07 juin 2007

Jean Michel, des castors juniors au standard

Portait du secrétaire fédéral d'Ecolo rédigé pour le 7/8 de Bel RTL.

Jean Michel Javaux, vous êtes le seul cette semaine à vous asseoir à cette place et à être plus jeune que moi. Je vous le dis tout de suite, cela ne me met pas de bonne humeur...

Vous avez 39 ans et vous êtes donc membre du club très fermé des présidents de partis. Un club que vous avez intégré en 2003, quand votre formation a pris une grosse claque aux élections législatives. Votre premiere mission fut de faire oublier Francorchamps. Pour cela vous avancez sans faire trop de bruit. Si Serge Kubla est une formule 1 en politique, Jean Michel Javaux est une voiture hybride. Le genre moteur silencieux. Un peu trop silencieux même trouvent certains écologistes historiques (tendance grognon) qui trouvent que vous devriez faire un peu plus de bruit.

En plus d’être jeune vous donnez l’impression d’être sympa. Souriant. Coté féminin on me dit que vous êtes même plutôt beau garçon, ce qui, je vous le signale, ne me met de meilleure humeur. Les autres politiques ne s’y sont pas trompés. Depuis quelques jours dans les débats électoraux on se met à vous tutoyez. Faire pôte avec Javaux, dans le milieu c’est tendance.

Vous avez, c’est indéniable, un coté boy scout. Vos 10 ans de patro y contribuent sans doute. Si l’on devait vous comparer à un personnage de fiction ce serait d’ailleurs l’un des castors juniors. D’abord parce que les castors juniors sont trois, et qu’au secrétariat fédéral d’ Ecolo vous êtes trois avec Isabelle Durant et Claude Brouir.

Ensuite parce que les castors juniors aiment la nature, comme vous. Ils sont débrouillards, inventifs et convaincants comme vous. Par exemple si on ferme les centrales nucléaires, un castor junior dans les parages. Hop, vous lui donnez un couteau suisse, il vous bricole une éolienne en moins de deux. Comme quoi se passer des centrales c’est une question de volonté.

Le problème des castors juniors c’est l’oncle picsou. L’oncle picsou fait travailler les castors juniors. Il promet une récompense mais la récompense n’arrive jamais. A Ecolo on vous a promis les écotaxes, puis des convergences de gauche, et maintenant une alliance de droite. Jusqu’à présent cela n’a jamais marché. Et vous remarquerez que si c’est actuellement Didier Reynders qui dit le plus de bien de vous et qui fait donc office d’oncle picsou, ce qui peut sembler logique pour un ministre des finances, il n’a pas toujours eu le monopole du rôle.

Les castors juniors ont un guide spirituel. Celui qui a tout inventé. C’est Géo Trouvetout. Le votre c’est Jacky Morael. Il est venu vous donner un coup de main pendant cette campagne. Jacky Morael, et là je suis sérieux 15 secondes, qui a en commun avec vous l’expérience douloureuse d’avoir perdu un enfant. Une expérience qui vous amène à relativiser l’importance de la politique et qui vous fait peut être trouver ce billet bien futile. Dans un interview il y a quelques jours vous avez même dit que vous pourriez quitter la politique en 4 minutes. Mefiez vous quand même quand un président de parti dit ca, il y a la moitié de son état major qui se met à paniquer, et l’autre moitié qui surveille sa monter pour être prêt à prendre votre place à la 5ième minute.

Depuis octobre dernier vous êtes bourgmestre d’ Amay. Une majorité formée avec le soutien du Mouvement Réformateur, la preuve que les formule 1 et les voitures hybrides peuvent rouler le même circuit.
Pour dimanche vous avez fixé vous même votre objectif à 10%. Le problème des objectifs chiffrés c’est qu’une fois qu’on les annoncés qu’il vaut mieux les atteindre. Pensez aux 200 000 emplois de Guy Verhofstadt. Vous qui êtes fan de foot et du standard vous devez savoir qu’il ne sert à rien à dominer tout un match, si c’est pour prendre un but à la toute dernière minute.

2 commentaires:

pixeline a dit…

Monsieur Grosfilly, est-ce vous qui êtes l'auteur de ces portraits?

Je les trouve en tout cas tousles quatre diantrement bien torchés.

Fabrice Grosfilley a dit…

Je me permettrai pas de publier sous mon nom la prose d'un autre.
Et vous remercie de ce que je considère comme un compliment.