21 octobre 2006

Van Cau ignore Elio, la suite


L'affaire se joue en deux temps.
Acte 1 : peu après 18 heures ce samedi, Elio Di Rupo publie un communiqué où il demande que le MR et le CDH soient associés dès maintenant à la gestion de la ville de Charleroi. Pour le président du PS, ouvrir le colège des échevins aux futurs partenaires de la majorité plus vite que prévu, serait un signal en direction de l'opinion publique après l'incarcération de Jacques Van Gompel, un geste qui indique que le PS carolo prend conscience de la gravité de la situation.
Acte 2 : Jean Claude Van Cauwenberghe, s'exprimant en direct au journal de RTL TVI est invité à confirmer cette ouverture plus rapide que prévue. Le président de l'USC tourne autour du pot, commence par indiquer qu'il n'y a qu'un poste à pouvoir ce qui est compliqué pour deux partis, avant de signaler qu'une entrée au collège pour quelques semaines n'a pas beaucoup de sens. Le communiqué d' Elio est donc torpillé en moins d'une heure. Quelques minutes plus tard sur la RTBF c'est Olivier Chastel (MR) qui fait savoir qu'il n'est pas demandeur d'une entrée précipitée dans l'éxécutif carolo, mais le résultat est le même.
Certes Elio Di Rupo n'était physiquement pas présent à Charleroi et l'on pourra toujours évoquer un problème de communications entre les camarades. Il sembe bien cependant que Jean Claude vient une nouvelle fois de s'affranchir d'Elio, rappelant au boulevard que le vrai patron à Charleroi est le président de l'USC, lequel n'a pas d'ordres à recevoir pour mener sa barque comme il l'entend. Le retrait de Van Gompel renforce même la position de Van Cau, et le score electoral modeste des réformateurs doit relativiser le poids des oppositions locales internes.
L'acte III reste à écrire . La désignation du futur bourgmestre étant réglée par le décret Courard la suite du match Elio /Van Cau se jouera probablement sur l'acceptation ou non d'un audit sur le fonctionnement de la ville, la nomination des échevins (la rumeur qui veut qu'Alisson De Clerq, fille de Jean Pierre, soit sur les rangs est une belle provocation qui ne doit pas faire rire le boulevard de l'empereur)ou encore celle des hauts fonctionnaires qui encadreront la nouvelle équipe (le poste de chef de cabinet du bourgmestre sera sans doute politiquement sensible). Pour l'instant Van Cau a le pouvoir...et Elio trépigne.

20 octobre 2006

Rétroviseur


C'était l'un des objectifs de ce blog : laisser une trace et , le cas échéant y revenir.Sans vouloir jouer les donneurs de leçons je vous invite à lire ce message du mois de mai consacré à Jacques Van Gompel. Le bourgmestre de Charleroi, confirmé par les électeurs le 8 octobre dort ce vendredi soir en prison.

Vote communautaire, bis

Voici, après le vote turc, le vote congolais. J’ai déjà eu l’occasion décrire (voir plus bas, un des commentaires précédents) que le score de Bertin Mampaka (CDH) à Bruxelles était surprenant et peut être pas étranger à un phénomène communautaire. Il faut peut être employer l’expression « vote confessionnel » pour être plus précis. Sur la liste du CDH à Bruxelles figure en effet Lydia Ngoy Mutyebele. Cette candidate, accusée d’avoir utilisé un faux domicile, est la fille d’un pasteur influent de la communauté congolaise de Bruxelles : Martin Mutyebele est l’animateur de la Nouvelle Jérusalem, église pentecôtiste qui revendique 3 000 membres à Bruxelles, essentiellement congolais ou d’origine congolaise. Ce mouvement religieux, semble inspiré des télévangélistes américains, on se prononcera pas à ce stade sur la validité ou la respectabilité de la doctrine (ma connaissance du phénomène est limité, mais j’y reviendrai peut être plus tard), on soulignera juste que Martin Mutyebele se fait nommer « Bischop » (évèque) par ses fidèles. Le plus intéressant est sur le site de la nouvelle jérusalem : on y voit Bertin Mampaka et Lydia Mutyebele participer à un office « spécial élections » où les candidats sont venus remercier leurs fidèles…

Des absents


Le gouvernement Verhofstadt a donc obtenu la confiance ce jeudi soir au parlement. Ce n’est pas un scoop. Il faut cependant noter que l’équipe violette n’a pas fait le plein des voix (94 voix pour et 47 contre, alors qu’il y a théoriquement 98 députés en faveur de la violette). Parmi les absents dans la majorité ont pointera le député PS liégeois Alain Mathot, dont une des camarades de groupe précisait hier qu’il était à l’étranger. Les observateurs attentifs auront noté qu’Alain Mathot n’était pas non plus présent pour écouter Guy Verhofstadt 3 jours plus tôt. Dans l’opposition (mais c’est politiquement moins important) Joëlle Milquet n’a également pas pris part au vote (mais elle était là lors du discours, mais si elle écoutait le premier distraitement, très absorbée par son GSM) : trop occupée par son futur échevinat à Bruxelles ?
Pour rappel le discours de politique fédéral et le vote de la confiance sont symboliquement considérés comme les temps forts de la vie parlementaire.

17 octobre 2006

Opposition sans voix


Cela n’était pas arrivé depuis plusieurs années à la chambre. Le premier ministre a pu prononcer son discours de politique fédérale sans être chahuté ni interrompu par l’opposition. A part une ou deux contestations sur les bancs du CD&V et du VB (lorsque le premier confirmait une taxe emballage ou abordait sa politique de sécurité) l’allocution de Guy Verhofstadt (50 minutes) s’est déroulé comme un long fleuve tranquille. Quel contraste avec ces années précédentes lorsque l’opposition essayait par tous les moyens de procédure possibles de retarder sa prise de parole. En fin de discours alors que le premier venait d’évoquer la fusillade raciste d’Anvers et lançait un appel à la tolérance les députés VB semblaient même KO debout. La retransmission en direct de la séance par la VRT a aussi son influence : le premier était à peine descendu du perchoir que Pieter de Crem (CD&V) se précipitait en dehors de l’hémicycle pour être interviewé en direct. Encore un peu il télescopait Guy…

14 octobre 2006

Vote "communautaire" : appel à (s') en sortir

C’est un débat nécessaire qui devra avoir lieu à tête reposée et hors période électorale. Comment intégrer des candidats d’origine étrangère dans les campagnes électorales et quelle place leur confier sur les listes ? L’excellent article du Soir sur les interrogations qui traversent la section du parti socialiste de Schaerbeek ne peut qu’interpeller, et le témoignage de Sfia Bouarfa (reportage diffusé ce jeudi soir sur RTL) m’a glacé.
Les élections communales que nous venons de vivre viennent de confirmer la réalité d’un vote « communautaire » ou « ethnique » en région bruxelloise (en clair tout vote émis lorsqu’un électeur choisit un candidat en se concentrant exclusivement sur son origine et/ou sa pratique religieuse et en négligeant son programme, son honnêteté, sa sympathie, sa proximité … et autres critères habituels de l’élection).
A Schaerbeek il ne fait aucun doute que quelques candidats d’origine turque ont pu obtenir un vote massif de leur communauté Emil Oskara ( PS) avec 2335 voix réalise le 4ième meilleur score de la commune, Sait Kose (LB) obtient 1566 voix. Tous deux devancent des « personnalités » locales comme Jean Pierre Van Gorp, Eddy Courtheoux, Sfia Bouarfa ou Denis Grimberghs. Certes sur 60 000 électeurs dans la commune, 12 000 seraient « d’origine étrangère », et on ne remet pas en cause ici ni la qualité des candidats ni la réalité de leur travail pour se faire élire. Ce débat n’est pas celui des candidats « allochtones » (en démocratie que vos ancêtres soient marolliens, jettois, bretons ou guadeloupéens, peu importe, vos origines ne suffisent pas à déterminer votre comportement, seuls les racistes pensent le contraire) mais celui des arguments acceptables pour gagner une bataille électorale. L'origine des candidats n'est donc pas le problème, mais l'utilisation d'un sentiment d'appartenance qui exclue les autres communautés pose question.

Si le soupçon d’un vote « ethnique » ou "communautaire" existe, c’est parce que certains candidats, en campagne, ne s’intéressent quasi exclusivement qu’à leur communauté, et qu’il semble bien que des électeurs se reconnaissent dans une démarche « communautariste ». Des campagnes « groupées » appelant à votre pour des candidats de la même origine ont été constatées en région bruxelloise, et des candidats mènent parfois campagne dans une langue étrangère qui rend leurs argumentaire électoral difficile à vérifier. (Notez que Schaerbeek et sa communauté turque ne sont pas le seul exemple : à Bruxelles, Bertin Mampaka (cdh) obtient 2543 voix, mieux qu’Henri Simons ou Frédérique Ries, il a pu bénéficier d’un effet de vote « africain »).
Si Schaerbeek doit retenir notre attention c’est surtout parce que la commune fût le théâtre d’une série de dérapages. La présence d’un « loup gris repenti » sur les listes du parti socialiste interpelle ainsi plus d’un « camarade » au PS (certains candidats confiant même qu’ils ont appris la réalité en cours de campagne et que cela devra faire partie des réunions d’analyse prévues ces jours ci). Mais il faut aussi y ajouter les injures reçues en rue par Sfia Bouarfa ( PS) parce qu’elle serait une mauvaise musulmane. Ou encore les SMS et les consignes orales pour ne pas voter pour l’un ou l’autre parti au motif qu’il reconnaît le mariage homo ou que certains de ses candidats de religion musulmane boivent de l’alcool (plusieurs témoignages sur des messages de ce type délivrés à l’abord des bureaux de vote me sont parvenus). Les partis politiques qui ont suscité , cautionné ou même autorisé ce genre de campagne hideuse, même au modeste niveau local, ne devraient plus avoir de place dans la démocratie belge.
Certes il est sain que tous les citoyens (qu’ils soient belges, d’origine étrangère ou ressortissant d’un autre état) d’une commune participent à la vie locale et que le conseil communal reflète la diversité culturelle des habitants. Mais ce désir légitime d’intégration, combiné à la compétition électorale entre partis, ne permet pas tous les coups.
On voudrait ici que les partis politiques bruxellois saisissent l’occasion qui leur est donnée pour lancer une réflexion sur la place des candidats d’origine étrangères sur leurs liste, le rôle qu’on leur fait jouer et le type de campagnes qu’il conviendrait d’éviter à l’avenir.
Pour que le débat soit fructueux et utile on y ajoutera deux préambules :
1) il ne s’agit nullement de stigmatiser l’un ou l’autre communauté (l’auteur de ces lignes est un anti-raciste convaincu). Pour être concret et précis, le débat n’est possible que si l’on distingue clairement une pratique tolérante de l’islam tout à fait compatible avec l’exercice démocratique (pratique majoritaire il faut le souligner) de ceux qui tentent d’assujettir la vie politique à leur pratique religieuse (minoritaires, mais présents et actifs). Seuls la seconde option mérite qu’on la combatte, ce n’est parfois pas dit clairement.
2) Il serait sot et déplacé d’instrumentaliser ce débat contre une formation politique précise. Les exemples cités plus haut indiquent bien que le problème est en mesure d’atteindre tous les partis politiques s’ils n’y prennent garde.

11 octobre 2006

Trahison, communication et violette


C’est un ralliement qui occulte tous les autres. Dimanche soir Isabelle Durant (ecolo) a donc choisi de soutenir Bernard Clerfayt (MR) dans la course au maïorat à Schaerbeek. Le PS puis le CDH ont immédiatement crié à la trahison.
On peut interpréter la décision de deux manières :
Pour les partisans de l’olivier, Durant a donc trahi un accord et gâché une chance d’implanter un olivier dans la seconde commune de l’agglomération bruxelloise.
Pour les partisans du bourgmestre, ce ralliement est logique puisque Clerfayt est le gagnant de l’élection.
Je me garderais de trancher entre ces deux versions. Isabelle Durant a estimé que la majorité « Olivier » serait trop courte (1 siège) pour être viable. C’est défendable et Denis Grimberghs, par exemple, le reconnaît aussi. Ce que reprochent ses « partenaires » (l’appellation est sans doute à revoir dans le cas présent) à la secrétaire fédérale Ecolo c’est surtout de ne pas les avoir prévenus de cette décision. Grimberghs (CDH), mieux informé, aurait alors négocié son entrée dans la majorité Schaerbekoise. Onkelinx aurait évité cette entrée dans une maison communale qu’elle croyait acquise, affrontant un public hostile devant les caméras avant de devoir rebrousser chemin sans dire un mot (séquence mémorable de TV qui laisse penser que Laurette n’était effectivement pas « au parfum ») . Isabelle Durant affirme pourtant avoir prévenu tant le CDH que le PS. On ne tranchera pas non plus.
On soulignera que le ralliement a bien été soumis au vote de la section locale d’Ecolo, réunie tout près. La vérité est sans doute que dimanche soir Isabelle Durant a pris ses concurrents de vitesse. Qu’elle fût la première à négocier avec Bernard Clerfayt et à accepter une proposition… et qu’elle craignait sans doute de se faire doubler. SI l'affaire ne s'était pas faite entre les bleus et les verts, Bernard Clerfayt aurait alors rencontré Laurette. Le rendez vous était même déjà pris...

Pugilat PS à Courcelles

C’est la conséquence du décret Courard (nouveau mode de désignation du bourgmestre) : il ya eu quelques secousses dans les veilles gardes locales de l’un ou l’autre parti ce dimanche. Ainsi à Courcelles on s’empoigne (au sens propre) entre socialistes : Axel Sœur, 40 ans et tête de liste, a obtenu 1443 voix. Christian Hansenne, plus âgé, a obtenu 1426 voix. A 16 voix près Hansenne était bourgmestre. Entre les deux clans le climat est à l’orage. La police locale a même du intervenir lors d’une réunion interne du PS pour séparer des « camarades » qui en étaient venu aux mains. Il semble que des proches de Christian aient jeté leurs verres de biere à la tête d'Axel. Bonne ambiance…

09 octobre 2006

Audiences


La soirée électorale de RTL TVi a rassemblé 330 000 telespectateurs en moyenne ce dimanche, contre 286 000 sur la RTBF (il s'agit d'une moyenne, pendant la seule durée du journal entre 19h et 19h48 l'audience de RTL etait de 566 000 telespectateurs).
Le "Grand Défi des présidents" de mercredi dernier a rassemblé 333 000 telespectateurs, score supérieur à celui du débat des présidents diffusé vendredi sur la Une.

01 octobre 2006

Les 7 jours les plus longs


Que le lecteur de ce blog prenne patience : la proximité des élections communales me tient éloigné des bureaux et des ordinateurs. Ces derniers jours avant scrutin sont consacrés à l'enregistrement de débats electoraux, à la préparation d'une émission spéciale (le grand défi des présidents, avec Kathryn Brahy, mercredi 19h40) et à la mise en place de la soirée electorale (rendez vous sur RTL TVI le dimanche 8 en fin d'après midi, avec le vote électronique les soirées commencent plus tôt. A bientôt.