12 juin 2007

Le recul rouge crée l'orange bleue


Je dois reconnaître que sur ce coup-ci j’ai un peu de retard. Les longues journées et partie de nuit passées à préparer la soirée électorale sur RTL TVI m’ont un peu éloigné de ce blog. Je ne résister pas malgré tout à au plaisir de vous livrer ma vision des gagnants et perdants de dimanche. Au moins cela flattera mon égo, et sans doute cela provoquera-t-il une discussion passionnée entre internautes.

Commençons par la Flandre. Vainqueur incontestable le cartel CD&V-NVA avec 30 sièges. Il faut reconnaître à Yves Leterme la pertinence de cette alliance sur le plan électoral. Le cartel permet aux sociaux chrétiens de se placer au centre du jeu politique. Mais il faut aussi souligner dans la foulée le prix payé par les sociaux chrétiens : sur les 30 députés du groupe CD&V-NVA 5 sont des membres de la NVA. Un « sous groupe » qui pourrait même compter jusqu’à 8 membres en raison des suppléances.

L’autre grand vainqueur du scrutin au nord, se trouve à droite d’Yves Leterme et ne devrait pas inciter le probable futur premier ministre à adopter un profil bas sur le plan institutionnel : Jean- Marie Dedecker surprend tous les analystes en décrochant d’entrée 5 sièges (ce qui donne droit à un groupe parlementaire, avec secrétariat et droit de vote en commission). Même Groen, parti structuré et également en forte progression ne fait pas aussi bien.

Coté francophone on ne peut désigner qu’un réel vainqueur : Ecolo. En obtenant 8 sièges les écologistes doublent leur représentation. Le CDH est également en hausse mais sur base des sondages et des dernières élections communales on s’attendait à une progression plus forte. C’est un demi succès (et donc un demi échec).

Contrairement aux apparences et aux apparitions de balcon le MR n’a pas énormément gagné, il perd même un siège par rapport à 2003. Mais il est le seul parti de la coalition sortante à se maintenir, ce qui s’apparente à une victoire. Le PS en perdant 5 sièges est clairement sanctionné. C'est donc le « différenciel » MR-PS qui donne raison au président du MR qui plaidait pour un glissement à droite du « centre de gravité » (on lui suggère au passage de trouver une autre expression plus compréhensible du grand public). Didier Reynders en annonçant qu’il convoquera désormais les présidents de parti francophones pour les questions communautaires a d’ailleurs immédiatement enfilé le costume de « numéro 1 francophone ».

La plus grande surprise, qu’aucun sondage n’avait anticipé reste la défaite sans précédent des socialistes flamands. Cette contreperformance rend impossible une alliance rouge-romaine qui quelques jours avant les élections semblait pourtant la plus probable. Au sein du cartel Spirit paye comptant la contre performance : aucun élu indépendantiste de gauche ne retrouvera le chemin de la chambre (à moins que je ne me trompe).

Résumons nous : Yves Leterme gagne, mais reste dépendant de son alliance avec les indépendantistes flamands. Le MR, grâce à la stratégie offensive de son président résiste à l’usure du pouvoir. Les rouges dégringolent et imposent par leur défaite l’orange bleue comme une évidence.

14 commentaires:

Aristophane Triboulet a dit…

Un peu simpliste votre analyse qui gagne ? qui perd ?
Ne prendre en compte que les différenciels de résultats avec l'élection précédente, c'est faire le jeu des calculs à courte vue des politiciens.
N'oublions pas que les résultats de 2003 étaient très particuliers, avec une bérésina électorale pour le CDh et Ecolo. Dans ces conditions, améliorer son score n'est pas une victoire, c'est un retour à la normale.
De son coté, le MR a perdu 1 siège, mais par rapport à une élection où il avait cartonné. Donc, oui, c'est un résultat méritoire, doublé d'une victoire quand il arrive à renvoyer le PS dans l'opposition alors qu'il y a trois mois tout le monde parlait de Di Rupo comme le futur premier ministre.

mr_veilleux! a dit…

C'est quand-même incroyable une telle difficulté à reconnaître le MR comme vainqueur de ces élections...vous pouvez ne pas être heureux de celle-ci mais que cela ne vous empêche pas de la reconnaître!

Plus grand nombre de sièges, plus grand nombre de voix =>1er parti francophone et 1ère famille politique du pays avec l'open vld...si devenir le n°1 n'est pas une victoire,alors je recommenderai à Fernando Alonso de rouler moins vite lors du prochain grand-prix et à Justine de moins s'entraîner pour ne pas être numéro 1 plus longtemps...

Par ailleurs, toujours dans le cas des sportifs, après une victoire, on insiste moins sur la défaillance musculaire d'une adversaire ou sur les ennuis techniques d'un autre...quel plaisir y a-t-il à absolument vouloir trouver une explication "minimisant" le triomphe du MR ?

Soyons objectifs, si possible :

MR et Ecolo gagnent ; le CDH s'en sort bien mais on est loin de la vague orange tant annoncée ; le PS recule clairement.

Divers médias et journalistes posent ce constat avec moins de difficultés...sans appel d'ailleurs!

Fred

Anonyme a dit…

he bien il me semble qu'en augmentant son score de 2,8 % à la chambre en Wallonie et à Bruxelles, le MR est bien le vainqueur du scrutin avec Ecolo......
Certes, le système D'Hondt étant ce qu'il est avec tous ses paradoxes, le MR perd 1 sièges à la Chambre mais il progresse en voix....

Viaduc a dit…

Le désarroi orange en 3 chiffres :

1999 : 16,83% en RW
"Le plus mauvais résultat de notre histoire", disaient-ils partant alors dans l'opposition.

2003 : 15,35% en RW
"Joyeux anniversaire !" dit la Présidente, histoire de calmer ses requins et gonfler le moral des troupes.

2007 : 15,74% en RW
L'échec est patent, mais cette fois il est collectif. Les oranges ne renouent même pas avec leur "plus mauvais score historique", alors qu'elles disposent d'une médiatisation considérable, due à leurs Ministres wallons, aux scores pour le moins décevants.


Si J. Milquet a sauvé sa peau grâce à Bruxelles, sa stratégie PS&Love l'a rendue transparente aux yeux des électeurs wallons.

Pire, si elle devait accepter des oranges bleues, laissant PS et Ecolo dans l'opposition, elle le payerait à Bruxelles en 2009, où sa progression s'est faite au détriment du PS.

Le cdH passe donc de l'heure H à l'orache... C'est ce qui s'appelle être victime de décallage horaire !

marcdb a dit…

J'étais au 89 rue de la loi lors du conseil de parti du cdv lundi soir. yves leterme vient de descendre de la table. jo
vandeurzen prends congé des médias: "je remercie les journalistes, nous allons commencer la réunion". eric vanrompuy ne résiste pas et adresse à un collègue de la rtbf:"wallen buiten",... éclat de rire général,...il va falloir s'habituer à ce genre d'humour. :-)

Fabrice Grosfilley a dit…

A MR veilleux : j'ai tellement peu de difficultés à reconnaitre les faits que je pense avoir été un des premiers journalistes dimanche vers 18 heures à indiquer clairement que la famille libérale serait la première du parlement...

L'objectivité c'est aussi de donner la juste dimension d'un phénomène. Si vous pouvez, caché derrière un pseudo anonyme, laisser libre cours à votre enthousiasme militant, je m'attache, moi, à être le plus juste possible...

pixeline a dit…

De fait, l'exhubérance des militants MR gonfle une popularité toute relative et à mon sens encore fragile: l'effet Sarkozy a joué, le retour de Big loulou qui réclame des votes de préférence, la désinvolture de l'Empereur socialiste face aux affaires, ceci était un contexte dans lequel on se demandait franchement qu'est-ce qu'il leur aurait fallu de plus.
Pour ma part, si je me réjouis du ko socialiste, je ne suis pas plus rassuré par le système libéral conservateur, tout aussi clientéliste et magouilleur.
Surtout que Reynders n'a pas pour priorité de défendre la belgique, mais déjà d'achever la bête socialiste en 2009. Cynisme inquiétant...
Sans compter que le compte à rebours séparatiste a démarré: cette fois-ci c'est sûr, la Belgique ne sera bientôt plus qu'un slogan électoral d'un parti réunioniste encore à créer. Le signal des flamands envers les programmes séparatistes est suffisamment clair pour que les bruxellois de langue francophone préparions nos valises, car nous devrons bientôt arborer une étoile rouge sur lequel il sera écrit "wallen"...
Brussel appartiendra à la Flandre, la Wallonie tombera dans les bras de la France. Dire que pendant 20 ans on nous a bassiné avec de la "solidarité".

elvire a dit…

pourquoi les ecolo devraient ils rester dans l'opposition? Ce sont les gagnants des élections, ils doivent entendre le signal des électeurs et oser prendre leur responsabilité; un parti de devoir et pas de pouvoir disaient ils pendant leur campagne; leur devoir c'est de répondre aux aspirations de changement des citoyens et de monter au pouvoir pour donner du poids à leurs idées; c'est assez méprisant de la part du MR de ne pas les associer plus avant dans les éngociations et dans ses envies de coalition;

Anonyme a dit…

Pseudo anonyme ? MR_veilleux, c'est clair non ?

Par ailleurs, j'ai signé mon message de mon prénom...

Vous voulez mon numéro de registre national ?

Votre analyse n'a visiblement pas convaincu d'autres visiteurs de ce blog...mais probablement tous des militants MR sans capacité de recul et d'esprit critique...

Vous écriviez hier en gras (texte modifié par vos soins pour plus de nuance, comme quoi on avait peut-être raison) : "Contrairement aux apparences et aux apparitions de balcon le MR n’a pas gagné". On lit aujourd'hui : Contrairement aux apparences et aux apparitions de balcon le MR n’a pas énormément gagné"...

Soyez bon joueur, vous n'avez pas été "juste" dans votre premier texte, vous l'avez donc modifié...
En toute cohérence, il aurait donc été plus judicieux de faire preuve de nuance dans la réponse qui m'est adressée plutôt que de prétendre que je cache mon militantisme derrière un pseudo anonyme...

Enfin bon, bonne journée,

Fred

Aristophane Triboulet a dit…

Pourquoi limite-t-on sans cesse la "famille libérale" au MR et au VLD ? Il me semble que la lijst de decker rentre pleinement dans cette famille.
Le VLD a perdu 3.6 %, LDD a obtenu 4 %, faut pas chercher très loin d'où ils viennent.

En plus, ce sont les seuls à vraiment mérité le joli nom de "libéral".

Anonyme a dit…

Il ne s'agit pas de militantisme mais d'objectivité !

quand un parti progresse en voix et bat son score historique on ne peut qu'appeler cela une victoire.....

Anonyme a dit…

Cette analyse me pose question...

Je comprends bien l'intérêt d'analyser les évolutions (positivies ou négatives) pour déterminer le(s) gagnant(s) d'un scrutin.

Cependant on ne peut pas tenir compte QUE de cela. Ca revient à oublier une partie des électeurs, au prétexte qu'ils ont continué à voter comme avant.

Ne perdons pas de vue que les compteurs sont remis à zéro lors de chaque scrutin, le ganant est surtout celui qui remporte le + de sièges (un peu comme dans un match de foot, celui qui marque le + de buts, perdre 2-3 c'est mieux que 0-3, mais c'est perdre quand même).

Je me rappelle bien qu'en 1999, tout le monde donnait Ecolo gagnant des élections.
Le parti est entré dans les gouvernements, sans réellement avoir le poids politique suffisant pour peser sur les autres.
Beaucoup de ses électeurs n'ont pas compris.

Fabrice Grosfilley a dit…

Je reconnais effectivement avoir nuancé mon texte, pas assez précis après 1ère lecture.

Joe a dit…

Oui, le MR a gagné: près de 100 000 voix supplémentaires par rapport à 2003, ça s'appelle comment?? En vous focalisant sur les sièges, certes important pour les coalitions, vous démontrez un problème de ce système électoral.
En 2003, en représentant 28,4% du corps électoral francophone, le MR avait 25 sièges, autant que le PS qui faisait 36% des voix.
C'est là que le bât blesse. Mais un parti qui passe de 749000 voix à plus de 835000, oui, il gagne les élections!