12 mai 2006

VRT : zéro cordon

Il y a longtemps que le cordon sanitaire n'est plus pratiqué par les médias flamands. Pour les rédactions des télévisions du nord les élus du Vlaams Belang sont même des "bons clients" particulièrement favorisés... Pas une décision politique qui ne soit commentée par l'extrême droite, très présente dans les médias en tant qu'"unique force d'opposition à tous les niveaux de pouvoir". Avec des moments où on se demande comment les confrères peuvent se regarder dans une glace. Ainsi ce jeudi, au moment même où l'on apprenait le double crime d'Anvers, devinez qui était l'invité de la VRT pour commenter en direct de la chambre la séance des questions d'actualité ? .... Franck Vanhecke, figure anversoise du VB. Ca ne s'invente pas.

11 commentaires:

Mateusz a dit…

Il y a un bon Face à l'Info à télécharger sur le site de la Première... Eddy Caekelberghs a invité quelques journalistes pour parler de l'affaire des meurtres d'Anvers et de son traitement médiatique... il y a une partie de l'émission qui est consacrée au Belang. Très intéressant...

Philippe a dit…

C'est vrai que ça surprend, et choque, parfois. C'est aussi le cas lorsque Le Pen ou De Villiers apparaissent dans d'excellentes émissions politiques françaises. Il faut se rappeler que la VRT a essayé la technique du cordon vis à vis de l'extrême-droite,en vain. Cela n'a pas empêché le VB de recueillir près de 30% des voix ! Cela dit, il y a à la VRT quelques remarquables journalistes qui ont déjà pris plusieurs mandataires du VB, et non des moindres, en flagrant délit de contradiction voire de racisme.

mardb a dit…

il n'est pas inutile de rappeler aussi qu'un ancien journaliste présentateur d'un jt( je ne sais plus si c'est de la vrt ou de vtm) est désormais cadre du VL B. La contagion des esprits touchent tous les secteurs.
Où étais les intellectuels flamands s'opposant aux blok-belang avant le meurte de jeudi? Leur a-t-on donné la parole médiatique? Qu'elle est la responsabilité des éditorialistes flamands dans cette contagion des esprit. ça fait beaucoup de questions!

Il y a 1 an, la gazette van antwerpen a changé de ligne éditoriale en axant aussi sur les bonnes nouvelles et en arrêtant de systématisé les large traitements des faits divers. Mais à anvers, c'est trop tard? Par contre en communauté française, il est encore temps! Et si on arrêtait d'ouvrir le jt avec 6 faits divers?
A chacun sa responsabilité! :-)

fabrice grosfilley a dit…

assez d'accord avec ta remarque. Les JT sont "anxiogènes" et déforment la réalité, c'est vrai... Même si en communauté française j'ai le sentiment que toutes les rédactions TV sont assez attentives. Je peux en tout cas t'indiquer que nous avons régulierement le débat à RTL...

marcdb a dit…

absolument d'accord avec toi. Du côté télé francophone on était préservé du tout au fait divers. C'était avant l'affaire van holsbeek....
Depuis le meurte pour un mp3, la tendance a parfois tendance a s'inverser, tant en télé qu'en radio. N'es-t-on pas sur la mauvaise pente?

fabrice grosfilley a dit…

J'y ai déjà fait référence (voir ci dessous "football panic autour du service civil") : le problème ne se pose pas que dans les rédactions mais plutôt dans l'interaction opinion publique / médias/ réactions politiques. On ne peut pas reprocher aux journalistes de s'interesser à un thème qui provoque une vive émotion dans l'opinion et qui mobilise jusqu'au conseil des ministres... Ce ne sont pas les journalistes qui inventent les plans de renforcement de l'intérieur et de la justice... Ce ne sont pas les journalistes qui font les déclarations plus ou moins sécuritaires... Plus largement (j'avais déjà organisé un débat sur ce thème avec la société des journalistes de RTL il y a 3 ans à la suite des élections françaises) : peut on limiter l'impact des faits divers sans que nos télespectateurs n'aient le sentiment d'une "autocensure", et ne développent une défiance vis à vis des journalistes ? Comment les médias traitent ils de l'extrême droite lorsque celle ci devient politiquement incontournable ?

Anonyme a dit…

Tout à fait d'accord avec marcdb sur la remarque des 6 faits divers en début de journal. Et cela vaut également pour la ligne rédactionnelle du JT de la RTBF que je trouve de plus en plus "proximiteux". A quoi bon demander au citoyen lambda de comprendre les problèmes des migrants (et d'y être peut-être sensible) si il n'a pas une vision claire de la situation des pays dont viennent ces immigrés? Il faut absolument casser la spirale "je ne comprends pas"-"je me replie"-"je ne comprends pas"-... Selon moi, seule une presse d'opinion issue de mouvements de citoyens indépendants peut pallier les manques du système actuel.

Vincent

damien a dit…

Dans le PAN de la semaine dernière, Michel Marteau, rédac chef de la DH répondait à la question "Est-ce que la DH ne fait pas trop dans le démago et le fait divers sanguinollant?" en disant que toute la ligne rédactionnelle était dictée par ce que le public demandait comme genre d'infos. Ne pensez-vous pas, vu la proximité de la cible DH et de RTL, que le rôle des rédactions est aussi de tirer le public vers le haut et de lui proposer aussi autre chose que de l'infotainement? Personnellement, les papiers de E. Praet me font bondir à chaque fois tant ils sont dégoulinants. Certains sujets du JT de RTL ne volent pas beaucoup plus haut non plus. Et c'est consciemment que les journalistes "tapent" si bas ...

fabrice grosfilley a dit…

Je ne veux pas juger mes collègues, même si, comme vous, certains articles me font bondir. RTL se veut une télévision généraliste, nous traitons donc toute l'actualité, et pas seulement les faits divers. Personellement je n'ai jamais eu le sentiment de faire "de l'infotainement". Au contraire, chaque fois que nous estimons que des enjeux politiques , économqiues ou internationaux méritent d'être décodés nous tentons (je dis bien tentons, je n'ai aucune prétention) de le faire.
Je suis d'accord avec vous sur le fond : le journalisme est au croisement de deux logiques , l'une commerçiale (les journaux doivent se vendre et les télés faire de l'audience sinon on les ferme), l'autre plus citoyenne pour essayer d'élever et d'alimenter le(s) débat(s) de la cité (même si, je le répète, la responsabilité n'incombe pas qu'aux seuls médias : l'école, les politiques, etc... jouent aussi dans la pièce). Il n'est pas sain que l'une des deux logiques l'emporte sur l'autre... Je suis donc en désaccord avec le rédacteur en chef de la DH sur le "sens" de notre profession, et je pense que beaucoup de journalistes (y compris à la DH et à RTL) le sont aussi.

Anonyme a dit…

Frank Vanhecke n'est pas anversois, mais brugeois. Et c'est le président du VB.

fabrice grosfilley a dit…

Correction nécessaire. C'est Dewinter qui est la figure anversoise du parti. Bien vu.
Ce qui ne change rien au fond.