
Cela ressemble à une déclaration de guerre. Des propos chocs dignes d'être repris à la une. Ce week end le président de l'Open VLD, Bart Somers a flingué son partenaire gouvernemental du CD&V. En visant les hommes. Ainsi Yves Leterme est-il implicitement accusé d'avoir joué double jeu à Val Duchesse : "pendant que nous négocions pour former un gouvernement au château, il négociait une tripartite dans notre dos". Le président des libéraux flamand décoche également une belle flèche pour le nouveau président du CD&V Etienne Schouppe : "il a quand même volé environ 1,5 milliard (de francs) à la population avec ABX et la SNCB".
C'est un tournant. Certes ces propos tombent alors qu'une campagne interne s'engage au VLD, Somers remettant en jeu son mandat de président. Mais cela n'explique pas tout. Les reproches de Somers à l'encontre d'Yves Leterme sont désormais les mêmes que ceux que Didier Reynders réserve à Joëlle Milquet. De là à imaginer que les libéraux du nord et du sud avancent ensemble et ont décidé d'en découdre avec la famille centriste...
Les bleus font donc vraisembalblement monter la pression avant que les socialistes (PS à coup sûr, SPA peut être) ne monnayent dans les prochains jours leur ralliement à un gouvernement durable. Se faisant, il rendent la vie impossible au formateur.
En temps normal et dans un pays rationnel de tels propos devraient provoquer une crise majeure et risquer d'entraîner la chute de la coalition. On ne peut pas bâtir une majorité quand les coups politiques s'échangent avec une telle violence. Mais nous sommes en Belgique. Et Bart Somers a rapidement corrigé le tir. Ces propos, précisait son porte parole ce matin, ont été tenus dans une réunion interne du VLD à Saint Nicolas pour galvaniser les militants et aucun journaliste n'aurait du s'y trouver. Cela n'excuse rien : une déclaration finit toujours par percoler. L'important n'est pas de savoir quelles oreilles ont entendus ce discours mais quelle est la bouche qui l'a prononcé. Ce lundi Bart Somers a donc, si je suis bien informé, appelé le CD&V pour s'excuser. Dans l'après midi il précisait dans une conférence de presse qu'il ne voulait absolument pas d'élections législatives anticipées. Si c'est vrai, le président de l'Open VLD va devoir apprendre à tenir sa langue.
Note : les propos de Bart Somers ont été relayés par le Standaard et les journaux du groupe Corelio, qui ne les ont malheureusement pas mis en ligne. Mais cet article du Morgen y fait référence. Mon reportage vidéo est ici.






