07 mars 2007

La Belgique, un état et quatre régions

L’institut Destrée est un « think-thank » wallon (wallonissime est un néologisme). On pourrait le considérer comme un « warande » du sud, en plus intello et moins branché milieux d’affaires. La dernière production de l’institut mérite donc qu’on s’y arrête : un document qui plaide pour un « fédéralisme raisonnable et efficace pour un Etat équilibré ». Les auteurs s'y prononcent pour une réforme radicale de l’état belge, qui serait divisé en 4 régions égales en droit : la Flandre, la Wallonie, Bruxelles et une nouvelle région germanophone. Ce schéma implique la disparation des communautés. Tant qu’à imaginer une réforme de l’état ce schéma a pour lui d’offrir une structure cohérente et claire et gagnerait à être étudié. Si les francophones doivent offrir des concessions aux néerlandophones, celles que proposent ce document sont justifiables intellectuellement et suffisamment conséquentes pour calmer les appétits autonomistes. Un bémol : les auteurs n’envisagent pas d’élargir la région bruxelloise. Il serait pourtant légitime d’intégrer les communes à facilités dans la région bruxelloise pour deux raisons :
- elles sont bilingues en fait et en droit,
- cela permettrait à la région bruxelloise d’avoir un territoire qui correspond davantage à son activité économique
A quelques mois d'une grande négociation, et alors que le "communautaire" s'invite sur les plateaux télé, on suggère volontiers aux présidents de partis de ne pas négliger la piste offerte ici.

11 commentaires:

pixeline a dit…

Le soir et vous meme semblez être d'accord sur la pertinence de leur proposition : moi il me semble que leur proposition ne demande aucune concession à la Flandre, et il est donc hors de question pour moi de juger cette proposition ni valide, ni même sérieuse.
On voit bien qu'ils n'habitent ni dans une commune à facilité, ni à Bruxelles! Bruxelles ne tiendra jamais en tant que Région si son territoire n'est pas agrandi.

Anonyme a dit…

Mais pourquoi vouloir, à tout prix, une région bruxelloise d'un seul tenant ? Commençons par y rattacher Waterloo et quelques autres communes du Brabant wallon qui font partie de l'hinterland bruxellois. Qu'importe s'il n'y a pas de continuité territoriale et que Rhode-Saint-Genèse ne fasse pas partie de la région bruxelloise. On verra bien ensuite, pour la question du rattachement des communes à facilités de la périphérie. Comment ? Ce n'est pas possible ? Pas moyen de rattacher des terres wallones à Bruxelles ? Trop d'opposition à cette suggestion ? Ah ! bon alors.
Célestin

Antongil a dit…

L'idée régionale est séduisante mais je crains que le financement d'un tel projet soit impossible. Car si j'ai bien compris la détermination des impôts fédéraux et des impôts régionaux est établie par les différentes entités de telle manière qu'elles puissent se financer par elles-mêmes. Voilà qui assure pour le moins la richesse au nord, la survie au centre et la pauvreté au sud. Il semble donc que les auteurs du document se retrouvent dans la position de l'arroseur arrosé. C'est l'objectif ?

Anonyme a dit…

Dans le cadre de la réforme de l'Etat qui s'annonce, je suis favorable à la création d'une circonscription nationale, à la régionalisation de la politique de l'emploi (pour faire plaisir à nos amis flamands), à la suppression des provinces obsolètes, au maintien des pouvoirs actuels du Roi, à la fusion région wallone/communauté française, à une réforme du Sénat et au retour du commerce extérieur au fédéral. Et oui, il existe des francophones qui pensent qu'il y a des choses à améliorer dans le fonctionnement de notre Etat fédéral. A nos femmes et hommes politiques francophones à bien négocier...

Philippe a dit…

Moi je plaide pour un état à la Suisse , qui très important , place le fédéral au dessus des régions.

Je trouve regrettable par-contre que les partis politiques se soutient uniquement de leur électorat , et pas des gens des autres régions ...

Il serait grand temps pour un retour des partis fédéraux ...

tanguy a dit…

4 régions, et plus de communautés,... bonne idée je trouve. mais pas de régionalisation de la sécurité sociale.
A mon avis, la Flandre a peur du réveil de la Wallonie (je sais cela semble stupide comme idée, mais cela peut être une explication plausible) ; il y a clairement des axes économiques qui se développent, at j'ai l'impression que la Flandre commence à s'en rendre compte et recherche des stratégies pour conserver ses avances par rapport au voisin du sud. Son argumentaire s'effrite au fil des années qui avancent.

Frédéric a dit…

L'idée me semble ridicule. Pour plusieurs raisons: la Flandre demeure intacte, Bruxelles n'est pas élargie à son hinterland, et la "Germanie" est séparée de la Wallonie. Dernière idée qui est aussi vite contestée du côté politique wallon qu'une Rhode-Saint-Genèse wallonne ou bruxelloise. Du temps de perdu, cette lecture, M. Grosfillez.

Fabrice Grosfilley a dit…

A frédéric : vous avez sans doute noté que je suggérai d'ajouter l'élargissement de la région bruxelloise...

Anonyme a dit…

Un peu de fierté et de courage...

Et pourquoi les francophones ne mettraient pas sur la table des negotiation la scission pure et simple du pays, ayant un nouveau pays pauvre c'est vrai, mais un pays libre et autonome, responsable de s'autogérer, sans devoir toujours subir le poids et les sarcarsmes des politiques flamands.

Une serie de taxes sur les autoroutes permettant l'acces d'anvers vers l'allemagne et au luxembourg constitueraient une bonne rente pour la wallonie.

Bruxelles, ferait partie de ce nouveau pays, beneficierait de sa proximité de fait "Business" avec Paris. De plus, les loyers attractifs de Bruxelles attirent de plus en plus de francais (Paris) augmentant encore la proportion de francophones au sein de l'enclave francophone de Bruxelles.

Apprenons la langue du voisin, l'allemand.

Les francophones laisseraient donc les flamands riches, avec une population veillissante (pensions) et leur belles illusions sur leur rayonnement culturel international de leur langue.

On leur laisserait egalement leur dérives extremistes de droite (25% je crois de Vlaams Belang, ce n'est pas rien)pour nous concentrer sur nos vrais problemes (partis a nettoyer, allocation des budgets de type plan mashall a des projets ayant un reel business plan, redynamisation et reconcentration des efforts de developpement sans politique de clocher,...). Dans l'option d'une scission, la wallonie et bruxelles francophone doivent se reveiller...

Pourquoi ne pas relever le défi...au lieu de toujours se laisser mener par le bout du nez par la flandre et accepter a tout bout de champ ce racisme latent envers les francophones "fainéants et profiteurs" et tellement bêtes qu'ils ne connaissent pas leur belle langue.

La politique, c'est aussi etre capable de mobiliser les gens sur des projets de société. Il n'y a pas de fatalité.

Enfin, je ne comprends toujours pas pourquoi la region bruxelloise est une region ou les flamands sont assurés d'avoir 50% des sieges alors qu'il ne represente pas cette proportion de la population bruxelloise. Ca ce n'est pas la démocratie, c'est une forme de racisme ou une voix flamande vaut plus qu'une voix francophone.

Beaucoup disent que la population flamande ne partagent pas les vues des hommes politiques flamands. Et bien, sorry, mais on a les hommes politiques qu'on merite et ils feraient bien de commencer a s'y interesser.

De notre coté de la frontiere linguistique egalement, il est temps qu'on s'interesse a tout ce bourbier que nos hommes politiques nous ont créé, de maniere a essayer de redresser la barre.

Trop, c'est trop.

Anonyme a dit…

Pourquoi élargir la Région Bruxelloise aux seules communes à facilités. On aggrave le problème aux yeux des flamands et c'est voué au refus -légitime- de leur part.
Il faut y englober suffisemment de communes à majorité néerlandophone pour obtenir une région bruxelloise véritablement bilingue outre les autres avantages que vous citez. Ainsi, le gouvernement bruxellois bilingue et les institutions publiques bilingues de bruxelles seront plus viables et trouveront une résonnance à la taille de la région.

Frédéric a dit…

Mais aux seules communes à facilités... L'hinterland bruxellois à proprement parler, c'est un peu plus large, et cela empiète largement sur les deux provinces du Brabant.