premier suppléant) et occupera la fonction de chef de groupe au conseil communal (avec Joëlle Milquet comme échevin, c’est purement honorifique).
On notera que Bertin Mamapka, ce vendredi jouait profi bas, soulignant que s’il avait été dans le pass « chef de file » du CDH dans la capitale, il n’était plus aujourd’hui en mesure de « demander des comptes ». selon son avocat la plainte pour diffamation déposée contre un conseiller communal MR devrait prochainement passer en chambre du conseil.
On soulignera aussi cette confidence de Joëlle Milquet : « chez moi, tous les mandataires, à tous les niveaux, quand on prend une fonction exécutive, il y a toujours une lettre de démission à coté, en cas de problème. C’est une règle générale

07 mars 2007

La Belgique, un état et quatre régions

L’institut Destrée est un « think-thank » wallon (wallonissime est un néologisme). On pourrait le considérer comme un « warande » du sud, en plus intello et moins branché milieux d’affaires. La dernière production de l’institut mérite donc qu’on s’y arrête : un document qui plaide pour un « fédéralisme raisonnable et efficace pour un Etat équilibré ». Les auteurs s'y prononcent pour une réforme radicale de l’état belge, qui serait divisé en 4 régions égales en droit : la Flandre, la Wallonie, Bruxelles et une nouvelle région germanophone. Ce schéma implique la disparation des communautés. Tant qu’à imaginer une réforme de l’état ce schéma a pour lui d’offrir une structure cohérente et claire et gagnerait à être étudié. Si les francophones doivent offrir des concessions aux néerlandophones, celles que proposent ce document sont justifiables intellectuellement et suffisamment conséquentes pour calmer les appétits autonomistes. Un bémol : les auteurs n’envisagent pas d’élargir la région bruxelloise. Il serait pourtant légitime d’intégrer les communes à facilités dans la région bruxelloise pour deux raisons :
- elles sont bilingues en fait et en droit,
- cela permettrait à la région bruxelloise d’avoir un territoire qui correspond davantage à son activité économique
A quelques mois d'une grande négociation, et alors que le "communautaire" s'invite sur les plateaux télé, on suggère volontiers aux présidents de partis de ne pas négliger la piste offerte ici.

05 mars 2007

Liste PS à la chambre : ambiance carolo


C’est un document amusant qu’une âme bien disposée (ou si vous préférerez l’expression consacrée, un vent favorable) a porté jusque sur mon bureau : le procès verbal d’une réunion de l’exécutif de la fédération PS de Charleroi. Il s’agit du PV de la réunion du 8 février, date à laquelle les camarades carolos sont en grande manœuvre pour la constitution de la liste du hainaut. Le document atteste que les tensions au sein de la fédération restent vives.
D’emblée Jean Pierre De Clercq demande au président de la fédération Eric Massin s’il maintient sa déclaration d’une réunion précédente selon laquelle il n’a pas participé à la rédaction d’une première liste. Eric Massin répond qu’il n’a ni approuvé ni rédigé la première liste.
Ensuite Eric Massin relate une réunion avec le président du PS, Elio Di Rupo. Il détaille les places proposées à la fédération de Charleroi. Il ressort de la discussion que les fédérations de Mons et Charleroi se disputaient la place de 2ième suppléant et que Philippe Busquin et Christian Dupont ont été en concurrence pour la place de dernier effectif. Le nom d’ Alisson De Clercq apparaît sur le document à la 10ième et à la 14ième place, suivi d’un point d’interrogation.
Intervention de Patrick Moriau qui estime que « tout cela n’est pas très bon ni très favorable pour Charleroi » avant de glisser un peu plus loin « cette liste est inacceptable. De 5élus on passerait à 2(…) cette liste n’a pas été établie sur des critères objectifs mais bien sur une revanche de Mons et un désir d’hégémonie du hainaut occidental ».
Puis, Jean Claude Van Cauenberghe, qu’on imagine un ton plus haut, et dont le PV stipule qu’ « il criera son mécontentement si Charleroi ville n’a pas sa place. Il n’y aura pas de système à deux vitesses : 30 candidats et une liste du boulevard de l’Empereur ».
L’éxécutif adopte alors une position de revendication : la fédération réclame les places 4-§6-9-14-15 et 19 pour les effectifs , 2-7-9 pour les suppléants. Jean Claude Van Cauwenberghe et Paul Ficheroule sont désignés pour représenter la ville dans un « comité de constitution de liste ».Quelques semaines plus tard la liste du Hainaut est donc connue. La fédération de Charleroi a obtenu les 4ieme, 6ieme, 10ièeme, 12ièeme, 14ieme et 19ième places.

01 mars 2007

Il n'y aura pas de combat des chefs


Le parti socialiste l’a annoncé dans un communiqué ce jeudi après midi : le 10 juin prochain Elio Di Rupo mènera la liste pour la chambre dans la circonscription du Hainaut. J’avais signalé dans un précédent billet le dilemme des présidents de parti : le ministre président wallon a décidé de préférer l’utile à l’agréable, tenter de conserver le plus de députés possibles à la chambre, plutôt que de flatter son ego à coup de voix de préférence au sénat. Sans surprise, Marie Arena et Rudy Demotte occupent la 2ième et la 3ième position de la liste. Alors que la tension avec Jean-Claude Van Cauwenberghe est encore monté d’un cran, le président du PS accueillera finalement Alysson De Clerq (fille de Jean Pierre) sur sa liste. La députée sortante (dont le travail parlementaire n’est pour l’instant pas inoubliable) se retrouve en 10ième postion. C’est la place de combat (le PS avait obtenu 10 députés en Hainaut en 2003), finalement moins enviable que l’une des 3 premières places de suppléants qui étaient demandé initialement. Les carolos noteront également qu’Eric Massin figue sur la liste, laors que l’accord de majorité à la ville prévoyait des « échevins à temps plein » pour redresser Charleroi. On attend avec intérêt de voir ce que décidera Olivier Chastel, et surtout quelle sera l’attitude des uns et des autres au lendemain des élections. La tentation du cumul est bien réelle.
Ce weekend un congrès du PS entérinera la liste pour le sénat (Anne Marie Lizin en sera probablement la tête de liste). Dans cette configuration il plus que probable de voir Didier Reynders emmener la liste MR à Liège. En 2003 les ténors francophones s’étaient disputé le titre de « leader populaire » en emmenant les listes pour la haute assemblée. Cette année, le combat, coté francophone, n’aura pas lieu.