31 janvier 2007

La Wallonie sort-elle du déclin ?


C’est un exercice de pédagogie. Ce mercredi matin Elio di Rupo a donc dressé un état des lieux de l’économie wallonne. On peut retenir du texte (le terme est impropre, le ministre président ayant pas mal improvisé) un aveu : le chômage reste un point noir, et une série d’espoir. D’emblée le ministre président précise le cadre de l’intervention wallonne, en redonnant le budget des différentes institutions il rappelle combien le pouvoir d’intervention des régions est limité, l’essentiel des leviers économiques relevant du fédéral. Il enchaîne sur un appel vibrant au patriotisme wallon : il faut que les wallons parlent positivement de leur région, ce qui est une condamnation implicite des discours critiques des derniers jours. Vient ensuite le coeur de l'analyse. Sur le front de l’emploi la réalité des chiffres est incontournable : 208 000 chômeurs en Wallonie et un recul à peine perceptible : sur ce terrain là la Wallonie reste un mauvais élève et l’écart se creuse avec la Flandre.
En revanche, d’autres indicateurs sont positifs et le ministre président wallon les met légitimement en avant. En termes de créations d’entreprises, de créations d’emploi (31 000 en Wallonie contre 39 000 en Flandre sur un an), d’investissements dans la recherche ou d’efforts consentis dans la formation ou de maitrise des dépenses publiques les chiffres sont bons. Ils augurent d’un redressement wallon possible. Avec l’arrivée d’entreprises étrangères en Wallonie la spirale du déclin est en passe d’être rompue. Faut-il en conclure qu’ Alain Destexhe aurait tort et Elio di Rupo raison ? La réalité est peut être que les deux analyses se superposent. On peut, avec Alain Destexhe s’inquiéter de chiffres du chômage catastrophiques ou d’investissements dans le Hainaut trop répartis, et dans le même temps, se réjouir, avec Elio Di Rupo, d’un redémarrage wallon, basé sur une prise de conscience tardive mais réelle, avec des décisions politiques enfin à la hauteur. En soulignant que le mécanisme vertueux enclenché aujourd’hui peut mettre quelques années avant d’entrainer un recul du chômage. Et que les emplois créés dans des secteurs comme l’industrie pharmaceutique ou les nouvelles technologies ne correspondent pas toujours aux qualifications des demandeurs d’emplois wallons.

30 janvier 2007

Voeux à la presse : Di Rupo ne répond pas à Destexhe

Comme l’an passé, le président du PS était donc le dernier à présenter ses vœux à la presse. Un rendez vous « informel » insistait sa porte parole, ce qui n’empêchait pas la présence de quelques caméras. Au delà des traditionnels vœux aux journalistes, ce genre de cérémonial est aussi l’occasion de quelques petites phrases. Ainsi sur le climat communautaire Elio Di Rupo aura fermé plus de portes qu’il n’en a ouvertes. « Si on nous dit en quoi remettre en cause l’équilibre institutionnel améliore la qualité de vie tout le monde (flamands, mais aussi bruxellois et wallons), on veut bien discuter, mais il faut qu’on nous le prouve » a-t-il indiqué, précisant que si les réalités de l’emploi sont différentes entre le nord et le sud du pays « on peut y répondre dans le cadre fédéral ». Certains confrères flamands, venus en force, ont du repartir déçus.
On notera aussi l’affirmation selon laquelle le président du PS n’a « rien signé avec personne » Décrivant un paysage politique « plus ouvert que jamais, où chaque voix comptera » le président du PS a pronostiqué une année chargée, balayant d’un revers de la main la date butoir du 21 juillet : « nous sommes partis au moins jusqu’au 15 août pour une agitation intense ».
Enfin, le président du PS, mais aussi ministre-président wallon, n’a pas daigné commenter les nouvelles affirmations du sénateur Alain Destexhe (MR) sur un supposé déclin de la Wallonie. Ce mardi, le président du PS a donc répondu par le mépris. Mercredi matin il prononcera un important discours au parlement wallon. Une réponse sur le fond ?

29 janvier 2007

A l'église


J’avais peu après les élections communales souligné le passage de Bertin Mampaka et quelques autres candidats dans une église congolaise (la nouvelle Jérusalem). Je m’étais surtout étonné de pouvoir trouver des photos d’un office où les candidats remerciaient les fidèles pour leur élections, ainsi qu' une liste des « candidats de la nouvelle jérusalem » indiquant aux fidèles comment voter.
Ces jours ci un contributeur anonyme me conseillait de faire le même type de recherches sur une conseillère communale de Schaerbeek. Autant l’avouer je n’ai rien trouvé du même ordre (ou bien j’ai mal chercher). La candidate en question semble bien fréquenter les églises protestantes mais sans apparaître comme une représentante de ces églises. Dans ma quête j’ai malgré tout déniché une trace du passage de Laurette Onkelinx à l’Eglise Internationale de Bruxelles. Rien de bien méchant, fréquenter une église (régulièrement ou exceptionnellement , ce qui semble être le cas ici) n’appelle pas de commentaires de ma part. Se revendiquer de cette église, ou bénéficier de son soutien pour une activité politique est en revanche plus discutable, mais je le souligne encore une fois, ce n’est pas ce que j’ai trouvé dans le cas présent. C’est donc juste une photo, mais je la trouve bien cadrée, :-). L’original se trouve ici.

26 janvier 2007

Opération séduction


« Il y a plus de monde qu’aux vœux du palais ». La confidence est d’un dirigeant politique haut placé. Il avait probablement raison. L’inauguration du nouveau bâtiment de RTL a connu un certain succès ce vendredi matin. Outre Albert II, les présidents des deux assemblées (Anne Marie Lizin, Hermann De Croo) une bonne partie du gouvernement fédéral (Verhofstadt, Onkelinx, Reynders, Flahaut, Laruelle, Verwilghen), du gouvernement wallon (Di Rupo, Marcourt, Daerden, Lutgen), Bruxellois (Picqué, Huytebrock) ou de la communauté (Arena, Simonet, Laanan, Erdekeens). Ajoutons des parlementaires, des présidents de parti (Milquet, Durant, Javaux) des bourgmestre (Clerfayt et Vervoort, le bâtiment est à cheval sur leurs deux communes), une gouverneure, etc…(et d'autres que je n'aurai peut être pas vus).
On aura noté l’excellente humeur du roi et de son premier ministre.
Pour les hommes politiques, c’était sans doute plus qu’une visite de politesse. La reconnaissance du rôle que RTL joue désormais sur le terrain de l’information radio et TV. L’opportunité aussi de passer à l’écran. A ce petit jeu les membres du gouvernement fédéral, qui faisaient parti du premier groupe de visiteur, autour du Roi, furent les mieux placés. Les membres des exécutifs régionaux ou communautaire, relégués dans d’autres groupes, furent moins exposés aux flashes des photographes et aux objectifs des cameramen, ce qui constitue pour un politique une souffrance toute relative.
Certains auront aussi été mis à contribution. Lors du passage dans le studio de PlugTV (la chaîne « jeune » du groupe) Marc Verwilghen , Sabine Laruelle, et Michel Daerden (entre eutres) furent convié à lire un texte pour lancer le clip vidéo suivant. La ministre des classes moyennes ou droit à un texte « érotique » maison et Michel DAerden coiffa une casquette de rappeur. A ce stade, ni l’un ni l’autre n’ont porté plainte..

Peu après 13 heures, le premier ministre, invité du journal de 13 heures, s'eclipsait sans passer par le buffet.

25 janvier 2007

Verhofstadt irrite Poutine

Le voyage aurait du avoir lieu lundi et mardi prochain. Guy Verhofstadt devait, accompagné du ministre des affaires étrangères Karel De Gucht, se rendre à Moscou pour un entretien avec le président russe Vladimir Poutine. Sept jours avant le départ une rumeur court : Guy Verhofstadt aurait reporté son voyage. En réalité Guy Verhofstadt envisage en fait de retarder son départ de plusieurs heures, un délai qui lui permettrait d’assister au conseil communal à Gand. L’entourage du premier affirme que le rendez vous avec Poutine aura lieu à l’heure convenue, et publie même un communiqué pour couper court aux rumeurs. Trop tard : Poutine a entendu dire que le premier préférait son conseil de Gand à un rendez vous à Moscou. Il fait savoir que son agenda est désormais modifié et quil a « d’autres engagements ». Guy devra revenir une autre fois. Entre Bruxelles et Moscou, il y a un courant d’air froid.

24 janvier 2007

Guy et Elio face à face


C’est une opposition particulièrement télégénique. Ce mercredi matin, dans un discours on ne peut plus officiel , le premier ministre a donc fait savoir qu’une réforme de l’état était à ses yeux « souhaitable, et même indispensable »(le texte intégral est ici). Quelques minutes plus tard Elio Di Rupo faisait savoir aux journalistes présents, qu’il désapprouvait le contenu du discours et qu’il allait le faire savoir au principal intéressé. Sur le papier, ce n’est pas anodin. Que le premier puisse dans un pareil contexte (tous les acteurs de la Belgique officielle étaient présents) lire un texte qui n’aurait pas l’assentiment de sa majorité, même en période pré-électorale, est, disons, étonnant. Que l’un des partis de cette majorité se croit autorisé à le faire publiquement savoir également.
A y regarder de plus près Guy Verhofstadt et Elio Di Rupo viennent sans doute de prendre une posture qu’ils ne quitteront plus. Le premier ministre n’oublie pas qu’il est aussi le « père spirituel » du VLD a défaut d’en être formellement le président. Il lui revient d’assurer un succès électoral, et d’imposer la présence de son parti dans le meilleur des rapports de force possible après le 10 juin. Indiquer que les intérêts de la Flandre lui importe autant que ceux de l’état fédéral coupe l’herbe sous les pieds d’Yves Leterme. Le faire à l’occasion d’une cérémonie au palais, lui permet de profiter d’une formidable caisse de résonance tout en indiquant qu’il n’est pas « prisonnier » de sa fonction du 16 rue de la loi.
Pour Elio di Rupo la posture est symétrique. Réagir vite et fort confirme le statut de « premier des francophones » qu’endosse régulièrement le président du PS, et évite de laisser un terrain inoccupé au CDH ou au FDF. Accessoirement, douter des analyses du locataire du 16 permet d’insinuer qu’on y ferait aussi bien si la place devait se libérer.C’est donc un grand classique des campagnes électorales. Guy et Elio ont tout intérêt à se positionner en leader de leur camp linguistique, à souligner leurs divergences et à indiquer, chacun dans leur communauté, qu’ils sont le meilleur rempart contre les intentions de l’autre . Electoralement, ces « frères ennemis » s’aliment donc l’un l’autre, et comme ils ont tous deux une longue expérience, il n’est pas exclu qu’ils réussissent à nous livrer quelques passe d’arme spectaculaires sans jamais porter un coup qui serait fatal à la Belgique. Ce jeudi, en tout cas, le duo fonctionne à merveille.

Marie-Rose

Nous n’étions pas d’accord sur tout (pour être franc, parfois même franchement en désaccord) mais je crois que nous partagions l’essentiel : le goût de l’indépendance et l’exactitude, la volonté de produire un journalisme qui parle des faits et de leurs conséquences pour les populations concernées, en se plaçant plus volontiers du coté des victimes que de leurs bourreaux. Je voudrai saluer la mémoire de Marie-Rose Armesto (Thierry Dupiereux en parle mieux que moi) avec qui j’ai eu l’honneur de travailler à RTL. Marie-Rose, mélange de ténacité et de tonus : une carrière percutante et un combat de trois ans contre la maladie tout aussi impressionnant.

22 janvier 2007

Concours de communiqués

Ce n’est pas un décès comme les autres. De l’Abbé Pierre on ne peut dire que du bien : une vie au service des pauvres, le sens de la formule et une capacité à mobiliser son prochain qui ne peuvent que susciter l’admiration. Etre né richissime et se dévouer aux plus pauvres, partir de rien et construire des consciences mérite le respect. Même quand il se trompe ( à propos des écrits révisionnistes d’un ancien ami, Roger Garaudy) l’abbé Goues (c’est son vrai nom) finit par reconnaître ses torts et s’excuser.
Le décès de l’abbé Pierre méritait qu’on s’y arrête. En Belgique francophone le plus prompt à réagir fût le président du PS, suivi dans la foulée par Ecolo (les deux communiqués tombent vers 10 heures). Charité bien ordonné commençant par soi même le président du PS n ‘omet pas de rappeler qu’il a rencontré l’abbé « il y a quelques mois », en réalité il y a un an, avec en prime une photo. Ecolo est dans le registre des condoléances.
Le CDH communiquait vers 13 heures(tonalité proche d'Ecolo, le texte n'est pas très long). Le MR sera le dernier avec un texte expédié à 15 heures passées (le texte est plus long, avec un lien vers les petits rien, et là aussi une photo de Didier avec le disparu) . Alors, homme de gauche l’Abbé ? Il fut pourtant député MRP, le parti gaulliste, dans les années 50…


PS : les horaires indiqués ici sont ceux de l'arrivée du communiqué dans ma boîte mail...

19 janvier 2007

Joëlle oublie le réchauffement

C’était ce jeudi à la chambre. Une équipe de RTL TVI réalise un reportage sur la préparation de la campagne électorale (la séquence ne sera finalement pas diffusée, la tempête occupant l'essentiel de l'espace médiatique). Invitée à préciser ses thèmes de campagne Joëlle Milquet énumère : la formation, l’emploi, la solidarité , la générosité (très humaniste ajoute-t-elle), un volet institutionnel et communautaire et la sécurité.
Relance du journaliste : « et le réchauffement climatique ? »
Joëlle Milquet, après un temps d’arrêt : « Ah oui. Je peux recommencer ? »

17 janvier 2007

Verhofstadt donne le top départ


C’est une opération de communication qui a pris de court jusqu’à ses partenaires de la majorité. Ce mercredi matin Guy Verhofstadt a réuni les présidents de parti de sa majorité pour décider de la date des prochaines élections législatives. Ce sera donc le 10 juin, ce qui n’est pas en soi une surprise absolue puisque cette date circulait. En réalité l’arbitrage était limité : soit le 3, soit le 10 (qui semblait avoir la préférence des libéraux). Elio Di Rupo était même près paraît-il à reculer la date du " Doudou" s’il le fallait, ce ne fut finalement pas nécessaire, et la perspective de terrasser le dragon une semaine avant un rendez vous électoral ne doit pas lui déplaire.
Ce qu’il faut souligner ici c’est la méthode de communication. Guy Verhofstadt aurait laissé entendre qu’il attendait le conseil des ministres de vendredi pour annoncer la nouvelle à la presse. Il a finalement préféré devancer d’éventuelles fuites. Vers 11 heures, coup de fil dans les rédactions des télévisions du royaume. Une heure plus tard déclaration au pied de l’escalier du 16. Pas de questions, juste une annonce qui durera, dans les deux langues, moins de 3 minutes (et dont le texte figure ici). Suffisant pour apparaître sur toutes les télés, endosser la paternité de la décision, et imposer l’idée que Guy est le maitre du calendrier. En face, c’est Yves Leterme qui doit maintenant réagir. Le rival du premier va devoir dire clairement s’il est ou non candidat.