23 juin 2006

Javaux-Reynders : coalitions turquoises ?


Ce fût l'un des temps forts de l'émission le Grand Défi de Jean Michel Javaux ce vendredi sur RTL TVI : l'appel lancé par Didier Reynders au secrétaire fédéral Ecolo. "J'ai toujours vu Ecolo dans des convergences de gauche ou des oliviers : est-il possible d'imaginer d'autres rapprochements ? Est-ce un débat ouvert ? " lançait le président du Mouvement Réformateur. Réponse de Jean-Michel Javaux : "Il n'y a pas de fatalité socialiste. Nous examinerons le choix des électeurs. A Charleroi, à Namur , il faut pouvoir discuter avec différents partenaires, sur base des programmes". L'échange d'amabilités est significatif : au moment où les affaires secouent le parti socialiste ces deux-là n'était pas très loin d'imaginer des coalitions turquoises...

3 commentaires:

ludovic a dit…

L'un des temps forts de cette émission, j'en conviens comme toi.
Javaux m'a positivement surpris : pour les déçus du socialisme, Ecolo se présente sans conteste comme l'alternative la plus crédible... même si, en interne, il reste du travail à accomplir selon moi. Et même si, d'un point de vue idéologique, Ecolo devrait encore s'ouvrir l'esprit.
Quant à un rapprochement avec le MR... cela ne pourrait être que profitable au parti vert (dans la perspective d'un retour au pouvoir, évidemment). Reynders doit s'imaginer la même chose : bouter le PS dans l'opposition serait une immense victoire pour les "réformateurs".
Le turquoise ? Et pourquoi pas ???

Une dernière question, Fabrice : cette main tendue de Reynders était-elle spontanée ? Vous y attendiez-vous en préparant l'émission ? Comment la presse écrite a-t-ele relayé l'information ce samedi ?

fabrice grosfilley a dit…

L’appel de Didier Reynders n’était pas « préparé » et n’a pas fait l’objet d’une concertation préalable. En revanche nous avions bien sûr prévu d’aborder cette question des alliances, et je pense que tous les protagonistes s’y étaient préparés. Pour être franc nous avions pensé poser encore une question sur le nucléaire avant d’aborder les coalitions : le président du MR nous a donc devancé en amenant lui même la thématique.
Je suis d’accord avec vous pour estimer que cette idée de coalition turquoise est plus pertinente aujourd’hui qu’il y a quelques mois. Si les « affaires » continuent au rythme actuel en n’éclaboussant que le parti socialiste (jusqu’ici le MR, mis en cause à Malmedy pour Robert Denis, peut s’estimer relativement épargné) les questions éthiques seront probablement au cœur de la campagne des élections communales. Le fait que notre sondage place MR et Ecolo en tête à la question « quel est le parti qui a le plus le sens de la morale et de l’éthique ? »est révélateur. Ces deux formations, par leur image et par leur place dans l’opposition, peuvent bénéficier d’un vote de défiance vis à vis du PS. Les deux partis en opérant un rapprochement sur le terrain moral peuvent paraître crédibles et incarner une alternance politique possible.. Si cette question de la gouvernance publique devient un thème prioritaire on pourra même juger secondaire leurs désaccords réel sur les questions économiques et sociales. La coalition « turquoise » deviendra alors un concept à haute valeur morale ajoutée.
Faut il envisager cette possibilité au delà des communales ? La question doit aussi traverser le CDH. Les centristes peuvent -ils se distancier du PS et envoyer des signaux de disponibilité pour une grande coalition « alternative » au risque de compliquer le fonctionnement de la majorité wallonne actuelle ? Si la crise des affaires se poursuit à la rentrée de septembre l’attitude du CDH risque de faire débat rue des deux églises.
On nuancera toutefois la portée de ce débat pour l’instant encore très théorique.. Aux élections communales les contextes locaux et les relations personnelles jouent tout autant que les stratégies des états majors.

Promethee a dit…

Peut-on réellement envisager une grande coalition alternative sous la houlette de Joëlle Milquet ? J'en doute, tant les animosités du passé avec les Libéraux (différentes tentatives de fusion puis de cooptage d'élus) sont encore vivaces. Par contre, dans l'optique d'un changement de présidence avec André Antoine, l'aile droite du CDH pourrait se réveiller et donner corps à une telle hypothèse. A suivre...