19 février 2008

Verhofstadt met le turbo vers la sortie


Eric Donkier, éditorialiste du Belang van Limburg l’écrivait dès ce matin : ce n’est pas le 23 mais dès le 20 mars (le jeudi saint) que Guy Verhofstadt remettra son tablier de premier à Yves Leterme. Les services du premier ministre l’ont confirmé dans ce communiqué publié ce midi (texte intégral) :

Le Premier ministre, Monsieur Verhofstadt, a eu un entretien, hier, avec les présidents de parti en vue de fixer l’agenda, pour qu’au plus tard le 23 mars, comme prévu, le flambeau puisse être transmis à M. Leterme. Ci-après, l’agenda mis en avant qui a reçu l’aval des présidents de parti :

Un premier volet relatif aux réformes institutionnelles sera soumis, vendredi, au groupe Octopus. Ce volet sera déposé au Sénat sous la forme d’une proposition de loi.

Ce week-end, l’exercice budgétaire se traduira par un équilibre. La mise en œuvre du budget sera approuvée en deuxième lecture sous la forme d’une loi-programme à l’occasion du Conseil des ministres du 20 mars.

Etant donné que s’achève ainsi le travail de M. Verhofstadt, celui-ci transmettra le flambeau à M. Leterme le 20 mars. Les lignes de force de la déclaration gouvernementale du nouveau Premier ministre se retrouveront, pour ce qui est du volet des réformes institutionnelles, dans le texte explicatif joint à la proposition de loi relative aux réformes institutionnelles. L’amorce du volet socio-économique sera reprise dans l’exposé des motifs de la loi-programme.

Ainsi, M. Verhofstadt respecte-t-il entièrement l’engagement qu’il a pris à la fin de l’année 2007 en vue de résoudre la crise politique et de permettre l’avènement d’un gouvernement définitif sans problème aucun.

Que retenir du texte ci dessus ?

1) Verhofstadt souhaite rester maitre du calendrier et imprime lui même le tempo.
2) Le groupe des sages est bien parvenu (ou est en passe de le faire) à un accord sur une première phase de réformes institutionnelles
3) Verhofstadt n’a aucun doute sur une issue positive des discussions budgétaires
4) Le premier a décidé de soigner sa sortie, au risque, en optimiste indécrottable qu'il est, de s’enfermer une fois de plus dans un calendrier.

2 commentaires:

Koga a dit…

Monsieur Grosfilley, comment expliquez-vous le fait que monsieur Verhofstadt souhaite quitter le gouvernement. Imaginons que Leterme soit plus gravement malade, enfin l'ait été, et qu'il eût fallu lui trouver un remplacement, pourquoi Verhofstadt n'aurait pas souhaité continuer? Sont-ce ses ambitions européennes qui lui font quitter le pouvoir? Ou la lassitude de la nation Belgique!?

Fabrice Grosfilley a dit…

Je pense qu'il y a une véritable lassitude chez Guy Verhofstadt (au pouvoir 2 législatures complètes, ce qui n'est pas si fréquent chez nous)doublé d'une difficulté politique parfois sous-estimée au sud : l'Open VLD a été sérieusement sanctionné aux dernières élections (plus que le PS) et la logique veut que celui qui dirige un parti perdant se retire. Il faut également prendre en compte le rapport de force au parlement : si aujourd'hui Verhofstadt peut rester premier ministre d'un gouvernement intérimaire c'est avec l'apport des voix des députés CD&V... sans le soutien du parti d'Yves Leterme l'équipe en place n'a pas la majorité. Ajoutons que Verhofstadt doit également maintenant faire face à ses anciens lieutenants (Dewael, De Gucht, Sommers) et que ceux-ci ne voient pas pourquoi ils devraient continuer à accepter éternellement son autorité.