17 décembre 2007

Ducarme prend de la hauteur


Daniel Ducarme a prononcé ce samedi 15 décembre un discours remarqué sur les débats institutionnels. Sous le titre « Bruxelles, la révolution de l’Iris » l’ancien président-fondateur du MR lance quelques idées fortes : l’autonomie constitutive pour Bruxelles, la création d’une « Belgique Française » regroupant Bruxelles et la Wallonie , et une association poussée pour ce nouvel ensemble avec la République Française (Ducarme prend comme exemple le statut de la Polynésie Française, territoire d’outre mer jouissant d’une grande autonomie).


Bref, du costaud. L’initiative est bienvenue. Au moment où les négociations gouvernementales s’enlisent dans les querelles de personnes et les stratégies à court terme il était temps qu’un élu teste quelques idées institutionnelles. Que ce soit Daniel Ducarme n’étonne pas. D’abord parce que son statut (ancien président fondateur du MR, ancien ministre président Bruxellois, aujourd’hui simple député, après avoir affronté le fisc et un cancer) le lui permet : en d’autres termes cet homme possède la liberté de parole de ceux qui n’ont plus rien à perdre et qui ne courent plus vers d’hypothétiques trophées. Ensuite parce queDaniel Ducarme, souvent confronté à Hervé Hasquin, ne déteste pas montrer qu’il est aussi un « agitateur d’idée » et peu, au besoin avoir du souffle. Je me souviens l’avoir vu en vacances relire Tocqueville. Enfin, 3ième raison, parce que Ducarme nourrit une vrai passion pour la France, ses valeurs et son système politique. Qu’il souhaite s’en rapprocher n’est donc pas une surprise.


Trois raisons donc, pour lire son appel (sans, bien sûr, être obligé d’y souscrire) et émettre le souhait que d’autres (on pense à Charles Picqué, Philippe Moureaux, Jacky Morael, Melchior Wathelet Senior, etc…) se risquent sur le même terrain avant que le groupe Wallonie-Bruxelles, une fois lancé, ne concentre le débat en son sein. L’initiative a en effet le mérite de monter aux partenaires flamands que les francophones aussi peuvent avoir des idées sur leur futur et que la marche vers l’autonomie peut avoir des conséquences qui ne seront pas toutes systématiquement positives pour la Flandre. Depuis plusieurs mois j’attends ainsi le grand format francophone qui osera dire qu’en cas de confédéralisme Bruxelles ne sera pas forcément la capitale de la Flandre. Il n’est pas vain, dans la politique telle que je l’imagine, de lancer des réflexions à long terme. Surtout quand ce long terme se rapproche plus vite que prévu.

8 commentaires:

pixeline a dit…

Bonsoir,

Au sujet de ce groupe Wallonie-Bruxelles, il semblerait qu'il ne serve absolument à rien, mais bon ma source c'est Pan. Mais ce serait peut-être intéressant que votre rédaction fasse un sujet histoire de forcer nos politicard a au moins faire semblant de travailler entre deux restos.

Claude Thayse a dit…

Très beau billet. Je l'ai mis en réferénce sur mon blog.
http://www.claude-thayse.net/

Il est temps, en effet, que les grands formats ou ceux qui n'ont plus trop à perdre osent dire la vérité.

Georges a dit…

"Je me souviens l’avoir vu en vacances relire Tocqueville"

là, évidemment, on s'incline!

Georges a dit…
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Anonyme a dit…

Oui, une sortie très intéressante qui donne une perspective bien connue mais qui prend une autre teneur vu l'intervenant.
Mais malheureusement, il est à craindre que suite, cette nuit, à la formation du gouvernement intérimaire, le groupe de réflexion sur l'avenir francophone (dont j'ai déjà oublié le nom) et autres ballons d'essais tels que celui-ci soient, comme d'habitude, remisés au placard.
Et les francophones ou Wallons se réveilleront stupéfaits en 2009 devant de nouvelles revendications flamandes se demandant encore ce qui leur arrive et promettant "qu'on ne les y prendra plus", avant de s'endormir à nouveau.

Philippe De Fooz a dit…

Suite au commentaire de Anonyme.

Que DD ait commis une bêtise avec ses arrieres d'impots, on le sait: il a réglé sa dette et est clean.
On est mal venu au PS et aux alentours à hurler chaque fois que DD apparaît.

Ceci étant, d'accord avec anonyme;

et tant que les partis francophones (tous) n'auront pas fait leur révolution institutionnelle (les usines à gaz Comm;Region-w; les para_région, etc etc, ) et économique (enfin lier l'enseignement et la formation à l'emploi) sans parler d' attaquer enfin les gabegies et prébendes ...ils resteront faibles et démunis face au Nord.

Fabrice Grosfilley a dit…

A pixeline : ayant comme profession de suivre (et parfois poursuivre)les "politicards" comme vous les appelez, je ne peut qu'être en désaccord avec votre assertion. Contrairement à ce que véhiculent les rumeurs populistes les politiques de haut niveau ne passent pas leur vie au resto et ont, j'en suis témoin, des cadences de travail peu enviables. Il ne s'agit pas de les plaindre, mais soyez correct : les présidents de parti et autres négociateurs travaillent bien plus que la moyenne.

pixeline a dit…

désolé si mon message était trop généralisant voire populisant, je faisais référence à cet enième machine de "groupe Wallonie-Bruxelles" dont on voit mal les politiques "qui comptent" (chefs de parti) tenir compte des éventuelles conclusions, après le spectacle affligeant de leurs dissentions de ces derniers mois. Spaak et Busquin, mais qui les écoute encore?
non, ce qui compte vraiment pour le MR et le PS c'est d'être/rester le premier parti francophone. Autour de quel projet, ca dépendra de leur intérêt partisan. Pendant ce temps là...