12 mars 2008

Elio, en direct des négociations




Cela fait quelques jours que cela dure. Le mouvement réformateur a visiblement décidé de se démarquer de ses futurs partenaires (le mot n'est pas le plus approprié) de la probable majorité. Devant les caméras et les micros Didier Reynders ne rate pas une occasion de souligner sa différence et d'éreinter ses petits camarades de négociation francophones. "C'était plus facile sans les socialistes" lançait ainsi le président des réformateurs il y a quelques jours avant de préciser que si les rouges étaient de retour c'était, selon lui, à cause/grâce (biffer la mention de votre choix) de/à Joëlle Milquet. Ce mercredi les libéraux du nord et du sud estimaient que la négociation en cours courrait les mêmes risques que celles de l'orange bleue et imputait implicitement la responsabilité des blocages au CDH. Elio Di Rupo n'a, dans un premier temps, réagit que mollement face aux caméras des confrères stationnés au 180 rue royale, batiment qui abrite le cabinet Leterme. Mais il a mis ce soir en ligne un billet très interessant sur son blog.


Cela commence par un constat qui pourrait facilement être pris comme une menace "Je pourrai profiter de ce blog pour donner des indices de ce qui se fait en coulisse, distiller quelques petites anecdotes, évoquer les manies des uns et des autres. Je ne le ferai pas. En tout cas pas maintenant. " Cela se poursuit par une critique des propositions de Didier Reynders pour une nouvelle réforme fiscale chiffrée à plus de 3 milliards : "ce n’est selon moi pas acceptable de privilégier ouvertement les gens qui gagnent vraiment beaucoup par des mesures fiscalement très coûteuses". Le tout accompagné d'un appel " il revient à chacun de montrer sa bonne volonté" ou encore " que chacun accepte qu’en négociation, on ne peut pas obtenir chacun 100 % de nos exigences. C’est la règle dans les coalitions. Ca l’est d’autant plus quand la situation budgétaire est mauvaise". Conclusion du président du PS : il faut un véritable accord détaillé et pas une vague feuille de route comme le suggère désormais MR et VLD.
Si j'en crois mon agrégateur de flux rss ce message a été mis en ligne aux alentours de 18 heures. Elio di Rupo devait à ce moment là se trouver au cabinet Leterme. Il avait sans doute connaissance des dernières déclarations à l'entrée du président MR et a peut être profité d'une suspension de séance (nombreuses dans ce genre de circonstances, soit pour attendre l'avis d'experts, soit pour permettre un tête à tête entre le président de séance et un négociateur) pour taquiner son blackberry . Difficile en tout cas de ne pas y voir une réplique en temps réel aux soubresauts qui pouvaient secouer l'intérieur du batiment.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Etant utilisateur de black berry, je ne pense pas qu'écrire un texte si long soit possible sans y passer un long long moment.

Un autre utilisateur de Blackberry a dit…

20 minutes à tout casser.

Baptiste a dit…

C'est pas complètement neuf cette rumeur qui voudrait qu'Elio ne rédige pas ses posts...

Pierre Demeule a dit…

Les faits le démontrent : le MR et le VLD sont clairement à la base du blocage des négociations. Les attaques personnelles et répétées de Didier Reynders à l’égard du CDH avaient déjà fait capoter l’orange bleue. Maintenant, alors que la sérénité est un peu revenue grâce à l’arrivée du PS dans la majorité, et que les négociations avancent bien, revoila que le MR multiplie à nouveau les coups bas à l’égard des autres partis : fuites dans la presse, déclarations hostiles,… Tout cela parce que Didier Reynders est doublement frustré : 1. Il ne sera jamais premier ministre. 2. Sa réforme fiscale pour les riches (franchement, depuis 8 ans qu’il est aux finances, avez-vous vu vos impôts diminuer?) est bloquée par le PS.
Si je peux comprendre que M. Reynders soit frustré, je n’accepte pas qu’il mette une nouvelle fois notre pays en danger ! Qu’il ravale son orgueil, ou qu’il se retire !

Fabrice Grosfilley a dit…

@ baptiste : vous avez vraisemblablement raison...

Gaëtan a dit…

Pierre Demeule > d'accord avec vous sur l'orgueil excessif de Reynders. Notez que l'on pourrait cependant voir là une stratégie visant à mettre la pression sur le CD&V qui est affaibli ces derniers temps, dans le but d'améliorer l'influence du MR dans le futur gouvernement (en terme de ministères et de programme socio-économique).

Si la présence du PS peut être vue comme un élément stabilisateur (le MR et le CdH ont moins peur de prendre des décisions qui auraient pu être critiquées par le PS quand il était dans l'opposition), je vous trouve quelque peu naïf en considérant ce parti comme celui qui a apporté toute la stabilité (relative) que l'on connaît actuellement (par rapport à la crise de l'orange bleue). Il ne faut pas croire tout ce que Mr Di Rupo raconte .. Il est très fort en communication, c'est certain (usant à souhait de propos mielleux). Il aime attribuer au PS la stabilité "retrouvée".

Personnellement, si je ne conteste pas l'apport positif du PS en terme de stabilité, je suis plus enclin à attribuer une plus grande importance dans le rôle joué par Guy Verhofstad d'une part, et la pression exercée sur nos politiciens par la population et les milieux économiques d'autre part.

A propos de la réforme fiscale, c'est également discutable et vos critiques devraient clairement être nuancées (stéréotype classique : le PS protège les bas revenus du MR qui est à la solde des riches), mais je ne m'étendrai pas sur le sujet, qui s'éloigne du thème principal de cette discussion, à savoir l'ambiance des négociations.