04 décembre 2006

De l’influence du baromètre


En météo le baromètre mesure la pression atmosphérique et sert à prévoir le temps du lendemain. En politique le baromètre (comprenez ce sondage régulier qui mesure la popularité et la confiance de la population pour leurs élus) a théoriquement la même fonction. En pratique il arrive que les acteurs du climat politique, se sachant sous le coup de l’observation des sondeurs, adaptent leur comportement aux circonstances. La saga de ce début de semaine n’échappe pas à ce dérèglement. Si Philippe Courard a déjà tenté ces derniers jours de « mouiller » les élus communaux de Charleroi dans la mauvaise gestion de leur ville, il n’a pas fait dans la dentelle ce week-end, intervenant fortissimo dans les débats télévisés sur le mode « la meilleure défense est l’attaque « (il faut rappeler que le ministres des affaires intérieures a bien la tutelle sur les communes, même s’il estime qu’il lui était impossible d’agir sans dénonciation). Didier Reynders n’a pas réagit mezzo voce en estimant qu’il s’agissait d’un amalgame comparable aux « méthodes de l’extrême droite », ce qui demeure insultant pour n’importe quel élu démocratique, qu’il soit socialiste ou pas. Elio Di Rupo n’a rien arrangé en estimant (un peu tard, puisque son communiqué n’est expédié que vers 19 heures, soit après que la déclaration soit diffusée une deuxième fois au journal de RTL TVI) qu’il était « indiqué » que le président du MR présente des « excuses sincères » au ministre wallon de l’intérieur. Ce lundi matin Didier Reynders appelait à son tour Philippe Courard à présenter des excuses, mais cette fois aux conseillers communaux qu'il aurait offensé. Aurait-on évité cette surenchère si le sondage du baromètre RTL-La Libre Belgique n’était pas en cours ? C’est hélas probable. Au lendemain des élections la présidente du CDH Joëlle Milquet réclamait l’interdiction des sondages à la veille des élections. Elle devrait surtout déconseiller à ses confrères de vouloir améliorer leur côte à n’importe quel prix.

3 commentaires:

JPM a dit…

Heureusement que la Wallonie n'a pas un leader d'extrême droite !
Di Rupo est bien étrange en ce moment : il se cache.
Il a certainement envoyé Courard au combat pour atténuer les dégats.
Il a profité de la sortie de D Reynders pour faire parler de lui.
J'approuve ces mots car le tous-pourris de Courard est une méthode utilisée par l'extrême droite : voire Le Pen !
Le pays est vraiment malade

G. a dit…

Il a très bien fait Reynders de remettre à sa place le PS et P. Courard ! Pourquoi les libéraux devraient ils tout accepter du P.S. ? Des critiques sur l'idéologie à l'amalgame VW et le libéralisme, la mise au poteau de ce qu'ils appellent "l'ultra" libéralisme et autres insultes ds le genre ... (à propos quand qq'un va-t-il enfin avoir le courage de parler "d'ultra" socialiste ...).

Il était temps de mettre le haut là ! Pas questions que le MR s'excuse ! Courard a dégainé le premier. Ce sont ses amis, les donneurs de leçon de la solidarité orchestrée pour eux mêmes qui ont fautés !

L'explication du baromètre est intéressante, j'ignore si c'est lié mais si c'est le cas, nos hommes politiques en sont réduits à des effets d'annonce plutôt que d'être jugés sur le fond !!!

APlennevaux a dit…

Ne vous y trompez pas, ce lancer d'assiettes n'a qu'un objectif: musculation pré élections car le PS et le MR ont déjà signé pour reconduire la majorité ensemble.

Le peuple belge francophone reste lui le "cocu" de ces amants qui lui confisquent son avenir.

Enfin, quand la nomenclatura francohone aura terminé de boire le sang de la bête et que celle ci sera abandonnée, livide, les électeurs auront peut-être enfin la lucidité de ne plus voter pour eux.

Il serait temps de demander le rattachement de la Wallonie à l'Afrique, vu la qualité de notre gouvernance, nous y serons mieux qu'en Europe.