29 novembre 2006

Charleroi et l'audit qui tue


Le rapport d’audit sur la ville de Charleroi remis au gouvernement wallon ce mardi est accablant. Il n’aura fallu qu’un mois au cabinet de réviseurs et au délégué spécial auxquels ce rapport avait été commandé pour se faire une idée précise de la mal-gouvernance qui règne à la maison communale. Vous trouverez dans la presse (par exemple ici)l’essentiel de leur travail. On en retiendra une gabegie étonnante (un plein d’essence tous les trois jours cela fait désordre), une absence totale de contrôle et un climat général dont on peut écrire qu’il oscille entre l’amateurisme et la délinquance en col blanc. Qu’un même agent puisse opérer un ordre de paiement et réaliser lui même le contrôle de cet ordre laisse pantois. Que des ordres de travaux soient imprécis au point d’empêcher tout contrôle interpelle. Que la régie foncière ne remette pas ses comptes à la ville ne peut qu’éveiller la suspicion. L’organisation des services communaux est à revoir de fond en comble et les auditeurs pointent des recrutements hasardeux ainsi que l’absence de formation adéquate du personnel. On soulignera que les faits les plus graves se retrouvent dans les domaines des travaux, des bâtiments et des économies d’énergie (soit les principaux scandales déjà révélés par la presse et la justice ces derniers mois). Ce mercredi matin Philippe Courard, ministre wallon de l’intérieur, sur la première, mettait le doigt sur la passivité de l’opposition. Cela lui a valu quelques réactions courroucées. Le reproche est à adresser également aux membres PS du conseil et du collège, à commencer par le futur bourgmestre Léon Casaert. A la même heure sur Bel RTL, Jean Jacques Viseur, futur échevin CDH de Charleroi s’étonnait lui de la myopie de la tutelle exercée par la région wallonne. Il faut aujourd’hui se poser la question : si un cabinet de réviseurs peut , en moins d’un moins, établir un constat aussi clair, qu’ont fait ceux qui étaient chargés du contrôle de la ville ces dernières années ? Un audit des services concernés au ministère wallon de l’intérieur ne serait pas inutile.

4 commentaires:

G. a dit…

Bravo Fabrice, votre remarque d'hier matin à JJ Viseur était sublime : "après le catalogue de la Redoute, Charleroi c'est le catalogue de la mauvaise gouvernence" ... ou qq chose ds le genre ...

On a bien ri, ce qui nous change ds ce dossier ...

Anonyme a dit…

"Charleroi et l'audit qui tue" écrivez-vous. J'incline plutôt à penser qu'il n'y aura aucun mort au terme du processus. Eventuellement l'un ou l'autre responsable, mais pas de coupable. Et on les reverra quasi tous au prochain tour. "Regardons l'avenir, pas le passé" diront-ils en choeur. C'est bien là le problème de notre "démocratie" : l'absence quasi totale de responsabilité des élus. Et malheureusement aussi, en Belgique, le "quatrième pouvoir" n'est pas toujours aussi incisif qu'il devrait l'être... Célestin

Anonyme a dit…

N'est ce pas la première fois qu'un cabinet de réviseurs audite une ville? Que se passerait il si ce type de cabinet analysait chaque ville ou commune?
En dehors de l'aspect délinquance, je suis convaincu que l'analyse de la gestion de celles ci laisserait bien des surprises. Les hommes politiques ne sont pas des gestionnaires: ce sont deux métiers aux objectifs différents.

Anonyme a dit…

Il faudrait également faire un audit à Liège. Les services communaux y sont gangrénés par le népotisme et le clientélisme depuis des décennies. Le genre de situation rapportée dans l'audit pour Charleroi s'y rencontre également. La seule différence est que personne n'ose encore en parler. Le seul endroit où il y a eu meurtre politique, c'est quand même la cité ardente. Et on y réfléchit à deux fois avant de remuer la boue. Mais bon sang, qu'est-ce que l'on a besoin d'un grand nettoyage là aussi. Il n'y a pas quelques journalistes courageux pour y investiger un peu ?